Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : 28 juin 1923. La G.A.V. de Guillaume Seznec

Vous savez, maître, les murs de cette pièce ne suffiraient pas à graver le nom de tous les assassins qui ont soi-disant découvert le corps de leur victime. Ce qui à bien réfléchir est normal, puisque que ce sont eux les premiers informés...
Lino Ventura, Garde à vue (1981), écrit par Michel Audiard

Il est 10 heures 26 et vous êtes en garde à vue...

Je l'ai tellement entendu dans la bouche de mes héroïnes télévisuelle préférées : Candice Renoir et Capitaine Marleau...

Sans avoir suivi des études de droit...

Je sais que la mise en garde à vue implique un avocat et un médecin...

"La garde à vue est une mesure de privation de liberté prise à l'encontre d'un suspect lors d'une enquête judiciaire. Elle permet aux enquêteurs d'avoir le suspect à leur disposition pour pouvoir l'interroger et vérifier la véracité de ses déclarations. La durée de la garde à vue est limitée et le suspect a des droits liés à sa situation, dont celui d'être assisté par un avocat."

in Service-Public.fr

"Dès votre arrivée au commissariat, sauf circonstance insurmontable, le policier doit vous informer :

  • de votre placement en garde à vue, ainsi que de la durée de la garde à vue et des prolongations dont celle-ci peut faire l'objet,
  • de la qualification, de la date et du lieu présumés de l'infraction que l’on vous soupçonne d’avoir commis,
  • de vos droits."

 

Mais Seznec, lui, était entendu comme simple témoin du voyage Paris-Dreux dont il était revenu seul...

Simple témoin...

Quand il arrive peinardos au petit matin du jeudi 28 juin à Paris...

Seznec prend un café, va déposer sa valise dans un hôtel au nom prédestiné "A la ville de Brest"...

Le jeudi 28 juin, rue des Saussaies, Vidal confronte Seznec à Pouliquen.

"Seznec a du mal à expliquer la disparition des dollars-or, tout comme le bas prix de la vente de Traou-Nez. Enfin le fait de ne pas s'inquiéter de la disparition de son ami confirme les doutes du commissaire. C'est là que Seznec commet une première grande erreur : il s'est fait suivre par les policiers dès sa descente du train, mais il prétend n'avoir pas de bagages, or Vidal a fait saisir sa valise à l'hôtel A la Ville de Brest, valise qui contient des documents troublants. On y trouve des feuilles rapportant les dépenses de "l'affaire de Paris", avec cette mention : "Dreux : 13 francs" suivi de "Quéméneur pris le train", des mentions identiques à celles trouvées dans la valise  de Quéméneur au Havre. La dissimulation de cette valise est un premier mensonge flagrant qui va conduire le policier à douter de la véracité des dires du Morlaisien." 

in Bernez Rouz, pages 96/97

Guillaume va passer la nuit du 28 au 29 juin dans une pièce au-dessus du bureau de Vidal, rue des Saussaies.

 

Vendredi 29 juin, c'est la journée cruciale : celle de La-Queue-Les-Yvelines, Houdan et de Dreux. 

 

Une journée suivie pas à pas par les journalistes.

 

 

 

Si l'on garde l'hypothèse de Jean-Yves et Gabriel...

 

Guillaume a effectué plusieurs fois le trajet Morlaix / Paris pour nous embrouiller tout le monde...

 

Témoins et policiers.

 

Et, côté témoins, il a bien réussi...

 

Lire ci-dessous l'excellent article de Morvan Lebesque.

 

Dans Carrefour en mai 1949.

 

Oui, Guillaume, il a tellement bien réussi que le commissaire Vidal va très vite être persuadé que le crime a été commis du côté de Houdan.

 

 

Mais l'enquête elle-même est entachée d'irrégularité...

 

Pendant ce temps, en Bretagne, le 29 juin, c'est la perquisition à Ker Abri, le domicile de Pierre Quémeneur, en présence du juge Binet et du procureur Guilmard.

