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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 840 articles.

Affaire Seznec. 28 juin 1923. Guillaume Seznec avoue lui-même qu'il pilotait l'opération.

Un journaliste est d'abord un homme qui réussit à se faire lire.
François Mauriac

Une bonne fois pour toutes...

Ce ne sont pas les journalistes qui ont trop écrit sur l'affaire Seznec...

Mais les Seznec qui ont trop parlé aux journalistes...

Et, cela est encore valable aujourd'hui.

Les mauvais auteurs qui se sont succédés dans cette affaire en ont rajouté une couche.

Et il aura fallu attendre 33 ans et le rapport Camard pour que soient enfin mises à mal les théories fumeuses de Maurice Privat, Charles-Victor Hervé et Claude Bal.

Ceux qui les suivent encore aujourd'hui, et qui, littérairement parlant, sont bien moins talentueux que ne l'était Claude Bal, n'ont rien compris à l'affaire Seznec.

Pourtant, tout était sous nos yeux.

 

C'est dans Le Gaulois du jeudi 28 juin 1923...

Oui, la presse nationale...

Et, là, c'est Guillaume Seznec himself qui parle...

Avec autorité.

Et, en lisant l'article, on comprend que c'est lui qui pilotait l'opération.

Il a eu alors un mois pour élaborer son mensonge...

Et il compte bien sur la presse provinciale et nationale pour le diffuser.

"Les livraisons que nous devions faire comportaient des camions U.S.A. et des Cadillac"

Et hop il embraye sur son personnage fictif "Sherdly".

On peut lire dans La Dépêche de Brest du 27 juin 1923 :

"Je parvins à l'en empêcher comme je réussis aussi à le convaincre..."

Oui, je pense maintenant que c'est Julien Legrand qui l'a aidé à monter ce bobard de toutes pièces.

Je ne dis pas que Julien Legrand a tué Pierre Quémeneur...

Loin s'en faut !

Je dis seulement qu'il a eu un rôle important dès le début de cette affaire...

Ce qui est quand même plus logique que d'aller nous imaginer un agent du F.B.I. pote avec nos deux marchands finistériens.

Et oui... Legrand était habitué à parler à la presse.

Il aura donc conseillé à Seznec de faire de même.

Sauf que...

Guillaume Seznec en a trop fait et les policiers ont eu tôt fait de découvrir qu'il mentait.

Il ne faut jamais mésestimer l'adversaire.

Jamais.

Ce même jeudi 28 juin 1923, Guillaume Seznec sera entendu par le commissaire Achille Vidal de la rue des Saussaies à Paris.

Et il ne reviendra de cette excursion que le 1er juillet 1947.

De l'autre côté du mur...

Claudine Jourdan, qui a toujours un train de retard, découvre enfin l'affaire Cadiou.

Et la résume à sa mauvaise façon.

C'est bien, c'est bien, on progresse.

 

Liliane Langellier

 

  Le Gaulois : 

Lancé par Edmond Tarbé des Sablons et Henri de Pène en 1868, le journal de droite Le Gaulois se définit comme un « journal des informations du matin et moniteur de l’ancien esprit français ». Sans surprise, son lectorat, assez limité, appartient essentiellement à la grande bourgeoisie. En 1929, le journal est absorbé par Le Figaro.

Quotidien généraliste, de format berlinois, Le Gaulois s'affiche antirépublicain et monarchiste. Après la chute du Second Empire, il défend ouvertement la cause de Napoléon III. Pendant la Commune, en 1871, il fait partie des journaux supprimés : il reparaît à Versailles. Racheté en juillet 1879 par Arthur Meyer, il prend un tournant conservateur et légitimiste, prenant parti contre Dreyfus pendant l'Affaire. Meyer, un temps écarté en 1881, redevient directeur en 1882.

Assez proche de la ligne du Figaro, dont il débauche à l'occasion les rédacteurs sans parvenir ni à la vivacité, ni à l'audience de son concurrent, Le Gaulois devient le grand quotidien mondain de la noblesse et la haute bourgeoisie, qui en parcourent attentivement les rubriques « la chronique mondaine », « l'écho de la vie de châteaux et des salons » et « le carnet du jour ». Après 1910, pâtissant de la concurrence de L'Action française, le journal voit son influence s'amoindrir.

De juin 1897 à août 1914, il propose chaque dimanche un supplément littéraire, Le Gaulois du dimanche, qui publie de nombreux feuilletons. En février 1916, il est le tout premier quotidien à avoir une rubrique consacrée au cinéma. Il soutient Clemenceau en 1918, lors de la Conférence de paix de Paris, espérant mettre à bas l'Allemagne. En 1923, à la mort de Meyer, René Laron devient directeur. Puis l'homme d'affaires François Coty le rachète et le fusionne avec Le Figaro. Le quotidien disparaît définitivement en 1929.

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