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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Où l'on reparle de Berthe Rallu qui s'appelait Marie Henriette Félicité Masson...

Quand on s'promène au bord de l'eau,
Comm' tout est beau...
Quel renouveau ...
Paris au loin nous semble une prison,
On a le coeur plein de chansons.
L'odeur des fleurs
Nous met tout à l'envers
Et le bonheur
Nous saoûle pour pas cher.
Chagrins et peines
De la semaine,
Tout est noyé dans le bleu, dans le vert ...
Un seul dimanche au bord de l'eau,
Aux trémolos
Des p'tits oiseaux,
Suffit pour que tous les jours semblent beaux
Quand on s'promène au bord de l'eau.
Jean Gabin in La belle équipe.

Le Parc des Expositions du Champs de Mars.

​Mais si...

Souvenez-vous...

Berthe Rallu...

Et les romans de gare que nous ont successivement écrits le juge Hervé, Claude Bal et Denis Seznec...

La Berthe qui tenait - soi-disant - un café miteux, voire bordel à ses heures.

Où allaient se désaltérer (et plus si affinités...) les acheteurs du Parc d'exposition d'en face.

C'est que nos auteurs ne connaissent pas Paris et l'avenue de La Bourdonnais.

Qui est tout ce qui se fait de plus chicos...

Comme vous le prouvent les cartes postales qui suivent :

1/ L'Hôtel de La Bourdonnais (au 113)

2/ L'Hôtel de L'Exposition (au 111)

3/ Le 115, avenue de La Bourdonnais :

Revenons à notre "Berthe"...

Qui s'appelle en fait Marie Henriette Félicité...

 Geneanet de Thierry Lefebvre

Marie Henriette Félicité Masson est née le 16 mars 1879 à Issarlès en Ardèche.

Elle se marie le 8 mai 1906 à Paris 9e avec le sieur Georges Alphonse Louis Rallu.

Né le 28 octobre 1879 à Paris 8e.

Et exerçant la profession de charcutier.

L'ami Georges est un vrai Parigot...

Comme nous le prouvent ses différentes adresses sur son Registre Matricule :

En avril 1912, Georges et Marie emménagent 113 avenue de La Bourdonnais.

C'est sans doute elle qui tient le commerce de février 1916 à décembre 1918 où notre Georges est fait prisonnier par les casques à pointes.

Le 3 juillet 1920, Georges Rallu quitte la capitale pour Langres.

Sans doute au moment de son divorce avec Marie Henriette Félicité.

Un divorce du 25 novembre 1920 au profit de la dame :

En 1922, l'annuaire Didot-Bottin nous apprend que, du 111 au 119 avenue de La Bourdonnais, on trouve 3 hôtels et 4 cafés (2 vins-restaurant, 1 café brasserie et 1 café restaurant).

Le 113 avenue de la Bourdonnais fait en effet face au champ de Mars.

C'est un quartier très chic entre les Invalides et le Faubourg Saint-Germain.

Au métro Ecole Militaire.

On trouve, dans L'Auto, de nombreuses petites annonces domiciliées au 113 avenue de la Bourdonnais :

L'Auto du 17 février 1920

L'Auto du 21 août 1920

L'Auto du 7 juin 1921 (Francis = Gherdi ???)

L'Auto du 15 septembre 1921

Résumons-nous...

Berthe Rallu s'appelle en fait Marie Henriette Félicité Masson.

Et son établissement est loin, bien loin d'être un bordel.

Comme nous le laisse supposer ce bastringue de Claude Bal.

"Elle n'était ni belle, ni fraîche, ni charmante, mais elle inspirait le vice."

Il s'est lâché, là, en page 219, Claude Bal !!!

Cette photo date plutôt du 14 juillet 1919 car début juillet 1920, Georges Rallu est à Langres.

