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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : mes questions personnelles...

La corde du mensonge est courte.
Proverbe arabe.

Il y a tellement eu de mensonges dans cette affaire Seznec...

Qu'il est, aujourd'hui, difficile de démêler le faux du vrai.

Les différents mensonges de la famille Seznec - pour blanchir son bagnard à tout prix -  n'ont contribué qu'à embrouiller un peu plus chaque fois une affaire qui était toute simple au début.

Les différents auteurs, tous plus médiocres les uns que les autres (exceptés Rouz, Langlois et Pierre), n'ont contribué qu'à ajouter des mensonges aux mensonges.

Si on veut bien regarder l'affaire Seznec avec quelques distances...

Il est des questions évidentes.

1/ La machine à écrire

Guillaume Seznec est bien allé au Havre les 13 et 20 juin 1923.

Il avait besoin d'envoyer un télégramme à Landerneau prouvant que Pierre Quémeneur s'était embarqué pour les Amériques.

Il achète là-bas une machine à écrire.

Que la police va finir par découvrir, le 6 juillet 1923, dans un petit local sous le toit du hangar de la machinerie.

Denis Langlois m'a toujours dit la surprise de Guillaume Seznec de voir réapparaître cette machine.

S'il était surpris, c'est qu'il l'avait refilée à quelqu'un d'autre ou qu'il l'avait cachée en lieu sûr.

Ou les deux.

Je pense là, bien évidemment à l'ami de Jaegher.

Le grand pote qui se vantera partout d'avoir eu en mains la foutue promesse de vente.

Sans croire au complot de la police contre le maître de scierie...

Il peut y avoir eu pressions sur Alphonse, l'artiste.

Qui a accepté de jouer le jeu, peut-être en échange de la suppression de certaines mentions délicates  sur son casier judiciaire.

Mais pourquoi Guillaume Seznec a-t-il gardé cette machine ?

N'aurait-il pas été plus simple de la balancer à l'eau (dont il était entouré) ?

Oui, pourquoi ?

2/ Les dollars-or

Ils en ont certainement gagné.

En commerçant avec les Ricains de Pontanezen.

Mais certainement pas 4.040 comme les époux l'affirment.

Même pas la moitié de cette somme.

On va dire "un certain nombre" pour pas trop se mouiller.

Et si Marie-Jeanne Seznec avait piqué dans ses dollars pour acheter le témoignage de François Le Her ?

Prouvant que Pierre Quémeneur était bien vivant après le 25 mai 1923 ?

Elle était prête à tout pour sauver son homme.

François Le Her était prêt à tout pour du pognon.

Ils se sont bien trouvés.

Seul obstacle à cette version : ce clown de Le Her aurait-il résisté à se vanter d'avoir de l'or en poche, isn't it ?

3/ La Cadillac

Il a eu un mois, Guillaume Seznec, pour se débarrasser de cette bagnole pourrie.

Qui ne l'était peut-être pas autant pourrie que ça.

Car, qui ne fait pas réviser sa voiture avant un grand voyage ?

Qui ne vérifie pas ses pneus ?

C'est encore de règle aujourd'hui.

Le garagiste Hodey de Dreux la juge capable d'aller à la capitale...

Et Seznec la juge capable de revenir sur Morlaix.

Morlaix. Recensement 1926. Masson au 26 rue de Brest.

Francis Jules Masson du garage Huitric témoigne au procès Seznec.

C'est lui qui constata que les charbons de magnéto de la Cadillac étaient en parfait état :

Ouest-Eclair 1er novembre 1924.

Masson était impartial. Il venait d'Asnières. Et ne connaissait certainement pas Seznec personnellement.

Francis Jules Masson sur Geneanet (Thierry Lefebvre)

Seznec pouvait la revendre en pièces détachées cette Cadillac...

Ou l'incendier quelque part loin de Morlaix (?)

Et bien non...

Il la garde bien au chaud chez lui.

4/ La disparition du cric de la Cadillac.

Il est devenu quoi ce cric ?

Hodey de Dreux le voit le vendredi 25 mai 1923 vers 17 heures.

Le samedi 26 mai, le garagiste Coulon de La-Queue-Les-Yvelines témoigne, lui, que Seznec n'avait plus de cric car il lui en a emprunté un.

Il fait 15 kilos ce cric.

Et quel conducteur, victime de crevaisons à répétition, perdrait son cric ???

Les juges, eux, ont été persuadés que ce fut l'arme du crime.

"Le cric de l’automobile a été perdu, dit Seznec, au cours du voyage tragique, par suite des circonstances dont il ne peut pas se rendre compte, mais, de son aveu, à peu près dans les heures et sur le parcours où est intervenue la disparition de Quémeneur. L’idée s’impose que cet outil, qui devait peser 15 kilos au moins, étant donné le poids de la voiture, a servi à perpétrer le crime, du moins à assurer la suppression du cadavre. Le trouble de Seznec a été visible quand on l’a pressé de s’expliquer sur ce détail et qu’il n’a pu le faire de façon satisfaisante."

in L'acte d'accusation de début novembre 1924.

 

5/ La confection des faux

J'ai été frappée par les mots du procureur Guillot :

"- Seznec, votre crime, vous l’avez signé trois fois du nom de votre victime : par les fausses promesses de vente, par votre faux télégramme, par votre fausse inscription sur le carnet de Quemeneur."

Pas très fûté d'avoir inscrit les prix des billets hors les taxes sur le petit carnet.

C'est du bricolage d'amateur.

Idem pour les promesses de vente.

Le faux télégramme étant la cerise sur le gâteau !

Avec recul...

On pense que Guillaume Seznec avait plus d'un mois (27 mai/27 juin 1923) pour faire tout ça...

Mais, lui ????

Il savait pertinemment que la police allait lui tomber dessus tôt ou tard.

Donc, il a bricolé dans l'urgence.

Et, la bricole, ça le connaissait !

Ah ! Si la découverte de l'ADN n'avait pas été si tardive...

Si la police scientifique avait pu l'utiliser en 1923....

On n'en serait pas là à ergoter.

6/ La rage de Marie-Jeanne Seznec contre la police

Tellement symptomatique...

Cette rage contre la police...

Qu'elle accuse de tout...

De n'importe quoi...

Et du pire.

La police de Vidal et de Cunat avait fait un sacré bon boulot pour l'époque...

Et le Morlaisien s'était bel et bien enferré dans ses mensonges qui l'avaient désigné comme coupable.

Alors, la Bretonne, elle a quand même un sacré culot !

"Hargneuse, essayant de noyer les questions sous un flot de paroles, elle continuait son réquisitoire contre la police, les juges, les témoins, la famille Quémeneur, contre tout le monde." écrit Claretie.

Et cette pauvre bonne Angèle Labigou - à qui Guillaume Seznec a osé emprunter du fric - répète les termes de sa patronne comme un mantra.

Même si le petit-fils le pense...

Ce n'est pas de hurler plusieurs fois des menteries à la face de la justice, de la foule et des médias que ça les rend véridiques !

............................

Et oui....

Avant d'aller chercher un espion du FBI....

Avant de raconter la love story torride de Quémeneur/Marie Jeanne...

Ou son viol devant les yeux de son gamin...

Il y a peut-être plus urgent ?

L'urgence de remettre cent fois son ouvrage sur le métier.

 

Liliane Langellier

P.S. Je lis que la page Facebook de Denis Seznec est infestée de propos racistes.

Il aurait repris sa cape de "Zorro" ???

C'est donc avec joie que je lui offre ce proverbe arabe :

"La corde du mensonge est courte" !!!

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