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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

L'affaire Seznec, l'American Relief Administration, les Cadillac et les Soviets

En France, en mai 1923, deux Bretons finistériens traficotent avec une Cadillac.

En Russie, à la même époque...

L'A.R.A. (American Relief Association) vend ses Cadillac aux Bolcheviques.

Ce sont deux faits parallèles.

Qui ne se recoupent à aucun moment.

Sauf dans le cerveau agité du mythomane Rich Texan.

Qui nous monte un complot de toutes pièces !

Côté polars, je préfère nettement les enquêtes bien torchées de Philip Marlow ou de Bernie Gunther...

On reprend...

Ames sensibles s'abstenir...

Car, pour le coup, ce 14 février, pour Bertrand Vilain, c'est le massacre de la Saint-Valentin !

Dans mon papier sur la famine russe en 1921...

Du 11 février dernier...

Je vous ai parlé de l'A.R.A.

Oui, l'American Relief Administration.

In 1921, to ease famine in Russia, the ARA's director in Europe, Walter Lyman Brown, began negotiating with the Soviet People's Commissar for Foreign Affairs, Maxim Litvinov, in Riga, Latvia. An agreement was reached on August 21, 1921, and an additional implementation agreement was signed by Brown and People's Commisar for Foreign Trade Leonid Krasin on December 30, 1921. The U.S. Congress appropriated $20,000,000 for relief under the Russian Famine Relief Act of late 1921.

 
American Relief Administration operations in Russia in 1922

At its peak, the ARA employed 300 Americans, more than 120,000 Russians and fed 10.5 million people daily. Its Russian operations were headed by Col. William N. Haskell. The Medical Division of the ARA functioned from November 1921 to June 1923 and helped overcome the typhus epidemic then ravaging Russia. The ARA's famine relief operations ran in parallel with much smaller Mennonite, Jewish and Quaker famine relief operations in Russia.[4][5]

The ARA's operations in Russia were shut down on June 15, 1923, after it was discovered that Russia renewed the export of grain.[6]

L'American Relief Administration ( ARA ) était une mission de secours américaine en Europe et plus tard en Russie post-révolutionnaire après la Première Guerre mondiale . Herbert Hoover , futur président des États-Unis, était le directeur du programme.

Le prédécesseur immédiat de l'ARA était l'importante United States Food Administration , également dirigée par Hoover.

Lui et certains de ses collaborateurs avaient déjà acquis une expérience utile en dirigeant le Comité de secours en Belgique qui a nourri sept millions de Belges et deux millions de Français du Nord pendant la Première Guerre mondiale.

L'ARA a été créée par le Congrès des États-Unis le 24 février 1919, avec un budget de 100 millions de dollars (1 475 000 000 $ en 2020). Son budget a été dopé par des dons privés, qui ont débouché sur 100 millions de dollars supplémentaires. Immédiatement après la guerre, l'ARA a livré plus de quatre millions de tonnes de secours à 23 pays européens ravagés par la guerre. Entre 1919 et 1921, Arthur Cuming Ringland était chef de mission en Europe. [1] ARA a mis fin à ses opérations hors de Russie en 1922; il a fonctionné en Russie jusqu'en 1923.

ARA et famine russe de 1921

Walter Lyman Brown, 1900

En 1921, pour atténuer la famine en Russie, le directeur de l'ARA en Europe, Walter Lyman Brown , a commencé à négocier avec le commissaire du peuple soviétique aux Affaires étrangères , Maxim Litvinov , à Riga , en Lettonie . Un accord a été conclu le 21 août 1921 et un accord de mise en œuvre supplémentaire a été signé par Brown et le commissaire du peuple pour le commerce extérieur Leonid Krasin le 30 décembre 1921. Le Congrès américain a affecté 20 000 000 $ aux secours en vertu du Russian Famine Relief Act de la fin de 1921.

Opérations de l'American Relief Administration en Russie en 1922

À son apogée, l'ARA employait 300 Américains, plus de 120 000 Russes et nourrissait 10,5 millions de personnes par jour. Ses opérations russes étaient dirigées par le colonel William N. Haskell . La division médicale de l'ARA a fonctionné de novembre 1921 à juin 1923 et a aidé à surmonter l'épidémie de typhus qui ravageait alors la Russie. Les opérations de secours à la famine de l'ARA se sont déroulées en parallèle avec des opérations de secours aux famines mennonites , juives et quakers beaucoup plus petites en Russie. [4] [5]

Les opérations de l'ARA en Russie ont été fermées le 15 juin 1923, après avoir découvert que la Russie avait renouvelé ses exportations de céréales. [6]

Marc du Ryez me fait parvenir cet article du 2 août 1923.

Paru dans l'Healdsburg Tribune.

