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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec, Samson le chauffeur dévoué...

Cerné par la haine, j’ai appris qu’il y avait en moi un amour invincible, cerné par les larmes, j’ai appris qu’il y avait en moi un sourire invincible, cerné par le chaos, j’ai appris qu’il y avait en moi un calme invincible,
Albert Camus

Je le dis et je le re-dis.

Je suis en contact permanent avec les fils de Petit Guillaume.

Qui me lisent avec bienveillance...

Et attention.

Oui, attention...

Ne manquant pas de me dire quand un article de mon blog, ça le fait pas...

J'écris pour avancer en essayant de coller ce que je sais de l'Affaire Seznec avec ce qu'ils m'ont révélé.

Donc...

On continue...

Jean-Yves m'a cité Samson.

Comme compagnon possible du deuxième voyage de Guillaume.

Et la seule chose que j'ai pu, sur le coup, lui dire, c'est que Marie Jeanne allait se faire tirer les cartes à Villemomble chez la femme de Samson.

Un peu court, non ?

Donc je pallie à ce manque immédiatement.

C'est chez Maurice Privat, que j'ai lu son nom pour la première fois (oui, le livre de Momo était dans la bibliothèque familiale) :

"Il fait chaud. L'un des policiers est affublé d'une longue pèlerine. Angèle Labigou, bonne de Seznec, le dévouement personnifié, est seule à la maison avec le petit Albert. Les autres enfants sont en pension. Mme Seznec s'est rendue à Brest, d'où elle reviendra à trois heures de l'après-midi.

Sans attendre, les auxiliaires de la justice se rendent dans la petite maison où la machine à vapeur était installée. C'est un ancien moulin qui chantait aux gazouillements du ruisseau. Il a été transformé en maison d'habitation. Dans le hangar, aujourd'hui, on fabrique des accus. Le commissaire et ses hommes vont droit à la chambre du chauffeur Raymond Samson, au premier étage. Le mur, à hauteur d'homme, présente un trou caché par un vieux tableau. Il subsiste, derrière une tapisserie de papier. Les policiers découvrent la machine Royal sans un grain de poussière, un lot de feuilles de papier blanc, bien plié, une toile d'emballage neuve dans laquelle fut empaquetée la mécanique. ils reviennent et montrent leur trouvaille à Angèle, stupéfaite."

C'est la perquise du 6 juillet 1923.

Ce que j'avais retenu aussi de Samson, c'est qu'il était allé vérifier sur place à Paris pour voir s'il ne trouvait pas le fameux Gherdi suite à la lettre de Guillaume Seznec à Marie Jeanne en date du 16 août 1925.

Voilà donc que Marie-Jeanne dépêche illico son chauffeur Samson à Paris. Et qu'il revient bredouille...

Mais, dans une lettre du 6 septembre 1925, Guillaume n'a plus la mémoire qui flanche : "Samson fait erreur ce n'est pas rue Bourdenais, c'est boulevard Bourdenais a cent ou deux cents mètres de la station Ecole Militaire en face du Champ de Mars, un café sous l'enseigne Au Tambour."

Samson repart pour la capitale et s'aperçoit qu'il existait bien un café au 113, avenue de la Bourdonnais. Face au Champ de Mars. Où se trouvait le parc des stocks américains jusqu'à sa fermeture le 23 février 1922.

J'écris, le 25 Mars 2015 : Le gars Samson, il a donc 38 ans au moment des événements morlaisiens...

"Raymond Samson

Etait-il là ?  Ou pas ? 
 
A-t-il été appelé en urgence par son patron auquel il était plus que dévoué ?
 
Raymond Samson n'est pas breton (ben oui, ça arrive...)
 
Il est né dans l'Eure. A Brionne. Le 21 janvier 1885.
 
Vous avez (merci Thierry !) son acte de naissance et son Registre Matricule ci-dessous."
 
De la classe 1904 Samson s'engage à l'armée pour 3 ans (14/10/1905 - 17/10/1908).
 
Il est alors domestique.
 
Le 17 octobre 1908, il est à Bernay (Bourg de Fontaine La Forêt) chez Isidore Restaurateur.
 
Le 10 janvier 1910, il est à Rouen.
 
Et arrive en Bretagne (Saint Pol de Léon) chez Le Lez le 18 janvier 1911.
 
Puis en avril 1911 il est mécanicien chez Tridal à Morlaix.
 
Il se marie avec Marguerite Berthevas, couturière (née le 18 décembre 1891 à Morlaix), à Morlaix, le 17 juillet 1911.
 
A partir du 31 juillet 1911 , il est rue du Parc au Duc.
 

Il a un fils,Raymond Florentin, né en février 1912 :

 

Il est mobilisé dès le 3 août 1914.
 
Il se bat à l'ennemi et est fait prisonnier au camp de Sennelager.
 
 
Dont il sera rapatrié le 24/12/1918.
 
