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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Le grand n'importe quoi de Saint-Lubin-de-La-Haye

« L’imagination est la folle du logis. »
Malebranche, De la Recherche de la vérité, 1674-1675.

L'affaire Seznec, c'est comme l'ail, ça revient toujours...

Ce matin, je suis prévenue qu'une habitante de Saint-Lubin-de-La-Haye (22 km de Dreux, 4,5 km de Houdan sur la Nationale 12), 526 habitants en 1921, proclame urbi et orbi connaitre le nom de l'assassin de Pierre Quémeneur...

Jusqu'à présent, je ne connaissais Saint-Lubin-de-La-Haye que par l'infâme Dieudonné...

Réfléchissons...

Saint Lubin-de-La-Haye n'est pas directement sur la Nationale 12.

On se demande bien pourquoi Guillaume Seznec aurait fait ce détour-là...

Pendant ses deux (ou plus ) voyages...

 

 

Alors...

Pourquoi Saint Lubin ?

Ne pas oublier qu'il y a eu des fouilles et des battues importantes tout autour de Houdan et de Dreux. Et aussi sur les bas-côtés de la Nationale 12 fin juin/début juillet 1923.

 

Vidal et Bonny.

Recherches dans les bois autour de Houdan.

 

 

Ouest-Eclair du 7 juillet 1923

Ouest-Eclair du 12 Juillet

"Les recherches du corps. Du côté de Houdan, six inspecteurs continuent à battre la campagne. Bien des fois ils ont été mis sur une fausse piste par un champignon qui répand une forte odeur de cadavre. En ce moment, les recherches s'opèrent méthodiquement dans une propriété du village de Millemont. Cette propriété, aux abords très boisés, est close au moyen d'un grillage, mais avec des déchirures par lesquelles il est facile de s'introduire. Dans les dépendances de cette propriété se trouvent des sablières qui forment des excavations de 4 à 5 mètres de profondeur. 

Ce sont des excavations, qu'aidés du propriétaire, des gardes et de chiens, les inspecteurs ont fouillé toute la journée, sous un soleil de plomb. On se souvient que c'est à ce village de Millemont que Seznec dit avoir passé la nuit du 25 au 26 Mai, arrêté par une panne."

Tout cela a duré du 29 juin au 14 juillet 1923.

Les esprits faibles se sont enflammés.

C'est devenu une véritable psychose.

On a même eu une folle alerte au cadavre à Chérisy (5,3 km de Dreux) pour un veau crevé #etoui

Le Petit Parisien 3 juillet 1923

"Dès les premières heures ce matin, les recherches entreprises samedi par les inspecteurs de M.Vidal ont recommencé dans les environs immédiats de La-Queue-Les-Yvelines. Il ne faut pas se dissimuler les difficultés qu'offrent ces opérations. La région est particulièrement accidentée avec des taillis touffus, des fondrières nombreuses. Puis il y a les étangs, quantité d'étangs...

M. Vidal, commissaire à la sûreté générale, est arrivé à Houdan, à midi trente. Il ne devait pas tarder à recueillir de nouveaux témoignages, dont certains ont paru, au premier abord, d'une grande importance. En effet, le parquet de Dreux n'avait pas abandonné l'enquête, et M. Romillat, procureur de la République, Girod, juge d'instruction, Bouille, commissaire de police, avaient entendu plusieurs personnes se croyant en mesure de fournir à la police des renseignements intéressants.

Un cultivateur de Chérisy, M. Maurice Patriarche, qui possède des terrains au lieu-dit carrières de Chérizy, entre Conteville et Chérizy, à 2 km 500 de Dreux, se dirigeant vers Paris, avait été, au passage, dès le début de juin, incommodé par des émanations caractéristiques ; de même, M. Lachaume, laitier à Dreux, qui, chaque jour passe sur la route à proximité de cet endroit.

"Certainement il doit y avoir une charogne du côté droit de la route, non loin de la voie ferrée", avaient-ils dit à leurs voisins.

Et quand ces temps derniers, le bruit se répandit que M. Quémeneur avait probablement été assassiné dans la région de Dreux, on se demanda si son cadavre ne gisait pas à l'endroit désigné par MM. Patriarche et Lachaume, ainsi d'ailleurs que par un gendarme de la brigade de Dreux, M. Abgral.

