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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 840 articles.

Affaire Seznec. Le témoignage mensonger de Mme Yvonne Moreau-Lalande...

Avec des si, on peut mettre un cachalot dans une boîte d'allumettes.
in Un long dimanche de fiançailles.

Je suis bien obligée d'enfoncer le clou..

Car, chaque jour, on lit de nouvelles histoires sur l'affaire Seznec.

Toutes droites sorties de l'imagination fertile (devrais-je dire malade ?) de leurs auteurs.

Souvenez-vous...

3 octobre 1948, Jeanne Seznec trucide son mari François Le Her.

Dès le 14 octobre 1948, à sa sortie de prison...

Elle évoque, pour la première fois, les relations entre son mari François Le Her et Bonny.

L'Intransigeant du 14 octobre 1948

L'Humanité du 12 octobre 1948

On est alors en pleine préparation de la demande de révision Charles-Victor Hervé/Raymond Hubert.

L'histoire du témoignage de Mme Moreau-Lalande...

Date, lui, du 4 décembre 1948.

Et c'est peu de dire qu'il tombe à pic !

"En décembre 1948, Mme Yvonne Chapelain de La Villeguérin déclara que son mari, René Moreau-Lalande, mort le 29 juin 1939, ancien officier du 166e régiment d'infanterie, qui eut Bonny sous ses ordres durant la guerre 1914- 1918, aurait reçu des confidences de l'ex-inspecteur. Demeurant 104, avenue des Champs-Elysées, à Paris (8e arrondissement), celui-ci aurait, par hasard, rencontré, en 1936, près des Invalides (7e arrondissement), son ancien chef, pour lequel il avait conservé beaucoup d'estime, précisa Mme Chapelain de la Villeguérin. L'ancien policier s'accusa, selon les dires de Mme Chapelain de La Villeguérin, d'avoir été dans l'obligation de déposer au domicile du maître de scierie la fameuse machine à écrire "Royal". "Souviens-toi de cette déclaration, lui aurait dit son mari, qui est de la plus grande importance pour Seznec. Le récit de Mme Chapelain de La Villeguérin suscita des commentaires variés : on s'étonna surtout que son époux, décédé quelques années après la rencontre, n'ait pas alerté de son vivant les autorités judiciaires. La déclaration de sa veuve ne convainquit pas les magistrats, celle-ci étant, selon leur analyse, anormalement tardive (douze ans après les confidences) et ne constituant qu'un écho indirect (elle n'avait pas assisté à la conversation) qui n'était susceptible à aucune vérification."

in Guy Penaud, livre sur Bonny, en page 37.

La Gazette provençale du 17 décembre 1948

La Bourgogne Républicaine du 19 mai 1949

L'Aube du 19 mai 1949

"Quelques jours avant la libération, sur l'esplanade des Invalides, les deux hommes se rencontrèrent... "

sauf que c'était soi-disant en 1936 et que Moreau-Lalande est décédé en 1939 !"

 

Carrefour du 25 mai 1949

 

Paris Presse L'Intransigeant du 22 septembre 1949

C'est chez ce mytho de Claude Bal...

Chez Denis Seznec :

“Un autre témoignage, et que je considère comme des plus importants : celui de Mme Yvonne Moreau-Lalande, née Chapelain de la Villeguérin.

Pour en apprécier la valeur, il faut savoir que tout commence en Champagne, pendant l’hiver de 1917… Une compagnie du 166e régiment d’infanterie va monter en première ligne. avant l’attaque, le lieutenant René Moreau-Lalande fait une tournée d’inspection. Un peu à l’écart du cantonnement, il surprend le soldat Bonny qui s’apprête à se tirer une balle dans la jambe pour se faire envoyer à l’arrière, pratique fréquente avant les attaques. Se voyant découvert, le jeune soldat, qui se sait passible du peloton d’exécution, invoque un moment de faiblesse et supplie son lieutenant de lui faire grâce de la vie. Celui-ci accepte finalement de se taire et l’envoie accomplir son devoir comme ses camarades.

A la faveur de cet épisode, des liens particuliers se nouent entre le soldat fautif et celui qui lui a donné une chance de se racheter. Une grande estime est née…”

 

1/ Le lieutenant René Moreau-Lalande, bigre !

Reprenons son Registre Matricule :

René Moreau-Lalande n'a jamais dépassé le grade d'adjudant...

