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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 750 articles.

Affaire Seznec : le voyage des deux zèbres vers Paris

“Le journalisme, c'est le contact et la distance.”
Hubert Beuve-Méry

"Le voyage des deux zèbres"...

Oui, j'ai repris l'expression de Seznek/SaintOp.

Hier, on a réfléchi tous ensemble sur Rennes...

Mais revenons au Rennes / Houdan

Ah j'allais oublier :

Ce qui m'a toujours fait rigoler, dans le passage de nos deux zèbres à Rennes, c'est ce qu'avait écrit Maurice Privat :

Après avoir fait enregistrer l'avis que recevra Jean Pouliquen, le lendemain matin, les deux associés, ne voulant pas se coucher tout de suite, vont boire un verre près de leur hôtel à La Source.

C'est un ancien café-concert. Avant le décret Clémenceau, qui interdit aux artistes de faire la quête en public et d'inciter à boire, les gommeuses et les réalistes, qui n'avaient pas le droit de refuser l'amoureux de passage, déambulaient dans la salle, aguichant le chaland. Il y avait même, pour ces dames, des chaises spéciales au siège largement échancré, afin de permettre aux amateurs de tâter leurs agréments. La Source a replâtré son visage. C'est aujourd'hui un dancing à attractions : salle de café, chaises et tables, une estrade au fond. Il est morne. Si de lointains étudiants en rêvent ils pleurent leur jeunesse, non ce décor banal. Pierre Quémeneur et Guillaume Seznec s'y ennuient et en partent, au bout d'une heure. Ils se couchent. A cinq heures du matin ils partiront pour Paris.

(...) Il fait un temps délicieux.... "

in "Seznec est innocent" (documents secrets, 1931)page 90.

Mais revenons au Rennes / Houdan...

Rennes Paris : 331 km (source Guide Michelin 1922)

 

 

Oui, c'est très important de calculer les distances d'une ville à l'autre avec le Guide Michelin.

Les distances de ville à ville étaient différentes d'aujourd'hui.

Où les principales villes sont entourées de rocades ce qui diminue d'autant le kilométrage.

Le voyage se décompose comme suit :

1. Rennes / Alençon : 151 km

Mais Rennes / Ernée = 66 km.

Ernée où nos deux zèbres auraient pris leur petit déjeuner et de l'essence.

66 km après leur départ de Rennes à 5 heures du mat.

Preuves : le petit calepin où Seznec inscrit ses frais.

Mais : Ernée / Alençon = 85 km

2. Alençon / Dreux : 111 km

Ils déjeunent à Mêle sur Sarthe.

Alençon / Mêle : 22 km.

Donc ils déjeunent 107 km après leur petit déjeuner.

Preuves : le petit calepin où Seznec inscrit ses frais.

Quand ils arrivent à Dreux, il ont parcouru 262 km en 11 heures 30 !

(départ de Rennes 5 h du mat / arrivée à Dreux 16 h 30)

Dreux

"Il est donc 16 h 30, lorsque la Cadillac entre peu discrètement dans Dreux, suivie d'un nuage de fumée. Le joint de culasse vient de lâcher. A hauteur de Nonancourt. Pas de soucis ! Pierre Quemeneur connait un bon garage. Chez Hodey, 33, rue d'Orfeuil, le meilleur de la région.

Emile Hodey ne voit pas d'un si bon oeil les clients arriver : "Des pneus américains ? Où voulez-vous que je trouve ça ? Ils sont plus grands que les nôtres. Quant au moteur, c'est toute une révision. Il me faut plusieurs jours !" Tandis que Seznec maudit Jestin d'avoir laissé la voiture au soleil et transformé le caoutchouc des pneus en hareng séché, Quemeneur a, selon son habitude, si bien flatté le garagiste qu'Emile Hodey a plongé dans le moteur, rafistolé le joint de culasse, dévissé des boulons, donné des coups de clés. Le moteur est reparti en vibrant : "Voilà, c'est tout ce que je peux faire. J'espère que ça va aller jusqu'à Paris. Il ne reste plus que 80 kilomètres."