Aussi, cet après-midi, vers trois heures, toutes les autorités judiciaires se retrouvaient-elles aux carrières de Chérizy. Inspecteurs, gendarmes, chiens de police fouillèrent les buissons, les carrières, les bouquets d'arbres. Soudain un cri, puis des rires. Et un inspecteur de M.Vidal revint, réprimant à peine son hilarité. Dans un ruisseau comblé par des débris de poteries et de ferrailles, il venait de découvrir, en complet état de putréfaction, un veau."

Ne pas oublier que notre commissaire Achille Vidal avait décidé, une fois pour toutes, que, devant ses hésitations entre les deux villes,  Seznec avait tué Quémeneur dans la nuit du 25 au 26 mai, entre Houdan et Dreux, et, qu'il avait enseveli son cadavre dans les environs.

"M. Vidal est tenace, il décida donc de revenir à Dreux pour y entendre les témoins qui avaient déposé devant les magistrats de cette ville, puis de retourner à Chérisy, car si M. Patriarche, présent aux recherches, situait à droite de la route, c'est à dire en allant de Houdan à Dreux, l'endroit d'où provenaient les émanations, son fils Henri, d'accord en cela avec le gendarme Abgral, déclare nettement qu'à la même époque, il en perçut qui en venaient du côté gauche. "Il doit y avoir un pendu", aurait-il dit.

[...] On parle aussi d'un autre témoin qui, peu après le 25 mai, aurait remarqué des traces de sang sur la route, non loin des fameuses carrières. Cette déposition vaut également d'être élucidée."

Saint-Lubin...

Le nom de cette commune est souvent cité dans l'affaire Seznec.

Il est notifié en 1931 dans le livre de Maurice Privat (Seznec est innocent) :

En page 95 :

(ndlr ils sont à Houdan...) "L'entrée en fanfare des automobilistes a surpris le personnel de la petite gare. On lui demande la route de Paris. Il l'indique, surpris de voir la Cadillac s'engager sur le chemin de Saint-Lubin, en direction de Dreux. Nombre d'automobilistes commettent la même erreur, observe-t-on dans le pays."

On le retrouve dans "La Province" du 2 septembre 1931:

"Mais les témoins d'Houdan affirment avec raison : "Personne n'est descendu de l'auto qui a filé en direction de Saint-Lubin, direction opposée à la route de Paris."

Il est rappelé dans la célèbre plaidoirie de Philippe Lamour début octobre 1932 :

"Voilà donc Quémeneur qui repart de Houdan. Il part, disent les témoins, de la gare, non sur la route de Paris mais vers Saint-Lubin qui n’est pas la direction de Paris. Eh bien, Messieurs, faisons encore cette concession à l’incertitude et admettons qu’il repart sur la route de Paris."

Et aussi en page 35 de Charles-Victor Hervé (Justice pour Seznec, 1933) :

"Les occupants de la voiture demandèrent la route de Paris, et l'automobile d'où personne ne descendit, se dirigea vers Saint-Lubin, direction opposée à celle de Paris."

 

Houdan in Guide Michelin 1922.

Face à la gare : à gauche la route vers Pacy-sur-Eure via Saint Lubin  (D 933),

à droite, la route de Paris.

Pensez donc...

Les habitants de Saint-Lubin sont tellement fiers que leur bled soit cité dans l'affaire Seznec...

Et parmi ces habitants, il y a le fameux Raymond Lainé...

.......................

Ce genre de délire est triste en soi.

D'autant plus que Pierre Quemeneur a toujours été l'homme le plus enterré de France.

Lire sur La Piste de Lormaye.

Et, comme la nature a horreur du vide, je rappelle que le lieu où Guillaume Seznec a enterré Pierre Quémeneur reste à ce jour encore inconnu.

Mais............

Bien plus triste encore, est l'adhésion de Denis Seznec à cette faribole. 

Je rappelle que deux des fils de Petit Guillaume, lui-même fils aîné de Guillaume Seznec, deux des fils, cousins de Denis : Jean-Yves et Gabriel Seznec, ont clairement donné leur version des faits.

Version à laquelle j'adhère complètement.

Lire sur ce blog :

L'affaire Seznec revisitée par Liliane Langellier.