 

(oui, oui, les mêmes que dans l'affaire Cadiou)

 

Guillaume passe sa deuxième nuit sans liberté, celle du 29 au 30 juin, dans les locaux du commissariat de Dreux, selon Me Langlois (page 73).

 

A celui de Houdan, selon Denis Seznec (page 141).  

 

Guillaume Seznec écrira plus tard du bagne (in "Nous, les Seznec" de Denis Seznec en page 141 :

"Plus tard, il écrira, du bagne : les policiers n'ont pas eu de peine à me convaincre que c'était à Houdan et non à Dreux que j'avais quitté Quemeneur... Je ne connaissais ni la gare de Dreux, ni celle de Houdan."

30 juin 1923 : C'est le restaurant du Plat d'Etain qui tourmente la police...

Guillaume y est amené. Tandis qu'on questionne les employés.

Puis c'est le retour sur Paris. L'identité judiciaire et la fameuse photo anthropométrique.

Guillaume passe la nuit du 30 juin au 1er juillet 1923 à Paris au dépôt.

Le juge d'instruction de Brest, M. Binet, délivre un mandat d'amener (télégraphique) contre l'intéressé.

" - J'ai une surprise pour vous, Seznec. Le juge d'instruction de Brest vient de vous inculper pour assassinat et faux en écriture.
J'ai là son mandat d'arrêt. A partir de maintenant vous êtes en état d'arrestation."

 

in Me Denis Langlois page 80.

 

 

Ouest-Eclair du 1er juillet 1923

 

 

Le juge Binet parce qu'Halleguen est en vacances.

 

Lire : Bruits de couloir et chuchotements au Tribunal de Brest.

 

Un mandat d'amener entraîne normalement le transfert quasi-immédiat du sujet.

 

A Brest, of course...

 

Guillaume écrit d'ailleurs à son épouse pour qu'elle obtienne du juge d'instruction (de Brest) via Me Feuillard (de Brest) un droit de visite.

 

"Demande à Me Feuillard, mon avocat, un permis au juge d'instruction de Brest, pour venir me voir au plus tôt pour que je t'explique comment sont nos affaires."

 

in Claude Bal en page 25.

 

La première défense de Seznec est :

 

"Quel bruit on fait autour de la disparition de Quémeneur ! On ne sait même pas s'il a été assassiné ! Quand on m'aura montré le cadavre, je le croirai !"

*

in Langlois en page 41...

 

Quand on m'aura montré le cadavre...

 

 

Le nouveau prisonnier est placé dans une cellule du dépôt.

Le 2 juillet, Joseph Chenouard, le commerçant du Havre, témoigne de la venue de Seznec dans sa boutique, auprès du juge Joly.

Du 2 au 5 juillet : l'enquête continue. La police parisienne se transporte de nouveau à Dreux, à Houdan et au Havre.

Pour assurer sa défense, Seznec va choisir, dès le 5 juillet, un ténor du barreau Me Vincent de Moro-Giafferi.

Oui, l'avocat de Landru !

Qui ne viendra jamais le voir à Paris.

L'ami Guillaume est donc resté du jeudi 28 juin au 5 juillet au Dépôt à Paris.

Sans le secours ni la visite d'aucun avocat.

Et puis...

Le vendredi 6 juillet, la fameuse 13e brigade territoriale de Rennes reprend la main...

A suivre...

Liliane Langellier

 

P.S. Cet article est le 90ème article depuis les révélations des petits-fils Seznec le 26 mars dernier...

 

P.S. 2  🙏🙏🙏 Merci à toutes et à tous pour les 2.481 visiteurs de juin sur ce blog... Soit un total de 25.522 visiteurs depuis février dernier...

Avec les 18.736 visiteurs de La Piste de Lormaye à la même époque...

Soit un total de 44.258 visiteurs en 5 mois.

 

P.S. 3 Profitez bien de ce week-end ensoleillé pour dire...

Et oui...

N'en déplaise aux grincheux de tous poils...

Je suis plus Simone Veil que Christine Boutin !