Dans la rue principale de Dreux, le moteur s'est de nouveau arrêté. Quemeneur est retourné à pied au garage. Hodey est arrivé avec sa dépanneuse et a remorqué la Cadillac : "Je vous l'ai dit. Cette fois-ci, je suis obligé de faire les choses sérieusement. L'allumage est fichu. Je vais mettre la voiture sur la fosse et vous allez m'aider. " Deux heures la tête dans le moteur pour Emile. Seznec, au volant, obéit aux ordres : Démarrer, accélérer, débrancher. De son côté, Quemeneur consulte, pour la première fois, le Chaix, l'indicateur des chemins de fer, un train part de Dreux à 19 h 50.

Il est 19 h 45 lorsque - après avoir payé l'apéritif à Emile - les deux Bretons quittent enfin Dreux. Quemeneur a pris le volant. 

L'épisode drouais a duré plus de trois heures..................

 

3. Dreux / Houdan : 19 kilomètres

S'ils quittent Dreux à 19 h 45, ils arrivent à Houdan, au pire, à 20 h 30.

Dîner au Plat d'Etain.

Témoignages des serveuses.

Nos deux zèbres seraient sortis du Plat d'Etain vers 21 h 30 / 22 heures.

Ce qui m'intéresse ici, c'est le témoignage de Guillaume Seznec, début février 1954, auprès du journaliste Jacques Marestet du Parisien Libéré, relaté chez Me Denis Langlois en page 421 :

"Quand Jacques Marestet, le journaliste du Parisien Libéré, s'était présenté, cela avait fait toute une histoire. De ton lit, tu avais entendu les mots d' "exclusivité, de "contrat", de "droits".

Tu avais rassemblé tes forces et tu avais crié :

- Entrez, monsieur Marestet, je serais heureux de parler avec vous !

Marestet était entré et s'était assis auprès de ton lit. Il t'avait parlé de la campagne qu'il menait dans son journal. Pour lui, plus que jamais, la clé de l'énigme se trouvait à Brest-Lambezellec. Les coupables étaient à chercher dans le gang des Cadillac qui guettait Quemeneur sur la route entre Rennes et Houdan.

Tu l'avais écouté, puis doucement en lui prenant la main, tu lui avais dit :

- Je vais vous faire une confidence que je n’ai jamais faite à personne. Quand nous sommes sortis du restaurant Le Plat d’Etain à Houdan, j’ai laissé la conduite de la Cadillac à Quemeneur. Nous ne sommes pas allés loin, la voiture a fait une embardée dans le fossé. Quemeneur a été blessé à un bras. Mais une autre voiture avec deux hommes nous a rejoints. L’un d’eux, un athlète, a soulevé Quemeneur dans ses bras et l’a porté dans la seconde voiture. Quemeneur m’a crié de faire demi-tour et de retourner en Bretagne. La voiture s’est éloignée……

Le journaliste t’écoutait avec des yeux ronds.

- Mais pourquoi n’en avez-vous pas parlé en 1923 ?

- Je l’ai fait. Le commissaire Vidal n’a pas voulu me croire, et mon avocat, Me de Moro-Giafferi, m’a conseillé de ne pas insister. Cela mettait trop de gens en cause…."

Oui, je sais, ce sont les derniers jours de Guillaume...

Et il peut être délirant.

Et il a été délirant quand il a envoyé tout le monde à Traou Nez...

Mais si l'on réfléchit autrement, nombre de personnes, à l'aube du grand voyage, se libèrent de derniers secrets.

Mais oui, parce que, dans mon scénario à moi (et qui n'engage que moi), les deux zèbres étaient suivis depuis Rennes...

Et oui, on en revient aux deux inconnus de l'apéro de Rennes...

Pour tout vous dire c'est en cherchant si oui ou non Jacques Marestet avait publié les dires de Seznec dans Le Parisien que j'ai contacté pour la première fois Me Denis Langlois en septembre 2003.