​Souvenez-vous de ce que nous écrit Seznek sur son blog :

"– Le Tambour : – acheté en 1911 par M. Rallu – propriété, après divorce (nov. 1920) de Mme Masson (ex-Mme Rallu)

vendu en février 1923 à M. Moreau, avec départ des lieux prévu au 1er juin. Berthe Masson part pour Chelles, non précipitamment, bien au contraire et avec un pécule (42500 francs+évaluation des marchandises) qui lui a permis d’acheter “Le Canon de la Marne”. Le dénommé Layac n’y est pour rien et aucun élément, mis à part les ragots de notre trio de choc, permet d’affirmer qu’il est et reste l’amant de Mme Masson.

Moreau était boucher. Rallu était charcutier.

– Alphonse Georges Louis Rallu : né à Paris en 1879, marié à Paris, en 1906 avec Mle Masson

– Marie Henriette Félicité Masson : file de cultivateurs, née dans une petite commune du canton de Largentière, en Ardèche, en 1879 (7 mois d’écart avec son mari, G. Rallu)

– Nœnœil : Emile Bourgeois, né à Champs-sur-Marne en 1884, fils d’un chocolatier local – perd un œil à la guerre de 14 – maçon, domicilié à Champs-sur-Marne – décède en juillet 1931, noyé accidentellement dans un canal – surnommé “Pitou” – aucun témoignage pour appuyer une quelconque liaison de ce “breton imaginaire” avec Mme Masson

– Bibi : Emile Alfred Ledru : né à Paris en janvier 1880 – vers 1912, en ménage avec Marie Freis (qui a une fille) – ont 2 enfants (une fils : Raymond, et une fille) – Marie Freis décède en 1921, sa première fille déménage chez Ledru (Paris 20e) pour s’occuper des enfants – en 1923, Ledru déménage pour Chelles où il a un pied à terre qui lui sert pour la pêche – en décembre 1923, se met en ménage avec Mme Masson – en 1923, il retire son fils Raymond de l’Assistance Publique pour le prendre à Chelles (ce fils est atteint de surdité) – en février 1928, Ledru décède à l’hôpital lors de soins (ancien gazé de la guerre) – son fils Raymond reste avec Mme Masson jusqu’au décès de celle-ci en juillet 1930."

Et oui...

Notre Berthe est morte le 18 juillet 1930.

C'est Americo Corréa qui lui succèdera (3 Quai Auguste Prévost à Chelles) :

Chelles. Recensement 1936.

En avril 1937, le sieur Turenne Coeugniet (39 ans) se noyait dans la Marne.

En janvier 1938, Alexia Coeugniet faisait faillite.

.........................................

La première à nous parler de Berthe Rallu, c'est Marie-Jeanne Seznec (in La Liberté du 13 avril 1926) :

"Il existait, avenue de La Bourdonnais, à Paris, en face du parc du Champ-de-Mars, où on liquidait des stocks d'autos, un café "Au Tambour", tenu par Mme Berthe Rallu. Ce café a disparu, voilà un an ou deux, englobé par un hôtel."

C'est Marie-Jeanne Seznec et non Guillaume Seznec qui parle de la Berthe.

Elle, pour sauver son homme, elle est prête à tout.

En page 23 du livre du juge Charles-Victor Hervé "Justice pour Seznec" (1933) :

Fausse adresse.

Faux lieu de naissance de Berthe Rallu.

Quel certificat médical ?

Quel alibi ?

Ce n'est pas à Chelles, mais à Paris XIIe.

Chez Hervé, c'est une inexactitude, voire plus, par ligne !

Je ne vous impose pas les délires de Claude Bal que j'ai soigneusement relus hier soir.

Tout cela a été revu et corrigé par le Rapport Camard.

Claude Bal sort son livre en 1955, et le film "Casque d'Or" de Jacques Becker sort en 1952...

Une histoire de voyous et de guinguettes...

Coïncidence ?

Je ne crois pas.

Oui, 1923, c'est la folle époque des guinguettes en bord de Marne.

A Chelles comme ailleurs.

Quoi de plus normal de voir Berthe Rallu-Masson monter sa propre guinguette ???

C'est d'ailleurs très classe d'organiser son repas de mariage, à l'époque, en bord de Marne.

Gyp n'a-t-elle pas écrit un petit opus (Flammarion) qui se nomme "La guinguette" (1911).

Hors le célèbre Renoir...

D'autres petits peintres nous donnent l'ambiance de ces joyeuses guinguettes du bord de Marne.

