Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Septembre 1924. Le cahier Seznec. Ou l'élaboration des mensonges.

Mythomanie : tendance plus ou moins volontaire et consciente aux mensonges et à la création de récits imaginaires.

En vue du procès de Quimper...

Guillaume Seznec rédige une longue note à l'attention de son avocat Me Kahn...

En septembre 1924...

Une longue note où un mensonge enquille l'autre...

A lire sur le blog de Me Denis Langlois.

1/ D'après Seznec...

Toute la famille Pouliquen/Quémeneur ment...

A commencer par Jenny Quémeneur :

"Je lui demande à mon tour qu’est-ce qu’il devenait, elle me répond qu’elle n’avait pas non plus de nouvelles et qu’elle était inquiète à son sujet. Je n’ai certainement pu que l’encourager, mais pas de la manière qu’elle le prétend. "

Le Matin du 29 juin 1923

Le notaire Pouliquen ment aussi :

"...d’ailleurs il est prouvé par l’arrangement qui était entre Quéméneur et moi, qui figure sur l’acte d’accusation mot à mot que Quéméneur était devenu propriétaire de cette voiture par le gage que je lui avais donné au moment où il m’avait versé la somme de 15000 francs et cependant je vous prie de porter votre intention sur l’injustice qui existe à mon égard sur la décision du tribunal de commerce. Pouliquen beau-frère à Mr Quéméneur m’a poursuivi auprès du Tribunal de Commerce de Morlaix en remboursement de cette somme de 15000 francs où j’avais mis en gage ma voiture. Comme le délai du remboursement de la somme était passé il était devenu propriétaire pour la somme indiquée malgré cet engagement de part et d’autre, n’ayant aucune preuve à montrer j’ai été condamné à rembourser aux héritiers Quéméneur la somme de 15000 francs, soi-disant qu’on ne trouvait aucune trace de notre arrangement et aujourd’hui ils viennent dire sur l’acte d’accusation comment Quéméneur était devenu acquéreur de la Cadillac et en plus il figure une preuve de plus, puisque Quéméneur cherchait de tout côté à la vendre, ce qui était son droit. Il serait donc à faire reconnaître que moi en ce moment je ne lui devais rien."

Dessin Gilles Pascal pour France 2

2/ Seznec continue avec son obsession de "Montrez-moi le corps !"

"Je n’ai aucune connaissance de ce qui pouvait appeler Quéméneur au Havre, rien dire d’exact de ce je pouvais savoir et de ce que je pouvais me rappeler. Ce que je puis dire que s’il y a eu crime (souligné par Seznec), ce n’est pas par moi. Je n’ai jamais sali les mains ni avec lui ni avec d’autre. Je dis si il y a eu crime, car rien rien ne le certifie, puisqu’il n’y a pas de cadavre, il peut y avoir toute sorte de manière à disparaître."

3/ Les experts en écriture sont des abrutis :

"Je n’ai jamais voulu annoter quoique ce soit sur le carnet de Mr Quéméneur qui n’a d’ailleurs jamais été entre mes mains, l’expertise a certainement mal interprété mon écriture."

4/ Les témoins de la gare de Houdan mentent :

"Quant aux époux Piau, leur déclaration est entièrement ignoble quand ils viennent affirmer nous avoir reconnus dans la voiture par derrière malgré la capote levée et avec les rideaux de côté en place. Pour Garnier c’est également une fausseté quand il vient dire avoir reconnu Quéméneur, une personne qu’il n’avait jamais vue que par la photographie avec la police mobile dans une voiture fermée et d’après lui la nuit, et moi qui d’après ses dires aurais descendu, il me voit aujourd’hui en personne il ne me reconnaîtrait pas. Deuxièmement il déclare encore que nous avions demandé à haute voix la route de Paris. Alors que son camarade Nouvion qui était avec lui vient affirmer qu’aucun de nous n’avait adressé la parole. Il est donc certain que ces témoins sont faux ou ils se trompent de véhicule."

"Vous noterez aussi que tous ces témoins n’ont précisé aucune date, ils disent simplement vers la fin de mai et ils ajoutent que journellement il y avait des automobilistes qui se trompaient et qui arrivaient dans la cour de la gare à toute vitesse. Je puis vous dire que pour moi ce n’est pas le cas, car je connaissais parfaitement la route que j’avais à prendre. Je puis donc affirmer que ces témoins s’ils croient dire vrai qu’ils se trompent de véhicule. Et que si Quéméneur a pris le train à Dreux il a pu soit prendre cette direction par le train ou par tout autre moyen pour prendre le train pour Paris."