P.S. 4 Pour Guy : Le Matin du 15 juillet 1923 :

"Me de Moro-Giafferi est absent. Son secrétaire est venu par trois fois."

Le Matin du 16 juillet 1923

Mais Ouest-Eclair du dimanche 15 juillet 1923 en bas de page Une :

 

Guy a raison: Le Figaro du 15 juillet 1923 :

Et aussi L'Humanité du 16 juillet 1923 :

 

Loi du 8 décembre 1897 :

LOI ayant pour objet de modifier certaines règles de l'instruction préalable en matière de crimes et de délits, (Bull. des Lois, CeS., B. 1917, no 33664.) (Du 8 décembre 1897).

Art. 1. Le juge d'instruction, ne peut concourir au jugement des affaires qu'il a instruites.

Art. 2.— L'article 93 du Code d'instruction criminelle est complété ainsi qu'il suit : (V. C. inst. crim., art. 93.) (1)

Art. 3.— Lors de cette première comparution, le magistrat constate l'identité de l'inculpé, lui fait connaître les faits qui lui sont imputés, et reçoit ses déclarations, après l'avoir averti qu'il est libre de ne pas en faire. — Mention de cet avertissement est faite au procès-verbal. — Si l'inculpation est maintenue, le magistrat donnera avis à l'inculpé de son droit de choisir un conseil parmi les avocats inscrits au tableau ou admis au stage, ou parmi les avoués, et, à défaut de choix, il lui en fera désigner un d'office si l'inculpé le demande. La désignation sera faite par le bâtonnier de l'ordre des avocats, s'il existe un conseil de discipline et dans le cas contraire, par le président du tribunal. — Mention de cette formalité sera faite au procès-verbal. (1-2)

Art.4. — Si l'inculpé a été trouvé hors de l'arrondissement où, a été délivré le mandat, et à une distance de plus de 10 myria-mètres du chef-lieu de cet arrondissement, il est conduit devant le procureur de la République de celui où il a été trouvé.

Art. 5. - Le procureur de la République l'interroge sur son identité, reçoit ses déclarations, après l'avoir averti qu'il est libre de ne pas en faire, l'interpelle afin de savoir s'il consent à être transféré ou s'il préfère prolonger les effets du mandat d'amener en attendant au lieu où il se trouve la décision du juge d'instruction saisi de l'affaire. Si l'inculpé déclare s'opposer au transfèrement, avis immédiat en est donné à l'officier qui a signé le mandat. Le procès-verbal de la comparution contenant un signalement complet est transmis sans délai à ce magistrat, avec toutes les indications propres à faciliter la reconnaissance d'identité. — Il doit être fait mention au procès-verbal de l'avis donné à l'inculpé qu'il est libre ,de ne pas faire de déclarations. 

Art. 6. — Le juge d'instruction saisi de l'affaire décide, aussitôt après la réception de cet envoi, s'il y a lieu d'ordonner le transfèrement.  

Art. 7. — Nonobstant les termes de l'article 3, le juge d'instruction peut procéder à un interrogatoire immédiat et à des confrontations, si l'urgence résulte soit de l'état d'un témoin en danger de mort, soit de l'existence d'indices sur le point de disparaître, ou encore s'il est transporté sur les lieux en cas de flagrant délit. (1)

Art. 8. — Si l'inculpé reste détenu, il peut aussitôt après la première comparution communiquer librement avec son conseil. Le paragraphe final ajouté par la loi du 14 juillet 1865 à l'article 613 du Code d'instruction criminelle est abrogé en ce qui concerne les maisons d'arrêt ou de dépôt soumises au régime cellulaire. Dans toutes les autres, le juge d'instruction aura le droit de prescrire l'interdiction de communiquer pour une période de dix jours; il pourra la renouveler„ mais pour une nouvelle période de dix jours seulement. — En aucun cas l'interdiction de communiquer ne saurait s'appliquer au conseil de l'inculpé: (1)

