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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec. Les journalistes au procès Seznec...

La plus belle scène, c'est celle des assises !
Georges Claretie

Le Matin du 26 octobre 1924

"Tous les journalistes en témoignent, les hôtels sont pleins, le télégraphe est pris d'assaut, la foule envahit le jardin du palais de justice, sur les bords de l'Odet. Dans toutes les boutiques, depuis le pâtissier jusqu'au bureau de tabac, on ne parle que de ça même si on connaît mal les personnages principaux du drame qui va se jouer.

Chez les journalistes, Guillaume Seznec n'est pas un prévenu qui suscite une immédiate sympathie. Pour Le Figaro, il a l'air d'un "paysan madré, têtu et avare", pour Le Temps, il donne le spectacle "d'une bête traquée et prise au piège", L'Intransigeant évoque "un homme sûr de lui, au front rocheux, qui sait garder un secret derrière la barrière de ses lèvres, tandis que le journaliste du Matin se fait lyrique : "C'est un type parfait de Celte. Comme on enseignait que ceux de la préhistoire aimaient "graisser leur chevelure", l'accusé Seznec se pommade le chef congrûment et s'est réussi pour le grand jour des assises une mèche remarquable en forme de point d'interrogation".

Le Petit Parisien du 26 octobre 1924

L'envoyé spécial du Petit Parisien fait le portrait d'un accusé "un peu goguenard" et aux "petits yeux creux", celui du Petit Journal le décrit "inquiet et résigné" avec "d'étranges yeux clairs immobiles comme ceux d'un halluciné" qui, plus loin dans l'article, deviennent ceux "d'une bête traquée". L'Ouest-Eclair est beaucoup moins sévère en soulignant tout au plus sa physionomie "un peu crispée". L'autre grand quotidien local, La Dépêche de Brest, évoque à son tour "les petits yeux perçants", mais souligne aussi son "extraordinaire aisance" à discuter "jusqu'aux moindres détails".

In l'historien (un vrai, lui !) Michel Pierre en pages 97/98.

"Un peu en contrebas, dans ces écoliers attardés qui écrivaient, tu as tout de suite reconnu les journalistes. Les tables en sapin blanc qu’on avait rajoutées au dernier moment, c’était pour eux.

Me Kahn s’est tourné vers toi et t’a dit :

- Toute la presse est là. Les journaux de Paris ont envoyé leurs meilleurs reporters : Géo London, André Salmon, Louis-Charles Royer, Pierre Bénard.

Tu ne les connaissais pas mais tu as esquissé un sourire pour faire plaisir à Me Kahn. On s’intéressait à ton cas, on venait voir si tu aurais oui ou non la tête tranchée. Etait-ce bon pour toi ? Les juges en seraient-ils flattés ou irrités ? Tu n’as pas eu le temps d’y réfléchir. Un photographe en retard est venu t’aveugler à trois reprises."

Chez Denis Langlois, "L'affaire Seznec".

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Qui sont donc vraiment ces journalistes ?????

 

Géo London

Membre de l'Association de la presse judiciaire, il est grand reporter pour Le Journal.

Quotidien fortement ancré à droite, anticommuniste et ne cachant pas alors son admiration pour le régime fasciste de Mussolini.

Le critique de théâtre, Alain Laubreaux le décrira aimablement ainsi :

« Géo London, obèse et bossu comme un personnage de conte oriental, s'avançait de guingois, portant sa malice sur une seule épaule, semblable à ces crabes que l'on voit à marée basse.. Il avait la main molle et moite, le cheveu abondant et crépu dont la racine descendait en forme de V jusqu'au milieu du front, un nez de Polichinelle surgissant d'entre ses joues gélatineuses de Jézabel outragée par les ans. Pour comble, il louchait. »

Georges Claretie

Après avoir été l'avocat de la Société des gens de lettres et de la Comédie Française...

Dès 1901, Georges Claretie, docteur en droit de l'Université de Paris, devient chroniqueur pour Le Figaro.

Puis rapidement vice-président de l'Association de la Presse Judiciaire Parisienne.