 

Voilà donc l'article de RMC de ce jour 5 décembre 2018 :

 

EXCLUSIVITÉ RMC - RMC dévoile ce mercredi un témoignage inédit et exclusif dans l’une des histoires criminelles les plus mystérieuses du XXème siècle: l’affaire Seznec. Cécilia Morand, 85 ans, affirme connaître le nom du meurtrier de Pierre Quéméneur, conseiller général du Finistère, disparu en 1923, ainsi que l'endroit où son corps a été caché. Ce témoignage qui innocente Guillaume Seznec est jugé "très crédible" par son petit-fils, Denis Seznec. 

C'est l'une des affaires policières les plus mystérieuses de l'Histoire de France: Guillaume Seznec a-t-il été condamné à tort du meurtre de Pierre Quéméneur, conseiller général du Finistère en 1924 ?

Nous sommes en mai 1923. Le conseiller général Pierre Quémeneur disparaît lors d'un déplacement entre la Bretagne et Paris. Sans preuve, sans corps et sans aveu, son associé Guillaume Seznec est condamné au bagne en Guyane. Il n’en reviendra que 23 ans plus tard, âgé de 69 ans. Ses proches ne vont cesser de se battre pour faire reconnaître son innocence: le jugement a fait l’objet de neuf demandes de révision, toutes ont été rejetées. 

Pourtant, le corps de la victime n'a jamais été retrouvé, malgré de nombreuses fouilles effectuées depuis 1923, près d'Houdan, dans les Yvelines, où Pierre Quéméneur a été aperçu pour la dernière fois, ou dans la maison familiale des Seznec à Morlaix, dans le Finistère.

"Il s'agissait d'une tombe abandonnée depuis des années"

RMC dévoile ce mardi un témoignage inédit et exclusif qui pourrait faire basculer une nouvelle fois cette affaire. Cécilia Morand, 85 ans, est née à Saint-Lubin-de-la-Haye, en Eure-et-Loir, à quelques kilomètres seulement d'Houdan. Son père, Georges Morand, était chargé du cimetière du village.

Adolescente, elle explique avoir surpris une conversation entre son père et Raymond Lainé, alors garagiste du village. Ce dernier faisait état de remords vis à vis de Guillaume Seznec: "C’est moi qui devrait être au bagne à la place". Plus tard, elle apprendra par des confidences de son père que c'est Raymond Lainé qui aurait assassiné Pierre Quéméneur, près de la gare de Houdan, après une dispute autour d'un véhicule en réparation.

"Un jour, Lainé est venu chercher en pleine nuit mon père, qui était alors responsable du cimetière de Saint-Lubin-de-la-Haye, pour qu'il l'aide à ramener le corps de Quéméneur. Raymond Lainé lui avait tiré dessus et blessé au ventre. Et ils l'ont ramené au cimetière où mon père a indiqué la tombe dans laquelle il fallait mettre le corps. Il s'agissait d'une tombe abandonnée depuis des années" confie Cécilia au micro RMC de Lionel Dian.

Après lui avoir confié cela, il a fait jurer à sa fille de ne rien dire. Cécilia a gardé le mystère jusqu’ici.

"Ca expliquerait l'attitude de mon grand-père..."

"C'est très crédible" confirme pour sa part Denis Seznec, le petit-fils de Guillaume Seznec, à qui nous avons soumis ce témoignage.

"Houdan est le lieu où Quéméneur devait prendre un train qui allait sur Paris avec un rendez-vous important. Mon grand-père l'a quitté à Houdan. Quéméneur mort à cet endroit-là, pourquoi pas? Ca expliquerait l'attitude de mon grand-père... Cette dame de 85 ans, j'aimerai la rencontrer et que la justice décide d'une procédure de demande de révision. Ce serait énorme" sourit-il. 

Aujourd'hui, 95 ans après l'affaire, pour prouver les dires de Cécilia Morand, seules des fouilles dans le cimetière de Saint-Lubin-de-la-Haye sont possibles. Un travail d'enquête qui s'annonce toutefois particulièrement complexe. Denis Seznec, lui, envisage une nouvelle demande de révision pour réhabiliter son grand-père.

.............................

