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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Le destin tourmenté de Guillaume Seznec par Serge Douay.

Tagada, tagada, voilà les Dalton
Tagada, tagada, voilà les Dalton
C'étaient les Dalton
Tagada, tagada, y a plus personne
Joe Dassin

On en a parlé récemment.

Je l'avais déjà lu en septembre 2015.

Et je l'ai relu.

Aujourd'hui.

Juste pour voir...

Si, par hasard, il apportait quelque chose à l'affaire Seznec.

Puisque je le voyais cité partout et n'importe où sur les blogs adverses.

Ce livre est un roman.

Rien d'autre qu'un roman.

D'un style pas désagréable...

Mais qui n'apporte rien à l'affaire Seznec.

Rien du tout.

Il est paru en 1973.

Aux Presses de la Cité.

A l'époque, le dernier livre publié sur l'affaire était celui d'Yves-Frédéric Jaffré en 1956.

Lire : bibliographie.

Ce livre est publié dans la collection "N'avouez jamais".

Où on retrouve d'autres volumes parus comme "L'affaire Pranzini" de Paul Lorenz ou "Les Maudits de la lande" de René Tavernier.

"Le titre même de cette nouvelle collection indique la matière criminelle. Sa particularité tient dans le choix des sujets : elle ne présente que des condamnés qui n'ont pas reconnu leur crime."

……………………...…...….

Le début qui relate l'incendie de la blanchisserie brestoise est plutôt bien construit.

On s'y croirait presque.

Et, là...

Brusquement on nous montre un Seznec incendiaire...

Qui profite sans vergogne de son beau-frère.

Et qui fiche le feu à la buanderie de la rue de l'Amiral-Linois pour récupérer la prime d'assurances.

Dans la lancée, on nous rappelle aussitôt le fameux incendie de Plomodiern.

Avec une forte suspicion sur le gars Seznec.

Devenu expert en bidon d'essence.

"Guillaume Seznec était bien assuré ! La police d'assurance avait été révisée à sa demande, quelques mois auparavant, et Guillaume s'en félicitait, cette nuit-là, en regagnant Morlaix, peu avant minuit.

Dans le coffre de la torpédo, le bidon d'essence était vide !"

L'auteur enquille ensuite sur une visite imaginaire de Pierre Quémeneur à la scierie de Traon-ar-Velin...

Où le conseiller général propose une affaire à Guillaume Seznec.

Autour d'un verre dans l'arrière-salle du café de Chez la Mère Nette.

"- Oui, Guillaume une affaire où il y a de "l'or en barre à gagner" répondit Quémeneur en baissant la voix." 

Et c'est parti pour les Russkoffs qui manquent de tout..

Et qu'on peut rouler en leur fourguant des Cadillac.

Même en mauvais état.

Vous notez bien, là c'est Quémeneur qui propose l'affaire à Seznec et non l'inverse.

Rien à dire sur le voyage fatal..

Ah si !

Après leur bordel du pauvre à Rennes, Quémeneur promet "Le Chabanais" parisien à Seznec. Rien que ça.

Lire sur mon blog personnel : La petite géographie des maisons closes parisiennes.

L'une des deux serveuses du Plat d'Etain à Houdan avait des gros seins, on ne saura jamais laquelle.

Mais...

En page 56..

Surprise, surprise.

Le voilà le voili le foutu menu du dîner des deux sbires :

"La fille blonde aux gros seins revient et proposa :

- Vous pouvez dîner si vous voulez vous contenter d'un potage et d'un bifteck… Comme légumes, il reste des épinards…"

C'est un roman.

Le Serge Douay il a écrit ça comme il aurait dit une tranche de jambon et de la salade verte.

Aucune exactitude historique.

C'est un roman.

Comment peut-on reprendre ce menu dans un ouvrage que l'on veut "historique" #jedemande

On connaît la suite.

Sauf que Nouvion à Houdan remarque  que la Cadillac avait une conduite à gauche :

"Nouvion s'approcha et remarqua que la Cadillac avait une conduite à gauche , et cette particularité était assez rare à cette époque pour qu'elle se fixât dans sa mémoire."

Et que notre Seznec descend de voiture pour redresser à l'aide d'un gros tournevis les pare-chocs de la torpédo.

C'est un roman.

Seznec rentre seul à Morlaix le dimanche midi.

Et oui !

Tout s'explique.

"M. Coulomb, un bidon vide dans une main et le cric dans l'autre, regagna son atelier. Le client monta dans sa chambre, dormit jusqu'à 14 heures et quitta l'hôtel après avoir déjeuné.

Il passa la nuit suivante à Pré-en-Pail et atteignit Morlaix, le lendemain, vers midi."

Notre Seznec rentre donc à Morlaix le dimanche à l'heure du déjeuner.

Je me demandais pourquoi la bande à Vilain adorait ce roman de gare.

Et, voilà, j'ai la réponse à la page 64.

J'apprends quand même que Jenny Quémeneur avait perdu son fiancé à la guerre.

Et que, très éprouvée par ce deuil, elle a reporté toute son affection sur son frère.

Voilà qui me fait penser à la prose inégalable et inégalée de Mme Jourdan.

Oui, c'est Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, pas Jourdan.

On continue et on passe sur l'enquête.

Bien que notre auteur démontre que Guillaume Seznec est l'auteur des fausses promesses de vente.

Et qu'il n'y a jamais eu tous les dollars que le maître de scierie revendiquait.

Notre romancier nous gratifie de phrases comme :

"Une animosité sociale plus ou moins consciente contre le clan Quéméneur motiva la prise de position de beaucoup de gens en faveur de Seznec."

Et, en page 143 :

"Le commissaire Vidal, dès qu'il fût persuadé de la culpabilité de Seznec, cessa de rechercher le fameux Scherdly."

