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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec. Exclusif. Le rapport Camard sur Alphonse Kerné...

La verità è figlia del tempo.
Le temps met la vérité au jour.
Proverbe italien.

Comment une personne saine d'esprit peut-elle écrire que...

"Mais si la preuve est faite que c'est bien Seznec qui s'est rendu au Havre le 13 juin, alors cela plaide en faveur du témoignage de Petit-Guillaume : Seznec a effrontément menti pour tenter de sauver son investissement et éloigner la police de Marie-Jeanne."

La présence de Seznec au Havre, le 13 juin 1923, conforte la thèse de Petit-Guillaume ???

S'ensuivent un tas d'inexactitudes sur Alphonse Kerné.

Dont une, redoutable, qui le dit "profiteur de guerre" !!!

Lisez donc son Registre Matricule...

Alphonse Kerné, contrairement à Guillaume Seznec, a fait la guerre de 14 et en est ressorti médaillé :

"L'homme à la casquette" !!!!!!

Reprenons donc le rapport Camard...

"Alphonse Kerné fut entendu à deux reprises le 10 mai et le 28 août 1926.

Le 10 mai, il expliqua avoir connu QUEMENER alors qu'il était comptable et surveillant chef chez DE JAEGHER André, transitaire, dont il a déjà été parlé, et au service duquel il est resté de février 1921 à mi-avril 1923. QUEMENER faisait le commerce des poteaux de mine à destination de l'Angleterre et avait chargé DE JAEGHER de la vente de ces poteaux moyennant commission. KERNE noua ainsi avec QUEMENER des relations amicales qui se poursuivirent même après son départ de chez DE JAEGHER, jusqu'à la disparition de l'intéressé.

KERNE affirma n'être allé qu'une seule fois au Havre, en 1921, pendant vingt-quatre heures, pour accompagner un lot de pommes de terre pour le compte de DE JAEGHER et, par conséquent, ne pas y être allé en 1923. Il reconnut avoir fait un voyage à Paris entre le 13 et le 20 juin 1923. Parti de Morlaix le 13 au soir par le train de 21 h 30, il arriva à Paris le 14 au matin et se rendit chez sa mère, 81, rue de Picpus. Les 14 et 15, il régla ses affaires. Devant ensuite regagner Morlaix, il ne put le faire ayant été atteint d'une crise hépatique dans la nuit du 15 au 16 juin. Le 16, vers 8 H, du matin, il fut visité par le docteur DUCASSE, 15 rue Louis Braille, à Paris 12e. Les 16, 17 et 18 juin, il resta alité chez sa mère et reçut, dans l'après-midi du 18 la visite de M. FRANCASTEL, associé de son patron M. BARRELIER. Le 19, il put se lever et sortir un peu l'après-midi et le 20 il repartait à 8 H du matin pour arriver à Morlaix vers 18 H 30.

Il présenta au commissaire CUNAT l'ordonnance délivrée par le docteur DUCASSE le 16 juin 1923. Le commissaire CUNAT examina cette ordonnance et nota dans son procès-verbal : "Cette date ne paraît avoir subi aucune altération".

KERNE ajouta avoir peut-être rencontré de JAEGHER dans l'après-midi du 13 juin, au café de Morlaix et être certain de n'avoir pas dit partir pour l'Angleterre. Il fit état de ses mauvaises relations avec de JAEGHER père, n'ayant jamais voulu traiter d'affaires avec lui depuis son entrée à la maison BARRELIER. Il dit aussi n'avoir jamais parlé de Chelles mais indique que de JAEGHER avait pu croire qu'il était tombé malade dans cette localité car sa mère y avait demeuré jadis et de JAEGHER devait ignorer qu'elle n'y demeurait plus à l'époque de ce voyage.

"Enfin il ne se rappela pas avoir connu une bonne nommée Francine, au débit de tabac, Quai de Léon à Morlaix.

Le 28 août, KERNE put faire la preuve qu'il n'était pas allé à Paris le 2 juin 1923.

La prénommée Francine fut identifiée, car elle ne l'était pas jusqu'alors, ce qui prouve encore, s'il en était besoin, qu'elle n'avait pas été interrogée en 1923.

Elle fut entendue par le commissaire CUNAT le 28 août 1926. Nommée SCOUARNEC Francine, veuve HAMON, elle déclara avoir été employée comme bonne à Morlaix, dans un autre commerce d'ailleurs que celui indiqué par Mme SEZNEC à la fin de juillet 1921. S'étant mariée le 25 octobre 1921 à Locquenolé, elle accompagna peu après son mariage et pendant quatre mois, son mari dans ses voyages sur les bateaux de la Compagnie Générale de Navigation "Rouen-Paris-Le Havre" et revint ensuite à Locquenolé où elle accoucha en juillet 1922. Courant mai 1923 elle alla habiter Le Havre où elle demeura environ un an. Elle se souvint qu'à l'époque de son arrivé au Havre, les journaux relataient la disparition de QUEMENER. Elle affirma n'avoir jamais été employée dans une maison de cette ville et n'y avoir jamais été employée dans une maison de commerce. Elle déclara très bien connaître KERNE ainsi que de JAEGHER et affirma n'avoir jamais vu KERNE au Havre.