Il y a eu beaucoup de fables autour de l'affaire Seznec dans cette région Houdan/Dreux.

A commencer par la piste de Lormaye que, après des recherches approfondies,  j'ai eu la grande honnêteté de réfuter.

La question que l'on peut se poser est :

Pourquoi accorder un tel crédit à des élucubrations tardives d'une personne âgée ?

Apparemment Denis Le Her Seznec est prêt à croire tout ce qui ne va pas dans le sens de la version de ses cousins...

Lamentable.

Juste lamentable.

Quant à Jean-Yves Seznec, que je viens de contacter, il précise :

"Cette dame n'a rien vu tandis que moi, mon père avait vu."

Et oui.

On lui rappelle à Mme Cécilia Morand que son papa n'était hélas pas vraiment net/net  et souffrait d'infantilisme ?

"Qu'est-ce que l'infantilisme? Le fait de se conduire comme un enfant quand on a cessé de l'être. C'est d'abord l'impuissance à voir les choses telles qu'elles sont, ou le refus de les prendre pour ce qu'elles sont, de distinguer ce qu'on sait de ce qu'on croit; c'est prendre ses désirs pour la réalité. C'est par là même l'inaptitude à s'abstraire du présent, à vouloir les moyens des fins que l'on désire, à se soucier des conséquences réelles, c'est-à-dire lointaines, de ses actes, ce qui ramène ceux-ci au niveau ludique. C'est, dans le domaine affectif, un égocentrisme foncier, un narcissisme non surmonté qui explique que, dans ses amours comme dans ses haines, l'individu n'a jamais affaire qu'à soi, s'avère incapable de rencontrer l'autre comme autre et d'assumer cette rencontre. Enfin, l'infantilisme se traduit par une soumission ou par un refus, également fanatiques, à l'égard de toute autorité; attitudes propres à des sujets qui n'ont pas surmonté les autorités subies durant leur enfance, qui n'ont pas su concilier l'obéissance extérieure et l'autonomie intime; aussi, leur soumission ou leur révolte ne provient-elle pas de ce que les autorités de fait sont réellement justes ou injustes, mais de ce qu'ils transfèrent sur elles la cause d'une impuissance non surmontée. Être infantile, c'est être irresponsable."

........................

Raymond Lainé est né le 24 Mars 1891 à Saint-Lubin-de-La-Haye.

On le retrouve au recensement 1911 au 14 Grande Rue à Saint-Lubin-de-La-Haye chez son père Constant Lainé, Charron.

Lors de la Classe 1911, il déclare habiter 14, rue Saint-Martin (Place des Fusillés) à Dreux.

Il se marie le 16 septembre 1911 avec Thérèse Simon, 17 ans.

Il aura une fille : Simonne Lainé. Née au domicile de son grand-père à Berchères.

 

Après avoir brillamment combattu à l'ennemi, il est revenu très affaibli de la Guerre de 14 : perte de l'oeil gauche, effondrement du sinus frontal.

C'est une gueule cassée. 

Le malheureux souffre de suppurations nasales et oculaires intermittentes.

Et il est pensionné pour cela à 80 %.

Il est mécanicien de métier (exerçait-il encore au retour de la guerre ?) et c'est peu de dire qu'il a dû fantasmer avec la participation du garagiste drouais Hodey à l'affaire Seznec.

Mais, lui, il travaille (a travaillé ?) chez un mécanicien concurrent, Davoust et Hue, 14 place Saint Martin.

 

Dreux. Guide Michelin 1922.

 

Georges Morand est né le 6 septembre 1900 à Berchères-sur-Vesgre.

En 1911, on le trouve "pensionnaire" chez le patron cultivateur Théophile Maisan à Saint-Ouen-Marchefroy.

 

De la Classe 1920, il est ouvrier agricole à Saint-Ouen-Marchefroy.

Il s'y est marié avec Suzanne Richard le 3 Octobre 1925.

 

A eu un premier enfant, un fils, Robert Morand, né le 17 juillet 1926 à Saint-Ouen-Marchefroy..

Et Cécilia....

Elle, elle est née à Saint-Lubin-de-la-Haye en 1933, je suppose.

Je suppose car je ne peux pas le confirmer parce que, contrairement à celle de Saint-Ouen-Marchefroy, la mairie de Saint-Lubin n'est ni très aimable ni très coopérative.

