Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec. L'américain Scherdy dans la primo-enquête du notaire Jean Pouliquen...

“Nulle raison ne pourrait justifier le mensonge.”
Anton Tchekhov / Lettre - 2 janvier 1900

Retour aux fondamentaux...

Il est bon de rappeler, en ces temps troublés...

De délires en toutes sortes...

Que c'est Bernez Rouz qui, dans son livre : "L'affaire Quémeneur-Seznec" a apporté la première vraie nouveauté depuis le procès de l'automne 1924 :

La primo-enquête de Jean Pouliquen.

Les notes en bas de pages sont, elles, très révélatrices.

Note 168 :

"J'ai vu pour la première fois Seznec au mois de février dernier [1923, NDLR]. C'était à la gare de Quimper. Il m'a dit qu'il connaissait beaucoup mon beau-frère... lorsque le soir je suis arrivé à Landerneau, j'ai laissé voir à mon beau-frère l'impression plutôt mauvaise que Seznec m'avait produite. Il ne me répondit pas à ce sujet." Déposition de Jean Pouliquen devant le juge d'instruction Emile Campion, le 30 juillet 1923."

Les notaires sont de très grands connaisseurs de l'âme humaine.

Lors des ouvertures de testaments, ils en voient de toutes les couleurs. Avec des familles qui se déchirent à belles dents pour le fric.

Et des héritiers qui seraient prêts à tuer pour en obtenir plus...

[N'est-ce pas Monsieur Vilain ???]

Comme tel, l'avis de Jean Pouliquen est ici important.

Note 170 :

Perrine Jestin, femme Yvinec, 19 ans, était la nièce de Pierre Quéméneur. Elle se marie le 29 mai et déclare au juge Campion : "Il m'avait formellement promis de venir à mon mariage et je sais qu'il tenait à y assister."

La famille Quéméneur est une famille soudée. Très. 

Pas comme la famille Seznec.

Rouz se trompe ici de date, Perrine s'est mariée le dimanche 27 mai 1923

Note 177 : 

"Seznec a deux versions sur ces lettres : au commissaire Vidal, il déclare : "Pierre Quéméneur m'avait prié de recevoir cette correspondance craignant que les opérations qu'il se proposait de faire avec la Russie ne lui portent préjudice au point de vue politique. J'ai reçu deux lettres du prétendu Cherdy. Je ne les ai pas ouvertes et je ne les ai pas lues.

Par contre, au juge d'instruction lors de sa confrontation avec Louis Quéméner, il admet "Quéméneur m'a fait lire quelques passages d'une des lettres, les passages où il était question de prix" [confrontation Guillaume Seznec-Louis Quéméner le 5 septembre 1923].

Deux versions ???

Comment voulez-vous que la police puisse apporter un crédit quelconque à ces mensonges successifs ???

Il avait la vérité élastique, Seznec, comme la morale.

Note 183 :

"Nulle trace n'a été retrouvée à Paris du prétendu Chardy ou Scherdy qui apparaît comme une pure création de l'imagination de Seznec", acte d'accusation, 28 juillet 1924.

Quand je le dis, on hurle aux loups, et pourtant...

Note 184 :

""La vente des voitures Cadillac semblait lui être connue, mais il en parlait comme d'une affaire qui aurait dû se traiter en février. Il croyait en effet se rappeler qu'à cette époque les Américains voulaient reprendre en France leurs voitures Cadillac", déposition de Jean Pouliquen devant le juge Campion, le 30 juillet 1923."

Puisqu'on vous dit qu'en mai 1923....

C'était terminé le trafic de Cadillacs !

Nada !

Et pour finir en beauté...

Dans les dernières lignes de cette primo-enquête :

"Après un interrogatoire il (Guillaume Seznec) fut confronté avec moi (Jean Pouliquen). Il commença par dire que c'était mon beau-frère qui lui avait donné rendez-vous à Brest le 22 mai. Je lui opposais le démenti le plus formel  puisque j'avais assisté à l'entretien téléphonique et je lui disais d'en faire la preuve puisque sa fiche portait certainement à la poste une communication téléphonique ce jour-là. Se voyant pris, il avoua que c'était peut-être lui qui avait appelé mon beau-frère. Ne pouvant rien expliquer ni répondre à aucune question, il se contentait de dire c'est pourtant ainsi, lorsque je lui montrais l'absurdité de ses assertions."

C'est intéressant, non ?

Ainsi Guillaume Seznec a d'abord prétendu que c'était Pierre Quémeneur qui lui avait téléphoné le lundi 21 mai.

Mais alors...

Notre sacré Turrou dans tout ça ???

Il a téléphoné à qui ???

Je demande.

[Cette dernière phrase est de l'humour... Mais l'humour, ce n'est pas donné à tout le monde, isn't it ?]

 

Liliane Langellier

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article