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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec. Les 8 fausses preuves de l'innocence de Guillaume Seznec...

Cesse de croire, et instruis-toi.

André Gide

On avait les 7 péchés capitaux, les 11 plaies d'Egypte...

A l'école primaire, on nous enseignait la preuve par 9...

Maintenant on a "Les 8 preuves de l'innocence de Guillaume Seznec".

Bertrand Vilain, notre "historien amateur" au long cours a fait fort !

Cela fait partie de sa campagne de séduction de Denis Seznec.

Qui, s'il tombe dans ce grossier panneau, risque de perdre le peu de crédibilité qui lui reste.

 

Preuve N° 1 - Le trafic de Cadillac

Je vous engage vivement à lire ce que l'historien (un vrai, lui !) Michel Pierre a écrit sur le sujet.

Lire ici :

L'avis de l'historien Michel Pierre sur le supposé trafic de Cadillac.

Et d'une preuve à la poubelle !

 

Preuve N° 2 - L'enquête et l'absence de trafic de Cadillac

Et là, voilà que notre "brocanteur à l'international" ose se frotter à Michel Pierre, si, si...

Oui mais...

Mais notre "historien amateur", lui, il a lu Bertrand Patenaude "Big show in Boboland" (moi aussi d'ailleurs).

Ce qui lui permet de nous écrire :

"Il y avait bien eu la vente d'un lot d'une centaine de véhicules américains d'occasion dont 24 Cadillac. Elle avait été réalisée par la police Politique du régime soviétique, la Tcheka, dont le chef était Dzerjinski."

Ah oui, je ne vous ai pas dit...

Notre auteur ne se contente pas des archives du FBI...

Il est allé aussi étudier l'histoire de la Russie des années 20.

Seulement voilà...

Il y a peut-être eu une vente de lot de Cadillac faite par la Tcheka...

Mais cela n'a strictement rien à voir avec notre affaire Seznec.

Merci de laisser les Russes où ils étaient en 1923.

L'affaire Seznec est une histoire de Bretons, qui se déroule en Bretagne et à Paris.

Point barre.

Me Moro-Giafferi, d'ailleurs, avait bien conseillé à Guillaume Seznec de ne pas se ridiculiser en parlant de trafic de Cadillac...

Et de deux preuves à la poubelle.

 

 

Preuve N° 3 - L'affaire de Cadillac

On n'en sort pas.

C'est vrai, le mot "Cadillac" en bouche, ça fait ricain, ça fait riche...

Là, notre auteur tance Michel Pierre : "La question de Michel Pierre est légitime (NDLR merci pour lui, on a eu peur, un moment !) mais elle dénote une mauvaise compréhension du fonctionnement du régime soviétique à cette époque."

Faut être salement culotté pour écrire ça, quand même !

Et voilà notre auteur de délirer sur l'ARA (American Relief Administration)...

Oui, tout cela a bien eu lieu en Russie soviétique dans les années 1920.

Mais cela n'a strictement rien à voir avec notre affaire Seznec.

Exemple : mon grand-père Auguste Courtois était en Russie en 1923, dans le cadre d'un échange de savoir du Trust, mais il n'a jamais trempé dans l'affaire Seznec.

Qui est une affaire franco-française.

Et...

De trois preuves à la poubelle.

 

Preuve N° 4 - Les détails du marché des Cadillac.

On n'en sortira pas des Cadillac.

Esprit de Me Moro Giafferi au secours !!!!!

Bouillie incompréhensible avec une question cruciale :

"A moins de penser que nos deux marchands bretons avaient des dons divinatoires, il faut rechercher ailleurs une explication rationnelle ? Comment et par qui ont-ils été informés ?"

Suspens total.

Tintin chez les Soviets.

Et de quatre preuves (?) à la poubelle.

 

 

Preuve N° 5 - L'annonce

Et là, le fameux couplet sur cette annonce parue dans L'Auto du 7 février 1923 (voir ci-dessus).

Couplet qu'il nous avait déjà servi dans son chef-d'oeuvre.