Et voilà ce qu'il me répondait /

"Voici les quelques éléments que j'ai relevés concernant Jacques Marestet. Je ne sais pas s'il avait un pseudo, mais dans les années 1950, il semble avoir été un journaliste important du "Parisien Libéré". Dans l'affaire Seznec, en tant qu'envoyé spécial, il fut chargé de "couvrir" les fouilles de Plourivo et écrivit une série d'articles en faveur de l'innocence de Guillaume Seznec. Peu de temps avant sa mort, il rencontra celui-ci et recueillit les révélations que j'ai rapportées dans mon livre."

Oui, c'est mon scénario préféré, mais je cherche toujours les articles de Jacques Marestet fin janvier début février 1954 où il relatait cette ultime confession de Seznec.

Je vous rappelle ce qu'écrit en page 2, 1ère colonne, l'Ouest-Eclair Rennes du 8 juillet 1923 :

"Nous avons eu la bonne fortune de rencontrer un de nos sympathiques concitoyens qui, le 24 mai à Rennes, s'entretint avec M. Quéméneur, dans un hôtel des environs de la gare.

"J'avais nous dit-il rendez-vous à cet endroit avec un de mes amis. A sept heures moins le quart, je m'y rendis et je le trouvais prenant l'apéritif avec un monsieur qu'il me présenta : M. Quémeneur conseiller général du Finistère. Il l'avait rencontré fortuitement et, ma foi, vous savez, les connaissances se font vite, au café, surtout lorsqu'on a affaire à un homme aussi affable et sympathique qu'était M. Quémeneur.

M. Quémeneur nous fit part de ses inquiétudes. J'attends un ami de Morlaix qui doit venir ici, il est parti en auto de là-bas et il a eu plusieurs pannes ; ll avait notamment une grande difficulté à mettre en route, le démarrage automatique et la manivelle de mise en marche ne fonctionnant pas.

Je l'interrompis et fis cette réflexion :

"Pourtant c'est une panne insignifiante : votre ami n'avait qu'à placer son cric sous la roue arrière et à embrayer : c'est connu de tous les automobilistes."

M. Quémeneur ajouta : "Je dois aller à Paris en auto avec lui ; combien y a-t-il de kilomètres et quelle est la route la plus directe.

Je lui expliquai alors le chemin le plus court jusqu'à Pré-en-Pail, route que je connaissais parfaitement. Je lui indiquai même un hôtel dans cette localité.

Avec une "Cadillac" dis-je en terminant, ce n'est pas une affaire, vous ne mettrez certainement pas plus de sept heures et vous arriverez pour déjeuner à Paris...

- "En tout cas, dit M. Quémeneur, si mon ami tarde trop, je vais prendre le train, car je tiens à être à Paris le plus vite possible."

La conversation continua, banale quelques instants lorsqu'une forte voiture stoppa ; un homme en descendit.

- "Le voilà ! s'écria M. Quémeneur !

Il se leva, échangea quelques paroles brèves avec l'automobiliste et revint avec lui s'asseoir à notre table.

Mon ami et moi, nous voulions nous retirer, mais M. Quémeneur insista. Il offrit l'apéritif. L'automobiliste que nous avons su depuis être Seznec refusa d'abord de prendre quelque chose ; enfin devant l'insistance du conseiller général, il consentit à se faire servir un bock.

Pendant les courts instants que nous passâmes ensemble, ce Seznec ne prononça pas dix paroles. Il avait l'air fatigué et me fit, je dois l'avouer, une mauvaise impression puisque je dis après leur départ à mon ami : "Le copain du conseiller général, il n'est pas reluisant."

Au bout de quelques minutes M. Quémeneur et l'homme sortirent et emmenèrent la Cadillac au garage de l'hôtel.

A aucun moment il ne fut question pendant la conversation des pannes que Seznec aurait eues de Morlaix à Rennes ; d'ailleurs, je vous l'ai dit, il n'avait pas l'air du tout disposé à lier conversation.