Il n'a été nommé adjudant que le 29 septembre 1916.

En août 1936, René Moreau-Lalande avait été réformé de l'armée pour tuberculose pulmonaire, conjonctivite, photophobie, larmoiement, laryngite.

Quant à son grade...

On va aller jusqu'à dire "capitaine" dans certains écrits sur l'affaire Seznec !!!

Qui ? 20 décembre 1948

 

2/ Bonny sous les ordres de Moreau-Lalande :

Le 5 septembre 1916, Pierre Bonny est blessé et fait prisonnier, dans la Somme à Vermandovillers.

Il restera prisonnier du 5 septembre 1916 au 17 novembre 1918.

 

Document Seznek de l'affaire Seznec revisitée

 

Donc exit le "pendant l'hiver de 1917" de Denis Seznec.

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Le 15 juillet 1912 et le 17 septembre 1913...

Deux frères Le Hire, frères de Me Le Hire, l'avocat de Seznec, ont convolé avec deux soeurs Chapelain de la Villeguérin.

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Du côté de Geneanet :

Au 104 Champs-Elysées, lors du recensement 1936 :

 

Enquête de Vérité du 23 octobre 1992 :

On est en 1992...

L'automne 1992, c'est la réussite totale de Denis Seznec via la parution de son livre "Nous, les Seznec".

Les plateaux de télévision se l'arrachent.

Mais attention...

Visionnez sa superbe entourloupe...

Qui démarre par le témoignage d'Yvonne Moreau-Lalande, déjà très affaiblie...

Puis qui nous refile illico le témoignage de Mme Geneviève Anthonioz-de Gaulle...

Pour une arrestation par Pierre Bonny du 20 juillet 1943 !!!!

Le Bonny 1943 n'avait strictement rien à voir avec le Bonny 1923...

Et on réalise tout de suite que cette pauvre dame n'a pas toute sa tête.

Quelle sale manipulation !!!!

Seznek sur le forum Justice Affaires Criminelles :

"René Moreau Lalande, après-guerre, entre à la société d'expertise comptable qu'a fondé Yves Chapelain de la Villeguérin, frère d'Yvonne - cette société devient rapidement la plus importante dans son domaine - on la connaît aujourd'hui sous la dénomination "Groupe de la Revue Fiduciaire". De 1923 à 1939 (date de son décès), René Moreau-Lalande ne s'est jamais exprimé publiquement sur ses relations bordelaises avec Bonny... la famille restera fidèle à cette conduite, épouse en tête..."

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Quelle mouche a donc piqué Mme Yvonne Moreau-Lalande de raconter cette fable 9 années après la mort de son mari ???

Entre 1936 et 1939, René Moreau-Lalande avait largement le temps de témoigner de tout ça.

Mais comment Mme Moreau-Lalande en est-elle venue à témoigner ???

Chez Denis Langlois

"En lisant que Me Hubert demandait la révision du procès de Seznec..."

« Dès que j’ai lu dans les journaux que les avocats de Seznec demandaient la révision du procès je me fis connaître… » in Claude Bal.

Chez Denis Seznec :

Qui nous raconte que, bossant à Publications-Elysées, il allait souvent visiter Mme Moreau-Lalande qui habitait juste en face au 104 Champs-Elysées.

Il a bien dû lui retourner le cerveau !

C'est donc Denis Seznec himself qui a ajouté l'horrible histoire de Pierre Bonny s'apprêtant à se tirer une balle dans la jambe pour ne pas monter à l'attaque.

Quelle honte !!!!!!!!!!

Oui, comment "Tante Yvonne" a-t-elle eu l'idée soudaine de témoigner ???

Est-ce une farce du juge Hervé qui aurait contacté Yvonne via la L.D.H. ???

Un membre de sa famille proche (le père des mariées) habitait Saint Brieuc :

Voilà les seuls points communs entre Pierre Bonny et René Moreau-Lalande :

Ils sont tous les deux nés à Bordeaux.

Le même jour : le 25 janvier 1895.

Tous les deux ont été nommés caporal en mai 1916.

Mais René Moreau-Lalande n'a jamais été le supérieur de Pierre Bonny.

Il n'a été nommé adjudant que le 29 septembre 1916 alors que Pierre Bonny était fait prisonnier dès le 5 septembre 1916 !

