Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 1.400 articles.
25 Septembre 2025
“Si vous ne dites rien, on ne vous demandera pas de le répéter.”
Calvin Coolidge
"La personnalité de Bonny elle-même, telle qu'elle s'est révélée dans les années 1930 et 1940, autorise-t-elle par une espèce de présomption de culpabilité à rebours, à le tenir pour un policier véreux au début de sa carrière dans les années 1920 comme nous le proposent les partisans de l'innocence de Seznec et, notamment, de façon particulièrement outrée, le téléfilm d'Yves Boisset ?
Rappelons d'ailleurs qu'au moment de l'affaire dite Seznec, Bonny n'était qu'un inspecteur stagiaire de 28 ans assistant le commissaire Vidal, que peu d'actes de l'enquête sont de sa main et que la Sûreté parisienne n'est intervenue que quelques jours après le commencement des investigations et, notamment, après la découverte de la valise au Havre contenant les documents qualifiés de faux.
Rappelons qu'il n'a jamais reconnu avoir joué le rôle que lui prêtent les partisans de la révision et notamment celui d'avoir apporté la machine à écrire retrouvée au domicile de Seznec et ce, alors que, face à la mort, il n'avait plus rien à perdre et aurait même pu retirer une certaine gloriole d'aveux aussi extraordinaires. Les notes qu'il a rédigées dans sa cellule de condamné sur les affaires dont il avait eu à connaître durant sa carrière de policier, dont l'affaire Seznec, ne comportent nullement l'aveu d'une quelconque machination de sa part ni même l'expression d'un doute sur la culpabilité du condamné (Cf. Yves Frédéric Jaffré L'affaire Seznec cité supra p. 194). Et le témoignage indirect et tardif de Mme Moreau-Lalande, qui est d'ailleurs édifiant sur le sens de l'honneur de son mari qui aurait tu les prétendus aveux de Bonny, n'est pas de nature à infirmer cette réalité.
En tout état de cause, quel esprit d'une intelligence supérieure eut-il fallu à Bonny pour organiser la machination policière qui sous-tend la requête en révision !
Il aurait fallu en effet qu'il parvienne, avec la complicité ou à l'insu de ses supérieurs, à attirer Quémeneur dans un traquenard sans que celui-ci n'en informe son compagnon de route, qu'il découvre l'endroit où ils s'étaient prétendument séparés afin de compléter le carnet de frais de Quémeneur retrouvé dans la valise du Havre - en commettant au demeurant la même confusion entre Houdan et Dreux que Seznec ! -, qu'il se rende au Havre acheter une machine à écrire sous l'apparence de ce dernier, qu'il parvienne à s'immiscer à Paris dans une enquête qui était en cours à Rennes, qu'il dactylographie de faux exemplaires des promesses de vente de la propriété de Plourivo sur du papier acheté à Morlaix chez le fournisseur de Seznec, qu'il parvienne à les substituer à ceux du dossier de l'instruction puis à déposer la machine chez Seznec à Traon-ar-Velin et à fomenter les nombreux témoignages qui, sur tout un quart Nord-Ouest du pays, ont confondu l'accusé dont celui d'une jeune fille qui a identifié dans la voiture une valise jaune correspondant à la description de celle retrouvée au Havre. Il fallait même qu'il sache, d'une part, que les proches de Quémeneur, accompagnés de Seznec, avaient signalé sa disparition à la police de Rennes le 10 juin pour leur envoyer 3 jours plus tard un faux télégramme les rassurant sur le sort de leur frère et, d'autre part, que Seznec avait déclaré aux mêmes que Quémeneur était probablement parti faire des affaires en Amérique pour avoir l'idée de déposer la valise du disparu au Havre, premier port d'embarquement pour cette destination.
Que de complices lui aurait-il fallu solliciter et maîtriser pour qu'il n'y ait pas eu la moindre fuite depuis 80 ans malgré la chute du mystificateur, une première fois par sa révocation de la police en 1935, et une seconde fois par son exécution en 1944 !
Et tout cela pour quel mobile ?"
Lettre des descendants de Pierre Quémeneur en janvier 2006.
Voilà ce qu'écrit Patricia Chippaux sur Geneanet :
"Né en 1895, Pierre Bonny est un petit employé bordelais d’extraction rurale. Caporal d’infanterie fait prisonnier de guerre dans la Somme en septembre 1916, il entre dans la police par concours en 1920. Stagiaire à la Sûreté générale de Paris, il est encore un jeune policier peu expérimenté et parfaitement anonyme quand il est impliqué dans l’énigmatique affaire Seznec en 1923. Son rôle y est marginal. Affecté à des tâches de secrétariat et commis à de rares vérifications annexes, il n’est qu’une des petites mains de l’enquête policière. Cela n’a pas empêché les partisans de l’innocence de Seznec de lui imputer le rôle d’un deus ex machina maléfique, en vertu de la funeste notoriété qu’il s’est acquise postérieurement. Ce mécanisme de surinterprétation flagrante s’avère un cas intéressant de mauvaise réputation rétrospective. La récapitulation factuelle rigoureuse des éléments du dossier d’accusation, tels qu’exposés par Guy Penaud, démonte de façon convaincante la légende accusant Bonny. Mettant à mal la thèse de la machination policière présentée lors des procédures en révision postérieures, elle hypothèque aussi plus largement la théorie de l’innocence de Seznec."