Art. 9.—L'inculpé doit faire connaître le nom du conseil par lui choisi, en le déclarant soit au greffier du juge d'instruction, soit au gardien-chef de la maison d'arrêt. — L'inculpé détenu ou libre ne peut être interrogé ou confronté, à moins qu'il n'y renonce expressément, qu'en présence de son conseil ou lui dûment appelé. — Le conseil ne peut prendre la parole qu'après y avoir été autorisé par le magistrat. En cas de refus, mention de l'incident est faite au procès-verbal. --- Le conseil sera convoqué par lettre missive au moins vingt-quatre heures à l'avance. (1)

Art. 10. — La procédure doit être mise à la disposition du conseil la veille de chacun des interrogatoires que l'inculpé doit subir. — Il doit lui être immédiatement donné. connaissance de toute ordonnance du juge par l'intermédiaire du greffier. (i)

Art. 11. — Lorsque la cour d'assises saisie d'une affaire criminelle en prononce le renvoi à une autre session, il lui appartient de statuer sur la mise en liberté provisoire de l'accusé. (1)

(1) V. L. du 15 juin 1899.

(2) Décret du 2 septembre 1907.

 

L'arrivée de Guillaume Seznec à Paris...

L'arrivée de Guillaume Seznec à Paris...

Houdan. Trois destins. Morvan Lebesque.

Houdan. Trois destins. Morvan Lebesque.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Carrefour. Mai 1949.

Si vous n'en lisez qu'un.. Que ce soit celui-là...

Si vous n'en lisez qu'un.. Que ce soit celui-là...

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
Bonsoir,<br /> Page 1 du Figaro du 15 07 23: Observons ou réformons la Loi; article repris et commenté le 16 à la Une de L'Humanité.
Répondre
L
Merci grandement Guy, j'ai retrouvé l'article. Bonne journée.
G
Seznec est resté au dépôt jusqu'au matin du 16 juillet ce qui est inédit, normalement il devait être incarcéré. Seulement deux journaux se sont émus timidement de cette détention 'arbitraire' ; Le Figaro et l'Humanité.<br /> Choisir le lieu de l’instruction, donc le lieu d'incarcération, n'était pas si aisé. Le corps de Quéméneur retrouvé à Houdan, c'était Versailles, à Dreux c'était Chartres, au Havre …., à Paris ….. , à Landerneau …..., à Morlaix ….... <br /> Le parquet de Morlaix a été désigné le 6 juillet.<br /> Maître Kahn est venu deux fois au dépôt voir le client de son patron. Moro-Giafferi en campagne électorale en Corse viendra le 15 juillet avant le départ de Seznec pour la Bretagne.<br /> C'est à cette occasion qu'il conseilla à son client de la mettre en sourdine sur le trafic de cadillacs ; histoire impliquant trop de personnes, dont, nous le savons maintenant, en premier le morlasien.<br /> A son arrivé, le lendemain à Créach-Joly, deux mille francs seront trouvés dans la doublure de la veste de l'inculpé avec un billet de recommandation : « pour savoir ce qu'il faut faire, sortez dans le couloir …... ». Est-ce à dire que Seznec bénéficiait d'un traitement assoupli à la Souricière ? <br /> Plus de deux semaines de détention provisoire, un record (?), pourtant aucun des auteurs, des commentateurs ne semblent y trouver à redire.
Répondre
G
Bonjour,<br /> J'ai écrit cela de mémoire. Pour la saisie du Parquet de Morlaix, c'est à confirmer ; en fait je comptais un peu sur vous.<br /> Les visites de Maître Kahn au Dépôt sont relatées dans la presse, je pense à partir du 6 juillet. Celle de Moro est bien le 15 juillet, c'est en page une du 'Matin' daté du 16 . C'est à ma connaissance le seul quotidien à en faire part. Denis Langlois a évoqué cette visite dans son premier livre ; c'est le seul.<br /> A lire absolument en page une également Le Figaro du 15 juillet.
L
Bonjour Guy...<br /> Quelles sont vos sources pour la date de désignation du parquet de Morlaix ?<br /> Et pour les visites de Me Kahn et de Me de Moro Giafferi au Dépôt ?