Il s'illustre notamment dans le procès de Landru.

C'est Georges Claretie qui va suivre le procès Landru pour Le Figaro du 8 au 30 novembre 1921.

Dans une série d'articles : "Landru devant ses juges".

On y lit notamment :

Lire sur ce blog : Le meilleur de Georges Claretie au procès Seznec.

 

Le Journal du 14 octobre 1936

"La plus belle scène, c'est celle des assises !"

 

Pierre Bénard 

Pour L'Oeuvre.

Pierre Bénard est un journaliste, écrivain et scénariste.

Il fait ses débuts comme journaliste dans les années 1920 dans "L'Œuvre", où il tient la rubrique judiciaire, et à Bonsoir. Auteur de romans gais et de nombreuses préfaces pour des ouvrages sur la réalité judiciaire, il fait également du grand reportage pour divers hebdomadaires dont "Gringoire" (il s'en éloigne en 1934).

Il entre au "Canard enchaîné" en 1923, et en devient rédacteur en chef en 1936. Il s'oppose à cette époque à Jean Galtier-Boissière, sur l'intervention militaire de la France en Espagne.

André Salmon 

Pour Le Petit Parisien.

« Journaliste, reporter, romancier, critique d'art, poète, chroniqueur et mémorialiste, André Salmon, né en octobre 1881, fut, après un bref stage diplomatique à l'ambassade de France à Moscou, puis deux années de guerre, un des premiers courriéristes littéraires parisiens. Il collabore à l'Homme libre, au Journal, au Petit Parisien. Il fonde le prix Cazes.

Son œuvre poétique peut se partager en deux périodes. Avant 1920, c'est la lignée fantaisiste, celle de Toulet et Moréas, dans des recueils comme Calumet (1910), le Livre et la Bouteille (1919).

" Depuis Théodore de Banville, écrivait Apollinaire en 1908, d'André Salmon dans Vers et Proses (où, l'année précédente avaient été publiées les Féeries), nul n'a mis plus d'esprit au service du lyrisme... aucun poète n'a exprimé avec plus d'intensité cette fantaisie féerique... Je place l'auteur parmi les poètes qui, premiers-nés du symbolisme, préparent le grand renouveau du classicisme français. "

Avec Prikaze (1919), puis l'Age de l'humanité (1922), une rupture apparaît : poèmes narratifs, en vers libres, sertis de mots étrangers, à la manière de Cendrars et Larbaud. Dans Prikaze, en particulier, tentative de " cubisme cinématographique appliqué, il sera l'un des premiers à chanter la révolution russe, dont cependant il ne partage pas les idées. Ce livre servira de modèle à Aragon pour Hurrah l'Oural. »

in Le Monde du 13 mars 1969.

Louis-Charles Royer

Journaliste in Le Matin.

Et...

Romancier français.

Spécialisé dans la littérature érotique.

Qui a écrit notamment "L'amour chez les Soviets" (si, si...)

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Pour la Presse Quotidienne Régionale...

Maurice Jan 

Pour L'Ouest-Eclair.

Ancêtre de Ouest-France.

« Le premier numéro est lancé cinq jours avant le procès en révision d’Alfred Dreyfus qui s’ouvre à Rennes le 7 août 1899. Pour capter son lectorat, le nouveau quotidien régional vante sa parution « dès le matin […] partout en même temps que les journaux de Paris ». L’Ouest-Eclair, présenté sous la forme d’une feuille de quatre pages et publié à 1 800 exemplaires pour sa première édition, se vante de posséder un net avantage sur la presse parisienne, puisqu’elle collecte jusqu’à minuit les dernières dépêches et télégrammes. L’édition du matin comporte ainsi « toutes les nouvelles de la soirée, alors que les journaux de Paris ne peuvent aller plus loin que quatre heures ».

