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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec. Guillaume Yves Marie Le Nuff. Président des jurés au procès d'octobre 1924.

L'action Française du 4 novembre 1924

"Un juré est un citoyen tiré au sort sur les listes électorales pour siéger à la cour d'assises. Il participe aux côtés des magistrats professionnels au procès des personnes accusées de crime: Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (homicide volontaire ou viol par exemple). Le juré exerce pleinement la fonction de juge. Si vous êtes retenu pour siéger lors d'une session d'assises, vous êtes obligé de le faire sauf s'il y a un motif grave qui vous en empêche. Vous devez respecter certaines obligations. Vous avez droit à des indemnités."

(Lire plus en bas d'article)

Quelle angoisse quand ce genre de responsabilités vous tombe un beau jour dessus !

Pour ce qui est du procès Seznec, voilà la liste des jurés d'assises du Finistère dans La Dépêche de Brest du 29 août 1924 :

 

La Dépêche de Brest du 25 octobre 1924

in Denis Langlois

C'est Guillaume Yves Marie Le Nuff, 65 ans, qui est désigné comme président du jury.

 

 

"Le président fait savoir aux douze jurés qui vont se retirer qu'ils doivent répondre à trois questions :

1e) Seznec est-il coupable d'avoir, dans la nuit du 25 au 26 mai, volontairement donné la mort à Pierre Quéméneur ?

2e) Seznec a-t-il agi : premièrement avec préméditation, deuxièmement avec guet-apens ?

3e) Seznec est-il coupable d'avoir commis un faux en écriture privée ?

La délibération dure une heure et le chef du jury revient pour énoncer à haute voix que le jury a majoritairement répondu positivement à toutes les questions sauf celle de la préméditation. Le président fait alors remarquer la contradiction entre répondre positivement au guet-apens et négativement à la préméditation. Le jury se retire de nouveau et revient en confirmant qu'il n'y a eu ni préméditation, ni guet-apens. Prenant en compte le vote qui fait échapper Seznec à la guillotine, les magistrats fixent la peine à une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Par ailleurs, l'accusé est condamné à payer les frais du procès, la promesse de vente de la propriété de Plourivo est annulée et les parties civiles obtiennent 1 francs de dommages et intérêts.

Par la suite, les indiscrétions des jurés ont donné quelques éclaircissements sur les votes. Le faux en écriture privée a été reconnu à l'unanimité par douze voix sur douze, l'homicide volontaire par dix sur douze, la préméditation a recueilli six voix pour six contre. Dans un tel cas, le partage a profité à l'accusé comme le prévoit la loi, lui permettant d'échapper à la peine capitale. L'un des jurés ayant évoqué une possible liaison entre Marie-Jeanne Seznec et Pierre Quéméneur, une rumeur a ensuite couru que Guillaume était en droit d'en vouloir à son ami. Ce qui donnait des circonstances atténuantes à un meurtre qui n'avait plus pour mobile la seule cupidité mais aussi l'honneur d'un homme."

Michel Pierre en page 108.

Dans l'émission Cinq Colonnes à La Une du 2 juin 1967 :

Frédéric Pottecher : Est-ce que vous avez souvenir d'un témoignage qui a eu vraiment une grosse influence sur les jurés ???

Monsieur Donnard, en 1924, était l'un des assesseurs auprès du président de la Cour d'Assises de Quimper.

D : Il y avait là, comment dirais-je, une sorte de faisceau de présomptions. Si l'on ajoute à cela que dans la nuit où Quémeneur a disparu, les habitants de Houdan ont entendu une voiture circuler et à plusieurs reprises dans la région des marais de La-Queue-Lez-Yvelines, ça faisait d'ailleurs aboyer tous les chiens du voisinage, on en a tiré la conclusion que, sans doute, il avait précipité le corps dans ces marais des Yvelines qui, parait-il, sont insondables. C'était l'opinion des enquêteurs. Et, le cric ayant disparu, à leur avis le corps avait été ciselé contre le cric et le tout jeté dans les marais. A mon avis, ce qui a été considéré comme le mobile tant par les magistrats que par le jury, c'est que Seznec faisait là une affaire d'argent voulant s'approprier la propriété de Plourivo tout simplement, qui avait, à l'époque, une certaine valeur, ayant pas mal de bois, qui pouvaient intéresser des marchands de bois notamment. Je crois d'ailleurs que Quémeneur faisait plus ou moins le marchand de bois, si mes souvenirs sont exacts...