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Je lis sur un autre blog très prétentieux...
Que l'on en revient encore à donner à Pierre Bonny quelque importance dans l'affaire Seznec.
Et, surtout surtout à appuyer sa thèse sur le livre de son fils Jacques Bonny.
in Wikipedia :
"Le fils de Pierre Bonny, Jacques Bonny, publie en 1975, avec l'aide du journaliste Pierre Demaret, une biographie de son père : Mon père l'inspecteur Bonny, appuyée sur les archives familiales et ses souvenirs personnels. Sous couvert d'une enquête qui se présente comme sans indulgence, ce « récit justificatif » vise à réhabiliter le personnage, en adoptant les formes plus que le fond d'une démarche historienne. L'ancien policier devenu historien Guy Penaud s'en est tenu, pour sa part, à une approche strictement balisée par les sources écrites, judiciaires et policières, dans L'inspecteur Pierre Bonny. Le policier déchu de la « gestapo française » du 93, rue Lauriston (2011)."
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Exemple :
"J'avais deux ans et demi, je l'ai su plus tard, lorsque mes parents se sont installés à Paris. Mon père venait d'être nommé inspecteur de police dans la capitale."
Jacques Bonny est né le 17 avril 1924...
Son père aurait été nommé à Paris en 1926 ???
En octobre 1920, il était déjà inspecteur de la sûreté, à Péronne.
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Dans sa décision du 14 décembre 2006, la cour de Cassation rappelle :
« … si Bonny, en sa qualité de secrétaire du commissaire Vidal, chargé notamment de la transcription, sous la dictée, des procès-verbaux d’audition, a été présent, lors de la plupart des actes de procédure accomplis par son supérieur hiérarchique, son nom n’apparaît, dans le dossier de l’instruction préparatoire comprenant plus de 500 pièces cotées, que sur quatre procès-verbaux, dont trois établis par son chef, le commissaire Vidal, et un par le commissaire Doucet, ainsi que sur cinq rapports rédigés, signés et transmis par lui-même. »
Non, non, vous n’échapperez pas à la liste des 4 P.V. et des 5 rapports. Et c’est Bernez Rouz, dans son incontournable ouvrage « L’affaire Quéméneur Seznec / Enquête sur un mystère » qui les égraine, avec son exactitude légendaire, en page 193 :
« Pendant l’enquête policière, les rôles étaient clairement définis entre la brigade mobile de Rennes qui intervenait en Bretagne et les services parisiens chargés de la capitale, de l’enquête du Havre et de celle de la région de Dreux. Les services de Vidal sont peu intervenus dans le Finistère.
L’essentiel des auditions et des interrogatoires importants ont été pris en main par le commissaire Vidal lui-même. Bonny est présent lors des premières dépositions au siège de la Sûreté générale, rue des Saussaies. Il accompagne également son patron lors de la reconstitution des faits à Dreux et à Houdan les 29 et 30 juin 1923.
Quand l’instruction fut confiée au juge Campion, il est présent lors d’une visite domiciliaire à Kerabri, perquisition menée conjointement par les commissaires Cunat et Vidal.
Bonny est chargé, d’après les procès-verbaux officiels, des petites enquêtes de vérifications. Le 31 juillet 1923, on lui confie la tâche de retrouver le bidon d’essence portant des traces sombres de rouille ou de sang séché que Seznec échangea chez Edouard Coulomb à La Queue-les-Yvelines.
Le 1er août, il est chargé de transporter la machine à écrire trouvée le 6 juillet à Traon-ar-Velin vers Paris à fin d’expertises.
Le 12 février 1924, il signe deux procès-verbaux de moralité concernant deux témoins du Havre, Jean Lesbats et Auguste Deknuydt.
On l’envoie le 14 février à l’Hôtel de Normandie pour savoir qi Quéméneur y est descendu et si Seznec a bien été le 2 juin s’enquérir de son ami.
Dans la même période, on le charge de vérifier la main courante du commissariat de Chaillot afin de voir si le témoignage de Le Her était exact.
En mai 1924, il accompagne son patron à la Banque de France pour vérifier si les dollars-or rentrent bien dans la boîte décrite par Seznec.
Bref, il est bien dans un rôle d’inspecteur stagiaire, de porte valise de son patron. »
Le Crapouillot 1er janvier 1960
Rappel : Les deux témoins qui affirment que Bonny a truqué l'accusation...
C'est Mme Moreau-Lalande et Léon Sacré !!!
Fin de la blague.
Liliane Langellier
P.S. Il n'y a JAMAIS eu d'appel téléphonique passé ou reçu le vendredi 25 mai 1923 au Plat d'Etain.
C'est une invention du mauvais écrivain Charles Huzo...
Décidément, l'affaire Seznec attire les mauvais romanciers et a le pouvoir de transformer un quelconque brocanteur finistérien en chercheur scientifique...
Je me tiens les côtes de rire...
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pierre bonny - Affaire Seznec Investigation
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