Dans l'horrible enfer des tranchées, difficile de s'y retrouver. Et le temps de faire remonter toutes les informations à l'administration...

Ils ont, par contre, tous deux appartenu au 166e Régiment d'Infanterie.

Mais, on ne sait même pas s'ils étaient dans la même compagnie.

Ce qui est certain (les documents suivants le prouvent) c'est que René Moreau-Lalande n'a jamais été un officier supérieur :

Sachez qu'un régiment est une unité militaire dont l'effectif moyen varie habituellement entre 1.000 et 3.500 soldats.

Et que, dans la seule journée du 5 septembre 1916, 545 hommes ont été comptabilisés tués, blessés ou disparus...

Rien ni personne ne peut donc nous prouver que Moreau-Lalande et Bonny se côtoyaient.

Jamais René Moreau-Lalande n'a pu être le supérieur de Pierre Bonny en 1917 puisque Pierre Bonny avait été fait prisonnier le 5 septembre 1916.

Par contre...

C'est vrai qu'ils ont tous deux participé, en septembre 1916, à la terrible bataille de la Somme.

Mais, ils n'étaient, hélas, pas les seuls !

Avis aux amateurs : Le haro sur le Bonny est désormais complètement passé de mode.

D'autant plus que la famille Seznec et consorts ont attendu la mort du policier pour le mettre en cause.

C'est bien moche et bien lâche.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Tout cela me fait penser au film "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet.

D'après le roman de Sébastien Japrisot.

Et à Gaspard Ulliel qui vient de nous quitter.

Lire ci-dessous :

OFFENSIVE DE LA SOMME Combat de Vermandovillers (4 et 6 septembre 1916)

"Le 4 septembre, l'ordre d'attaque est donné. Objectif : Vermandovillers. Le bataillon BOUCHÉ, bataillon de première ligne, prend position dans les tranchées de départ. Le bataillon HEURTEL est en deuxième ligne; le bataillon BENEDITTINI en troisième ligne. A 14 heures, les vagues d'assaut- franchissent le parapet. Une fusillade intense de mousqueterie et de mitrailleuses les accueille, mais ne réussit pas à les arrêter; en quelques secondes, elles sont sur les défenseurs, elles occupent la première tranchée et font 50 prisonniers. La progression ne peut cependant se poursuivre; des mitrailleuses ennemies placées en flanquement empêchent tout mouvement. Quelques salves d'artillerie ont raison de cette résistance locale et, à 22 heures, les objectifs de la journée sont atteints. Une contre-attaque ennemie, déclenchée presque aussitôt, est repoussée énergiquement avec des pertes sanglantes pour l'adversaire. Au cours de cette rude attaque, les deux tiers du bataillon de première ligne ont été mis hors de combat et lorsque, le 5, au petit jour, l'ennemi lance à la contre-attaque des troupes fraîches et bien supérieures en nombre, nos éléments avancés sont contraints de céder du terrain, non pas sans avoir, auparavant, fait de grands vides dans les rangs de l'adversaire; luttant au corps à corps, sous une pluie diluvienne, ils ne cèdent que devant le nombre et en faisant payer bien cher à l'ennemi son audacieuse entreprise. L'attaque est reprise le lendemain, le bataillon BENEDITTINI a remplacé le bataillon BOUCHÉ, et, à 16 heures, il part à l'assaut, commandant en tête. Le barrage de l'artillerie ennemie est franchi rapidement et voici déjà nos premiers éléments en contact avec l'ennemi. Mais un feu nourri de mitrailleuses les bloque net. Ce sont deux blockhaus qui ont survécu et que, coûte que coûte, il faut réduire à la grenade. Pendant que nos lignes de tirailleurs fixent la défense ennemie, le commandant BENEDITTINI lance les grenadiers de la compagnie ROMAIN (compagnie de réserve) dans le boyau des Chevaliers. Ils bousculent les barrages successifs, pénètrent dans la fameuse tranchée d'Uranus et nettoient en quelques instants la position de tous ses défenseurs. Nos lignes de tirailleurs reprennent leur marche en avant, s'établissent sur la position, retournent les parapets et, par une progression à la grenade, élargissent nos gains. Le 7, une violente contre-attaque dirigée sur l'aile droite du bataillon est énergiquement repoussée et, de concert avec le régiment voisin, nous réussissons à progresser dans le boyau du Prince, rendant précaire la situation de l'ennemi, serré de près aux deux ailes. Le lendemain matin une forte patrouille de volontaires, chargée de reprendre le contact, constate que, sous notre pression, l'ennemi a abandonné la position, laissant ses blessés et un important matériel. Immédiatement, la compagnie ROMAIN se porte en avant, occupe les tranchées du village de Vermandovillers, s'y installe solidement, pendant que des patrouilles reprennent le contact avec l'ennemi et jalonnent son nouveau front. Le 9 septembre, le régiment est relevé. Par un temps défavorable, sur un terrain mouvant où le ravitaillement est presque impossible, il a, après cinq jours de combats acharnés, atteint les objectifs qui lui étaient assignés. Ici, comme à Verdun, il a été à hauteur de sa tâche et, une fois de plus, inscrit à son histoire une page glorieuse. Pertes : 26 officiers, 75 sous-officiers, 836 hommes."

