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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : De la manipulation des témoins du Havre

"La Police et les Jésuites ont la vertu de ne jamais
abandonner ni leurs ennemis ni leurs amis."
Honoré de Balzac, Une ténébreuse affaire, 1841

On a tous compris que si Guillaume Seznec est tombé...

C'est bien suite aux témoignages des différents acteurs de la scène du Havre le 13 juin 1923.

Quand Achille Vidal arrive au Havre, le mercredi 4 juillet au matin...

Cela ne fait pourtant qu'une petite semaine (jeudi 28 juin au soir) que Guillaume Seznec est aux mains de la Sûreté Générale....

Donc rien ne presse vraiment de faire tomber le suspect.

Et pourtant...

Tout va se précipiter entre le 4 et le 6 juillet.

Prenons le récit dans Ouest-Eclair du 6 juillet 1923 :

 

 

Voilà donc le récit que vont lire les Bretons en juillet 1923.

Quels sont les personnages de cette mauvaise pièce dans l'ordre de leur entrée en scène ?

Tout d'abord les deux Georges...

 

1/ Georges Legrand ou Le Grand

On retourne chez Catherine Clausse :

" Le cas Georges LEGRAND est lui aussi très intéressant. Il s'avère qu'il était "directeur" d'un commerce de machines à écrire, société créée au nom de son épouse...elle-même en séparation de biens d'avec Monsieur et chose relativement intéressante, cette société sera créée en mai 1923 et en cessation...vous allez rire tellement c'est gros...en cessation d'activité en décembre 1922; c'est-à-dire qu'elle cesse cinq mois avant sa création..Si ...si . Les photocopies des documents proviennent du Tribunal de commerce et sont réelles et d'époque.
Georges Legrand décédera d'une hémorragie cérébrale quelques jours après l'inauguration d'une église...Seraient-ce les signes d'en haut ???"

Georges Legrand est surtout connu par sa femme...

Qui tenait à Rennes une affaire de machines à sous pour bistrots.

Et aurait bénéficié d'un passe droit à l'époque où Pierre Bonny était à la brigade des jeux.

(cf témoignage de son neveu Lucien Baqué auprès de Denis Seznec en page 155)

Les époux Le Grand se sépareront peu de temps après la condamnation de Guillaume en novembre 1924.

2/ Georges De Hainault

Toujours chez Catherine Clausse...

"Le "témoin" Georges DEHAINAULT...Aimait à se faire appeler Monsieur le Comte. Cavaleur, trafiqueur, doux rêveur, il prenaît tout ce qui pouvait lui payer ses folies et débauches. Lui aussi a fuit dès 1924 pour le nord de la France.

Lui aussi est retrouvé "suicidé" d'une balle ...ou plusieurs...dans la tête.

Peu de temps avant il avait avoué à une de ses maîtresses qu'il regrettait d'avoir menti, qu'en ce temps-là il était imbu de sa personne et que maintenant il y songeait et cette affaire le hantait. Son épouse décédera, elle aussi plus tard... d'un "suicide" au gaz.

Ces faits m'ont été relatés par la dernière épouse du fils de DEHAINAULT; une autre personne (famille de la première épouse du fils) écrira à Denis Seznec."

De plus, Georges De Hainault connaissait bien l'inspecteur Bonny.

C'est Henriette Sallé, l'une de ses anciennes maîtresses,qui l'écrit à Me Raymond Hubert le 3 décembre 1953...

 

Voilà pour les deux Georges...

Qui ont très bien pu rendre "un petit service" à la police...

Puis...........

3/ Joseph Chenouard

Lire sur ce blog :

Le voyage au Havre.

Lui aussi pouvait être susceptible de rendre un petit service à la Maison Poulaga avec son histoire de liquidation judiciaire bancale.

Voilà le paragraphe du Journal de Rouen du 5 juillet 1923 :

"L'enquête de la Sûreté

M. Vidal est arrivé au Havre par l'exprès de 10 h 45. Il était accompagné de M. Royer, inspecteur de la brigade des recherches. Ils ont été reçus, à leur descente du train, par M. Jaubourg, chef de la sûreté du Havre.

