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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Jenny Quémeneur. La victime oubliée de l'affaire Seznec...

Anne, Mère de Marie,
de tout coeur, nous te prions,
garde-nous de tout mal,
donne-nous le salut.

Hier, c'était la Sainte Anne...

Pour les amoureux du Morbihan comme moi...

Comment ne pas penser à Sainte Anne d'Auray, à son Pardon annuel et à...

Jenny Quemeneur...

Qui rentra dans les ordres à Notre Dame de Bonne Garde de Sainte Anne d'Auray le 27 avril 1929.

Revenons une dernière fois sur sa vie...

Et tâchons de faire oublier une bonne fois pour toutes l'image de Jenny Quémeneur véhiculée par les Seznec.

C'est une honte totale de l'avoir représentée, dans le film d'Yves Boisset, sous les traits d'Agnès Château, comme une petite bonne femme en chapeau et en fourrure, qui tortille du cul devant la presse.

C'est pour combattre cette image...

De bourgeoise pimbêche et vulgaire...

Que l'article ci-dessous lui est consacrée.

Jenny Quéméner est née à Commana le mercredi 11 avril 1883.

 

Elle est la huitième enfant du couple Yves Mathieu Quémener et de Marie Catherine Stéphan.

Une seule fille lui succédera : Marie Anne Quémener, future épouse du notaire Pouliquen.

Pierre Quémener (1877) est son frère aîné.

Louis (1884) son frère cadet.

Elle est à peine majeure quand la Grande Guerre se déclare.

Certains auteurs lui prêtent un fiancé mort au combat contre l'ennemi allemand [Je suis preneuse de tous renseignements complémentaires à ce sujet]

Après l'avoir aidé à son bistrot de Saint-Sauveur...

Encore que je l'imagine assez mal derrière un comptoir...

Toujours est-il qu'en 1923, Jenny tient la maison de son frère Pierre Quémener à Landerneau [Ker Abri acheté en 1919] avec une seule domestique : Pélagie Caradec.

Tout au long de cette affaire Seznec, Jenny fait preuve de beaucoup de retenue et de courage.

Elle n'intervient jamais d'elle-même, et reste toujours dans l'ombre de son frère Louis ou de son beau-frère Jean Pouliquen.

Sauf quand...

Folle d'inquiétude devant l'absence de Pierre, elle décide de demander plus amples informations directement au sieur Seznec.

"La vieille demoiselle" écrit Denis Seznec, toujours galant, en évoquant la visite de Jenny à la scierie de Morlaix, le 4 juin 1923.

C'est un fait, Jenny a alors 40 ans.

Elle est bien élevée, distinguée et très très pieuse.

Remarquez...

Denis Langlois - qui est tout sauf un macho -  lui octroie, lui, "une petite quarantaine".

Qu'importe !

Le frère et la soeur sont très liés et Jenny ne peut pas comprendre d'être restée ainsi sans nouvelles de son frère Pierre...

Lui qui est un si grand habitué des télégrammes et des appels téléphoniques (l'enquête nous l'a suffisamment prouvé) et qui la tient toujours très au courant de son emploi du temps...

Il n'a pas même envoyé un télégramme à sa filleule pour excuser son absence à son mariage du 27 mai.

Gardez aussi à l'esprit...

Que toutes les femmes très pratiquantes ont un confesseur/directeur de conscience qui les aide au discernement du bien et du mal dans tous les actes de leur quotidien.

Bien garder aussi à l'esprit que Henri Quémener (né en 1881) est moine chez les Cisterciens de Notre Dame de Timadeuc depuis le 7 janvier 1905.

Et que Jenny devait lui rendre souvent visite.

Voilà, sur cette photo ci-dessus, à quoi ressemblait Jenny Quémener.

Et certainement pas à une Agnès Château, poitrine en avant, rouge à lèvres et déhanché suggestif...

Sans aucun signe ostentatoire religieux, of course...

 

Alors que, dans le même film, on a refilé à une Nathalie Roussel, frais minois et visage angélique, le rôle d'une Marie-Jeanne Seznec en jolie tenue bretonne avec croix sur le corsage.

Ce pauvre Boisset s'est fait mener en bateau de A à Z.

L'ennui...

C'est que les aficionados de base de cette affaire Seznec ont littéralement a-do-ré ce mauvais film.

Où ressortent tous les mythos de Denis Seznec.

L'importance du flic Bonny, l'existence des dollars or américains, la non faillite commerciale de Guillaume Seznec, le trafic de bagnoles attribué à Pierre Quémeneur...

Qui aurait entourloupé "ce malheureux et très honnête maître de scierie".

On octroie par contre au rôle de l'immonde François Le Her [père de Denis Seznec] un acteur au physique sérieux et avantageux.

On décrédibilise totalement l'enquête [pourtant fouillée] du commissaire Vidal à qui on fait dire la phrase de Napoléon à Fouché :

"Mon cher Rouyère, vous apprendrez que l'art de la police est de ne pas voir ce qu'il est inutile qu'elle voit !"

Quant à l'épisode du bagne...

C'est au-delà du réel.

Au sujet du film de Boisset...

Lire et re-lire l'article d'Alain Delame :

Après avoir veillé jusqu'au bout avec Me Pouliquen au bon déroulement de l'héritage de ses frères et soeurs..

Le 27 avril 1929....

Jenny Quéméner est entrée chez les cisterciennes de Notre Dame de Bonne Garde à Sainte Anne d'Auray.

Où elle a pris le nom de religion de Soeur Marie du Sacré Coeur. 

Elle reçoit l'habit monastique le 28 octobre 1929.

Prononce des voeux temporaires en 1931.

Et des voeux simples perpétuels, 5 ans après, soit le 3 novembre 1936.

Dom Demazure, père abbé de Sainte Anne de Kergonan, assiste (et préside ?) à sa profession de foi.

Les deux abbayes sont peu éloignées l'une de l'autre.

La communauté cistercienne de Sainte Anne d'Auray sera transférée à Campénéac le 30 septembre 1953.

Et Jenny Quémener sera rappelé à Dieu le 27 décembre 1969.

Elle aura donc ainsi passé 40 ans de sa vie dans les ordres.

Que chacun s'en souvienne !

Et que l'on cesse une fois pour toutes de la salir et de salir la famille Quemeneur...

Qui est la vraie victime de cette triste affaire.

C'est vrai que les Seznec ne sont pas à une victime près pour blanchir le grand-père...

La liste s'allonge.

Mais la vérité s'approche...

 

Liliane Langellier

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