Malgré les difficultés des débuts, le quotidien rennais grandit vite : il tire à 60 000 exemplaires en 1904, 250 000 au milieu des années 1920 et jusqu’à 400 000 en 1940. Il devient ainsi rapidement l’un des principaux quotidiens du pays. Son siège social historique, sis au numéro 38 de la rue du Pré-Botté, se modernise pour suivre l’augmentation du tirage : en 1913, des rotatives y sont installées. Le journal élargit également sa zone de diffusion sur l’Ouest de la France en créant progressivement de nouvelles éditions : par exemple à Caen le 10 mars 1912, ou à Nantes le 1er octobre 1915. En tout, il couvre 12 départements en 1925. Pour y arriver, L’Ouest-Eclair s’appuie sur un vaste réseau de 192 correspondants et 71 rédacteurs. Peu à peu, le contenu se développe : outre les dépêches d’actualités, les informations agricoles y trouvent une large place et le sport fait son entrée en 1910. Le journal se targue de traiter l’information de l'échelle internationale jusqu’à la plus locale. »

in En Envor.

Charles Léger

Pour La Dépêche de Brest.

Ancêtre du journal Le Télégramme.

« Aux origines de la Dépêche, en 1876, on trouve une feuille militante, L’Union républicaine du Finistère, proche de Léon Gambetta. Rédacteur en chef depuis 1884 de ce tri-hebdomadaire politique, Arthur Dessoye opère d’importantes mutations dans l’organe de presse, jusqu’à en faire un quotidien en grand-format. La Dépêche de Brest est ainsi créée le 18 novembre 1886. Le premier éditorial ne laisse que peu d’ambigüité sur la ligne politique républicaine du journal, dans une région encore largement marquée par les monarchistes :

« Et maintenant, va, petite Dépêche, […] dire à tous qu’il faut être sur la brèche aujourd’hui, demain et toujours, avec confiance dans les destinées de celle qui est pour la France le salut suprême, la République. »

Pour autant, le républicanisme de combat, proche des radicaux-socialistes, défendu par la Dépêche, est bien différent de celui de L’Ouest-Eclair – fondé 13 ans plus tard par l’abbé Trochu et Emmanuel Desgrées du Loû – qui se place dans le sillon du ralliement à la République de la démocratie-chrétienne. L’année 1897 marque cependant une quasi troisième naissance pour le journal. En effet, c’est le début de la saga familiale Coudurier à la tête de la Dépêche, avec l’arrivée de Louis à la rédaction  en chef. Si la ligne républicaine demeure bien affirmée, l’anticléricalisme s’adoucit progressivement :

« Entre le cléricalisme batailleur et l'anticléricalisme sectaire, […] il y a large place pour l'opinion moyenne et tolérante. »

Le contenu du journal est assez classique : il traite à la fois les informations générales et l’actualité locale. Mais ce qui fait sa particularité – par rapport à L’Ouest-Eclair notamment – c’est la place prise par les informations liées au monde de la mer. Par exemple, le 18 décembre 1923, « la tragédie du phare Ar Men » fait la une du quotidien brestois, quand elle n’est évoquée que dans un entrefilet, quinze jours plus tard, dans son concurrent rennais. »

in En Envor.

Emile Petitcolas

Pour L'Eclaireur du Finistère et Le Temps.

In L'affaire Seznec revisitée dans sa critique de "Nous, les Seznec" :

"p. 296 : lecture des lettres de 1925  – « On découvre aussi un nouveau personnage : Emile Petitcolas, le mari de Marianne, la sœur de mon grand-père… »

Peticolas est évincé de La Dépêche de Brest en 1910, dès lors on le retrouve menant diverses activités sur Brest et journaliste sur Morlaix, toujours très actif dans diverses associations (sportives, culturelles, professionnelles…) où il côtoie Vérant, Lajat, Le Hir, Rams… Domicilié rue de Brest, il n’était qu’à quelques centaines de mètres de la scierie de Traon-Velin. Sa discrétion relative lors de l’instruction et du procès, confirmée par l’extrait ci-dessus,  suscite des interrogations."

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Tous ces hommes avaient de la plume...

Du Français...

De la grammaire...

De la culture.

Des modèles dans notre France actuelle de plus en plus perdue dans les fautes d'orthographe.

Ce sont nos glorieux ancêtres.

 

Liliane Langellier

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