Le commissaire de la sûreté générale a pris connaissance des premiers rapports. C'est par le juge d'instruction du Havre que la sûreté du Havre avait été mise sur la piste de l'achat de la machine. M. Chenouard, ayant eu besoin d'aller au Palais-de-Justice, fit en effet part de ses soupçons au juge d'instruction, car le signalement donné de M. Seznec l'avait frappé et il avait cru reconnaître en lui son acheteur. 

En possession de ces renseignements, la police ouvrit une enquête qui vient d'aboutir à des précisions accablantes pour l'homme qui se présenta le 13 juin rue Jules-Siegfried.

Les divers témoins ont été interrogés, dans l'après-midi, par M. Vidal. Ils ont renouvelé les déclarations que nous avons apportées."

Par le juge d'instruction du Havre...

Oui, par le juge Joly....

Et..........

4/ Les vendeuses de chez Chenouard

Louise Héranval et Denise Feuilloley.

Elles ont suivi la voix de leur maître.

Et celles des policiers.

En témoignant dans leur sens.

Mme Héranval a tenté de rectifier le tir auprès de Denis Seznec en 1993.

Mais trop tard, hélas, car elle était déjà atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Et son témoignage n'a pas pu être retenu.

 

5/ Les témoins de Montparnasse : Louis Gadois et son fils, Alexandre Le Coz et Brûlard

Le Coz est un restaurateur parisien.

Aurait-il dit ce que lui demandait de dire la police pour ne pas se faire enlever sa licence ?

Brûlard était un pensionnaire de Le Coz, so........

Idem pour Gadois qui est un horloger de Carhaix.

Et qui,comme commerçant, pouvait subir des pressions policières.

Certains de ces témoins sont revenus sur leurs dires...

Mais bien tard...

Trop tard.

Guillaume Seznec était déjà au bagne !

 

6/ Les témoins de Plouaret

Pas clairs non plus.

Lire : La gare de Plouaret

Et

Spécial 90ème anniversaire : Le 13 juin 1923

Manifestement, il y a eu intervention de la police pour influencer les témoins.

En bas de page 260 de son ouvrage, Denis Seznec écrit :

"Les témoignages des Jacob, la mère et son jeune fils, concernent le 13 juin. Ce jour-là ils ont aperçu Seznec revenant de la gare de Plouaret venir reprendre son camion garé dans un verger. Ils affirment que le camion de Seznec n'était pas en panne car celui-ci aurait redémarré aussitôt.

En 1994, la famille de Mme Jacob m'écrira pour me dire que celle-ci avait été manipulée de toute évidence.

En mars 1996, c'est son petit-fils qui me confirmera que, dans sa famille, tout le monde savait que la Sûreté avait fait dire autre chose à sa grand-mère car celle-ci affirma toujours par la suite qu'on avait mal traduit ses propos - elle ne parlait que breton. 

En 1988, dans le journal Le Trégor (3 décembre) Marie Riou, l'une des témoins de Plouaret, affirmera que la police a fait pression sur elle pour qu'elle confirme le témoignage des Jacob. Elle dira, au contraire, sa conviction que Seznec disait vrai sur son parcours."

Sur Justice Affaires Criminelles JPASC95 écrit fin décembre 2006 (si vous connaissez son mail, faites-le moi passer) :

"Pour vous donner un exemple de quoi sont capables nos chers magistrats. 
Le témoin Jacob qui a vu G Seznec le 13 juin revenant de la gare de Plouaret est interrogé par le président lors de sa comparution au procès. On lui demande comment il pouvait affirmer que Seznec portait une machine à écrire sur l'épaule. Il a répondu : "c'est le juge d'instruction qui me l'a dit !"
La salle a éclaté de rire. Pourtant, il n'y a vraiment pas de quoi. 
Voyez, ça s'appelle de la manipulation.
En 1967, dans l'émission animée par Frédéric Pottecher, il parlera d'un "paquet assez volumineux"...tiens tiens, ça rappelle quelque chose."

