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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : Le Nouveau Détective

Messieurs, vous apprendrez à vos dépens qu’un reporter ne connaît qu’une seule ligne, celle du chemin de fer.
Albert Londres.

Je viens juste d'acheter le numéro du jour du Nouveau Détective.

Le Numéro 1861 du mercredi 16 Mai 2018.

Parce qu'on y parle de l'affaire Seznec.

Sous le titre ronflant de "Guillaume Seznec se serait sacrifié pour éviter la guillotine à sa femme".

Avant de vous relater, par le menu, ce qui y est écrit...

Je voudrais vous rappeler quel grand magazine fut "Détective".

1/ Le Nouveau Détective est un hebdomadaire français de faits divers créé par Gaston Gallimard le 25 octobre 1928 sous le titre originel de Détective, et édité aujourd'hui par Les Éditions Nuit et Jour4. Ce journal a été souvent décrié, autant pour ses méthodes publicitaires jouant sur le sensationnel que pour son contenu. Il a fait l'objet d'interdiction à la vente aux mineurs et d'interdiction de publicité, sa parution s'est arrêtée puis a repris.

Historique[modifier | modifier le code]

 
Couverture du 1er numéro : Chicago, capitale du crime (novembre 1928).

Détective, le grand hebdomadaire des faits-divers  est fondé à Paris le 1er novembre 1928 par les frères Joseph et Georges Kessel — ce dernier est directeur-gérant — avec pour éditeur et capitaux les éditions Gallimard.

Parmi les plumes prestigieuses associées à cette création ou collaborant à ses premiers numéros, figurent en particulier, en plus des frères Kessel, François Mauriac5André GidePierre Mac OrlanGeorges SimenonMarcel Duhamel6Maurice GarçonFrancis Carco, ou Albert Londres7.

Vendu 0,75 franc pour 16 pages, le magazine en noir et blanc, imprimé en héliogravure par Georges Lang, se caractérise par un traitement de l'image assez novateur et une mise en page percutante, qui doit beaucoup à VU lancé par Lucien Vogel quelques mois plus tôt. Dans la liste des collaborateurs, apparaissent dès novembre l'avocat Maurice Garçon, Marcel Achard, et, pour la page livres, Roger Caillois.

Face aux critiques sur le contenu, Joseph Kessel répond que « le crime existe, c'est une réalité, et, pour s'en défendre, l'information vaut mieux que le silence »8.

Un concurrent, appelé Police Magazine, est lancé en 1931 et s'impose comme le second grand magazine hebdomadaire de fait divers criminel de l'entre-deux-guerres français9.

La parution est interrompue par la Seconde Guerre mondiale, puis reprend en 1946 sous le titre Qui ? Détective, mais Gallimard a, entre temps, revendu au groupe Beyler et à Jacques Chaban-Delmas10. En 1958, le titre redevient Détective jusqu'en 1979.

Jean-Noël Beyler, qui a hérité du titre par son père, André Beyler, le revend en 1995, à Catherine Nemo11, qui le revend quelques années plus tard à son tour.

Le Nouveau Détective s'appelle ainsi depuis 1982.

La relation du fait divers[modifier | modifier le code]

Depuis ses origines, Détective se singularise, dans la presse, par son traitement du fait divers12,13. La rédaction dit s'efforcer de restituer le regard des protagonistes. L'organisation du récit vise à entretenir le suspense13. Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre s'affichent[Quand ?] comme lecteurs de ce magazine faisant dans le sensationnel, Sartre encourageant « la presse de gauche à s'intéresser aux faits divers, à puiser dans ces histoires la révélation des tensions de la société »7.

Ses campagnes publicitaires heurtent également les esprits, avec, dans les années 1970, des dessins très réalistes conçus par le dessinateur Angelo Di Marco, mais qui décrivent l'instant ultime précédant le crime, appuyés par des affichettes aux titres racoleurs tels que : « Violée par l'amant de sa mère ! », « Elle livre sa sœur à son amant proxénète », « Il drogue sa femme et la vend nue aux enchères ! » etc.14.

Le périodique est plusieurs fois poursuivi pour indécence (c'est-à-dire « outrage aux bonnes mœurs avec publicité », avant 1994) mais rarement condamné. En 1978, suite à des questions orales à l'Assemblée nationale de Georges Fillioud, et à des questions écrites de la députée Gisèle Moreau à Monique Pelletier, ministre délégué à la condition féminine, une polémique éclate et le ministère de l'Intérieur décide d'interdire de publicité, et d'interdire à la vente aux mineurs, le magazine. Une grande partie de la presse française, même si ses rédacteurs n'apprécient pas particulièrement les fameuses affichettes publicitaires, déplore les mesures touchant Détective, voyant dans cette mesure une atteinte à la liberté de la presse, qui rappelle celles contre Hara-Kiri hebdo en 1970 , et ne se résumerait en fait qu'à une tentative de censure pour de vagues « raisons morales », lesquelles ne sont pas fondées en droit français14.

