Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 1.400 articles.
19 Juillet 2025
« Chaque coup de colère est un coup de vieux, chaque sourire est un coup de jeune. » Lao Tseu
Oh ! Comme elle souffre, comme elle souffre, notre pauvre petite psy romancière...
Oh ! Comme elle a du mal à tenir sans abreuver son vilain blog de ses vilains articles..
Alors...
La maline..
Elle republie certaines de ses incontournables proses...
Elle nous rallonge un article, ici ou là.
Elle en est à affirmer - croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer - qu'il y a bien eu un appel téléphonique passé ou reçu par Pierre Quémeneur le vendredi 25 mai au soir...
Ses sources : ce foldingue de Juge Hervé et ce non moins foldingue de Charles Huzo.
Elle a vraiment le chic pour trouver les mauvais écrivains sur l'affaire Seznec...
Ah oui...
J'allais oublier, en France en 1923, le service téléphonique fermait à 21 heures.
Donc aucune chance de retrouver la trace d'une fiche de ce foutu coup de téléphone !!!
Et puis...
Qui pouvait appeler notre ami Quémeneur au Plat d'Etain puisque personne ne savait qu'il etait là (bande de branques !)
On retrouve encore Charles Huzo cité, en des termes peu flatteurs, au sujet du coup de téléphone passé (ou non) par Pierre Quemeneur du restaurant "Le Plat d'Etain" dans les Attendus de la Cour de Cassation du 14 décembre 2006 :
"Attendu que, s'il est vrai qu'il constituerait un fait nouveau, ni les témoins ni l'inculpé n'en ayant fait état, cet appel téléphonique, dont l'existence est avancée pour la première fois, en 1930, par un certain Charles Huzo, se présentant comme homme de lettres, n'est étayé par aucun élément objectif et demeure à l'état de pure allégation ;"
Denis Seznec :
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Sans compter que les serveuses du Plat d'Etain auraient signalé ce fait : ils étaient les seuls clients à 21 heures !!!
Notre pauvre petite psy nous a oublié de citer le mauvais livre de Marcel Jullian, bâclé, et, directement inspiré des émissions d'Europe 1... Une erreur par page :
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Puisque la donzelle s'ennuie ferme...
Je lui suggère très aimablement de relire le procès que s'est ramassé ce Charlot de Huzo face aux Quemin de Lormaye...
D'autant plus que certaines réparties de Me Garçon sont à se rouler par terre de rire.
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Liliane Langellier
C’est donc un double procès qui est venu, samedi, devant la première Chambre du Tribunal civil d’Eure-et-Loir. S’il attira une foule relativement restreinte, la nouvelle n’ayant pas été ébruitée, la grande Presse, par contre, accourut dans le sillage de Mes Maurice Garçon, avocat de MM. Quemin père et fils, Marcel Kahn, défenseur de Patrice ; Cochinal défenseur de Viet et Tony Truc, secrétaire de Me Henri Torrès, désigné la veille au soir par celui-ci qui, jusqu’au dernier moment avait désiré venir présenter lui-même la défense de L’Ere Nouvelle.
Les journalistes vont si vite – on va même prétendre tout à l’heure que parfois ils vont fort – qu’ils rejoignirent les avocats et sans doute les auraient-ils dépassés s’ils n’avaient pris le parti de s’empiler dans la même auto. La descente, devant le Palais de Justice, fut pour la foule une distraction tout à fait imprévue. A partir de la cinquième apparition humaine, un spectateur, curieux de précisions, compta : cinq, six, sept … Au lieu de prononcer : huit, il lâcha : « Zut » et, médusé, demeura la bouche ouverte. Il la referma en entendant la sonnette d’alarme.
- Le Tribunal ! annonce l’huissier. Tout le monde debout et découvert !
M. Dagassan s’installe entre MM. Chevallier et Reige. M. de Bonnefoy des Aulnaies prend place sur le siège du ministère publique et l’on appelle les causes, les prévenus, les témoins.
Les premiers mots du président permettent de repérer les journalistes qui n’ont pu s’installer à la trop modeste table de la presse, car ils donnent le ton en criant : « Plus haut ! Plus haut ! Est-ce à huis clos ? »
Me Roussel donne lecture du dispositif de l’assignation lancée contre l’Ere Nouvelle, Charles Huzo, Patrice et Viet et réclame pour chacun condamnation à 25.000 Francs de dommages intérêts.