On trouve également trace de cette enquête dans la minute d'un rapport paraissant datée du 30 août 1926, conservé au dossier du Parquet de Quimper, où il est écrit :

"Le sieur de JAEGHER, personnage notoirement taré à Morlaix, a tenté de faire planer des soupçons sur un sieur KERNE son ancien employé qui l'aurait supplanté dans la représentation d'une maison de commerce de Paris. Il a laissé entendre que KERNE, qui connaissait QUEMENER, se serait trouvé à Paris le 2 juin, date où quelqu'un s'est présenté pour toucher le chèque destiné à QUEMENER, et qu'il aurait effectué en juin, époque des incidents du Havre (achat de la machine à écrire, faux télégramme signé QUEMENER, découverte de la valise de QUEMENER) un voyage au Havre où il serait allé dans un café tenu par une nommée Francine, autrefois domestique à Morlaix. KERNE a non seulement protesté contre ces allégations mais il a pu justifier qu'il était à Morlaix le 2 juin, que du 13 au 20 il est allé à Paris où il est tombé malade chez sa mère et il a produit une ordonnance du médecin qui l'a soigné, en date du 16 juin. Il n'est point allé au Havre où il n'a fait aucun voyage depuis 1921. La nommée Francine a pu être retrouvée. Elle a bien habité Le Havre mais n'a jamais tenu de café et n'a jamais vu KERNE dans cette ville".

Il n'existe donc aucune preuve de l'existence d'un sosie de SEZNEC circulant au Havre les 13 et 20 juin et le comptable KERNE mis en cause en 1926 par Mme SEZNEC put facilement se justifier.

Il faut, cette fois encore, souligner l'équivoque du procédé de Claude BAL qui situant au moment des Assises des faits connus seulement en 1926 insinue que l'Avocat Général a "couvert" KERNE."

 

 

....................................

Voilà...

Je vous l'avais bien dit...

Le rapport CAMARD, ça va décoiffer...

C'est quand même autre chose que les délires sur la participation à l'affaire Seznec d'un certain Ricain du F.B.I.....

Ou le roman à l'eau de rose, à base des pseudos révélations de Petit-Guillaume, publié au Lys Bleu.

Exit aussi les mensonges de Marie-Jeanne, de Jeanne, et de Denis Seznec sur Alphonse Kerné....

Pas étonnant que Denis Seznec l'ait si peu cité ce foutu rapport.

Et, surtout, surtout exit les nombreux mensonges de Claude Bal...

Mais, à la base, le plus menteur c'est encore Guillaume Seznec qui n'hésite pas à salir tout le monde pour s'en sortir :

Paris-Soir du 9 juin 1937

Le procureur Théodore Picard est mort d'une longue maladie, dans son lit, au 26 Quai de Léon, à Morlaix, le 4 novembre 1928.

Alphonse Kerné est mort chez lui (sans doute victime d'une cirrhose du foi) au 34 rue de Brest, le 17 mai 1931 :

Aucun des deux ne s'est suicidé car ils n'auraient pas reçu les sacrements de l'Eglise.

Mais, 24 ans après l'audition de Kerné, audition qui l'avait mis hors de cause...

Jeanne Seznec in L'Intransigeant du 14 avril 1950 (les bonnes feuilles du livre de Claude Sylvane) :

Tous des menteurs dans cette famille...

Seulement voilà...

Je vous le dis et je vous le redis...

Ce rapport Camard a remis les pendules à l'heure...

Et, c'est de la dynamite en bâton !

 

Liliane Langellier

Le Docteur Ducasse, rue Louis Braille au recensement 1926.

 

P.S. Sur le blog "Affaire Seznec revisitée"

Alphonse Kerné : personnage-clé du feuilleton – un client que les taverniers s’arrachent, pensez donc, de Morlaix au Havre en passant par Paris et Chelles, on ne voit que lui accoudé au comptoir. Quand Hervé et Bal ont des faits et des lieux, il leur faut évidemment des personnages, et c’est ainsi que le figurant Alphonse est mis à contribution dans un rôle qui ne le rebute pas, loin s’en faut. Par contre, si on veut rapprocher fiction et réalité, cela se complique. Au Tambour, personne n’a vu l’ombre d’Alphonse, pas davantage au “Canon de la Marne”, le seul lien qu’il aurait avec Chelles tient dans le fait que sa mère y a demeuré brièvement avant 1923. Ses camarades de dégustation se trouvent surtout du côté de Morlaix. Mais alors, cette mauvaise grippe à Chelles, chez sa mère, entre les dates fatidiques du 13 et du 20 juin ? Elémentaire, du moins chez Hervé, Bal et Denis Seznec. Partir d’un élément plausible mais non vérifié et bâtir un scenario de circonstance cohérent sur le papier. Tant que la supercherie ne sera pas démontrée, l’histoire officieuse bidonnée tiendra lieu de vérité première. Des trois compères, le survivant continue sans se ménager à faire vivre le genre. Revenons à Alphonse : en 1926, André de Jaegher le met en cause dans une lettre adressée au ministère de la Justice. Il  y précise, aimablement, avec force détails, que l’alibi de Kerné, alité à Chelles, chez sa mère, du 13 au 20 juin 1923, et confirmé par un arrêt-maladie, était un subterfuge pour dissimuler d’autres déplacements non avouables. Dans “Nous les Seznec” et en conférence, Denis Seznec reprend tout ceci sans état d’âme, sans mentionner les éléments complémentaires qu’il connaît forcément, mais qui infirment la démonstration. D’abord, il oublie d’indiquer que Kerné était employé de de Jaegher jusque la mi-avril 1923 et qu’ils n’étaient pas en bons termes – que la mère d’Alphonse Kerné a bien résidé à Chelles mais demeurait à Paris en 1923 – que Kerné est bien sur Paris entre le 13 et le 20 juin, parti pour raison professionnelle il tombe malade, se soigne chez sa mère, rue Picpus (dans le XIIe) et est visité le 16 au matin par un médecin de l’arrondissement qui lui signe une ordonnance (Denis Seznec peut vous donner le nom de ce médecin, en cas de refus, je m’y emploierai). Alphonse Kerné recevra également la visite de l’associé de son employeur (pour le nom, voir également avec Denis Seznec) …

 

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