Mais mon confrère de L'Echo Républicain, Pascal Boursier, qui s'est rendu sur place à Saint-Lubin-de-la-Haye, écrit :

"Cécilia Morand, personne ici ne s’en souvient. Pas même Philippe Sandrin, agriculteur et maire de la commune, élu en 2014 : « Je n’ai jamais entendu parler de cette histoire-là ?! Je n’étais pas né quand Mme Morand est partie de la commune. »   Puis il ajoute : « C’est au procureur de la République de décider s’il faut ou non mener des investigations supplémentaires dans notre commune. »

Philippe Sandrin a 68 ans.

Il est donc né en 1950.

C'est un enfant du pays.

Et "Il n'était pas né" quand Mme Cécilia Morand a quitté la commune.

Avant 1950, elle avait au mieux tout juste 17 ans quand elle quitte le village.

Pour entendre cette conversation entre son père et Raymond Lainé, il fallait qu'elle soit encore au village.

Je pense qu'elle habite actuellement à Marseille.

Quant au journaliste Lionel Dian...

Il habite aussi Marseille où il est Correspondant Sud-est pour RMC. 

Spécialisé non en investigation mais en sports (football).

Je viens de trouver son tweet du 3 décembre : "Appel à témoins je suis à la recherche de descendants de Raymond #Lainé, qui a vécu toute sa vie à Saint-Lubin-de-La-Haye en Eure et Loir et mort à #Houdan en 1971. C'est au sujet de l'affaire #Seznec. Si c'est votre cas (ou si vous pouvez m'aider) merci de me recontacter en mp."

Il aurait peut-être dû commencer par ça...

Liliane Langellier

 

P.S.  Thierry Lefebvre vient de me donner ces précisions via #Twitter

Raymond Lainé, mécanicien, classe 1911 n°641, prisonnier blessé en août 1914, rapatrié en juillet 1915 avec perte de l'œil gauche par schrapnell, effondrement de la paroi antérieure du sinus frontal... Devait pas être super vaillant pour assassiner Quéméner en 1923 le gazier.

 

 

Quant à Georges Morand, 22 ans en mai 1923, il mesurait 1 m 42...

Il avait un tuteur...

Mais surtout,surtout, il avait été exempté de l'armée pour infantilisme (et oui...)  😆😀

 

 

P.S. 2 Une fois pour toutes, il y a eu 14 demandes de révision.

Lire mon article sur Mediapart :

14 demandes de révision et un planning très familial.

Le Café Lainé. Saint-Lubin-de-la-Haye.

Le Café Lainé. Saint-Lubin-de-la-Haye.

Saint-Lubin-de-La-Haye. Ancienne carte.

Saint-Lubin-de-La-Haye. Ancienne carte.

Raymond Lainé. Registre Matricule.

Raymond Lainé. Registre Matricule.

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J
Bravo pour vos recherches. Je pense comme vous que le petit-fils Seznec a trop tendance à chercher la révision à n'importe quel prix. Il se lance sur des pistes multidirectionnelles dans le seul but d'arracher une révision. On ne peut pas dire que la réflexion soit une de ses qualités maîtresses. Il ferait mieux de raccrocher les gants et vivre sagement le reste de son âge. D'autant plus que son attitude doit indisposer la justice. Quant l'assassinat de Quémeneur par Marie-Jeanne, je pense que c'est une aimable plaisanterie : voilà un homme, Quémeneur, qui rentre de voyage, qui ne passe pas à Kerabri, ne serait-ce que pour se changer et se laver, etqui se dit : tiens! je vais aller lutiner la mère Seznec. Il se rend chez ce dernier sans prendre sa Panhard, en taxi, peut-être, lui qui était près de ses sous. On n'en ait pas à une ânerie près! Combien de témoins viendront encore polluer un peu plus cette affaire?
Répondre
M
Bonsoir, Liliane,

