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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Rennes jeudi 24 mai 1923. La curieuse journée de Pierre Quémeneur.

Beaucoup d'hommes naissent aveugles et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une
bonne vérité leur crève les yeux.
Jean Cocteau

Tiens, c'est bizarre...

J'avais cru lire des comptes d'apothicaire rageux...

Sur le blog de la psy brestoise.

Qui vient de se faire remettre à sa juste place par Marc du Ryez.

A lire ici.

Il est patient, Marc, car elle est franchement soûlante avec sa dévotion pour son gourou, le Tintin de la brocante.

C'était un article débile (un de plus) tendant à prouver ce qu'était sur Overblog un visiteur unique.

Car elle crève de jalousie devant mes 73.000 visiteurs.

Pour 345 articles.

Je viens de dépasser les 124.000 lecteurs sur mon blog Chez Jeannette Fleurs.

Puisque la jalousie l'étouffe...

J'ai une solution toute trouvée pour elle, et, pour ses deux potes, le broc texan et le nobliau breton en déroute : qu'ils ne viennent plus me lire.

Comme ça j'aurais trois visiteurs en moins.

Allez...

On avance, et...

On reprend pour Rennes...

 

Thierry m'écrit :

"Quémeneur a du être informé de quelque chose le soir du mercredi 23 mai 1923 pour qu'il modifie ses plans à la dernière minute. Il avait dit à Legrand qu'il devait partir le 24 à 5h de Landerneau pour assister impérativement au conseil municipal de Saint-Sauveur qui avait lieu à 7h (2 heures pour faire 25 bornes ?) mais qu'il ne pourrait pas assister au banquet car il devait prendre le train pour Rennes. Vers 10h, on remet à Abgrall, maire de Saint-Sauveur, une lettre de Quémeneur datée du jour même s'excusant de son absence pour cause de grippe. Morlaix étant sur sa route, je ne comprends pas pourquoi il devait aller à Rennes en train…"

Alors, on reprend...

 

1/ Absence de Pierre Quémeneur au conseil municipal du jeudi 24 mai 1923 :

La Dépêche de Brest du 29 juin 1923

Dans un premier temps...

Pierre Quémeneur dit au secrétaire de mairie de Saint-Sauveur (1.200 habitants) qu'il rencontre le lundi 21 mai : "Je ne manquerai certainement pas d'assister jeudi à la séance."

Pierre Quémeneur dit aussi  à Legrand (NDLR C'est Legrand qui raconte, hein !) le mercredi 23 mai, dans la soirée, qu'il prévoit de partir à 5 heures du matin pour Saint-Sauveur.

Afin d'assister au conseil municipal qui devait avoir lieu à 7 heures.

En voiture, je suppose ?

Environ 25 km de Ker Abri, Landerneau.

"Il est indispensable que j'y sois car je dois traiter d'une question de chemins vicinaux."

Quand je lis le compte-rendu de conseil municipal ci-dessus, l'ordre du jour est "Nouvelle foire à Saint-Thégonnec".

Pas les chemins vicinaux.

Ils ont reculé le conseil municipal de deux heures, pensant voir arriver Quémeneur.

Et, à 10 heures, est arrivée sa lettre d'excuses.

En page 31 chez Denis Langlois :

"Le lendemain matin, Quemeneur a de nouveau téléphoné.

- C'est pour demain. On y va ensemble. J'ai à faire dans la matinée à Rennes. Je prends le train. Le mieux, puisque c'est sur le chemin de Paris, c'est qu'on se retrouve là-bas. Rendez-vous au Grand Hôtel, près de la Gare, vers 14 h 30."

 

2/ Le voyage Landerneau - Rennes :

Je re-lis dans le commentaire de Marc du Ryez :

"C'est le train de 8 h 35 que Pierre Quéméner a pris à Landerneau. Ce train repart de Rennes pour Paris à 12 h 58 et arrive donc à Rennes quelques minutes plus tôt."

Pierre Quémeneur arrive donc en gare de Rennes à 13 heures.

Il n'avait qu'à traverser la rue, car le Grand Hôtel Parisien était au 9 place de la gare.

C'est l'heure du déjeuner...

Et notre conseiller général ne va pas manquer ça...

Mais, du coup, à Rennes...