 

Vous pouvez trouver les numéros de Détective de 1928 à 1940 sur :

les bibliothèques spécialisées de la ville de Paris.

et aussi ici:

sur Criminocorpus.

 

2/ Détective et l'affaire Seznec

Le tout premier numéro, le N° 126, sur l'affaire date du 26 Mars 1931.

Avec un long article consacré à la piste de Traou Nez sous la plume de Gilbert Rougerie.

"Seznec innocent ?"

 

C'est ce magazine qui achète (cher à François Le Her) l'exclusivité du retour de Guillaume Seznec sur le sol de France.

Un article "Je suis innocent" sous la plume de Marcel Say.

Le 10 juillet 1947.

Un an plus tard...

13 juillet 1948 : La révision de l'affaire Seznec.

Toujours dans la même veine, le 19 octobre 1948,

C'est dans le livre de Rieux Nédelec, dans leur conclusion (page 211) que l'on trouve cette description à fendre l'âme :

"Dans les rangs des révisionnistes, il y eut certes, des mythomanes, des auteurs et des journalistes intéressés soit à se créer un nom, soit à augmenter le tirage d'une publication, ne reculant devant aucun procédé. L'un d'eux, réussit un jour à mettre en présence Louis Quémeneur, finissant ses jours à la maison de retraite de Saint-Thegonnec et Seznec lui-même. En reconnaissant son interlocuteur, le frère du conseiller général fut, dit le reporter, saisi de panique et se précipita dans l'église. Cette fuite fut interprétée comme un indice, sinon de culpabilité personnelle, tout au moins d'une connaissance de faits que le vieillard avait dissimulés pendant toutes ces années. Si tel était le cas, Louis eut la force, ou la faiblesse, d'emporter son secret dans la tombe."

Sous la plume d'Etienne Hervier.

On enquille avec le numéro de décembre 1948 "Prière pour Seznec"...

 

Arrive ensuite le meurtre (en légitime défense, certes, mais meurtre quand même) de François Le Her par Jeanne Le Her Seznec.

Meurtre dont elle est acquittée.

Numéro du 25 juillet 1949.

Et la Juliette Le Her fort dépitée :

 

LE numéro qui va vendre...

C'est celui sur la mort de Guillaume, of course...

En février 1954.

Cette liste n'est pas exhaustive et si vous connaissez d'autres numéros, vous êtes les bienvenus...

Revenons à nos moutonsssssssss...

Et au Détective du jour.

Sur 3 pages.

Et sur fond jaune fluo :

Y'a les grands mots, les grands moyens...

"Sacrifié et guillotine."

Châpo : Leur vieux père est en train de mourir. Mais il veut parler à ses deux fils. Leur avouer CE QUI S'EST VRAIMENT PASSE EN MAI 1923...

MORLAIX.

Sur le quai du port de Saint-Martin, dans l'île de Ré, plus de 600 proscrits marchent d'un pas lent, la tête basse, vers l'immense paquebot à coque blanche qui les attend. La Martinière est un navire prison. Sa destination : le bagne, l'enfer à l'autre bout du monde. La Guyane. La plupart de ces hommes, assassins, violeurs, voleurs, savent qu'ils n'en reviendront pas - il est trop tard pour les regrets -, mais il en est au moins un, dans la colonne, qui garde le front haut, le regard fier. Il a 46 ans, le corps sec, le visage buriné par une vie de labeur. Il s'appelle Guillaume Seznec. On l'a condamné aux travaux forcés à vie pour meurtre, mais depuis trois ans qu'il est incarcéré, il n'en démord pas : il est innocent. Et il affirme qu'un jour la preuve en sera faite.

Et bien voilà qu'aujourd'hui, près d'un siècle plus tard, ce jour est peut-être arrivé, grâce à une extraordinaire révélation...

L'origine de "l'affaire Seznec", l'une des énigmes criminelles les plus retentissantes du XXe siècle, remonte au dimanche 27 mai 1923. Ce jour-là, Guillaume Seznec, patron de scierie à Morlaix, dans le Finistère, se rend en voiture à Paris avec son ami Pierre Quémeneur, négociant en bois et conseiller général.