Ferdinand Lunel. Le restaurant Fournaise.

"Après une journée sur l’eau qui leur avait ouvert l’appétit, les canotiers arrivaient par petits groupes bruyants, suivis de leurs compagnes. « A boire ! », ils chantaient, braillaient, blaguaient. Le « jinglet », ce petit vin acide de la région, échauffait rapidement les têtes. Les femmes se débarrassaient de leurs capelines, tout en libérant les boutons de leurs corsages pour mieux respirer, ce qui ne manquait pas d’énerver les hommes. Les verres étaient avalés d’un trait. Servi par Alphonsine, qui circulait de table en table sous les clameurs et hurlements, le repas était tumultueux. Elle repérait les beaux garçons qu’elle choyait tout particulièrement. Les intimes l’appelaient « Madame Papillon » qui restait son nom de veuve."

In Genèse de l'Impressionnisme.

 

Maurice Empti. Chez Gégène.

............................

Une fois de plus...

Les défenseurs de Seznec...

N'hésitent pas à salir d'autres noms d'autres familles pour blanchir le bagnard.

Ouest-Eclair du 8 juin 1926

On peut dire et redire que les trois gus...

 Charles-Victor Hervé, Claude Bal et Denis Seznec ont obscurci de leurs mensonges une affaire, claire et simple au début.

Too bad !

 

Liliane Langellier

Lire aussi sur mon blog La Piste de Lormaye : Guillaume et le café Au Tambour.

 

Liste des docteurs en 1914.

P.S. En ce qui concerne le médecin qui aurait délivré un certificat médical de complaisance... 

En page 222 de Claude Bal : 

"Alphonse Kerné, nous nous en souvenons, fut arrêté par le commissaire Vidal, après que ce policier eût appris qu'il se trouvait au Havre, du 13 au 20 juin, chez Francine, une de ses maîtresses, puis mis hors de cause, sur la présentation d'un certificat médical de complaisance. (2)"

(2) Ce certificat médical attestait, nous nous en souvenons, qu'Alphonse Kerné était malade à Chelles le 20 juin 1923. L'alibi était faux, nous l'avons démontré, mais après son retour du Havre, Kerné resta de nombreux mois à Chelles, en compagnie de son frère Paul.

Rappelez-vous in Seznek :

"Tout n’est peut-être pas perdu. Un premier signe, bien modeste, pourrait être la divulgation du nom de ce médecin du XIIe arrondissement de Paris qui consigna par ordonnance un traitement pour la remise sur pied du camarade Alphonse… [“- je ne me souviens plus.. “… “– mais si, celui de la rue Louis Braille“]. Le coming out est dans l’air du temps, que je sache, en matière d’imposture, rien ne l’interdit."

Ce médecin qui visite Alphonse Kerné, ce n'est pas le Dr Petiot, mais...

Le Dr François Achille Jules Ducasse demeurant 15 rue Louis Braille, à Paris XIIe :

Geneanet Thierry Lefebvre

Au recensement 1906, il est à Bonnieux (Vaucluse) :

En 1914...

Il est rue Louis Braille (in Le Matin du 20 août 1914) :

 

Au recensement 1926, il est toujours au 15, rue Louis Braille, Paris XIIe :

Quant à retrouver le fameux certificat médical d'arrêt de travail de juin 1923...

Je ne suis pas Hermione Granger, la pote d'Harry Potter.

P.S. 2 Je lis que notre psy briochine a enfin édité son roman de gare sur l'affaire Seznec "Une autre histoire".

Apparemment, même les éditions Harlequin n'en ont pas voulu !

Je vous suggère - pour vous détendre les zygomatiques - d'aller voir les titres de romans publiés par sa maison d'édition.

Cette affaire Seznec ne mérite pas ce genre de livres, elle est déjà bien assez embrouillée comme ça.

"Après de longues recherches documentées" ???

Ah oui ?

Lesquelles ?

Elle écrit des choses fausses d'une écriture laborieuse de mauvaise élève de troisième.

Dire qu'elle habite un bled qui porte presque le nom de la pilule rose du bonheur !

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