Il va y rester 6 h 30 avant de voir arriver le gars Seznec.

Morlaix / Rennes : 185 km

Guillaume Seznec part de Morlaix à 10 h 30 pour arriver Rennes à 19 h 30, soit 9 heures de trajet ( ?).

Bernez Rouz en sa page 70 :

"(...) hôtel où ils ont leurs habitudes".

Ah bon, ils y venaient régulièrement ?

Et pour quoi faire ?

M'enfin 6 h 30 ???

Il en a eu du temps pour ses rendez-vous personnels le Pierrot !

3/ Qui aurait-il pu rencontrer pendant ces 6 h 30 ?

 

1/ Jules Tomine...

Lire ici : Jules Tomine le Rennais.

Of course, il a son établissement, Ouest-Garage avenue de la gare.

Et les bagnoles, c'est son rayon !

2/ Le directeur de la B.P.C. (Banque Privée Coloniale)

Cette annonce paraît dans l'Ouest-Éclair les 12, 14, 17, 19, 21, 24 et 28 janvier 1923, les 4, 11, 18 et 25 février 1923, les 4 et 24 mars 1923, les 1er, 15, 22 et 29 avril 1923, les 13, 20 et 27 mai 1923...

Après, plus rien.

Pour Jean Besseyre des Horts...

C'est à lire ici (deux articles).

Pour la Banque Privée Coloniale et Gaston Vacquié :

C'est à lire ici (deux articles)

3/ Un des garagistes dont on a retrouvé traces des lettres ?

Comme Leclerc, Guenel et Ladam ?

Ouest-Eclair du 27 mai 1920

Du garage Paris-Brest ???

Ouest-Eclair du 6 juillet 1923

Pour les lettres de tractation de voitures automobiles :

C'est à lire ici.

 

D'après tous ceux qui étaient au courant de cette soi-disant affaire de Cadillac...

Pierre Quémeneur était super emballé, limite euphorique,

et pourtant il décide de faire la première partie du voyage seul en train, boycottant le conseil municipal de Saint-Sauveur,

alors que c'est la première voiture qu'il va livrer… 

Il arrive à 13 heures au Grand Hôtel Parisien.

Compter une bonne heure trente pour déjeuner.

A-t-il déjeuner seul ? Ou pas ?

Aucune enquête à ce sujet.

Cela nous mène à 14 h 30.

C'est l'heure à laquelle il avait donné rendez-vous à Guillaume Seznec.

A 18 h 45, se pointe l'étrange zigue qui trouve Quémeneur attablé avec l'un de ses potes.

Admettons qu'il se soit attablé à 18 h 30.

Reste encore 4 heures à justifier.

Si l'on enlève le temps d'appeler Marie-Jeanne à Traon-ar-Velin (30 minutes ?)...

Pour savoir ce que faisait Seznec...

"Vers 16 heures 30, Quéméner, inquiet de ne pas voir arriver Seznec, appelle la femme de celui-ci, Marie-Jeanne, qui lui dit qu’il doit avoir eu des pannes sur la route."

in Marc du Ryez.

Il reste encore 3 h 30 dans le brouillard.

Alors...

A vot' bon coeur !

 

Liliane Langellier,

Avec l'aimable concours de Thierry Lefebvre.

 

P.S. Ce soir, il y a "Papy fait de la résistance" de Jean-Marie Poiré sur France 2.

Non, rien.

"- Y'ai tr'ouvé esto filmo scandaloso par'ce quo esto filmo tr'aina dans la mer'da oune par't de la popoulatione fr'antçaise... - Une question : est-ce que vous parlez français ? - Euh oui pourquoi ?" #PapyFaitDeLaResistance

P.S. 2 Un communiqué de l'A.F.P. m'avertit qu'une odeur pestilentielle vient de se répandre, aujourd'hui 30 mars, dans les rues de Colombes (92700).

Un Colombien peu scrupuleux aurait déchargé sa vésicule biliaire et infecter les eaux vannes.

Les équipes de la G.U.P. sont sur place.

Plus à venir...

