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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Francis Gherdi raconté par René Delpêche...

Le journaliste, c'est le diable boiteux qui ouvre les toits.
Pierre Lazareff.

Voilà que ce livre avait échappé à mon puissant petit radar personnel...

René Delpêche...

Le journaliste..

Grand reporter à Paris Soir, surnommé "le commissaire" depuis qu'une concierge l'a pris pour un policier...

Il n'ignorait rien du Milieu.

Et il a été prolixe, très prolixe.

Lire ici.

Il a aussi écrit sur l'affaire Seznec dans son livre "Affaires classées" :

Paru aux Editions du Dauphin début 1968.

Rien de bien original sur l'affaire sauf...

Sa rencontre avec Francis Gherdi.

C'est donc ainsi la 4e fois que Francis Gherdi répond aux questions sur l'affaire Seznec (une première fois en 1926 suite à une ixième demande de révision de Marie-Jeanne Seznec, en 1953 avec Claude Bal, puis, enfin avec le commissaire Camard en 1956).

Allons-y...

Pages 235 à 239 :

"Mais qui était, qui est encore aujourd'hui, Francis Gherdi, dont il a, tout de même, été beaucoup question depuis 1926, deux ans après la disparition de Quémeneur ?

Pour les défenseurs bénévoles de Seznec, Hervé et Bal, Gherdi était Charley ; pour les policiers - que ce soit en 1926 ou 1956 - il ne pouvait être rien d'autre qu'un personnage secondaire, épisodique, de l'affaire, et, en aucun cas, le fameux intermédiaire et correspondant mystérieux Gherdi ou Francis l'Algérien, n'était pas Charley, l'Américain.

Il n'est et demeure que Gherdi Boudjemo - dit Francis - né à Chebli, département d'Alger, le 25 septembre 1892, fixé en métropole depuis plus d'un demi-siècle et demeurant à Paris ou dans la région parisienne. Rien, dans son comportement, dans sa façon de vivre et dans son accent, ne peut le faire confondre avec un citoyen des U.S.A. Francis Gherdi - il est bon de le préciser tout de suite - a été mis, une fois de plus, et sans doute définitivement, hors de cause.

J'ai voulu le voir cependant avant de mettre le point final à ce dernier chapitre de la disparition de Pierre Quémeneur.

La demeure où il réside, depuis vingt ans, se trouve dans la banlieue Nord, proche des bords de la Seine. C'est une propriété d'apparence cossue, sise au fond d'un jardin dont les pelouses sont jonchées d'un bric-à-brac de ferrailleurs, où des pièces et accessoires d'automobiles et des pneumatiques usagés et neufs voisinent avec un réservoir d'essence et une vieille camionnette.

La porte de la grille est ouverte. Un chien, plus bruyant que méchant, s'est élancé à ma rencontre. Je n'ai fait que quelques pas lorsque je me trouve en présence du maître de céans Gherdi !

De petite taille, grassouillet, empâté, il est en tous points semblable au signalement qu'on m'en a fait. Il s'est avancé vers moi, la main tendue, comme si j'étais une vieille connaissance. M. Gherdi n'a manifesté aucune contrariété, aucune surprise de me voir. On eût dit qu'il m'attendait.

Jovial, il m'invite à entrer dans sa maison, aussitôt que je lui fais part de l'objet de ma visite. Pour ne pas risquer de voir se rompre cette heureuse prise de contact, je décline la proposition de Gherdi, pour entrer tout de suite dans le vif du sujet.

- Ah ! vous venez encore pour cette vieille affaire. Mais il y a longtemps qu'il n'y a plus rien à dire à ce sujet.

- Vous avez tout dit, sans doute ?

- Naturellement, j'ai été assez interrogé comme cela. Et la dernière fois, le "grand chef de la Police" qui m'avait convoqué au cinquième étage de la rue des Saussaies m'a bien certifié que je n'aurais plus jamais besoin de répondre à de nouvelles questions.

Très volubile, et tout sourire, Gherdi ne fait pourtant aucune difficulté pour me dire qu'il n'a jamais été un témoin défaillant.

- Depuis 1926, j'ai été amené à m'expliquer à plusieurs reprises sur mes activités commerciales et sur les circonstances dans lesquelles j'ai connu M. Quémeneur.

