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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 900 articles.

Affaire Seznec. Pourquoi Guillaume Seznec n'a-t-il encouru aucune condamnation en 1920 ???

La justice, c'est comme la Sainte-Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe.
Michel Audiard.

Je suis certaine que Guillaume Seznec n'a pas été condamné pour son trafic de voitures américaines en 1920.

C'est dans sa notice individuelle du bagne que m'a fait parvenir Michel Pierre :

Condamnations antérieures = néant.

Pourtant...

Dans son trafic de bagnoles de 1920...

Il y avait bien là matière à condamnation.

Rappelez-vous le procès-verbal des gendarmes de Locronan.

En date du 21 février 1920.

"Procès-verbal des gendarmes de Locronan daté du 21 février 1920, sur la découverte d'une Cadillac de grande valeur dans une grange de Ploéven. Cette voiture achetée par Seznec avenue de la Bourdonnais fera l'objet d'une enquête poussée qui aboutit à un non-lieu."

 

Bernez Rouz. Le samedi 2 octobre 2004, à 12 h 50, dans l'émission "12/14 Ouest - l'enquête" sur France 3 Ouest.

"Et Seznec cède au virus des affaires faciles. On le voit acheter et vendre des voitures comme le témoigne la facture au Garage Spor de Lambézellec.

Seznec va plus loin. Le document que vous allez voir est inédit. En janvier 1920, les gendarmes à cheval de Locronan découvrent une voiture américaine de luxe cachée dans une grange de Plomodiern. Chez un cousin de Seznec. Les gendarmes sont intrigués parce qu’on vient juste de voler 200 voitures aux stocks américains dans la région nantaise. Une enquête est diligentée. Seznec est interrogé par le commissaire de police de Morlaix. Il explique, dans sa déposition, qu’il a acheté deux voitures américaines, une Cadillac limousine et une Dodge Torpedo, près du parc américain, avenue de la Bourdonnais, à Paris. Il a pris livraison des voitures à Nantes. Il les a revendues à un garagiste de Marseille pour le marché algérien.

C’est la preuve que Seznec, dès 1919, est en contact avec les grands trafiquants d’automobiles américaines en France."

Le rapport Camard :

"Il existe au dossier d'instruction la preuve que SEZNEC connaissait le parc des expositions du Champ de Mars, et était allé au moins une fois dans le café situé en face du parc et qui est, vraisemblablement, Le Tambour.

A la cote 476 figurent les pièces d'une enquête effectuée en 1920, à la suite d'une découverte à Ploëven (Finistère) dans la ferme d'un cousin de SEZNEC, nommé LE BRETON, d'une voiture automobile de marque américaine appartenant à SEZNEC.

La présence de la voiture à cet endroit, semble suspecte d'autant plus qu'il paraissait douteux que SEZNEC ait pu, en raison de sa situation financière déjà très précaire à l'époque, faire l'acquisition d'une telle voiture. Des explications lui furent demandées.

[...]

MARC Pierre confirma les dires de son beau-frère, "Nous sommes entrés, dit-il, dans un café situé en face le parc". L'ami de MARC confirma lui aussi."

......................

Le 1er mars 1920, le commissaire de police de Morlaix, Armand Bonin, se déplace à Traon-ar-Velin pour entendre les explications du maître de scierie.

"Le commissaire ajoute que les deux voitures sont de type Cadillac limousine et Dodge. Il ajoute : "le sieur Seznec est un grand brasseur d'affaires, doit avoir des dettes et ne paraît pas des plus solvables". (Rouz en page 47).

Le 8 avril, Seznec est de nouveau entendu au sujet de ses achats d'automobiles à Paris.

 Pugnaces, les enquêteurs, faute de mettre la main sur le garagiste fantôme interrogent le 15 avril Pierre Marc à Paris, celui-ci confirme la tractation.

"Le 9 novembre 1920, le juge d'instruction de Morlaix adresse au procureur de la République de Châteaulin le "dossier de vol d'automobile concernant le nommé Seznec Joseph Marie actuellement inculpé à Morlaix de recel d'automobile. Cette procédure aboutit à un non-lieu, mais trois ans plus tard, elle est parfaitement connue du juge Campion comme du procureur de Morlaix qui dans son exposé des faits indique : "Il a été compromis dans plusieurs affaires de voitures automobiles dont il a pu se retirer indemne, faute de preuves suffisantes."

"A noter que dans un courrier adressé au président de la chambre des mises en accusation, Jean Pouliquen fait parvenir un rapport "en ce qui concerne ses histoires d'automobiles que des inconnus (américains la plupart du temps) venaient lui livrer la nuit dans des fermes écartées.

[...]

Ces faits ne font curieusement l'objet d'aucune recherche complémentaire."

in Bernez Rouz en page 49.

................................... 

Je me souviens, qu'avec Thierry Lefebvre, nous avions été très étonnés de ce non-lieu.

Et nous nous étions déjà posés la question dans un article en août 2015.

"Il fut l'objet d'informations ouvertes pour vols et avait la réputation

d'être un pillard des stocks américains."

Pour moi...

C'est là que commencerait la collusion de Seznec avec les trafiquants de stocks.

De quels trafiquants de stocks parle-t-on ???

Des Kermina ????

Ouest-Eclair du 10 août 1920 : Camions, Camionnettes, Limousines, conduites intérieurs, Torpédos.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Le procureur Guillot sur le trafic des Cadillac en octobre 1924 :

"Seznec a prétendu que Quémeneur et lui se sont rendus à Paris pour s’y occuper de la vente d’automobiles américaines au Gouvernement russe par l’intermédiaire de l’individu qu’il désigne sous le nom de Chardy ou Scherdy. Or, nulle trace de correspondance relative à cette affaire n’a été retrouvée chez Quémeneur, et pourtant la spéculation entreprise eut été assez importante pour qu’il fut tenté d’en noter tous les détails et d’en enregistrer tous les pourparlers.

Nulle trace n’a été retrouvée à Paris du prétendu Charly ou Scherdy, qui apparaît comme une pure création de l’imagination de Seznec. D’autre part, ce que Quémeneur a dit de ses négociations soit à ses parents, soit aux personnes près de qui il chercha à se procurer les fonds qu’il y voulait engager, permet de croire que c’est Seznec qui l’avait décidé à les entreprendre.

Il est dès lors significatif de constater que Seznec est incapable de donner de cette spéculation aucun détail qui permette de savoir comment et par qui elle devait être traitée. Il est encore plus remarquable de voir que, revenu le 28 à Morlaix, il n’ait pas tenté de se mettre en correspondance avec Quémeneur ou avec Scherdy pour savoir le résultat des entrevues auxquelles il devait assister et qui avaient dû se poursuivre sans lui."

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