5/ A la Queue-Les-Yvelines, Hélène Conogan ment :

"Monsieur Quéméneur en me quittant a emporté sa valise, quoique la thèse d’accusation vient dire que Melle Conogan avait vu cette valise dans la voiture dans la cour de l’hôtel à La Queue les Yvelines, ce qui est absolument faux, car cette demoiselle a dit simplement qu’elle avait vu une valise dans la voiture mais qu’elle ne pouvait spécifier ni grandeur ni forme, ce qu’elle pouvait dire c’est qu’elle était d’une couleur rougeâtre dans le genre de la valise du disparu, or ma petite valise n’est distincte de celle de Quéméneur que d’une très petite nuance qu’elle pouvait très bien les confondre surtout 7 ou 8 mois après sinon davantage."

6/ C'est quoi ce témoin avec une camionnette Dodge qui travaille pour un garage Renault ???

Le garage drouais de la marque Renault en 1923 est Heckendorn et Mauger :

"Or quand une camionnette du garage Renault ou représentant cette marque a passé il n’y avait plus qu’à mettre la jante en place qui n’avait donc pas retardé beaucoup l’automobiliste et, malgré toutes mes insistances pour faire appeler cet automobiliste, on ne l’a pas fait venir. Ce pourquoi je dis que c’était un employé de cette maison, c’est parce que à mon retour à quelques centaines de mètres de Dreux, peut-être même à un kilomètre, ce même automobiliste m’avait repassé alors que j’étais encore arrêté avec des ennuis de moteur et il a également stoppé pour me demander si je n’avais pas besoin d’un coup de main et que si j’avais besoin de réparation je n’avais qu’à aller au garage Renault qui était son patron. Cette camionnette c’était une Dodge."

7/ Seznec nie (of course !) son voyage au Havre :

"Quant à la journée du 13 juin je me trouvais à Brest et non au Havre ou je déclare et certifie n’avoir jamais mis les pieds, et certainement plusieurs à Brest pourraient fournir la preuve s’ils osaient ou s’ils se souvenaient."

8/ Les Jacob (Plouaret) mentent :

"Ce qui suit pourra encore prouver que je n’ai pas pu aller au Havre dans la journée du 13 juin, puisque le 14 les Jacob viennent préciser qu’au moment où l’express de Paris-Lannion passait j’étais chez elle. or j’étais déjà dans la ferme depuis un moment, vu que j’avais toutes mes réparations terminées prêt à partir et que c’est le seul train qui pouvait me ramener de Paris, puisque le rapide de Paris-Brest ne s’arrête pas dans cette localité, surtout que la veuve Jacob affirme qu’elle ne se trompait pas d’heure, qu’il était bien 7 heures..."

9/ Mme Seznec et sa bonne ont des hallucinations :

Seznec peut rentrer dormir  chez lui sans être vu ni entendu....

"Le 13 au soir j’ai couché chez moi dans la chambre à dormir, pour laquelle raison ma femme et la bonne qui n’avaient pas vu que j’avais passé la nuit se demandaient comment ce lit se trouvait démoli."

10/ Les témoins du 20 juin au Havre mentent :

"Quant à Lesbas il vient dire 7 ou 8 mois après m’avoir vu aussi, mais je ne portais pas de lunettes, rien qu’une seule valise et vêtu d’un costume noir ; vous remarquerez également que ces 2 témoins m’ont vu à quelques minutes d’intervalle et en plus vous porterez votre intention que Lesbas a déclaré qu’il est venu témoigner parce que Desknuydt est allé le trouver pour qu’il vienne."

11/ Seznec ment comme un arracheur de dents sur sa situation financière : il aura fait faillite même s'il n'y avait pas eu la disparition de Quémeneur :

"Si j’ai demandé 15000 francs à Quéméneur le 15 octobre 1922, ce n’est pas que je ne pouvais pas réaliser cette somme puisque je mettais sous caution plus que la valeur entre ses mains en donnant comme garantie ma voiture. Si plus tard je devenais encore sous le coup d’une saisie au mois de mai 1923 c’est encore pour un jugement rendu en faux contre moi, vu que le tribunal de commerce de Morlaix a compris comme titre un marché qui était discuté. Ce n’est donc pas un titre d’ailleurs, la cassation le démontrera. En plus Mr Croissant qui m’empêchait inutilement d’un autre côté de percevoir la somme de 25000 francs qui me revenait de la vente d’un immeuble, ce qui ne facilitait pas non plus mes opérations."