 

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M
"J'ai à faire dans la matinée à Rennes." Le problème avec ce livre de Denis Langlois, c'est qu'il a été écrit comme un roman, et parfois, l'imagination de l'auteur lui fait dire n'importe quoi. L'horaire des trains montre bien (même si le petit "a" est manquant après "8 44" pour indiquer que c'était un terminus) qu'il n'y avait que deux trains ce matin-là pour se rendre de Landerneau à Rennes : celui, rapide pour l'époque, de 8h35-12h58, et celui, extrêmement lent, de 11h28-19h10 (plus tard il y avait 15h36-21h20 et 19h55-0h23). Quéméner ayant rendez-vous à Rennes à 14h30 n'avait d'autre choix que de prendre celui de 8h35.

Il lui était donc pratiquement impossible de se rendre au conseil municipal de Saint-Sauveur une fois le rendez-vous pris, car le trajet prend environ une demi-heure aujourd'hui et on devait sûrement compter environ 45 minutes à l'époque. Ce rendez-vous a donc probablement été décidé après la visite de Quéméner à Legrand le 23 mai vers 20h30. Seznec dit être arrivé chez lui vers 21 heures. Il est fort probable qu'il ait appelé Quéméner ce soir-là et qu'ils aient refait leurs plans, rendant un passage au conseil municipal impossible. Quéméner ne souhaitant pas expliquer qu'il partait à Paris pour affaires a préféré utiliser un prétexte plus commode.

Je crois également que Quéméner a dit qu'il comptait se lever et non partir à 5 heures, et que Legrand ou le journaliste a commis une petite erreur. En effet, j'imagine que Quéméner devait à l'origine finir de se préparer pour son voyage à Paris, partir vers 6 heures en Panhard, assister au conseil municipal, ne pas rester pour le banquet et rentrer à Landerneau pour prendre le train pour Rennes, probablement l'escargot de 11h28-19h10. Seulement, que pouvait-il bien faire à Rennes à cette heure-là ? Un peu tard pour démarcher les garagistes. La journée était fichue. Et pourquoi prendre ce train si lent ? Je ne comprends donc pas tellement son projet original annoncé à Legrand, à moins qu'il n'ait eu l'intention de ne rester qu'une demi-heure au conseil municipal et de revenir à Landerneau pour le train de 8h38, ce qui aurait été assez stressant côté "timing".
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M
En recopiant depuis "Nous, les Seznec" (édition 2009) des phrases qui manquaient chez Bernez Rouz dans la déposition de Julien Legrand du 27 juin 1923 (voir ma page pour ce jour), j'ai vu que Quéméner avait prévu de prendre le train de 8h35 (j'ai dit 8h38 par erreur dans mon commentaire précédent) même s'il s'était rendu au conseil municipal, car il comptait s'éclipser vers 8 heures et devait être à Rennes "pour déjeuner". Sa seule raison d'assister au conseil était de donner des explications pour les chemins, ce qu'il a finalement fait dans une lettre. Il est possible qu'il ait tout simplement pris du retard dans ses préparatifs de voyage et qu'il n'ait donc plus eu le temps de faire la route, ayant un train à prendre. Il semble clair à partir de la déposition de Legrand que Quéméner avait... rendez-vous à Rennes pour déjeuner à 13 heures. Rendez-vous d'affaires ? Rendez-vous galant ?
T
Bizarre aussi cette lettre qu'il envoie au maire de Saint-Sauveur pour excuser son absence en prétextant d'être très grippé depuis quelques jours alors qu'on sait qu'il n'en est rien et qu'il se vantait à qui veut l'entendre de cette affaire qui allait le rendre riche...
Il voulait vraiment garder secret le motif de son déplacement à Rennes. En tout cas c'est le sentiment que ça me donne.
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L
Merci Thierry…
J'avais totalement zappé l'excuse de la grippe.
Pierre Quémeneur dit au secrétaire de mairie de Saint-Sauveur qu'il rencontre le lundi 21 mai : "Je ne manquerai certainement pas d'assister jeudi à la séance."
C'est donc mardi ou mercredi qu'il a pris sa décision.
A suivre...
T
Super !
Reste que dans la mesure où aucune enquête n'a été faite, on ne sait pas à quelle heure Quémeneur a pris le train à Landerneau et donc à quelle heure il est arrivé à Rennes... Dommage que les types qui ont pris l'apéro avec lui n'aient pas été interrogés par la sûreté.
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