Félicitations pour avoir rassemblé les mentions du "chemin de Saint-Lubin" en 1931-1933. On voit bien que les trois dernières découlent d'une mauvaise interprétation de la phrase extrêmement confuse de Maurice Privat, qui ajuoute d'ailleurs : "Nombre d'automobilistes commettent la même erreur, observe-t-on dans le pays." L'erreur ne consiste pas à partir vers Saint-Lubin quand vous indique la route de Paris, mais, quand on arrive au rond-point, de prendre tout droit vers la gare (et accessoirement vers Saint-Lubin si vous tournez ensuite à gauche) au lieu de tourner à droite en direction de Paris. L'erreur dont parle Privat précède donc l'arrivée à la gare de Houdan. La Province, Lamour et Hervé sont tombés dans le panneau et racontent des âneries (Lamour utilise même l'ironie pour se moquer des imprécisions de l'enquête, alors que ces imprécisions n'existent que dans le torchon de Privat).

Dans Le Matin du 1er juillet 1923, il est écrit : "On interrogea les employés de la gare de Houdan. L'un d'eux, M. Maurice Garnier, se souvint très bien que le 25 mai dernier, une automobile, contenant deux voyageurs, dont l'un était M. Sezenec, arriva devant la barrière de la station. Un de ces voyageurs lui demanda la route de Paris qu'il indiqua, et la voiture repartit dans cette direction, emmenant Sezenec et son compagnon."

Seznec et Quéméner sont donc repartis vers Paris. Ce que des journalistes et un avocat ont pu raconter 8 à 10 ans plus tard n'a aucune importance. Cela dit, les témoins n'ont pu que voir les voyageurs repartir vers le rond-point. On ne sait pas ce qu'ils ont fait une fois arrivés là. Ont-ils tourné autour du rond-point et pris la bonne direction, vers Paris, cette fois-ci ?

Environ 45 minutes plus tard, la voiture est vue par Thérèse Malet stationnée à environ 6 km de Houdan en direction de Paris, et Pierre Dectot la voit vers la même heure (probablement un peu plus tard) arrêtée 4 km plus loin dans la même direction. Dans les deux cas, un seul homme est visible, très certainement Seznec, puisqu'il prétend être resté dans la voiture et affirme que c'est Quéméner qui l'a quitté.

En fait, 45 minutes, ça fait beaucoup pour 6 kilomètres, et ça laisse largement assez de temps pour faire un aller-retour à Saint-Lubin.

Mais un passage à Saint-Lubin n'est pas précisé dans l'histoire de Cécilia Morand et n'est donc pas nécessaire. Raymond Lainé est garagiste à Saint-Lubin, mais il aurait tué Quéméner "près de la gare de Houdan, après une dispute autour d'un véhicule en réparation." Donc on pourrait imaginer que Seznec et Quéméner s'engagent réellement sur la route de Paris après l'épisode de la gare, et tombent en panne à 6 km de Houdan, là où Thérèse Malet verra la voiture. Il est environ 22h30. Le garagiste Lainé les croise sur la route, s'arrête pour les dépanner. Quéméner et Lainé se disputent, Lainé tue Quéméner. Il va chercher Georges Morand pour l'aider à enterrer le corps. Très bien. Gros problème, cependant : il fait quoi, pendant ce temps-là, Seznec ? Il dort dans la voiture et il ne remarque rien ? Lainé fait un aller-retour chez Morand mais Seznec n'a toujours rien vu ? Et quand il se réveille une fois que le corps a été emmené par les deux autres, il croit se souvenir que Quéméner a pris le train et il repart tranquillement ?

Ah, et il est même dit que Lainé à "tiré" sur Quéméner, donc Seznec était complètement sourd.

Le vrai problème avec cette histoire de Cécilia Morand (mis à part le fait qu'elle ne l'a entendue que 20 ou 30 ans après les faits), c'est l'absence de Seznec dans cette dispute qui concerne le véhicule, alors que Seznec n'a pas quitté la voiture. Et s'il avait assisté au meurtre, il n'avait aucune raison de ne pas le dénoncer, pour s'épargner le bagne ou peut-être même la peine de mort.
Répondre
L
Bonjour Marc...
Raymond Lainé est-il garagiste à Saint-Lubin ou un garagiste habitant Saint-Lubin ?
Quant au père de Madame Morand, je rappelle ici qu'il était atteint d'infantilisme....
Tout ce témoignage est parfaitement ridicule et il n'y a que Denis Seznec pour y croire, juste histoire de décrédibiliser la version de ses cousins.