Rien ne va arrêter la machine judiciaire

A cinq heures du matin, les deux hommes prennent la route à bord d'une Cadillac, une auto récupérée dans les stocks de l'armée américaine après la Première Guerre mondiale. Mais la berline aux grands roues à rayons, d'un luxe remarquable pour l'époque, n'arrête pas de tomber en panne. A de nombreuses reprises, ses occupants sont obligés de mettre le nez dans le moteur. Si bien qu'à la nuit tombée, après quinze heures de route harassante, ils n'ont parcouru que 450 kilomètres. Epuisés, ils font une halte pour dîner dans une auberge de Houdan, le Plat d'Etain. Le début du mystère.

Selon les gendarmes, il n'a pas pris le train

Deux jours plus tard, Guillaume Seznec rentre seul chez lui au volant de la Cadillac. Quant à Pierre Quémeneur, on ne le verra plus. Comme s'il s'était volatilisé... Où est passé le conseiller général ? Seznec prétend qu'en sortant du Plat d'Etain, il l'a déposé à la gare. La voiture continuait de faire de siennes et Quémeneur avait des rendez-vous importants à Paris, qu'il ne voulait surtout pas manquer. Le train lui a paru plus sûr pour gagner la capitale.

Les gendarmes ne tardent pourtant pas à se forger une autres conviction. Pour eux, Quémeneur n'a jamais pris le train. Seznec l'a tué. Pourquoi ? Parce qu'il voulait, par une sombre manoeuvre, s'approprier le manoir du notable.

Quelques semaines plus tard, le suspect est arrêté, et, malgré ses protestations d'innocence, malgré l'absence de corps, plus rien ne va arrêter la machine judiciaire.

Pierre Quémeneur aurait été vu à Paris

Le 4 novembre 1924, Guillaume est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Un jugement qui, à l'époque, provoque déjà un profond malaise.

L'accusation ne semble reposer que sur les sentiments des enquêteurs. Mais, le plus gênant, c'est que, d'après le scénario des gendarmes, Seznec aurait tué Quémeneur le dimanche 27 mai au soir, sur le bord de la route, "à coups de cric", précisent-ils. Or le conseiller général a été vu le lendemain à Paris, par son propre cousin, contrôleur dans le tram ! Les deux hommes ont même bavardé un bon quart d'heure,en se donnant des nouvelles de leurs familles respectives ! Alors quoi ? Rien, hélas ! Malgré cette incohérence flagrante, la justice reste de marbre. Elle a son coupable, elle le garde. Pas question de revenir sur le procès. Et le 7 avril 1927, on l'a vu, Guillaume Seznec est embarqué avec 600 autres forçats à destination du bagne.

Les magistrats espèrent-ils envoyer ce dossier gênant aux oubliettes, en même temps que le condamné ? Si c'est le cas, ils vont être déçus. L'affaire ne va plus cesser de faire couler des flots d'encre.

Au cours des mois et des années suivantes, tout le clan Seznec se dresse pour défendre Guillaume. Son épouse en particulier,Marie-Jeanne, réclame à cor et à cri sa libération. Mais tous ses recours se heurtent au mur judiciaire.La pauvre femme finira par en mourir d'épuisement.

Par le jeu des remises de peine, Guillaume Seznec est finalement libéré, après vingt ans de bagne, en 1947. Il a 66 ans.

En reposant le pied en métropole, devant la foule de journalistes massés pour l'attendre, il n'a que quelques phrases.

- J'ai deux projets, dit-il. Aller me recueillir sur la tombe de ma femme.  Puis obtenir la révision de mon procès. Après, quand j'aurai rendu l'honneur au nom de Seznec, je crois, messieurs, que je pourrai mourir.

Peine perdue. L'ancien bagnard s'éteint en 1954, sans avoir rien obtenu du tout. Ce sont alors ses enfants, puis ses petits-enfants qui reprennent le flambeau. Notamment Denis Le Her-Seznec, son petit-fils, la figure de la famille que les Français connaissent aujourd'hui le mieux.

Pendant plus de quarante ans, Denis va se battre, enquêter, écrire des livres, parler sur des plateaux de télévision pour que justice soit rendue à Guillaume, mais, là encore, c'est en vain. Les demandes de révision ont beau s'accumuler sur les bureaux des juges successifs, pas un ne consent à rouvrir le dossier.