Il est démobilisé le 21 Mars 1919 et on le retrouve Route de Callac à Morlaix.
 
 
Il ne figure pas comme habitant chez Guillaume Seznec au recensement 1921.
 
On le trouve néanmoins mentionné en salaires dans la liquidation des biens Seznec le 12 décembre 1924 :
 

 

Son passage chez Guillaume Seznec n'est pas indiqué dans son Registre Matricule.
 
Pourtant  le gars Samson, qui  a 38 ans au moment des événements morlaisiens, habite bel et bien une chambre à la scierie.
 
On le retrouve toutefois (Merci,Marco) dans une histoire de location en lousdé par Guillaume Seznec. 
 

 

 
In Ouest Eclair du 9 août 1923 :
 
"Seznec homme d'affaires
 
Seznec n'était guère scrupuleux en affaires, à en juger par le fait suivant :
 
Il vendit, en janvier dernier, une maison qu'il possédait près de sa scierie à M. Pouliquen, demeurant à la Villeneuve à Morlaix, ce dernier sans aucune parenté avec la famille Quemeneur.
 
La promesse de vente fut faite le 23 janvier, et c'est seulement à la signature de l'acte de vente, le 27 janvier, que Seznec déclara avoir passé le bail sous seing privé avec son chauffeur Samson, pour lui assurer un appartement dans l'immeuble en question, pour une durée de neuf ans, et à un prix dérisoire."
 
Quand Quémeneur quitte Seznec la foutue nuit du 25 au 26 Mai, il lui aurait dit (je conjugue uniquement au conditionnel, maintenant) de rentrer à Morlaix pour faire réparer la Cadillac par son mécanicien.
 
Ce qui lui coûterait moins cher. 
 
On retrouve Samson mêlé à une histoire de tentative de faux témoignage de Maingourd et Métais pour l'alibi de Seznec du 13 juin 1923 (Le Havre).
 
in Ouest Eclair du 13 septembre 1923 :
 
 

 

in La Dépêche de Brest du 2 novembre 1924 :
 

 

 
Quand il vient témoigner au procès de Guillaume le 30 octobre 1924....
 
Il est alors chauffeur Contremaître à Villemomble.
 
Ouest France 31 Octobre 1924
 
 

Et il habite Place Emile Ducatte à Villemomble.

 

 

Il habite donc Villemomble quand Marie Jeanne Seznec l'envoie sur les traces de Gherdi en août/septembre 1925.

 

C'est aussi là qu'elle vient le voir et se faire tirer les cartes par Madame Samson.

 

Villemomble où il meurt à 61 ans le 9 août 1946.

 

Sans jamais avoir revu Seznec.

 

Marguerite Berthevas lui survit jusqu'au 12 Mars 1965.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Tiens au fait, la TSF est arrivée à Morlaix en 1922.

 

A lire sur le sympathique blog de Jean Le Mécanicien.

 

Poste à galène Ducretet

 

Ben oui, rappelez-vous, y avait pas de salon, y avait pas de radio, les Seznec vivaient dans des grottes, hein  😎😊😂😆😉💪

Samson. Acte de Naissance.

Samson. Acte de Naissance.

Samson Registre Matricule.

Samson Registre Matricule.

Samson. R.M. (suite)

Samson. R.M. (suite)

Samson. R.M. (suite)

Samson. R.M. (suite)

Samson. R.M. (fin)

Samson. R.M. (fin)

Morlaix. Chez les Seznec. Recensement 1921.

Morlaix. Chez les Seznec. Recensement 1921.

Samson. La dette.

Samson. La dette.

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M
Samson semble soutenir Seznec à 100 %, puisque Marie Jeanne l'envoie soudoyer des témoins (à coup de promesses d'argent, seulement, à prendre sur la somme que l'État versera à Guillaume pour l'avoir injustement emprisonné). Seulement, je me rappelle avoir lu une fois qu'il ne confirme pas un témoignage où il aurait servi d'alibi à Seznec (pour le 20 juin, je crois) en disant : "Je ne peux pas faire de faux témoignage." C'est une petite faille qui semble montrer qu'il n'est pas impliqué personnellement, car si c'était le cas, il ferait un faux témoignage.
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M
Voici l'article, Ouest Eclair, 9 août 1923, page 2, colonne 2.
Répondre
M
Chère Liliane,<br /> <br /> Il me semble que Samson avait été mêlé à une des multiples étranges affaires de Guillaume Seznec, je crois me souvenir que lors de la signature de l'acte d'achat d'une maison près de la scierie, le nouveau propriétaire avait découvert qu'une partie de celle-ci était louée par Seznec à Samson, à un prix très bas, ce que Seznec n'avait pas dit lors de la signature du sous-seing privé (et donc, conformément à l'usage, de la remise d'argent de la main à la main). C'est quelque part dans un des journaux de 1923.
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L
Merci Marco...<br /> Je vais rechercher cette histoire...