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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

L'affaire Seznec et la Russie bolchevique....

L'argent emprunté porte tristesse.
Proverbe français.

J'ai grandi avec cette histoire d'emprunts russes...

Mon grand-père lormaisien, Auguste Courtois, ingénieur en électricité, et, grand communiste de la première heure...

Qui avait vécu en Russie, les deux années 1923/1924, à Saint-Petersbourg (Petrograd, puis Leningrad) dans le cadre d'un échange de savoirs via le Trust....

Avait contracté de nombreux emprunts russes.

Il y croyait...

Il a perdu...

Beaucoup perdu...

De l'argent, des maisons...

Et nous avions des masses de papiers d'emprunts inutilisables et non remboursables..

En 1923....

Du côté du Finistère...

Nombreux devaient être aussi ceux qui avaient été floués par ces emprunts russes.

De quoi se montrer très très prudents vis-à-vis des échanges commerciaux avec la Russie !

"Prêter à la Russie, c'est prêter à la France"

Entre 1888 et 1914, un million et demi de personnes investissent dans l'Empire russe...

En 1914, les emprunts russes rapportent environ 5 % par an.

"Le dossier des Emprunts Russes

A la fin du 19ème siècle, l'Europe vit sous la loi des alliances. Alors que l'Allemagne et la Russie s'éloignent, Saint-Petersbourg et Paris se rapprochent. La Russie a besoin d'argent et la France d'amis pour faire face à la Triplice (l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie). La "slovophilie" tourne à l'hystérie.

En 1888, Moscou émet quatre emprunts de 500 millions de francs-or, sous la bénédiction des pouvoirs français publics. L'Alliance franco-russe de 1891 assure le succès des emprunts qui se multiplient. Les épargnants se ruent alors aux guichets des banques pour faire acte de patriotisme et prêter à Alexandre III (on construira même un pont à Paris sur la Seine qui porte son nom), puis à Nicolas II, à la Ville de Moscou, ou aux chemins de fer de Semiretchensk, ...

Avant la Grande Guerre, l'opposition à Nicolas II intervient déjà auprès de Clémenceau pour mettre en garde le gouvernement français contre le risque de non-remboursement.

En 1904, la guerre russo-japonaise provoque une panique. Mais les banques, qui y trouvent leur intérêt, se font rassurantes. Les épargnants "reprennent" alors pour 400 millions de bons du Trésor Russe. En 1914, 1,6 millions de porteurs ont prêté 12 milliards de francs-or à un empire au bord du gouffre. La France est devenue le premier créancier de la Russie.

La Révolution d'Octobre de 1917 brise le rêve et ouvre une attente qui se prolongera longtemps. Le 25 octobre 1917, les Bolcheviks triomphent à Moscou. Le 7 novembre, les derniers coupons sont payés en France. Deux mois plus tard, Lénine décide de ne plus reconnaître les dettes de l'ancien régime !

En 1921, Lénine propose aux Occidentaux de coopérer à la reconstruction de l'économie soviétique contre le paiement des emprunts. En 1927, les Soviétiques proposent de régler le quart de la dette française en échange de l'ouverture d'un crédit commercial. Mais cette proposition ne concerne que les porteurs, négligeant les banques et l'Etat, et se heurte au refus de Poincaré."

 

Comme les 1.500.000 porteurs...

Notre Pierre Quémeneur n'avait sans doute pas hésité, lui aussi, à investir dans ces emprunts russes...

Et il avait dû en être bien désappointé...

Quand le 14 janvier 1918, Lénine décide que les dettes contractées par l'Ancien Régime ne seront pas remboursées.

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D'autre part...

Sur l'ordre de Lénine...

A Ekaterinbourg...

Le tsar Nicolas II, sa femme, ses cinq enfants, et, quatre de leurs compagnons d'exil, tous  très pratiquants, ont été assassinés  dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.

Dans d'atroces conditions.

Les bons catholiques français stigmatisent alors la Russie des Bolcheviks. 

"Le Vendredi-Saint 31 mars 1923 est un jour sombre pour l’Eglise catholique russe: l’abbé Constantin Budkewicz est tué d’une balle dans la nuque par la GPU, la police politique soviétique. Le prêtre, vicaire général du diocèse de Moguilev, a été emprisonné car il avait donné des cours de religion, un enseignement interdit depuis 1921. Il avait également refusé de livrer des calices et des ostensoirs aux autorités. Son supérieur, l’évêque Jan Cieplak, est également aux mains des autorités. Il est accusé d’avoir monté «une organisation contre-révolutionnaire dans le but de mener une révolte contre les lois et les règlements du pouvoir soviétique». Mgr Cieplak est condamné à mort. Echangé contre un communiste polonais, il échappera à la peine capitale.

«L’Eglise catholique, un ennemi…»

Les premières années du régime bolchévique de 1917 marquent une rupture avec la période tsariste. Féroce, la Pravda, le quotidien communiste, commente la condamnation de l’évêque catholique de Moguilev: «Pourquoi n’intente-t-on pas un procès contre le pape à Rome? Le procès Cieplak a montré que la personne responsable de la résistance organisée par des prêtres contre-révolutionnaires contre la saisie des biens de l’Eglise est le pape de Rome. Il devrait être condamné par une cour de justice révolutionnaire». Et plus loin… «Le clergé catholique est un ennemi irrépressible des pauvres et du pouvoir des paysans et des travailleurs».

La Révolution d’octobre a marqué un tournant brutal. L’Eglise orthodoxe russe, majoritaire au pays de Nicolas II, est persécutée. Des centaines de prêtres, émigrent de Russie et se dispersent dans différents pays du monde libre. Organisant la vie ecclésiale de l’émigration russe, ils donneront naissance à l’Eglise russe hors frontières. Cette dernière va critiquer sévèrement le nouveau pouvoir et accusera l’Eglise restée au pays d’être inféodée aux bolchéviques."

Les prêtres en chaires devaient en parler dans tout le Finistère.

Les moines (qui sont souvent les citoyens les mieux informés) aussi.

Bien garder à l'esprit que Henri Quémener (né en 1881) est moine chez les Cisterciens de Notre Dame de Timadeuc depuis le 7 janvier 1905.

Et qu'il n'a pas dû manquer de discuter de tout cela avec sa famille.

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Ainsi, en 1923, la Russie rouge est-elle bannie des Français...

Qui deviennent véritablement méfiant de tout ce qui est "russe"...

Tant par l'argent perdu dans les emprunts russes que par les répressions cruelles contre l'église russe orthodoxe.

Et on voudrait nous faire croire que Pierre Quemeneur, conseiller général, homme en vue dans le Finistère, catholique grand teint, aurait succombé au chant des sirènes bolcheviques ???

La Russie 1923 vue de France...

C'est banqueroutes et répression sanguinaire !

 

Liliane Langellier

 

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