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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Le rapport Camard dénonce les mensonges de Guillaume Seznec sur un voyage à Saint-Brieuc..

Un menteur est toujours prodigue de serments.
Pierre Corneille.

Souvenez-vous...

Dans les délires du juge Charles-Victor Hervé...

Guillaume Seznec aurait passé la nuit du 12 au 13 juin 1923 à l'hôtel "Le Perroquet Vert"...

A Saint-Brieuc...

 

Voilà ce qui est écrit dans le rapport Camard :

"Tout d'abord, le 26 juin, entendu par le commissaire CUNAT qui l'interpelle sur ses déplacements postérieurs au 11 juin, il déclare : "Depuis, j'ai fait différents déplacements à Brest ou à St-Brieuc mais jamais je n'ai découché."

Le 23 juillet 1923, SEZNEC subit son premier interrogatoire sur le fonds (cote 353). Le Juge d'Instruction le questionne sur le déplacement de Plouaret :

D.- N'avez-vous pas été à Plouaret ?

R.- Si, mais je ne sais pas quel jour.

D.- Qu'alliez-vous faire à Plouaret ?

R.- Je devais aller à Tréguier, mais j'ai été arrêté par une panne entre Lannion et Plouaret. J'avais une panne de magnéto et je suis allé prendre des charbons pour magnéto à St-Brieuc. Je suis parti de Plouaret par le train du soir et j'ai couché à St-Brieuc.

D.- Dans quel hôtel ?

R.- Je ne peux pas vous le dire, car je n'en connais pas le nom. C'est à peu près au centre de la ville. Je pense que je pourrais le reconnaître. Le lendemain matin, j'ai pris le premier train pour revenir à Morlaix.

L'Avenir de la Mayenne du 5 août 1923

Ici, l'inculpé se reprend et dit :

Je suis peut-être allé à Brest. Je ne peux rien préciser.

D.- Dans ce cas, qu'avez-vous fait de votre voiture automobile ?

R.- Je suis allé la reprendre le lendemain aux environs de Plouaret. J'ai procédé moi-même à la réparation. J'ai démonté le magnéto et placé les charbons.

D.- Quel train avez-vous pris pour aller à Plouaret ?

R.- Je ne m'en rappelle pas.

D.- Etait-ce le matin ou le soir ?

R.- C'était le matin.

D.- Chez qui avez-vous acheté des charbons de magnéto ?

R.- Chez un garagiste à St-Brieuc.

D.- Chez lequel ?

R.- Je ne sais pas.

D.- : Vous m'avez dit que vous êtes allé vers Tréguier au commencement de juin et que vous avez été arrêté par une panne entre Plouaret et Lannion ?

R.- Je devais en effet aller à Tréguier voir M. POVY pour des transports de pommes de terre. J'ai eu une panne d'automobile, non entre Plouaret et Lannion, mais à 1.500 mètres environ en-deça de Plouaret.

Je reconnais être allé à l'hôtel NICOLAS et avoir demandé à une jeune fille de déposer le lendemain un télégramme à la poste. A mon arrivée à Plouaret le bureau était fermé. J'étais à l'hôtel vers 20 heures.

D.- Vous aviez une formule dans votre poche ?

R.- C'est exact. J'en porte souvent sur moi.

D.- Quel train avez-vous pris ?

R.- J'ai pris l'express qui passe vers 21 heures et demandé un billet aller-retour pour St-Brieuc.

Le Journal du 12 juillet 1923

S.I.- J'affirme que j'ai pris un billet aller-retour pour St-Brieuc. J'ai acheté deux charbons pour magnéto et leur support en ébonite. Je les ai payés six francs. Je suis revenu le lendemain matin vers Brest où je suis arrivé par l'omnibus de 10 H. J'y suis allé directement sans m'arrêter.

D.- Qu'avez-vous fait à Brest ?

R.- Je ne sais pas exactement ce que j'ai fait. Cependant je me rappelle avoir été vers 10 H 1/2 ou 11 Heures voir M. METAIS. Dans l'après-midi j'ai dû aller voir M. PISSEMEN ; c'était au commencement de l'après-midi. Je pense être reparti par le train de 15 heures. Mais peut-être ai-je attendu l'express de 19 heures. J'ai dû voir M. METAIS deux fois dans cette journée.

D.- Vous m'avez dit précédemment que vous étiez allé chez M. LE BARS vers 20 H. Pour y arriver à cette heure-là, il vous était nécessaire de partir par le train de 15 heures.

R.- Si en effet, j'ai été chez M. LE BARS ce jour-là, j'ai été dans l'obligation de quitter Brest vers 15 heures. 

D.- Vous auriez couché chez vous dans la nuit du 13 juin et vous seriez parti le lendemain matin vers Plouaret. Comment avez-vous fait ce voyage ?