Me Coutant, au nom de M. Doucet, demande la condamnation de Quemin fils et, moins gourmand que son confrère, 2.000 Francs de dommages intérêts.
M. Charles Huzo est le premier appelé. Il essaie tout de suite de se faire un paravent d’autres feuilles locales ou parisiennes, puis il se défend d’avoir voulu nuire à M. Quemin. « Si j’avais voulu, dit-il, lui causer un préjudice quelconque, j’aurais rapporté tous les propos qui étaient tenus sur son compte, notamment par son fils, et ceux-là n’étaient pas les moins graves.
Me Maurice Garçon prend la direction des débats : « M. Huzo, dit-il, a publié un certain nombre d’articles d’où il résulte que M. Quemin est un assassin. »
M. Huzo : Je n’ai pas dit cela.
Me Maurice Garçon : Est-ce que vous avez été mêlé, de près ou de loin, à l’affaire Seznec ?
M. Huzo : Non. J’ai étudié le dossier. Je me suis borné à reproduire l’opinion de la population.
Me Garçon : En somme, vous avez dénoncé quelqu’un que vous ne connaissiez pas, dans une affaire que vous ne connaissiez pas. Avez-vous toujours la conviction que M. Quemin est un assassin ?
M. Huzo : Je n’ai pas à remplacer le Tribunal. Mon devoir était de donner mon opinion. Voilà tout.
Me Garçon : Votre devoir de quoi ?
M. Huzo : De journaliste.
Me Garçon : De journaliste !... Mais l’êtes-vous seulement journaliste ?
M. Huzo : Je suis surtout romancier…
Me Garçon : C’est bien cela, vous avez trouvé un sujet de roman !
L’interrogatoire de l’avocat continue, serré, mordant. Et voici que M. Charles Huzo, tourné et retourné sur le gril, s’entend dire : « Maintenant, vous êtes devant la justice ; vous pourriez peut-être nous dire qui vous désigner par l’initiale Q ?
M. Huzo : Je ne sais pas, je copiais les journaux.
Me Garçon : De sorte que vous êtes innocent même de l’initiale.
M. Huzo : Parfaitement.
Me Garçon : Lorsque vous étiez à Lormaye et qu’il était question que de cela, du moins avec vous – vous disait-on M. Q. ou prononçait-on un nom ?
M. Huzo répond évasivement.
Me Garçon : Ainsi vous faisiez des articles avec de jolies initiales sans savoir de qui il s’agissait ? C’est tout à fait par hasard que vous avez choisi la dix-septième lettre de l’alphabet ?
M. Huzo : Mes confrères….
Me Garçon : Monsieur, je ne vous parle pas de vos confrères : vous êtes le seul accusé, aujourd’hui.
La discussion se poursuit au sujet du fameux Q.
- C’est une initiale qui m’a échappé, avoue M. Huzo.
Me Garçon : Il vous échappe des initiales singulières. Je crois que le Tribunal a son opinion faite sur votre bonne foi.
M. Huzo : Si j’avais voulu nuire, je n’aurais pas dit…
Me Garçon : Eh ! bien, si vous aviez voulu nuire, je ne sais pas ce que vous auriez pu dire ! Encore une fois, est-ce que vous considérez toujours M. Q… pour employer votre désignation, comme un criminel ?
M. Huzo : Je n’ai pas à me prononcer là-dessus. J’ai fait mon devoir de journaliste.
……………………………. M. Huzo prend l’initiative d’expliquer comment la déclaration de M. Patrice parvint à L’Ere Nouvelle. Il affirme qu’il ne savait pas qu’elle serait imprimée.
Imprudence : l’attention de Me Maurice Garçon se reporte sur lui. On lui demande s’il avait été envoyé à Lormaye par son journal.
M. Huzo : J’étais en vacances.
Me Garçon : Mais en vacances pour qui ?
Me Tony Truc : On est en vacances pour soi-même, jamais pour quelqu’un. (Rires).
Me Garçon à M. Huzo : On lit dans L’Ere Nouvelle : « Un de nos correspondants… » Vous n’êtes donc pas même rédacteur ?
M. Charles Huzo déclare que depuis quelques années il était chargé par L’Ere Nouvelle de fournir de la copie à ce journal chaque fois qu’il en aurait l’occasion.
- Vous avez donc agi de votre propre autorité, déclare Me Garçon, en cherchant un sujet de roman et vous avez finalement trouvé une belle affaire.