A aucun moment non plus, M. Quemeneur ne fit allusion à une vente de voitures américaines.

J'ai pensé qu'il allait faire un voyage d'agrément ; il était de très bonne humeur et ne semblait nullement préoccupé."

Ce sont les deux derniers à avoir parlé avec Guillaume et Pierre.

Et le journaliste d'Ouest-Eclair connaît leur identité.

Pourquoi pas nous ?

Rappelez-vous ce que nous écrivait Seznek/SaintOp sur le forum Justice Affaires Criminelles :

"La première avancée sur le sujet serait de connaître l'identité des personnes que Quéméner rencontrent à Rennes et notamment à l'apéro à l'Hôtel de Paris..."

Alors sur ce sujet...

Si on peut m'aider, je suis preneuse...

Dans l'hypothèse de ce scénario, Guillaume Seznec, pris au dépourvu aurait paniqué et monté au jour le jour, après son retour à Morlaix, les derniers scénarios que l'on connaît.

Il aurait tout particulièrement fait des faux des promesses de ventes pour ne pas perdre d'argent.

Oui, c'est mon scénario préféré...

Mais je veux bien écouter les vôtres...

Alors...

Alors, à suivre...

Liliane Langellier

P.S. Reste quand même l'histoire de l'essence...

Oui, celui de la consommation de la Cadillac de Seznec...

Kadillak/Seznek/SaintOp :

A l'heure du laitier, toujours dans les environs d'Houdan, la cadillac se retrouve à court de carburant. Fuite du réservoir ? évaporation anormale ? Seznec l'a t-il bu ? Ce ne sont pas les quelques dizaines de kilomètres soit disant parcourus qui ont pu assécher la belle américaine.

Est-il allé à Paris (et retour) mais seul ?

Et dans ce cas, qu'y a-t-il fait ?

 

Deux coupures du Petit Parisien du 1er Août 1923

 

CHAIX DREUX / PARIS 1923.

 

Cahier Seznec Page 1 (blog de Me Denis Langlois)

Note de septembre 1924 à l'attention de Me Kahn

 

Radar 27 décembre 1953

"Pierre Quémeneur se renseigne alors sur un restaurant où nous puissions dîner. On lui indique "Le Plat d'Etain". Durant le repas, il demande où se trouve le téléphone et me quitte un instant. En revenant à table, il me déclare qu'il faut qu'il prenne le train de Paris, car coûte que coûte il doit y être le soir-même.

Nous nous rendons à la gare. Mais là, on a du dire à Quémeneur qu'il n'y avait plus de train pour Paris, mais qu'en se rendant à Dreux, il avait quelque chance d'en rattraper un.

Pour moi, brisé par la fatigue, je m'étais assoupi.

A Dreux, mon compagnon m'a réveillé en m'avertissant qu'il prenait le train.Il a ajouté que la Cadillac étant invendable dans l'état où elle se trouvait, le mieux était que je la ramène à Morlaix pour la confier à mon mécanicien. Je n'avais qu'à lui compter, à lui, les frais du voyage et les réparations.

Sur ce, il est entré dans la gare.

Je ne l'ai plus jamais revu.

J'ai repris la route. Par suite d'une erreur de direction (dont l'accusation devait se servir contre moi, plus tard, pour m'accabler), au lieu de filer sur Morlaix, je me dirigeai vers Paris."

Ce qui est intéressant c'est d'abord que Seznec vend ses mémoires à Radar. Ils n'ont pas d'argent. Et la presse (Paris-Match entre autres) achète à prix fort les moindres de ses souvenirs pour les revendre en exclusivité.

Ce qui est intéressant, c'est, ensuite, la version Houdan / Dreux.

Pas nouvelle, certes, mais un peu différente.

 

Houdan. Le Plat d'Etain.

Houdan. Le Plat d'Etain.