Je reprends donc mes mêmes arguments :

1/ Rien ne prouve que Quemeneur et Seznec lisaient L'Auto (ils avaient plutôt tendance à se contenter de la presse locale).

2/ Rien ne prouve que c'est Leon Turrou qui est l'auteur de cette annonce.

3/ Personne ne peut dire à ce jour ce que signifie O.I.R.

4/ Le fait qu'il y ait une faute d'orthographe dans le mot "Minstère" n'est pas du langage codé, mais tout simplement et sans doute l'oeuvre d'une dactylographe distraite.

5/ Dans cette petite annonce, il est précisé qu'il est "Inutile offrir voitures sans notices descriptives"...

Celle de Seznec en avait une ? Et celle des frères Le Verge ?

Et de cinq preuves à la poubelle.

 

Preuve N° 6 - Leon Turrou

Mais si, vous savez bien, ce héros du F.B.I. qui est venu à Landerneau escroquer notre conseiller général.

Je vous engage vivement à lire :

les 21 articles que je me suis fadée à écrire sur Leon Georges Turrou.

Ou, si vous êtes paresseux, un seul suffira :

Pourquoi l'hypothèse d'une arnaque de Leon Turrou est impossible.

Et de six preuves à la poubelle.

 

Preuve N° 7 - Les faux

Alors là...

Une phrase sibylline :

"Il est vrai que les documents ont sûrement été faits par Seznec mais il n'existe aucune preuve qu'il s'agisse de faux. La vente de Plourivo était liée au marché des Cadillac (NDLR On n'en sortira pas des Cadillac !!!) et il existait bien un accord verbal ou écrit."

A ce jour...

On sait tous que les promesses de vente de Traou Nez sont de grossiers faux.

Même l'ancien avocat de la famille Seznec, Denis Langlois, le proclame (En page 358 de son livre "Pour en finir avec l'affaire Seznec") :

"Si Quémeneur était peut-être mort accidentellement ou du moins dans des conditions que personne n'avait établies, restait cependant le problème des faux. Le dossier, comme les révélations de Petit-Guillaume, allaient dans le même sens : Seznec en était l'auteur, pour s'emparer à bon compte de la propriété de Quémeneur ou pour récupérer une somme importante qu'il lui avait remise, en dessous-de-table et donc sans preuves.

Par acquis de conscience, et aussi parce que j'y étais obligé, j'ai demandé au ministre de la Justice une contre-expertise des faux. La réponse des experts a été nette : Seznec était l'auteur de ces faux, ou du moins y avait participé en apposant sa signature , ce qu'il n'avait d'ailleurs  jamais contesté.

De ce jour, j'ai commencé à penser qu'il fallait séparer, comme l'avait d'ailleurs fait légalement en 1924 la cour d'assises de Quimper, les deux chefs d'accusation ayant entraîné la condamnation de Seznec : le meurtre et les faux en écriture."

Lire aussi sur Criminocorpus, dans une tribune du 29 mai 2018, et toujours de Denis Langlois : "Vérité historique et vérité judiciaire" :

"Les faux en écriture sont avérés pour tous ceux qui se sont penchés sérieusement et honnêtement sur le dossier."

Sérieusement et honnêtement...

Et de sept preuves à la poubelle.

 

Preuve N° 8 - Retour au dossier d'instruction

Il était temps !!!!

Et, là, notre auteur incrimine le commissaire Vidal et le juge Campion qui n'ont pas su voir tout ce qu'il nous a développé ci-dessus.

Avec cette fois mention de la liste des passagers arrivés à Cherbourg sur le Berengaria le 21 mai 1923.

Liste qu'il n'a toujours pas pu trouver.

Il est donc dans l'incapacité totale de nous prouver que son Turrou était bien sur le Berengaria du 21 mai 1923 et, donc en France en mai 1923.

