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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec. Rappel : Les mythos de Denis Seznec dans son livre "Nous, les Seznec"...

Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière.
Jean 15, 26-27.

Sur une sympathique petite page Facebook...

Je viens d'être interpellée par une Nogentaise qui, ne connaissant rien des derniers soubresauts de l'affaire Seznec, nous soûle avec l'ouvrage incontournable de Denis Seznec.

Comme j'ai évoqué la possible venue de Michel Pierre à Nogent-le-Roi pour une conférence cet automne...

Madame me demande d'inviter aussi Denis Seznec...

Heureux celui qui ne sait pas !

A la fin de l'une de ses conférences...

Michel Pierre m'a raconté avoir rencontré des Bretons qui en pleuraient de découvrir les mensonges de Denis Seznec.

Je reprends donc ci-dessous les plus graves...

...........................................................

1/ Pierre Bonny, le célèbre inspecteur, n'est en rien pour l'enquête Seznec.

A l'époque, il est un porte-serviette, simple stagiaire, auprès du commissaire Achille Vidal.

Il s'illustrera plus tard, bien plus tard...

En 1934 dans l'affaire Stavisky.

Derrière Garnier, Bonny.

Pour effacer ce lourd mensonge...

Il a fallu un ouvrage de Guy Penaud :

Où sont repris un à un tous les actes signés par Pierre Bonny dans l'affaire Seznec.

Lire sur ce blog le remarquable article du regretté Alain Delame :

Pour en finir avec l'inspecteur Bonny.

 

2/ La grâce du général de Gaulle 

Reprenons Seznek dans "L'affaire Seznec revisitée" :

p. 379 : ” Cette grâce que certains attribueront à Vincent Auriol…. nous savons, dans ma famille, que c’est au général de Gaulle que nous la devons et que c’est un de ses ministres, M. Tanguy-Prigent, qui est intervenu auprès du Général “

… il n’est pas une intervention publique de l’auteur sans qu’il soit question de la grâce de De Gaulle –  cependant, il s’agit bien d’une remise de peine collective accordée par Félix Gouin en février 1946, Charles de Gaulle ayant démissionné quelques semaines avant – le décret était-il dans les tuyaux ? probable – on est, à cette date, dans le cadre de la fermeture effective du bagne de Guyane, en conséquence les remises de peine sont courantes et conduisent à des rapatriements en nombre – vouloir à tout prix faire croire qu’il y ait eu une attention particulière par de Gaulle pour le bagnard Seznec, cela fait bien dans le tableau, mais c’est de l’histoire à la petite semaine, ou alors, comme pour les autres affirmations, il faut prouver, cela permettant de clore le sujet (dernièrement, lors de son audition à la mission d’information sur la justice pénale, l’auteur a évoqué un courrier de de Gaulle transmis à la famille, il serait peut-être intéressant d’en savoir plus).

Lire aussi sur mon blog La Piste de Lormaye : 

Non, de Gaulle n'a jamais gracié Guillaume.

 

3/ La scierie de Guillaume Seznec n'est pas prospère, mais au bord de la faillite fin juin 1923.

Chez Seznek encore :

p. 69 : “… La scierie est une entreprise prospère ” “… “Donc, en cette année 1923, tout va plutôt bien pour les Seznec

Réalité ou fiction ? – à vous de juger…

Si l’on s’en tient à la déclaration de dépôt de bilan présentée par Maître Belz, on peut en déduire que la situation est plutôt satisfaisante et que ce dépôt de bilan est plutôt tactique (éviter d’urgence la saisie mobilière effective, relative à l’affaire Caillet). Pour autant cela n’aide en rien à la trésorerie de la scierie et de la famille. Aucun élément ne vient étayer le constat d’une quelconque prospérité, tout vient plutôt renforcer l’idée que Guillaume Seznec est en proie aux difficultés financières accentuées par un bon nombre de procédures judiciaires en cours ou qui se sont soldées par un jugement à son désavantage.

Examinons de plus près les éléments. M° Belz, liquidateur nommé en juillet 23, remet un inventaire en février 1924. L’actif est (sur)évalué à 300 000 francs, le passif (sous)évalué à 260 000 francs. Peu avant, la régularisation de créances urgentes a nécessité la vente de biens (marchandises, chevaux, charrette) pour 17 000 francs. Ce bilan qui dégage un résultat positif est un leurre, tant le compte d’exploitation est déséquilibré : l’en-cours de règlements/clients est inexistant, la situation bancaire n’apparaît pas… Guillaume Seznec n’a aucune trésorerie, il jongle au jour le jour pour payer ses salariés, ses fournisseurs… rien à voir avec une entreprise prospère.