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M
Je vais être à nouveau hors sujet (mais je reviendrai à Rennes-Houdan plus tard). Je voulais préciser pour Alain que dès 1923, en fait, la gare Montparnasse était utilisée en alternance avec la gare des Invalides pour le Paris-Brest. Les nouveaux horaires du 1er juin 1923 (publiés dans l'Ouest-Eclair du 31 mai) montrent que Montparnasse est même prioritaire.

Le train Dreux-Paris la nuit du 25 mai arrivait bien aux Invalides, cependant. C'est là qu'il y a vraiment quelque chose d'absurde dans les propos de Seznec. Pourquoi donc Quéméner irait dormir à côté de la gare Saint-Lazare alors qu'il arrivera de nuit aux Invalides et qu'il a rendez-vous à 8 heures du matin en face de la gare Montparnasse ? C'est se compliquer l'existence. Pour la première nuit, il est préférable de trouver un hôtel au plus près des Invalides, afin de ne pas déambuler dans les rues la nuit. Le lendemain, il pourra toujours se lever très tôt pour se rendre, en plein jour, avenue du Maine. Donc, à moins qu'il tienne absolument au confort de l'Hôtel de Normandie, un hôtel où il n'a jamais mis les pieds à notre connaissance, cette adresse n'est pas valide. De plus, Dreux n'est qu'à 80 km de St-Lazare, et même avec des ennuis réguliers, Seznec peut y arriver à 2 heures du matin. Puisque Quéméner n'est pas descendu au Normandie, comment Seznec fera-t-il pour retrouver Quéméner ? Il sera probablement beaucoup trop fatigué pour se rendre à la brasserie avenue du Maine à 8 heures du matin, s'étant réveillé à 4 heures du matin la veille.

On pourrait croire que Seznec a parlé du Normandie parce que cet hôtel lui a tapé dans l’œil les 13 et 20 juin quand il s'est rendu au Havre, mais il le mentionne en fait dès le 10 juin à Pouliquen, donc il n'est pas impossible que Seznec se soit rendu à la gare Saint-Lazare le 2 juin, après être passé au bureau de poste du boulevard Malesherbes, à 500 mètres de là.
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M
Autre argument en faveur d'un retour à Dreux pour prendre le train de 21h59 : Quéméner a consulté les horaires des trains et il sait qu'il n'a pas d'autre choix. Il n'a donc jamais été question pour lui d'essayer de prendre le train à Houdan, puisqu'il sait en dînant au Plat d'Étain qu'il n'y a plus de train avant 3h48. Il est alors nettement préférable de retourner à Dreux (à 20 km), l'express de 21h59 ne s'arrêtant pas avant Versailles (à plus de 40 km, sur une route qu'ils ne connaissent pas). C'est à la gare de marchandises de Houdan et non à celle des voyageurs qu'ils heurtent une barrière, et ils y sont arrivés par erreur. Ils n'avaient rien à y faire.

Mais il est vrai qu'ils demandent ensuite la route de Paris. Et il y a la valise...
M
Je me plaçais bien sûr dans l'hypothèse Lamour, où Quéméner et Seznec retournent à Dreux avant 22 heures après avoir dîné à Houdan. Elle n'est pas du tout absurde (même si je n'y crois pas), car les heures données par les témoins ne sont pas fiables du tout. En effet, le soleil se couche vers 19h38 à Houdan ce soir-là, donc l'épisode de 22h10 semble extrêmement mal situé par les témoins. Quand les témoins sont interrogés, un mois plus tard, le soleil se couche 20 minutes plus tard, auxquelles on doit ajouter une heure due au passage à l'heure d'été, soit vers 21 heures ! Donc les témoins qui sortent à la nuit tombante à 22h10 fin juin, ce n'est déjà pas possible (à part à notre époque, GMT+2), mais ça l'est encore moins le 25 mai 1923 (GMT).

En un sens, cette simple possibilité aurait pu permettre d'acquitter Seznec... s'il n'y avait pas eu la valise, avec les fausses notes de frais (prix incorrect pour le train de Dreux, donc jamais pris par Quéméner) et la fausse promesse de vente, ainsi que le faux télégramme, tous de la main de Seznec selon les experts.