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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Qui était Ernest Ackerman, le contact américain de Guillaume Seznec ?

I'll buy you a Cadillac, ah, ah, I'll buy you a Cadillac,
I'll buy you a Cadillac if you'll just give me some of your love now, yeah,
Give me some of your love woman, all right, Yes, I will.
The Animals

Mais si, souvenez-vous...

On retrouve son nom, avec un mot de présentation, sur une carte de visite de Seznec, dans la valise de Pierre Quémeneur au Havre, le 20 juin 1923...

Le Matin du 28 juin 1923

Jean Pouliquen, flanqué de Louis Quémeneur le visite à Paris, 16 rue de l'Asile-Popincourt, le 10 juin 1923...

Récit de Jean Pouliquen :

"J'eus l'après-midi un long entretien avec M. Vidal, à qui je racontai tout ce que je savais personnellement, tout ce que m'avait raconté Seznec et le résultat de mes recherches à Paris. Je ne lui cachais pas que l'Américain Ackermann semblait avoir connu l'affaire d'automobiles pour laquelle mon beau-frère était aux dires de Seznec venu à Paris  ; que cette coïncidence me semblait au moins bizarre, qu'il y avait sans doute urgence à prendre des renseignements auprès de cette personne, ce qui fut fait immédiatement"

"Mon beau-frère semble avoir correspondu avec un autre sujet américain nommé Ackermann, habitant à Paris, 16, rue Popincourt.
 D'après enquête personnelle faite par moi l'adresse donnée par M. Chardy semble fausse et je n'ai pu le retrouver  ; quant à M. Ackermann il habite bien Paris à l'adresse indiquée, mais il prétend ne point connaître mon beau-frère et ne l'avoir jamais vu. "

La Dépêche de Brest du 4 août 1923

Ouest-Eclair du 4 août 1923

Dans la primo-enquête reproduite par Bernez Rouz :

(en page 85) :

"Je demandais ensuite comment et par qui ils avaient été mis au courant de cette affaire. Il me répondit que M. Quemeneur correspondait par son intermédiaire avec un Américain dont il ne put d'abord me donner ni le nom ni l'adresse. Il alla alors me chercher une autre lettre d'un nommé Ackermann, citoyen américain, habitant Paris, et qu'il avait autrefois connu dans le camp américain de Brest. Dans cette lettre cet américain lui demandait une avance de dix mille francs lui promettant un intérêt mensuel de mille à mille deux cents francs."

(en page 89) :

"Je demandais encore s'il n'avait pas entendu parler de marchés de vente ou d'achat d'automobiles ; sa femme prenant la parole répondit qu'il y avait quelques mois elle avait entendu son mari parler de vente d'automobiles Cadillac à des Américains ; il avoua qu'il avait été effectivement question de cette affaire mais qu'elle n'avait pas eu de suite. Cette coïncidence me parut bizarre et je quittais Ackermann persuadé qu'il savait plus long qu'il ne voulait dire et qu'il avait été l'associé de Seznec."

Déposition de Guillaume Seznec devant le commissaire Cunat, le 26 juin 1923 :

"Je connais Ackerman depuis 1918 ou 19, j'ai fait sa connaissance à Brest. Vers cette époque il est venu une fois chez moi avec sa femme que je connais. Je suis allé une fois chez eux il y a environ un an."

Denis Seznec en page 110 :

"Le carrossier confirme qu'il n'a pas reçu la visite de Quemeneur - que d'ailleurs il ne connaît pas. Pour ce qui est de cette affaire de Cadillac, il en a entendu parler, mais il ne s'en mêle pas personnellement. "Les ventes de voitures vers l'Amérique doivent se traiter en février", précise-t-il à Me Pouliquen."

Denis Langlois, lui, sur son site, reproduit le procès verbal de l'audition du 27 juin 1923.

Où Achille Vidal interroge Ernest Ackerman.

 

Monsieur Ackerman Ernest, sujet américain, 43 ans, menuisier en voitures à l'usine Renault, demeurant, 16 rue de l'Asile Popincourt à Paris.