Ben la voilà la forfaiture !

Côté procès à Quimper, Seznec n'en ressort pas grandi.

Mais il est décrit agressif, ironique, et très très arrogant...

La discussion sur les dimensions de la boîte aux dollars est à se rouler par terre de rire :

"- Vous avez précisé que cette boîte mesurait quinze centimètres de long sur cinq de hauteur et de largeur. Les dimensions de cette boîte vous permettaient de la mettre dans votre poche, comme vous l'avez déclaré. Par contre, quatre mille dollars ne tiennent pas dans un aussi petit cartonnage.

- J'ai cité ces chiffres au hasard !

- Votre domestique assure que cette boîte mesurait quarante-cinq centimètres de long et votre femme indique trente centimètres.

- Ma femme ne sait pas ce que c'est que trente centimètres, comme toutes les femmes.

Quelques protestations féminines fusent dans la salle et Me Kahn les apaise en observant :

- Les femmes n'ont pas toujours le sens de la mesure, mais elles ont celui des dimensions."

……………………….

Trois longs chapitres suivent sur la piste de Traou Nez.

Et les délires du juge Charles-Victor Hervé.

Une anecdote quand même sur la publication de l'ouvrage de Maurice Privat :

"La publication de l'ouvrage de M. Privat exaspéra la famille Quéméneur. Au cours d'une réunion organisée en Bretagne par les partisans de la révision le notaire de Pont-L'Abbé tenta de répondre à ces accusations. Des énergumènes le frappèrent et le jetèrent dehors."

Puis le bagne de Cayenne.

Et, enfin le retour.

Et, là, vous allez tout comprendre :

"Une heure plus tard, le navire accostait. Dès que fut jetée la passerelle, les passagers descendirent. Guillaume attendit leur départ pour quitter le bateau, son maigre bagage à la main.

Une vingtaine d'hommes, la plupart munis d'un appareil photographique, se précipitèrent à sa rencontre et commencèrent à lui poser des questions ; d'autres équipés de micros et de caméras, tentaient de l'approcher."

Là, on est en plein roman de gare.

Rappelez-vous...

Ils ont fait descendre Seznec discretos et il est arrivé à un autre endroit du port via un petit caboteur.

Non, non, Guillaume Seznec n'a pas du tout été accueilli comme un héros au Havre !

On enquille sur les fouilles Traou Nez financées par Radar.

La fin sur la gravure du nom de Guillaume Seznec sur sa tombe de Plomodiern est à pleurer de détresse.

Voilà...

Le Douay, c'est un roman.

Pas très bon.

Même s'il se base sur quelques archives...

L'utilisation qu'il en fait est sujette à caution.

Ce livre n'apporte strictement rien à l'affaire Seznec.

On a déjà du mal à la rendre plus simple, cette foutue affaire...

On a déjà bien du mal.

Alors, s'il vous plaît, s'il vous plaît, arrêtez avec vos romans !

Ah si !

J'allais oublier : nulle part je n'ai lu de digressions sur la picole de nos deux compagnons pendant le voyage fatal.

Nulle part.

Juste la mention en page 50 d'un petit déjeuner à Ernée, le vendredi 25 mai au matin, copieusement arrosé de verres de marc du pays.

 

Liliane Langellier

 

P.S.  Important travail de Marc du Ryez dans son calendrier de l'affaire.

Du 1er janvier au 19 mai 1923.

A lire sur son blog : L'affaire Quéméner-Seznec

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C
C'est un artifice littéraire pour dire le fond de la pensée de l'auteur. C'est un roman. Qui livre une interprétation. Personne ne connaît la vérité.
Répondre
L
Oui.
Mais je vous rappelle que Bertrand Vilain lui-même a repris le menu steak épinards dans son premier ouvrage en page 27 ... Ouvrage qui se voulait sérieux...
Et ça, même Maurice Privat, qui signale des apéros pris en attendant le repas au Plat d'Etain (page 93), n'aurait pas osé inventer le menu du dîner !
C
P.208

"Le 25 mai 1923, il quitte Rennes ,à l'aube, sans penser qu'il pourrait tuer son meilleur ami...

La chaleur devient vite accablante et les deux voyageurs doivent à plusieurs reprises se désaltérer...

L'alcool révèle le véritable visage d'un homme, et, ce soir là, Quéméneur montre le sien...Après le départ de la gare de Houdan, il commence à l'injurier et lui reproche de ne pas avoir remis la Cadillac en état...

Il ajoute : "Guillaume, tu es un bon à rien !" Ce ne sont pas des choses à dire à un ami !...

La voiture s'arrête sur le bord de la route...

Guillaume fouetté par l'insulte, répond vivement...

Ce n'est pas parce que Quemeneur a des sous qu'il peut tout se permettre...

Lequel en vient le premier aux mains ?...Il ne s'en souvient plus...Un petit bonhomme râblé, Quéméneur, d'une force étonnante pour sa taille..

Le cric, sur le plancher de la voiture, lui permettra d'en venir à bout...

Il ne pense pas à tuer, non, simplement corriger l'insolent...Un coup un peu trop fort et l'autre s'écroule, ensanglanté...Dans l'obscurité, Guillaume attend qu'il reprenne connaissance...Après plusieurs minutes, comme l'autre ne bouge toujours pas, il se penche et constate que Quemeneur ne donne plus signe de vie...Une peur panique s'empare de lui

...
Répondre
L
Vous ne replacez pas dans son contexte.
La page 208 relate le rêve/délire de Guillaume Seznec à l'hôpital en novembre 1953.
Le rêve/délire.
Ce n'est en aucun cas le récit du voyage fatal #nonmais