R.- Oui. Ainsi que je l'ai dit. J'ai couché chez moi dans la nuit du 13 juin. Le lendemain, dès 4 heures, je suis parti en bicyclette vers Plouaret.

D.- Où avez-vous mis votre bicyclette en arrivant à Plouaret ?

R.- Je l'ai mise dans ma voiture et suis revenu à Morlaix dans mon automobile. 

D.- Par où avez-vous passé pour aller à Plouaret ?

R.- J'ai passé par Plouigneau, Le Ponthou, Ploumerin, puis la route nationale vers Plouaret.

D.- Vous me déclarez avoir pris un billet aller retour de Plouaret à St-Brieuc et être revenu de St-Brieuc directement avec ce billet.

R.- Oui. J'ai dû payer le supplément dans le train s'il y avait un contrôleur ou à mon arrivée à Brest. Je ne m'en rappelle pas.

D.- Lorsque vous êtes arrivé le 12 aux environs de Plouaret, vous avez été aidé par le fils des fermiers à remiser votre voiture dans le verger ?

R.- C'est exact. Il m'a aidé à la pousser sur la route et à la remiser.

D.- Ce jeune homme vous a vu revenir le 14 juin de la direction de Plouaret ?

R.- Cela ne peut être vrai. Je suis arrivé à pied à la ferme parce que le pneumatique de ma bicyclette avait crevé à environ 1 km de là. Je l'ai laissée dans un champ. J'accepte d'être confronté avec ce jeune homme et de discuter avec lui, ainsi qu'avec la fermière.

Le 31 juillet 1923, devant M. GADOIS qui, on l'a vu plus haut, le reconnaît pour être voyageur du train Paris-Lannion, le 13 juin, il déclare (cote 180) :

"Ce jour-là, j'étais à St-Pierre Quilbignon à l'emplacement de mon usine. J'y mesurais le terrain pour faire une clôture.

Le 4 août 1923, il précise (cote 189) que le 13 juin, vers 14 ou 15 H, il se trouvait bien à sa blanchisserie à St-Pierre Quilbignon car le Maire de cette localité lui avait écrit pour l'inviter à clore son terrain. 

Le 11 décembre 1923, interrogé à nouveau, il dit (cote 21) :

D.- Vous m'avez demandé de continuer l'enquête au sujet de votre passage à Brest le 13 juin 1923. Quels sont les faits nouveaux que vous voulez m'indiquer ?

R.- Je voulais faire continuer l'enquête sur la date du 13 juin 1923. En rappelant mes souvenirs, je crois pouvoir dire que j'ai été le 13 juin chez M. PICHEMEN, démolisseur de bateaux, au port de commerce, auprès de l'HERMITTE. Je crois également avoir vu M. BERROU, Agent d'Affaires. Il doit habiter à St Martin. Je crois l'avoir rencontré dans un débit appelé "Le Zinc", rue de Siam.

On pourrait aussi voir les ouvriers de METAIS. Celui qui pourrait vous renseigner serait son principal ouvrier".

Contrairement à ce qu'affirme Claude BAL, les policiers n'ont pas eu à considérer que l'inculpé "a priori" mentait puisque ce n'est pas eux qui ont interrogé SEZNEC sur son emploi du temps du 13 juin. Ils n'ont donc pas refusé ou négligé de vérifier son alibi. Bien au contraire, cet alibi a été contrôlé soit par le Juge d'Instruction lui-même, soit par la Police à la demande de celui-ci, soit encore lors du supplément d'information."

"A l'atelier on avait cherché à se rappeler la date exacte de la dernière visite de SEZNEC lorsque M. METAIS avait été interrogé pour la première fois sur ce point, mais comme cette visite remontait déjà à une date assez éloignée, nous n'avons pas pu en fixer la date exacte.

Le jour où SEZNEC était venu pour la dernière fois, il n'y avait que mon patron, DUQUESNE et moi à l'atelier. L'autre ouvrier nommé PERON n'était pas là.

S.I. - Je suis bien certain que la dernière visite de SEZNEC a eu lieu avant la disparition de M. QUEMENEUR. Nous attirons votre attention sur la grande importance de votre affirmation sur ce sujet ?

R.- Je ne fais pas erreur, j'en suis "certain". 

Quant à l'huissier LE BARS, il déclare (cote 229) :

D.- L'inculpé SEZNEC a prétendu qu'il était allé à votre étude le 13 juin 1923 pour vous régler diverses affaires ?

R.- SEZNEC n'est pas venu chez moi à cette date. C'est le 23 juin 1923 qu'il est venu me régler une affaire. Mes livres indiquent que c'est à cette date qu'il est venu à mon étude. Il ne m'a fait aucun règlement le 13 juin 1923.

S.I. - SEZNEC est venu peu souvent à "mon étude", peut-être une fois par mois.

M. KERHOAS cité également par SEZNEC, dit (cote 230) :

D.- Connaissez-vous SEZNEC Joseph, Marie ?