- Et Charley, l'avez-vous connu ?

- Oui, je crois qu'il y avait un Américain de ce nom au Parc-Exposition de l'avenue de la Bourdonnais, habitué du "Tambour" ; en tout cas, ce n'est pas moi. Moi, je suis Guerli et je n'en sais pas plus.

Gherdi a prononcé Guerli tout en mâchonnant son cigare. C'est la seule chose qui m'ait frappé au cours de notre entretien qui ne devait rien apprendre que je connaisse déjà.

A quoi bon me faire répéter tout ce qu'il a dit au commissaire Camard, au cours de sa longue audition rue des Saussaies : un véritable interrogatoire qui n'avait pas été des plus faciles.

Gherdi, comme j'avais pu m'en convaincre rapidement, était plutôt du genre coriace. Pas très intelligent, mais roublard et retors en affaires, il répond le plus souvent à côté de la question et il faut user de beaucoup de patience pour arriver à concrétiser tous ses dires.

Jamais embarrassé par ailleurs, il a réponse à tout...

Sans doute, a-t-on pu relever nombre de contradictions et inexactitudes au cours de ses différentes auditions, ce qui d'ailleurs peut s'expliquer si l'on considère le temps qui s'est écoulé entre chacune d'elles.

Quoiqu'il en soit, il n'y a rien de suspect dans ses explications.

Rien à redire, non plus, sur le fait qu'il ait connu Quémeneur et sur les circonstances dans lesquelles s'était faite la remise de sa carte commerciale de marchand d'accessoires trouvée dans les papiers du conseiller disparu.

S'il a bien connu plusieurs personnes qui ont pu être plus ou moins mêlées à l'affaire, il n'y a rien de surprenant à cela.

Gherdi, au cours de cette dernière audition à la Sûreté Nationale de novembre 1956, avait pourtant été amené à reconnaître qu'il avait vu - à une date qu'il ne pouvait préciser - et en compagnie de Quémeneur, un homme qui pouvait être Seznec.

Jamais, en tout cas, il n'avait eu rendez-vous d'affaires avec l'un ou l'autre.

En ce qui concerne Mme Berthe Rallu, la tenancière du "Tambour", devenue par la suite la propriétaire du "Canon de la Marne" à Chelles, Gherdi a fourni, sans réticence, les explications qu'on lui a demandées.

Un autre point à retenir : il n'apparaît pas que Francis Gherdi, spécialisé dans le commerce d'accessoires d'automobiles, se soit jamais intéressé à l'achat ou à la revente de voitures Cadillac.

Il ne peut être, non plus, soupçonné d'être l'auteur des lettres adressées à Quémeneur, par l'intermédiaire de Seznec, et de celle, notamment, qui fixait rendez-vous au conseiller général, le 26 mai 1923.

Ainsi la dernière déposition de Francis Gherdi ne concordait pas avec les déclarations faites à Claude Bal. L'interprétation des dires du pseudo Charley ne peut être suffisamment probante quand ils 'agit d'une instance en révision. On peut trop facilement faire dire ce que l'on veut à un être frustre, surtout lorsque celui-ci est entendu à des dizaines d'années de distance.

Comme on pouvait s'y attendre, la confrontation entre Gherdi et Claude Bal ne devait rien donner. Chacun des deux hommes ayant maintenu ses déclarations après, d'ailleurs, une vive altercation.

Cette piste de l'homme-clef de toute l'affaire devait être une fois de plus abandonnée. Dans sa conclusion, le commissaire Camard est des plus formels :

"Il ne peut être fait aucun cas des prétendues révélations apportées à l'appui de la requête en révision du Procès de Quimper."

...............................................

Cela ne m'a rien appris..

Rien du tout.

Le contenu du livre non plus, d'ailleurs.

Qui est juste du Hervé et du Bal mal digérés.

Avec la mention de l'appel téléphonique de Pierre Quémeneur au Plat d'Etain (en page 185)...

Et, chose curieuse, la délivrance d'un billet de troisième classe Plouaret/Le Havre avec l'estampille "bagages" (en page 202)

Un chapitre de livre inutile...

Complètement inutile, donc !

 

Liliane Langellier

Lire en complément sur ce blog mes différents articles sur Francis Gherdi.

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