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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 900 articles.

Affaire Seznec. Le marché Cadillac de février 1923 comprenait 100 véhicules, pas 10 !

L'entêtement est une cécité.
Anne Barratin ; Chemin faisant (1894)

A force de tirer sur les faits de l'affaire Seznec...

Pour les faire rentrer dans son hypothèse Leon Turrou...

Bertrand Vilain n'est plus à une inexactitude près.

"L'annonce parle bien de 10 Cadillac Torpedos. C'est aussi ce chiffre qui est communiqué au banquier Salaün par Quéméneur. L'avance de trésorerie faite par le négociant correspond bien à l'achat de 10 Cadillac Torpédos."

 Non, Monsieur Vilain, ce n'est pas du tout ce chiffre qui est communiqué au banquier Salaün.

La Dépêche de Brest du 25 juin 1923

"Cet homme [...] devait lui permettre de vendre un nombre important d'automobiles avec un bénéfice très appréciable."

La Dépêche de Brest du 27 juin 1923

"Le marché dont il s'agissait comprenait 100 véhicules, dont les dix premiers devaient être livrés le 2 juin."

La Dépêche de Brest du 27 juin 1923

"Quemeneur : J'ai connu cette affaire par une annonce de journal dont la lecture m'avait fait une impression heureuse. [...] C'est ainsi que pour un achat de 100.000 francs d'automobiles, il se croyait assuré d'un bénéfice de 200.000 francs."

Chez Guy Penaud, en page 28 :

"Le conseiller général avait été chargé de prospecter la Bretagne et de réunir, dans un premier temps, "cent voitures Cadillac ou cent voitures USA", véhicules qui devaient être centralisés à Paris d'où ils seraient convoyés vers l'URSS."

Chez Michel Pierre, en page 35 :

"Il s'agit de se procurer 100 voitures Cadillac ou voitures USA devant être payées, chaque Cadillac 30.000 francs et chaque camion USA 27.000 francs."

Chez Bernez Rouz, en pages 50/51 :

- Hilaire Métais dit que Seznec lui a parlé du trafic de Cadillac en FÉVRIER OU MARS 1923.

"En ce qui concerne le trafic des Cadillac, Seznec m'avait tenu spontanément les propos suivants vers le mois de février ou mars 1923 : "Je suis en relation avec un très gros bonnet de la région pour une vente de voitures américaines, mais je ne peux pas te citer son nom. Si quelquefois tu trouvais de ces voitures, fais-le moi savoir, il y a gros à gagner."

Déposition d'Hilaire Métais le 10 septembre 1923.

- page 51 :

"Courant AVRIL 1923...  Pierre Quémeneur m'a fait part qu'il avait reçu une lettre d'un américain "Sherdly". Il y a de l'or à gagner en barres, il s'agit d'une affaire de voitures pour le ravitaillement de la Russie... Il s'agit de se procurer 100 voitures Cadillac ou voitures USA qui seront payées chaque Cadillac 30000 francs et chaque camion USA 27000 francs. Tu auras ton bénéfice selon ce que nous gagnerons... J'ai reçu deux lettres destinées à M. Quémeneur... La première livraison devait avoir lieu le 2 juin. Paiement comptant. L'Américain demandait une remise en sous-main de 2000 francs par Cadillac et de 1000 francs par camion."

On parle bien là de 100 voitures Caillac et non de 10 !

On est en février/mars 1923.

La Dépêche de Brest du 4 août 1923

"Il a indiqué, en outre, avoir connu l'affaire des automobiles Cadillac, que les Américains voulaient racheter en France. Mais, d'après lui, depuis février environ, ces achats étaient terminés."

La petite annonce O.I.R. n'a rien à voir avec cette affaire.  

La dactylo devait avoir un problème de machine à écrire avec les "i" car cette lettre est sautée deux fois : une fois dans orgine" et une fois dans "Minstère".

En admettant qu'ils achetaient les Cadillac 12.000 francs l'unité, plus les 2.000 de sous-main par voiture, ça leur faisait 120.000 frs + 20.000 = 140.000 francs.

Revente : 30.000 x 10 = 300.000 - 140.000 = 160.000 francs de bénéfices, soit 80.000 francs chacun.

Ils étaient loin de rouler sur l'or, alors que si on multiplie par 10 pour arriver à 100 voitures, ça commence à être intéressant.

Toujours est-il que Quémeneur n'a jamais dit à Salaun que le marché portait sur 10 voitures, et l'avance qui lui a été accordée ne correspond pas car la commission convenue était de 2.000 francs par voiture soit 20.000 francs pour 10 voitures.

Et...

Cerise sur le gâteau, ou plutôt "Cherry on the cake" :

Dans le premier ouvrage de Bertrand Vilain "L'affaire Seznec : Nouvelles révélations", en pages 40/41 :

"De ces quelques courriers, il est possible de comprendre que la recherche de Cadillac pour un bon prix ne va pas être aussi facile que Quémeneur pouvait l'espérer. En effet, il doit négocier l'achat de centaines de Cadillac."

Mais..

Je le dis encore et encore...

Cette petite annonce Cadillac n'a strictement rien à voir avec l'affaire Seznec.

Sauf...

Dans la tête de Bertrand Vilain.

Sachez que je réponds à chacun de leurs articles sinon Google, pour l'affaire Seznec, ne garderait en mémoire que les traces de Jourdan et de Vilain...

C'est dire...

 

Liliane Langellier

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