R.- Oui, je le connaissais depuis une vingtaine d'années. J'habitais autrefois à Châteaulin et SEZNEC demeurait alors à Plomodiern.

Je connais SEZNEC, mais je ne l'ai pas fréquenté. Je l'ai rencontré trois ou quatre fois seulement. La dernière fois que je l'ai vu, c'était au commencement de 1923. Il était venu quelques jours auparavant à mon chantier, où il ne m'avait pas trouvé.

D;- L'auriez-vous encore rencontré à Brest au mois de Juin ?

R.- Non. La dernière fois que je l'ai vu, c'était en février.

D.- Il croit qu'il est allé chez vous le 13 juin.

R.- Ce n'est pas vrai. Je me rappelle d'ailleurs avoir parlé de lui à des amis à la fin de juin. C'était au moment où on le soupçonnait d'avoir tué QUEMENEUR. J'ai le souvenir d'avoir dit à ces amis que j'avais vu SEZNEC plusieurs mois auparavant. Je me serais évidemment rappelé l'avoir rencontré le 13 si cela avait été vrai, car on a tellement parlé de lui à la fin de Juin qu'une visite récente m'aurait frappé.

Le maire de St-Pierre Quilbignon M. KERRIEN (cotes 192 et 193) avait mis SEZNEC en demeure de clore son terrain une première fois par lettre datée du 3 Mai 1923. La seconde par une carte recommandée qui lui fut remise le 15 Juin. Entretemps SEZNEC avait écrit au maire une lettre datée du 13 juin dans laquelle il disait ne pas pouvoir s'occuper de ces travaux pour le moment. M. KERRIEN ne peut dire si SEZNEC est allé à St-Pierre Quilbignon.

On ne comprend pas pourquoi SEZNEC aurait écrit au maire le 13 juin s'il avait dû se rendre ce jour-là à St-Pierre Quilbignon. De même un sieur SEGUR Jean, demeurant à Brest, reçut de SEZNEC une lettre datée du 13 juin dans laquelle ce dernier lui demandait un rendez-vous. L'instruction permit d'établir que cette lettre avait été écrite et signée par Mme SEZNEC à la demande de son mari faite quelque temps auparavant. Si SEZNEC était allé à Brest le 13 juin, il aurait certainement rendu visite à SEGUR.

De même les recherches faites dans les hôtels de St-Brieuc demeurèrent infructueuses (supplément d'information cote 47). A ce sujet, il n'appartenait pas à la Police de décider d'un transport en compagnie de SEZNEC, afin de lui faire connaître l'hôtel où il prétendait avoir passé la nuit du 12 au 13 juin."

 

La Dépêche de Brest du 29 juillet 1923

Le Petit Parisien du 29 juillet 1923

"Je suis rentré à Morlaix où j'ai passé la nuit du 13 au 14. Ici le magistrat rappelle à Seznec que sa femme et leur bonne Angèle Labigou ont déclaré qu'il n'avait pas passé cette nuit là à Morlaix."

in Le Journal du 29 juillet 1923.

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"Il est à souhaiter que ceux, s'il en existe encore, qui considèrent SEZNEC comme la victime d'une erreur judiciaire, se penchent d'abord sur le dossier. Il contient un faisceau de charges : témoignages nombreux et concordants, preuves matérielles irréfutables, tel qu'il n'est plus permis à un lecteur de bonne foi de croire encore à l'innocence du condamné."

Il disait quoi déjà le brocanteur "à l'international "....

L'enquête avait été mal faite ???

Rigolo, va...

Il ferait mieux de relire sa mauvaise prose.

Je remercie ici la personne qui m'a fait parvenir incognito de larges extraits de ce rapport Camard.

C'est un très joli cadeau de Noël.

Pensez-vous un seul instant que, si Denis Seznec demandait une nouvelle révision, les magistrats ne viendraient pas lire mon blog.

Qui est le premier blog sur l'affaire Seznec.

Ils trouveraient là de quoi réfuter pied à pied toutes les demandes du petit-fils.

 

Liliane Langellier

Conclusion du Rapport Camard Juin 1956.

Chez Langlois, en page 172 :

"Bref, conclut le rapport du commissaire Camard, il n'est pas utile d'insister sur le manque de sérieux de la requête présentée par M. Bal, à laquelle peut s'appliquer le jugement porté en 1932 par le tribunal de Rennes sur la campagne de presse du journal La Province qualifiée "d'ensemble d'allégations, de suppositions, d'appréciations, d'hypothèses et de raisonnements". Toutefois, les procédés utilisés par l'auteur : déformation des faits, falsification des témoignages, création de témoins imaginaires, sont tels que, s'ils avaient été utilisés sciemment, ils constitueraient le délit d'outrages à magistrats. De toute façon s'applique à lui, à la lettre, le qualificatif de "farceur" qu'il a attribué à son prédécesseur Hervé."

 

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