in Eclaireur du Finistère

12/ Seznec nie la présence de taches de sang :

"J’ignore par exemple si la valise de Quéméneur est tachée de sang et certainement que cette valise n’a pas été expertisée à son départ de Landerneau et en plus, s’il y aurait un meurtre dans l’auto, elle aurait été sûrement souillée de sang, ce qui n’est pas le cas. Quant au bidon d’essence, personne n’a jamais dit qu’il était taché de sang humain. Si seulement sang il y avait, quoique il se peut qu’en s’écorchant même la main cela aurait pu se produire, et de quand était cette tache tout le monde ignore ou peut-être encore une tache rougeâtre qui paraissait être du sang. Comme par exemple sur le chapeau que je portais et qui cependant a été reconnu que ce n’était pas une tache de sang. Tous les vêtements que j’avais sur moi ont été trouvés. Je portais le costume que j’avais à l’instruction en plus un paletot bleu et un veston marron dont je me servais pour les réparations au moment de mes pannes. Quant au vieux pardessus qu’ils ont trouvé chez moi avec la doublure déchirée, je ne l’avais pas puisque je n’avais aucun ce jour-là, il se peut très bien qu’il se trouve une légère tache de sang sur le col, car je ne suis pas exempt de n’avoir jamais saigné de ma vie."

Ouest-Eclair 6 juillet 1923

*13/ Seznec ment sur la disparition de son cric :

"Si j’avais remarqué quand j’aurais oublié mon cric sur la route, je ne l’aurais pas perdu, car c’était pour moi un outil indispensable, surtout aménagé de pneus desséchés et en si mauvais état, et même si j’aurais eu recours à un poids quelconque comme va prétendre l’accusation, j’aurais bien trouvé soit un caillou ou tout autre objet avec la pesanteur et je n’aurais pas été me démunir d’un outil aussi précieux."

Le Matin du 1er août 1923

14/ Seznec ment sur sa consommation d'essence, qui est en fait de 18,15 litres/100 :

"La consommation d’essence n’est pas du tout anormale, il faut s’en être servi pour le savoir, d’ailleurs toutes ces voitures dépensent un minimum de 25 ou 30 litres aux 100 kilomètres, quand ce n’est pas 35 sans qu’elle ne soit d’une force de 60 chevaux comme veut dire l’accusation et je vous ajouterais encore en plus que la voiture n’était pas en état de marche normale. Prenez si vous voulez comme exemple le trajet de Landerneau à Morlaix, j’ai mis 50 litres à Landerneau et 45 litres à Morlaix = 95 litres, si donc le réservoir ne contenait que 75 litres. Comme dit l’accusation j’aurais donc dépensé 20 litres pour faire 40 kilomètres, ce qui ferait 50 litres aux 100 kilomètres, mais je suis persuadé que le réservoir contient plutôt 80 litres. Evidemment que les 50 litres que j’aurais mis à La Queue les Yvelines n’auraient pas rempli un réservoir de 80 litres quand même il y aurait eu 15 à 20 litres dedans, mais vous pouvez contrôler ma consommation d’essence en allant qui est de 50 litres à Landerneau, 45 à Morlaix et 60 à Vitré. Je répète donc 50+45+60 =155 litres, le trajet parcouru est environ de 530 à 540 kilomètres, admettons même à 530 kilomètres parcourus et qu’il ne reste plus une goutte dans le réservoir, cela me ferait encore 28 ou 29 litres aux 100 kilomètres, ce qui vous prouve donc que la consommation n’était pas anormale malgré la mauvaise marche de la voiture."

Le grenier où fut trouvée la machine à écrire

15/ Seznec crie au complot de la police pour la machine à écrire :

"Pour la machine à écrire, je ne l’ai jamais vue avant qu’on me l’ait présentée à l’instruction et, en admettant que j’aurais eu besoin d’une machine à écrire, j’en avais une à ma disposition, que j’avais prêtée à Mr Duchêne. J’aurais été donc quitté d’en acheter surtout que je n’avais nulle intention d’en faire le commerce. Inutile de vous dire que l’endroit où on m’a signalé avoir découvert cette machine était libre à tout le monde et sans aucune fermeture et même mes employés pourraient peut-être attester qu’ils fréquentaient très souvent ce grenier et qu’ils n’ont jamais vu de machine à écrire. Sûrement donc cette machine, si du moins on l’a trouvée dans cet endroit, a été amenée après mon arrestation, car avant elle n’y était pas, c’est encore un coup de vengeance."