RETURN AND TELL OF RUSS FAMINE

NEW YORK, Aug. 2.—Two Californians, Hugh M. Reynolds of Pasadena and F. S. Burland of Los Angeles, have arrived in New York on the Leviathan, after having seen Soviet Russia from the Inside. Both of them are American Relief Administration workers, returning from a finished Job. Mr. Reynolds, who was stationed at Ufa, which was one of the most distant outposts of the famine fight and one of the districts hardest hit in the winter of 1921-22, reported that all last winter he saw nothing, outside of a few orphanages and children’s homes, to indicate that there was even a shortage of food in the Ufa district, let alone starvation. “I think that there is no reason In the world why thv American Relief Administration shoujd not end Its Russian work as it has with the distribution of its surplus products this month, w said Mr. Reynolds. f'The crops promise to be good and there is no reason why the Russians should not eat next winter, if they distribute their food as they should. Ufa and the Ural section generally is a mining district. It never raised enough to teed its people, but had to bring in food from other sections of Russia. When I left wheat was bringing about 70,000,000 roubles a p od on tr.e Ufa market. That sounds like a lot of money, but it is just about 50 cents and a pood is 36 pounds. Rye could be had for from 30 to 50 millions a pood. As we were preparing to withdraw prices rose somewhat, but they still seem to be materially lower than they are in the United States.” Mr. Burland, who was stationed in Moscow, said that the Sovk! government had purchased all the automobiles and trucks that the A. R. A. had brought into Russia at a unit price, paying as much for a broken-down Dodge which had been through the war as for a Cadillac whose servtce had been confined to a year or two in Moscow. "The price obtained,” Mr. Burland said, "was considered a very satisfactory one by the A. R. A., in view cf the tact that the machines were taken ‘as was" and that some of them were dangerously close to the Junk heap The Soviet government was abo vciy pleased with their bargain. There seems to be a good demand for automobiles in Moscow iust now, although I understand that the government has placed a prohibitive duty on cars of foreign manufacture and that the cheap German cars which were being sent in a while ago are no longer obtainable. ‘‘Some stores have closed in Moscow owing to high taxes, but they are mostly the smaller ones. Others open up in their places and close in turn. “There is general satisfaction among the people over the work that the A. R. A. has done, and still greater satisfaction over the-fact that the crops this year promise to be so satisfactory that foreign help in feeding the people is not necessary. Liquidation was almost completed when I left Moscow and all the Americans being congratulated and showered with letters of appreciation and souvenirs from their Russian employees and the people whom they had been able to help.”

Mr Burland, en poste à Moscou, déclare que le gouvernement soviétique a acheté toutes les automobiles et camions que l'A.R.A. avait apportés en Russie, à un prix unique, à un tarif similaire pour une Dodge en panne qui a fait toute la guerre que pour une Cadillac qui a servi un an ou deux à Moscou. "Le prix obtenu, dit M. Burland, a été considéré très satisfaisant par l'A.R.A. vu que les machines étaient prises "en l'état" et que certaines d'entre elles étaient presque bonnes pour la casse, le gouvernement soviétique était également satisfait du marché. Il semblerait qu'il y ait une forte demande pour les automobiles actuellement à Moscou, même si je comprends que le gouvernement ait imposé un droit prohibitif sur les voitures étrangères et que les voitures allemandes bon marché qui ont été envoyées, il y a un certain temps, ne sont plus disponibles."

The Evening Star du 29 novembre 1923 :

 

L'ARA utilisait des véhicules américains, dont des Cadillac et des camions, pour transporter son secours. 

Les Cadillac étaient là aussi pour le prestige. 

En fait, elle étaient lourdes et peu adaptées aux routes cabossées de Russie. 

L'ARA pouvait se les être procurées sur le marché français en premier lieu. 

Ou bien, en mai 1923, en prévision du retrait de l'ARA le mois suivant et devant l'offre alléchante du gouvernement russe, il est possible que l'ARA faisait venir rapidement de France des Cadillac, les mettait à ses couleurs, puis les revendait comme si elles faisaient partie de son parc automobile depuis le début. 

Cela n'est bien entendu qu'une supposition.

 

Liliane Langellier avec Marc du Ryez.

P.S. Et devinez quoi ??? 

Bertrand Patenaude, l'historien américain de Stanford, a bossé sur le sujet :

"Patenaude, who received his PhD from Stanford in 1987, took 14 years to write The Big Show in Bololand, which received the 2003 Marshall Shulman Book Prize. But the PBS film, funded in large part by the National Endowment for the Humanities, is likely to plant this chunk of history more firmly in the public consciousness.

Patenaude met with Shafroth, the last surviving member of the expedition, who was living in a Raleigh, N.C., retirement community in 1990. "He's the only relief worker I met. They're all gone now," said Patenaude.

The 96-year-old man, who had supervised 16,000 Russian workers in 900 kitchens, had dressed formally in a suit for the visit.

"At the end of our 90-or-so minutes together, when it was clear that he was very tired, I got up to leave.

"He rose and shook my hand, and said weakly, 'I was waiting for you to come,'" recalled Patenaude.

Shafroth, who died the following year, was not reproaching Patenaude for any tardiness: "He had been waiting a very long time for some historian to come so he could tell his story.""

La boucle est bouclée !

J'en connais un qui va en manger son Stetson !

L'affaire Seznec, l'American Relief Administration, les Cadillac et les Soviets
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