Journée du 5 septembre 1916.

En haut à droite.

Bonny Pierre, caporal, disparu.

 

Arrêt 1996 : 

"Attendu qu'en 1948 Mme Yvonne Moreau-Lalande a fait savoir, que son mari, mort en 1939, lui aurait confié, en 1936, que Bonny lui aurait déclaré avoir déposé la machine à écrire " dans l'atelier de Seznec ", ce qu'a confirmé sa fille en 1994 ; que la même confidence a été faite " entre 1936 et 1938 " à Georges Caron, beau-frère de Mme Moreau-Lalande ;

Mais attendu qu'il ne s'agit là que de témoignages indirects, rapportés des années plus tard ;"

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Arrêt 2006 :

Attendu que sont ensuite invoqués deux témoignages émanant d'Yvonne Moreau-Lalande et de Marcel Fabréga tendant à prouver que l'inspecteur Bonny aurait déposé la machine à écrire au domicile de Seznec, ainsi que celui d'Henriette Sallé, selon lequel ce même policier aurait obtenu d'un certain Georges de Hainault, présent dans le magasin de Joseph Chenouard, qu'il déclare faussement avoir assisté à l'acquisition de cette machine ; qu'il est encore soutenu que Louise Héranval, autre témoin de cette acquisition, serait revenue sur son témoignage ;

Attendu qu'en décembre 1948, neuf ans après la mort de son mari, Yvonne Moreau-Lalande a déclaré que celui-ci lui avait fait part de l'aveu, reçu en 1935, de Pierre Bonny, qui avait été sous ses ordres durant la première guerre mondiale, selon lequel il avait déposé la machine à écrire chez Seznec ;

qu'elle a précisé qu'elle n'avait pas été le témoin direct de cet aveu et que son beau-frère ainsi que sa fille, qui en avaient également eu connaissance, ne l'avaient pas été davantage ;

Attendu qu'en juin 1993, Marcel Fabréga a déclaré que son père, l'inspecteur de police Léopold Fabréga, décédé 35 ans plus tôt, avait répété tout au long de sa vie que la machine à écrire avait été apportée par ses collègues parisiens qui l'avaient utilisée pour fabriquer des documents ; que ces propos qui, selon le témoin, auraient été tenus dans un contexte familial, sont cependant restés ignorés de son frère, Armand Fabréga, qui a précisé que leur père était avare de confidences sur son activité professionnelle ;

Attendu que le contenu des témoignages d'Yvonne Moreau-Lalande et de Marcel Fabréga, indirects et si longtemps différés, ne peut être retenu en faveur de la révision."

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M
Admirable et implacable destruction de ce témoignage. Tout ce qui a été machiné pour tenter d'obtenir une révision dans cette affaire est, comme dans ce cas particulier, un tissu d'ânerie associé à une série d'imprécisions, d'erreurs manifestes et de mensonges. Ce qui se prépare en ce moment (ou prétend se préparer) est du même tonneau.
Répondre
L
Merci cher Marc. Très touchée de votre aimable commentaire.<br /> Il faut ouvrir l'oeil et le bon, de nos jours, car on a un vent mauvais de conneries qui souffle sur l'affaire Seznec.<br /> Notre seule chance : ceux qui soufflent le mauvais vent ne savent guère argumenter et il est très facile (trop facile ?) de démonter leurs assertions.