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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec. Me Philippe Lamour, défenseur de Charles Hervé et du journal La Province.

Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges.
Friedrich Nietzsche.

N'est pas journaliste qui veut...

Et notre blogueuse au rabais vient de nous le prouver une fois de plus, en balançant sur son blog l'intégralité de la plaidoirie de Me Philippe Lamour, devant le tribunal civil de Rennes en date du 5 octobre 1932...

Sans daigner expliquer le pourquoi du comment.

Et remettre cette plaidoirie dans son contexte exact.

 

Ouest-Eclair du 6 octobre 1932

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Et oui...

Nous sommes dans un procès qui oppose la famille Quémeneur (Jean Pouliquen et Louis Quémeneur) - qui en a plus que marre de se voir salie par Hervé et Privat - au journal La Province et à Victor Hervé.

La thèse soutenue est donc celle dite de "Plourivo"...

Une thèse grotesque et lubrique qui sous-entend Louis Quémeneur comme assassin et violeur.

La famille de Pierre Quémeneur attaque en justice le journal "La Province" qui soutient Guillaume Seznec.

Me Denis Langlois en page 122 :

"Pour la famille Quémeneur, c'en est trop. Depuis le début de la campagne de Hervé, ses membres sont montrés du doigt, injuriés, molestés. Louis est l'assassin, ses soeurs ses complices pour dissimuler le corps et Me Pouliquen, le beau-frère, l'âme damnée de toute la bande. Une plainte en diffamation est déposée contre Maurice Privat et le journal La Province réclamant 500.000 francs de dommages-intérêts.

Le procès est fixé au 7 juillet 1933 devant le tribunal correctionnel de Brest. La salle est comble. La vérité va éclater. On attend le témoignage du juge Hervé qui, conformément à ses promesses, fera des révélations et dévoilera le nom du chauffeur de Guingamp qui, le 27 mai 1923, a conduit Pierre Quémeneur à sa propriété de Plourivo où il a été tué. Dix ans après, l'affaire Seznec va enfin connaître son dénouement.

L'huissier appelle les témoins. "Charles-Victor Hervé !" Personne ne se lève. Il répète plus fort. Personne. Charles-Victor Hervé, ancien magistrat, s'est défilé, laissant Privat et Delahaye seuls devant le tribunal. Les partisans de Seznec sont atterrés. Les journalistes s'esclaffent. L'avocat de Privat, Me Philippe Lamour, qui a préparé une grande plaidoirie, fait grise mine. 

Maurice Privat, abattu, prend la parole. Il reconnaît piteusement qu'il a peut-être apporté trop d'ardeur en en présentant la défense de Seznec, mais qu'il n'a fiat preuve d'aucune mauvaise foi. Il a été abusé par quelqu'un qui lui semblait sérieux, du fait se son ancienne profession.

- Je me suis trompé en lui faisant confiance, conclut-il. En ne venant pas, il trahit la cause de Seznec. Mais sa défection ne m'empêche pas de croire à l'innocence de l'homme qui croupit au bagne."

 

Le Phare de Morlaix du samedi 23 janvier 1932

 

Ouest-Eclair du 27 octobre 1932

La Dépêche de Brest du 27 octobre 1932

Ouest-Eclair du 8 juillet 1933

 

Ouest-Eclair du 9 juillet 1933

La Dépêche de Brest du 9 juillet 1933

Le Petit Parisien du 9 juillet 1933

Ouest-Eclair du 22 juillet 1933

"Le Tribunal reproche à M. Privat d'avoir traîné dans la boue des personnes jouissant de l'estime général et d'avoir fait une campagne indigne avec une implacable cruauté."

 

La Dépêche de Brest du 14 novembre 1933

Ouest-Eclair du 14 novembre 1933

 

Ouest-Eclair du 15 novembre 1933

Ouest-Eclair du 14 décembre 1933

Ouest-Eclair du 27 décembre 1933

Ouest-Eclair du 29 mai 1934

Ouest-Eclair 28 juin 1934

Tout cela a duré deux ans et demi, du 23 janvier 1932 au 27 juin 1934.

1/23 janvier 1932. Assignation devant le tribunal de Rennes de MM. Pouliquen et Quémeneur pour 500.000 francs de dommages-intérêts.

2/5 octobre 1932. Tribunal civil de Rennes.

3/ 26 octobre 1932. Condamnation Eugène Delahaye et Victor Hervé à payer chacun 50.000 francs de dommages-intérêts à la famille Quémeneur.

4/ 11 avril 1933. Tribunal correctionnel de Brest.

5/ 7 juillet 1933. Confirmation du premier jugement.

6/ 21 juillet 1933. Condamnation Privat et Landiech à payer 120.000 francs à la famille Quémeneur.

7/ 15 novembre 1933. Cour d'Appel de Rennes.

8/ 27 décembre 1933. Affaire en délibéré.

9/ 27 juin 1934. La Cour d'Appel de Rennes confirme la peine.

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Me Langlois écrit pudiquement pour ne pas dire "extrême droite" :

"Le défenseur de Maurice Privat est un jeune avocat, Me Philippe Lamour, engagé alors politiquement dans les milieux nationalistes-socialistes admirateurs de Mussolini."

Voilà qui est dit et bien dit.

Me Philippe Lamour défendait Guillaume Seznec dans un procès en diffamation...

Inutile, donc, de prendre sa plaidoirie au pied de la lettre.

Mais plutôt avec des pincettes !

La plaidoirie était peut-être un bel effet de manches mais elle n'a pas empêché la condamnation de Hervé et de Privat.

Qui, une fois de plus, ont sali des gens respectables pour défendre leur bagnard.

S'appuyer aujourd'hui sur cette plaidoirie du 5 octobre 1932, concoctée spécialement pour défendre les partisans de Guillaume Seznec, n'a pas lieu d'être et est totalement indigne.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Quand je vous dis que tous ces zigs-là, c'est droite-droite :

Gringoire du 8 avril 1938

 

Lire aussi sur mon blog La Piste de Lormaye :

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