Pourquoi alors que toute l'affaire parait si bancale ? D'abord parce que la justice est par nature très réticente à revenir sur ses décisions.. Mais, surtout, parce qu'il n'existe aucun autre scénario pour expliquer la mort de Quémeneur. Pour rouvrir le dossier, il faut aux magistrats des éléments nouveaux ! Or il n'y a rien. Toujours pas de corps, ni le moindre indice. Rien ne bouge.

Les demandes successives de révision formulées par le clan Seznec sont rejetées les unes après les autres. Jusqu'en 2006 où, après un ultime rejet, la justice annonce qu'elle clôt le dossier pour toujours. Pour Denis Le Her-Seznec, qui s'est battu pied à pied, c'est une terrible désillusion. Mais tout le monde ignore alors le coup de théâtre qui se prépare, et qui va mettre encore plus de dix ans à survenir.

Petits, on ne leur a jamais parlé de leur grand-père

En ce printemps 2018, ce sont deux autres petits-fils Seznec, deux frères, Jean-Yves et Gabriel, qui ont décidé de monter au créneau. Et ce qu'ils ont à dire rebat toutes les cartes, jetant sur l'ensemble de l'affaire un éclairage nouveau...

Jean-Yves et Gabriel sont issus d'une branche de la famille qui a beaucoup souffert de "l'affaire". Enfants, ils ont été élevés loin de la Bretagne, dans l'ignorance totale du passé. Leur père, surnommé "Petit Guillaume", ne leur parlait jamais du grand-père, ils ignoraient même que celui-ci avait été bagnard !Ce n'est qu'une fois grands, en découvrant leur patronyme sur les gros titres d'un journal, qu'ils ont appris, stupéfaits, la tragique histoire de leur aïeul. Et c'est seulement sur son lit de mort que leur père, "Petit Guillaume", leur aurait enfin parlé. Pour leur livrer des confidences qui font aujourd'hui l'effet d'une bombe.

Ce qui suit est donc la version de l'affaire telle que leur père, assurent-ils, la leur a livrée...

"Toi, tu n'as qu'à partir avec la voiture"

Retour à ce fameux dimanche 27 mai 1923. Au sortir du restaurant le Plat d'Etain. Pierre Quémeneur est fatigué. Il en a assez de cette maudite Cadillac qui tombe en panne sans arrêt. Il demande à Seznec de le déposer à la gare, pour finir en train le trajet vers la capitale.

- Toi, tu n'as qu'à repartir avec la voiture à Morlaix, lui dit-il. Auant éviter de la faire réparer à Paris, ça vanous coûter une fortune !

Quémeneur gagne donc la capitale où il rencontre son cousin le lendemain. Quant à Seznec, il repart en sens inverse au volant de la Cadillac. Mais cette voiture est une véritable malédiction. Guillaume est obligé de s'arrêter souvent. Le voyage de retour est interminable.

Il se serait approché de Marie-Jeanne...

Le mardi 29 mai au matin,, surlendemain du dîner au Plat d'Etain, Pierre Quémeneur est, lui, de retour à Morlaix. Arrivé par le train de nuit, il se rend chez Seznec, pour savoir comment il s'en est sorti. Mais l'autre n'est toujours pas rentré. A la maison, il n'y a que son épouse Marie-Jeanne, une jolie jeune femme brune.

Quémeneur s'apprête à repartir quand, toujours selon cette version, une "envie" lui aurait traversé l'esprit. Marie-Jeanne lui a toujours plu. La voici seule chez elle, à l'exception de la bonne et d'un de ses fils, enfant qui joue dans la cour. C'est l'occasion ou jamais. Quémeneur s'approche de Marie-Jeanne, s'autorise une caresse. Elle le repousse violemment. Il part en arrière, bute sur une petite marche, perd l'équilibre et se fracasse le crâne sur l'accoudoir en chêne massif d'un fauteuil ! Le conseiller général est mort.

Marie-Jeanne hurle, la bonne arrive à la rescousse, comme le fils qui jouait à l'extérieur. Tous restent figés devant le spectacle de Pierre Quémeneur étendu au sol, le coin du front enfoncé, les yeux révulsés.  Terrorisée, Marie-Jeanne cache le corps sous un tapis.

Quelques heures plus tard, un bruit de moteur retentit dans la cour. Guillaume Seznec est enfin de retour.Son épouse, affolée, lui dit ce qu'il s'est passé. Seznec soulève le tapis et regarde le cadavre, catastrophé. Il comprend que s'il dit la vérité aux gendarmes, sa pauvre Marie-Jeanne va finir en prison, peut-être même sur l'achafaud...