"J'ai connu Monsieur Seznec alors que j'étais soldat à Brest et détaché dans un camp américain en 1919. A cette époque, Monsieur Seznec s'est rendu acquéreur de plusieurs voitures.
 Courant mars 1920 je suis venu m'installer à Paris où j'ai d'abord habité 52 rue Richard Lenoir.
 Le 10 avril de la même année, je suis entré au service des Américains pour le « Service des Tombes
 ».
 Fin décembre 1922, après avoir terminé mon engagement avec les Américains, j'ai été admis à la maison Renault (automobiles) où je me trouve encore actuellement.
 Je ne suis allé qu'une seule fois à Morlaix voir Monsieur Seznec. J'étais encore à ce moment-là soldat à Brest.
Monsieur Seznec m'a rendu une seule visite à Paris. C'était en août ou septembre de l'année dernière. Je lui avais écrit pour lui annoncer qu'il y avait quelques occasions intéressantes en voitures automobiles, au camp américain de St Ouen à Paris. Monsieur Seznec est arrivé trop tard et l'affaire n'a pu se conclure.
 Je n'ai plus revu Monsieur Seznec depuis ce moment-là.
 Dans le courant du mois dernier, je lui ai écrit pour lui proposer une affaire de courses. Il s'agissait d'une méthode pour gagner aux courses. Monsieur Seznec ne m'a pas répondu.
 Le 9 courant, j'ai reçu un télégramme avec réponse payée de Monsieur Seznec ainsi conçu : Avez-vous eu visite d'un nommé Quémeneur — Signé Seznec.

Le témoin nous remet ce télégramme que nous annexons au présent après l'avoir paraphé ne varietur.
Le même jour j'ai répondu à Monsieur Seznec pour lui dire que je n'avais vu personne.
 Représentons au témoin le télégramme à nous remis par Monsieur Pouliken, notaire à Pont-l'Abbé.
 Ce télégramme est ainsi conçu : Je n'ai vu personne — Signé — Ackerman.
 Après examen, le témoin nous déclare : C'est bien le télégramme que j'ai adressé à Monsieur Seznec.
 D — Connaissez-vous Monsieur Quémeneur ?
 R — Non. J'ai même été surpris du télégramme de M. Seznec qui me parlait d'un nommé Quémeneur.
 D — Connaissez-vous un nommé Scherdin ?
 R — Non.
 Représentons au témoin les photographies de Monsieur Quémeneur Pierre, le disparu, et du nommé Scherdin Bror Oscar.
 Le témoin déclare : Je ne connais pas les personnes que représentent ces photographies. Je ne les ai jamais vues.
 D — Avez-vous effectué un voyage ce mois-ci ou le mois dernier [?]
 R — J'ai fait un voyage à Coblence au mois d'avril dernier vers le 17 ou 18. Je ne suis resté absent que trois jours. Depuis ce moment-là, je ne me suis plus déplacé même pour vingt-quatre heures, et j'ai travaillé régulièrement tous les jours à la maison Renault.
 S.I. — Je ne connais pas la rue Lafontaine à Auteuil, et j'affirme n'y être jamais allé ni de jour ni de nuit.
 Lecture faite, persiste et signe.
Ernest C. Ackerman
 Le Commissaire de police mobile Vidal"

C'est Marc du Ryez qui en parle le mieux dans son blog classieux "L'affaire Quémener-Seznec".

Mais, avant lui, il y avait déjà eu Catherine Clausse sur son blog :

"Ernest ACKERMAN... l'Américain... celui qui s'est installé à Paris et que Pierre Quéméner devait aller voir. D'abord, il n'est [a]méricain que de nationalité, ayant laissé au porte-manteau sa Suisse natale, femme et enfants ! Entré sur le territoire américain par le Canada, il y résidera 8 années en Californie. Arrivé [en France] durant le premier trimestre 1918 avec les troupes alliées, il se retrouva à Brest au service du nettoyage et c'est très probablement là qu'il fera connaissance avec Guillaume SEZNEC. Parti de Brest pour s'installer sur Paris où il travaillera pour le service des cimetières américains (A.G.R.S.). Bigame, cela ne le dérangera pas pour convoler une seconde fois en noces avec une Audonien[n]e... qui finira par le planter là... s'apercevant peut-être qu'il a triché sur tous les coups. Divorcé et remarié de suite avec une Brestoise qu'il emmena avec lui dans ses bagages. Ce qui pourrait étonner, c'est qu'un BONNY n'ait jamais rien trouvé de ce type sur un gars comme celui-là."