P : Oui, c'est exact. En somme ce serait pour une simple affaire d'argent que Seznec se serait jeté dans cette effroyable aventure ????

D : En admettant qu'il y aurait eu autre chose et .. Sait-on jamais s'il n'y avait pas autre chose qu'on cache pour des raisons diverses... Il n'en est rien ressorti ni de l'instruction ni des débats.

P : Et il vous parait possible qu'il y ait quand même autre chose ???

D : C'est très difficile à dire, c'est très difficile à dire... 

P : En fait, c'est pas impossible ?

D : Bah non. On ne sait jamais. On ne sait jamais. Mais n'importe comment en prenant votre hypothèse qu'il y ait eu autre chose, cela dit, cela aurait pu diminuer la culpabilité mais ne pas la faire disparaître.

P : Voyez-vous, Monsieur le Président, il y a quand même une question qu'on se pose tout de même, il a été accusé d'assassinat et de faux, je trouve déjà un peu curieux qu'on l'accuse d'assassinat puisqu'on ne trouve pas le corps et ensuite de faux, donc, c'est la peine de mort, ça.... Alors comment se fait-il que les jurés n'ont pas décidé la peine de mort ? Est-ce qu'ils ont eu un doute, est-ce qu'il y a eu quelque chose, croyez-vous, à votre impression, est-ce que vous pensez qu'il y a quelque chose qui a freiné un peu...

D : C'est peut-être parce que, n'ayant pas retrouvé le cadavre ils ont préféré ne pas aller jusqu'à la peine suprême et irréversible.

P : Est-ce que je peux vous demander, Monsieur le Président, tout de même de me dire si c'est possible, de me dire quelle a été votre conviction personnelle dans cette affaire ???

D : Ah ma conviction personnelle est que Seznec était coupable. Il n'y avait pas d'erreur judiciaire, à mon sens. 

P : Pas d'erreur judiciaire ???

D:  Ah non,, ça je suis très ferme.

P : Vous croyez donc que la justice a été normalement rendue, bien rendue, on pourrait dire...

D : Bien rendue...

P : Et que la peine infligée à Seznec était une peine normale pour eux. 

D : Oui, d'accord, d'accord. je crois même que le fait d'avoir donné les circonstances atténuantes n'était pas plus mal. 

L'Intransigeant du 20 février 1934

Les cinq jurés ayant signé la folle demande de révision du juge Hervé et de Mme Bosser, le 18 février 1934 :

- Guillaume Le Nuff, propriétaire à Lambézellec,

- Jean-François-Gabriel Goas, cultivateur à Saint-Coulitz,

- Jean-Marie Ellouët, cultivateur à La Martyre,

- François-Marie Bronnec, cultivateur à Elliant,

- François-Yves Schang, négociant à Plouhinec.

.....................................

On ne peut pas en vouloir à ces hommes qui ont dû juger en leur âme et conscience un accusé qui s'est fort mal tenu devant le tribunal.

On peut leur en vouloir de s'être fait retourner le cerveau par Bosser et Hervé...

Deux mythomanes de première classe.

Qui ont juste embrouillé un peu plus l'affaire Seznec.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Encore un nouveau délire de Claudine Jourdan-Gérard, la psy de Priziac, sur son blog :

"C'est évident ! Si Guillaume Seznec a emporté la valise de Pierre Quéméneur au Havre le 13 juin avec les promesses de vente à l'intérieur on ne voit pas bien pourquoi il aurait acheté une machine à écrire au Havre. Sauf si c'était pour équiper la scierie. Cette valise a été vue à l'aller par Legrand et De Hainaux, mais pas au retour, ni par les Gadois, ni par les Jacob...."

Sauf que...

C'est bien la machine à écrire achetée au Havre sur laquelle ont été dactylographiées les fameuses promesses de vente.

Elles ont donc été réalisées entre le 14 juin et le 28 juin 1923.

Peut-être même par Marie-Jeanne Seznec, comme le pense Jean-Yves Seznec...

 

P.S. 2 Pauvre Bertrand Vilain !

A part se vanter, et écrire des dates erronées, il ne lui reste plus grand chose....

C'est le 22 septembre 1925 que Joséphine Baker est arrivée à Cherbourg sur le Berengaria.

Le 22 septembre, pas le 25 !!!!!!!!!!!!

Ce menteur n'a jamais lu de biographie de Joséphine, mais seulement les 16 articles que j'ai mis en ligne à ce sujet sur mon blog personnel.

Quelle équipe de bras cassés !

Comoedia du 23 septembre 1925

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