Il tourne en rond, en quête d'une solution. A la nuit tombée, il choisit celle qui lui paraît la moins mauvaise. Il réunit autour de lui les trois témoins du drame. Sa femme. La bonne. Son fils. Il leur explique qu'il va s'occuper du corps, mais qu'à partir de cet instant, il ne faudra plus jamais évoquer cet épisode affreux. Pas un mot. A personne.

Les trois l'écoutent en tremblant. Promettent. Mais pour Guillaume Seznec, ce n'est pas assez. Il veut un engagement inébranlable. 

Le lendemain, après s'être débarrassé du corps on ne sait où, il emmène femme, bonne et enfant à l'église. Et c'est devant Dieu, qu'ils jurent tous ensemble de ne jamais rien dire de la venue de Quémeneur ce matin-là, ni des circonstances détestables de l'accident mortel.

Un aveu formulé par un vieil homme sur son lit de mort

La suite, on la connaît. Vingt ans de bagne pour Guillaume Seznec. Une histoire restée au secret pendant des décennies. Et, au bout du bout, un aveu formulé par un vieil homme sur son lit de mort. Or "Petit Guillaume" savait de quoi il parlait.

Ce gosse dans la cour qui, avait 11 ans à l'époque, qui a tout vu, qui a juré, c'était lui !

Pierre Quémeneur a-t-il payé au prix fort son humeur paillarde et sa main baladeuse ? Guillaume Seznec a-t-il passé vingt ans au bagne pour éviter à sa femme, qu'il adorait, d'y aller à sa place ? Le témoignage de Jean-Yves et Gabriel Seznec est-il le reflet fidèle de ce qu'il s'est passé en 1923 ? Il sera hélas difficile de l'affirmer, puisque, une fois de plus, on ne dispose d'aucune preuve.

Rouvrir le dossier ? Dans combien de siècles ?

Et que pense Denis Le Her-Seznec, combattant historique pour la réhabilitation du grand-père, de cette thèse nouvelle ? Il n'y croit guère.

- Je dois avouer que le récit de mes cousins est déduisant, reconnaît-il. Mon grand-père partant au bagne pour couvrir sa femme, c'est très beau,très romantique. Plus fort que Roméoet Juliette ! Mais ce n'est pas crédible. Si les choses s'étaient passées ainsi, pourquoi mon grand-père ne l'aurait-il pas avoué lui-même après la mort de sa femme, ou à son retour du bagne ?

L'argument, c'est sûr, ne manque pas de poids. En définitive saura-t-on jamais avec certitude la vérité sur l'affaire Seznec ? La justice finira-t-elle par rouvrir le dossier ? D'après les mauvaises langues, elle devrait rendre sa décision d'ici un siècle ou deux.

Une enquête de notre correspondant.

..............................

C'est pas mauvais....

Pas mauvais du tout.

A part François Le Her cousin de Pierre Quémeneur...

Et les confidences de Petit Guillaume sur son lit de mort.

Mais l'essentiel y est.

Et c'est bien tout ce qu'on demande à...

Détective.

Liliane Langellier

P.S. Pour l'absence de la bonne Angèle Labigou du "15 au 23 mai" selon Bernez Rouz.

Quelles sont ses sources ?

Parce que, notre bonne Angèle, elle est à Brest le dimanche 17 mai pour la communion solennelle de Jeanne (c'est Jeanne qui le raconte chez Claude Sylvane). Elle part le jour-même pour l'enterrement de son frère. Il est mort le 15 mai, donc enterré peut-être le 18 mai. Et retour d'Angèle le 20 mai à Morlaix.

Possible qu'elle ait pu assister à la mort de Quémeneur si retour le dimanche 20 ou le lundi 21.

 

P.S. 2 L'immense écrivain Tom Wolfe est mort lundi 14 mai dernier.

A part "le bûcher des vanités", j'avais tellement aimé "Moi, Charlotte Simmons"...

Une description horrible mais tellement réaliste des campus américains.

 

P.S. 3 Je vous recommande cette émission de France Culture du 1er février 2017 :

Dans Les Emois de François Angelier :

 

Le crime paie cash : Les années "Détective" de Gallimard (1928-1940)

 

 

Le tout premier Détective sur l'affaire.

Le tout premier Détective sur l'affaire.

Détective 16 mai 2018. Page 22.

Détective 16 mai 2018. Page 22.

Détective du 16 mai 2018. Page 23.

Détective du 16 mai 2018. Page 23.

Détective du 16 Mai 2018. Page 3.

Détective du 16 Mai 2018. Page 3.

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