16/ Seznec accuse encore Jenny Quémeneur d'avoir menti et, plus grave, corrompu un témoin :

"Il me semble aussi que Melle Quéméneur a été trouver Mr Lajat pour lui dire de ne pas dire surtout qu’il avait vu son frère ; cela signifie peut-être beaucoup de choses."

17/ Seznec accuse la police d'avoir différé le témoignage de Le Her :

"Monsieur Le Her est bien plus précis puisqu’il dit lui avoir tenu conversation pendant 1/4 d’heure et précise la date par des réalités et qu’il a fait sa déclaration dès les premiers jours après mon arrestation et que la Secrète cachait sa déposition."

18/ Seznec justifie sa tentative d'évasion et crie au complot contre lui (son petit-fils reprendra la rengaine) :

"Si j’ai écrit un mot un jour pour vouloir le passer en secret à ma femme, c’est de voir tous les mensonges qui se formaient contre moi, ne sachant pas ce qui se passait au dehors et vous pouvez comprendre qu’on m’annonçait toujours le double de ce qui existait, mais ceci n’a rien pu faire du moment qu’il a été saisi sans qu’il ne soit vu de ma femme. Si j’ai voulu m’évader c’est simplement pour vouloir aller chez moi et voir ce qui se passait, désespéré d’avoir appris par les gendarmes que ma femme allait également être arrêtée. Je me demandais donc ce qu’auraient pu devenir mes enfants chagrinés et en plus le mauvais traitement que je subissais moi-même, j’aurais fait n’importe quoi, même me suicider par moment, pour que tous ces mensonges finissent, pour qu’on laisse les miens tranquilles."

19/ Seznec justifie son escroquerie à l'assurance de 1908 :

"À la suite de mon accident, étant assuré sur les accidents personnels, j’ai été en procès avec la compagnie La Foncière et elle a été condamnée d’avoir à me verser pour défiguration et incapacité de travail la somme de 30.000 francs plus les intérêts à 4%. Monsieur Le Hire doit détenir les expertises de différents médecins."

Et celle de 1920 :

"En outre ils viennent prétendre aujourd’hui par leur acte d’accusation que j’ai déjà été soupçonné d’incendie volontaire dans la blanchisserie de Tremilleau en St-Pierre Quilbignon. Eh bien il a fallu que ceci vienne pour m’en causer. Certainement j’aurais été loin même de penser à tant, mais je croirais que c’est l’accusation pour me charger qui l’aurait inventé, car il y avait déjà 2 ans avant l’incendie que je n’étais même plus propriétaire du fonds et que même le fonds aurait encore été recédé avant l’incendie."

20/ Seznec nie avoir fait commerce de voitures américaines :

"Je sais que j’avais des jaloux jusqu’à un jour on a voulu m’inculper de recel de voitures automobiles américaines, mais j’ai aussitôt produit immédiatement la provenance de mes voitures avec les reçus de commerçants patentés à l’appui et acheté à des prix commerciaux, donc le tout a été clos immédiatement."

.............................................

C'est très intéressant ce document que Denis Langlois a bien voulu nous mettre en ligne...

C'est une sorte de bible des mensonges de la famille Seznec.

Qui vont être répétés par Seznec lui-même jusqu'à plus soif.

Mais aussi par Hervé, Privat, Bal...

Ainsi que par Jeanne Seznec et son fils Denis.

Qui a lui-même un mantra :

"Denis Le Her adopte alors le vieux principe qu'un mensonge répété à l'infini devient une vérité. Il l'avoue ingénument à l'issue de l'émission : "Comme ils ont repris l'information à leur compte, elle est devenue maintenant une vérité.""

Si cette affaire est si compliquée à démêler aujourd'hui....

C'est bel et bien à cause des mensonges du patriarche.

Qui a eu le culot d'aller jusqu'à salir la famille du défunt Quémeneur.

"Persevarere diabolicum..."

 

Liliane Langellier

P.S. Aujourd'hui 28 mai 2021...

94.030 visiteurs sur ce blog Affaire Seznec Investigation...

P.S. 2 A visionner...

Pour ceux qui veulent aller plus loin (voir notamment témoignage Jacob de Plouaret) :

"Les variations de Seznec entraînent son inculpation ..."

"Il disait toujours "Montrez-moi le cadavre... Tant qu'on n'a pas trouvé le cadavre, on ne peut pas prouver qu'il a tué !"

"On m'accuse d'avoir tué Quémeneur, qu'on commence par me faire voir son cadavre !"

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article