................

Tous ces braves gens ont manifestement été aidés par la police à clarifier leurs témoignages.

Et c'est bien à cause d'eux que Seznec a été condamné. 

Oui, à cause des témoins du Havre.

Car.

Rappelez-vous...

Le 6 juillet...

Date fatidique...

La police trouve la machine à écrire à Traon ar Velin.

On connait la suite...

Liliane Langellier

P.S. Pour la machine à écrire, vous vous souvenez de ce qu'écrivait JPasc95 sur Justice Affaires Criminelles, le 23 décembre 2006 (je recherche toujours le numéro du Petit Havrais...)

"L'accusation prétend que G Seznec l'a acheté chez M Chenouard au Havre.

La machine retrouvée chez G Seznec à Morlaix est une Royal type 10 avec le n° de série 434080.

Or, chose très curieuse, M Chenouard a indiqué au journal Le Petit Havrais qu'il avait fourni aux policiers un autre n° de série, le 684604.

On a cherché mais on n'a pas trouvé dans la boutique de M Chenouard la facture de la machine à écrire avec le n° de série 434080.

Comme c'est étrange !!

Mas bon, ce n'est pas grave, ce n'est qu'un détail..."

P.S. 2 Tiens, on apprend le 5 juillet 1923 dans Ouest-Eclair que le parquet de Brest serait dessaisi de l'affaire Seznec au profit du parquet de Morlaix.

Du jamais vu.

Où l'on retient comme juridiction l'adresse du suspect plutôt que celle de la victime.

On va donc troquer le duo Binet/Guilmard...

Pour le duo Campion/Picard.

Sans aucunes raisons.

Et personne n'a osé broncher à l'époque.

Ni les journalistes...

Ni les avocats de Seznec.

P.S. 3 La liberté d'expression vue par Me Denis Langlois...

Il a fait dépublier mon billet sur mon blog Mediapart "Nightingale"...

"Bonjour, 

Pour éviter d'éventuelles poursuites judiciaires, nous avons été obligés de dépublier votre billet de blog https://blogs.mediapart.fr/nightingale/blog/210318/affaire-seznec-cher-maitre-denis-langlois. Outre le fait que certains termes utilisés dans ce billet de blog pourraient être jugés diffamatoires par un tribunal (Il est par exemple reproché à M. LANGLOIS de vouloir « régler ses comptes » avec un ancien client, ce qui constituerait une faute déontologique de la part d’un avocat), on note que le requérant utilise le terme de « dénigrement » qui fait référence à une action sur le fondement de l’article 1382 du code civil.

Cordialement"

 

Et oui...

 

Mais Denis Langlois, dans son dernier ouvrage, a bel et bien réglé, tout au long des pages, ses comptes avec Denis Seznec, son ancien client.

 

En trahissant le secret professionnel.

 

Tout le monde le sait.

 

Denis Le Her-Seznec est cité à presque toutes les pages.

 

Et Langlois l'a reconnu lui-même sur "Cdanslair" le 27 février dernier :

 

"Heu..... J’ai trahi un petit peu le secret professionnel (ndlr Un petit peu ?) puisque j’ai retranscrit par écrit le témoignage et je lui ai rendu bien sûr la bande magnétique puisqu’il me l’avait simplement confiée."

 

Entre 1978 (et sans doute avant) et 1990 il a exploité, à son profit, les désaccords entre les deux frères Bernard et Denis.

 

Pas bô tout ça, pas bô !

 

Je vais expliquer tout cela illico à Edwy Plenel.

 

Non, mais !

 

"No pasaran !"

 

Voici le texte incriminé :

 

"Cher Maître Denis Langlois".

 

 

 

P.S. 4  Vendredi 24 août 2018.

 

Happy birthday to me 🍾🎂🍾🎂🍾🎂🍾

 

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