Je reprends ici le commentaire de "Neurone-Man" sur mon blog :

"La version de Vilain est quand même un foutage de gueule level expert.
Le 21 mai, Turrou arrive à Cherbourg. Comme prévu il appelle Guillaume Seznec qui lui appelle, contacte Quemeneur.
Je croyais que Seznec n'était qu'un intermédiaire et que c'était Quemeneur le big boss de l'affaire.
Donc Turrou passait par le sous-fifre pour donner ses instructions au taulier ?
Rouz dit que Seznec avait la conviction que la décision de Quemeneur de faire l'affaire et de partir le 24 était la conséquence d'une lettre venant de Cherdly qu'il lui avait remise 3 ou 4 jours plus tôt (remise à Pierre avant le 20 puisqu'il était à Commana avec Pouliquen, reçue par Seznec avant le 18 ?)
Donc Turrou n'est pas Cherdly puisqu'il n'arrivait en France que le 21 et n'a pas pu envoyer la lettre à en-tête de la Chambre de Commerce Americaine."

Et de 8 preuves à la poubelle.

 

Le fait que M. Vilain ait parlé avec Jean-Yves Seznec, fils aîné de Petit-Guillaume, ne change rien à l'affaire.

Bien au contraire.

Le complotisme a toujours pourri cette affaire Seznec, Denis Seznec et sa folie des complots : de la justice, de la police, du gouvernement, mais on était resté en France.

Là, avec le F.B.I. et la Tcheka, on aborde le complot international.

"Faut-il les paroles de la chanson de Jacques Dutronc en 1967 pour introduire, à l'ère des fausses informations, du "complotisme" et de l'expression magico-chamanique goulûment utilisée, la sacro-sainte "Affaire d'Etat" ?

L'affaire trucmuche et l'affaire machin

Dont on ne retrouve pas l'assassin

On nous cache tout on nous dit rien

On nous cache-cache et cache-tampon

Colin-Maillard et tartempion

Ce sont les rois de l'information

On croirait la strophe conçue pour l'affaire Seznec, tant abondent dans cette histoire un certain nombre de mots magiques : "Cadillac" et "bolcheviks", "machination policière" et "Gestapo", politiciens obligatoirement "véreux" et magistrats nécessairement "impitoyables"."

Michel Pierre en page 229.

Si jamais Denis Seznec a l'imprudence de saisir la commission de révision avec les arguments du brocanteur...

Il risque tout juste de se ridiculiser encore un peu plus et d'aboutir à un rejet immédiat de la révision du procès de son grand-père.

Pour finir, je ne résiste pas à vous livrer les phrases de Bertrand Vilain vis-à-vis de la justice française :

"Bien sûr, la police scientifique a fait des progrès depuis 1923. Mais finalement la recherche de la vérité et la balance font peu de poids face aux certitudes et à l'arrogance de certains policiers et magistrats. Ces derniers devraient apprendre l'humilité surtout quand la justice est rendue au nom du peuple Français. Le mur des cons du syndicat de la magistrature est là pour nous rappeler que la justice n'est pas indépendante, elle est capable d'être influencée par de vils instincts et qu'elle peut être "trash". Pourtant, elle a des comptes à rendre au peuple, ce que certains petits juges, hommes et femmes ont tendance à oublier.

Nous avions un soi-disant meurtre sans cadavre, sans arme du crime, sans la moindre preuve et maintenant, il n'y a même pas de mobile. L'affaire Seznec reste plus que jamais le symbole de l'erreur judiciaire où la justice a échafaudé une hypothèse basée sur des croyances. Aujourd'hui, où l'on parle d'intelligence artificielle, il est possible d'espérer que la justice soit rendue par des machines qui auraient au moins l'avantage de ne pas avoir de préjugés."

Les magistrats apprécieront !

Pour moi, je file me plonger dans Proust...

J'en ai bien besoin après ces heures immergée dans ce mauvais verbiage.

 

Liliane Langellier

 

Jeudi 28 octobre 2021...

Merci à toutes et à tous...

Et...

Champagne !

Ce blog Seznec Investigation vient de dépasser les 100.000 visiteurs !

Pour 463 articles.

Quand l'attachée de presse de Michel Pierre, en septembre 2018, après mon papier sur son livre, a demandé mon nombre de visiteurs, j'en étais à 55.000.

Donc, 45.000 visiteurs en trois ans.

 

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