Le service des cimetières américains, ça me fait penser à l'émission de Pierre Bellemare en 1979...

Où était intervenu un mystérieux auditeur qui se disait le filleul (?) d'un certain Francis, chargé des cimetières américains.

"Pourtant Pierre Bellemare va diffuser la plus importante début avril 1979 avec un témoignage inédit, allez, je vous en livre un petit morceau : "Eh bien, on m’a toujours appelé Francis, et alors que j’avais sept ou huit ans, il m’est arrivé de grimper sur les genoux de Gherdi, qui me disait : "Je suis le grand Francis, tu es le petit Francis." Il était l’ami de mon tuteur qui s’occupait de moi et de mes études et avait beaucoup d’intérêt parmi lesquels Gherdi avait une place. Mon tuteur s’occupait en France des tombes impériales britanniques, il y a énormément de cimetières anglais dans le nord de la France. Il était quelque chose dans l’inspection de leur entretien, et puis il avait beaucoup d’argent, il brassait beaucoup d’affaires. Il s’occupait aussi de certains stocks qui étaient tout neufs, n’avaient jamais été utilisés et étaient vendus par de grands magasins. (...) Il faisait volontiers état du consul des Etats-Unis dont il aurait été le chauffeur et beaucoup plus que cela (ndlr : on parle ici de : "Alexander Montgomery Thackara qui a été nommé Consul Général à Paris, le 18 septembre 1913. Il a été nommé délégué pour le VIe Congrès International des Chambres de Commerce et des Associations Industrielles à Paris en 1914. Il a pris sa retraite le 1er juillet 1924" Sources : Monical Belmonte, Ph. D., Office of the Historian, Department of State, Library of Congress, Washington" 

Marc du Ryez, lui, est allé plus loin...

Lire "L'année de naissance d'Ernest Acherman" sur son blog (26 avril 2018) :

……...…...………..

Lire aussi Ernest-Conrad Acherman, le contact parisien.

A Paris, il a eu trois adresses : "52 rue Richard-Lenoir pour quelques mois en 1920, 16 rue de l'Asile-Popincourt et 30 rue Keller"

Ernest Conrad Acherman serait-il le fameux Charly dont on nous rebat les oreilles récemment ???

Et puisqu'il nous en faut deux, pourquoi ne pas ajouter Pierre Tallerie ?

Rappelez-vous L'Ouest-Eclair du 12 juillet 1923 :

 

Marc du Ryez termine ainsi son papier sur Acherman :

"Vers février 1923, il est en discussions pour une affaire de vente d'automobiles Cadillac à des Américains (tiens, tiens) mais ça ne se fait pas (selon lui). En mai, il écrit à Seznec pour lui proposer une affaire de courses (bizarre, bizarre). Puis il reçoit un télégramme de Seznec le 9 juin pour lui demander s'il n'a pas vu Pierre Quéméner (comme c'est étrange)…"

Je viens de joindre Marc.

Il n'a pas d'autres documents que ceux qu'il a publiés sur son blog...

Parallèlement, je suis en contact avec la Library of Congress (Washington) et le Staatsarchive Zürich pour en apprendre plus...

A suivre, donc...

Liliane Langellier

P.S. Merci tout plein à Thierry Lefevre pour m'avoir fourni, dès ce matin, ses précieuses recherches.

P.S. 2 En raison de la nouvelle mise en page du thème "Magazine", proposée par Overblog...

Je ne peux plus indiquer, sur ma page, les adresses des différents blogs Seznec.

Je veillerai donc à soigneusement indiquer leur adresse chaque fois que je les citerai.

Je vous les rappelle ici :

- Le Site de Me Denis Langlois,

- Le blog de l'affaire Seznec revisitée,

- Le blog de Marc du Ryez,

et le blog de La Piste de Lormaye, of course.

in blog Marc du Ryez. Signatures d'Ernest Acherman sous ses actes de mariage (1920 et 1932)  et sur le procès-verbal d'audition (1923).

in blog Marc du Ryez. Signatures d'Ernest Acherman sous ses actes de mariage (1920 et 1932) et sur le procès-verbal d'audition (1923).

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