Côté litiges, procédures, dettes diverses… qu’en est-il ? :

– 1921 : divers jugements (4) pour somme globale de 12 000 francs

– 1922 : 1 200 francs contre Tréal……..23 000 francs contre marquis de Lescoët

– 1923 : 15 600 frans contre Caillet

– ………. affaires Souêtre, Crédit Nantais, Cie Gle d’Assurances

– dettes envers Angèle Labigou (la bonne), Samson (le chauffeur), Bergamasco, Le Grand, Le Bail, Fleuriot, Léon,  Pouliquen (Relecq-Kerhuon), Paul

Cette liste non exhaustive montre qu’en mai 1923, Guillaume Seznec se débat dans diverses affaires judiciaires – avocats, juges, huissiers sont ses interlocuteurs quotidiens… en fait, tout va plutôt mal pour la famille Seznec.

Dans les semaines qui suivent la publication de la publicité légale concernant la liquidation judiciaire, les créanciers se manifestent – ils seront finalement 50 à présenter leur créance à Maître Belz.

 

4/ Le chef de la Sûreté Générale n'est pas Lannes mais Marlier en 1923

Là encore un argument de Denis Seznec pour hurler à la collusion politique/police contre son grand-père !

Chez Seznek :

 p. 116 : “A cette époque, le chef de la Sûreté, le contrôleur général Lannes, est le beau-frère du président du Conseil, Raymond Poincaré…”

faux et impardonnable. Le vrai patron de la Sûreté Générale est Louis Florentin Marlier, protégé de Millerand, ancien de la Préfecture de Police de Paris, remplacé en 1924 par Chiappe, car nommé préfet de Corse. Lannes,  ancien fonctionnaire de police dans l’Allier, à Marseille, à Rouen, peu présent à la direction de la Sûreté (travaille plutôt à domicile), s’occupe surtout de tableaux d’avancement pour le personnel et de plans de carrière (dont le sien) et lorsqu’il s’occupe d’opérations de police, il semble le faire avec une incompétence remarquable… (cf. affaire Philippe Daudet)

 

5/ Le commissaire Achille Vidal n'a jamais été l'amant de Mlle Héranval, vendeuse du Havre

Ce mensonge-là, je le cite, car il est de coutume dans la famille Seznec : Marie-Jeanne d'abord, puis Jeanne, et enfin Denis, de salir d'autres personnes pour blanchir leur bagnard !

Ce mensonge lui permet de décrédibiliser les témoins du Havre.

Et de souligner leur collusion avec la police !!!

Ouest-Eclair du 28 juillet 1923

in Seznek :

p. 244 : “Dans l’après-midi on appelle les témoins. Le premier est le commissaire Vidal. Une photo en première page de l’Ouest-Eclair a montré le “beau Méridional”, comme le surnomme la presse, se dirigeant vers le palais de justice de son pas décidé… A ses côtés, Mle Héranval, dont nous savons – mais on l’ignore encore à l’époque – les liens particuliers qui l’unissent au policier”

– est-il bien nécessaire de tomber si bas ? vacherie, erreur et ragots mensongers, difficile de faire pire. La photo dont il est question a été prise plus d’un an avant le procès, à Morlaix, Vidal conduisant Mle Héranval à la convocation du juge. L’auteur, confondant le Jarlot avec l’Odet, enfonce le clou et nous reparle de cette photo en page 551. Concernant l’insinuation de relations privilégiées entre le commissaire et le témoin, j’espère que Denis Seznec s’est fait fort de lire ce passage savoureux lors de sa rencontre inopinée, au Havre, lors d’une signature, avec la personne concernée.

l’auteur aurait pu avoir l’élégance de tenir compte des déclarations faites en 1955 par Mle Héranval et M. Hodey, il a préféré la version rumeur et ragots, c’est lui qui voit…

6/ Le mensonge qui m'a fait basculer en janvier 2007 : celui sur le destin de Barthelemy Spor

Qui permettait d'accréditer un vaste trafic de Cadillacs.

Et que j'ai découvert sur le forum de Marylise Lebranchu.

Chez Seznek :

p. 84 : « Cet homme (Barthélémy Spor), mon grand-père l’a connu à Morlaix et, quand il est venu à Brest, l’a aidé à s’installer, notamment à s’acheter un tour. »

des précisions nous aideraient à y croire… sinon, c’est du roman

 « des recherches seront entreprises sur cette famille, dans le cadre de la révision du procès de mon grand-père, mais elles n’aboutiront pas… »

malhonnêteté intellectuelle : une personne adhérente de l’association France-Justice (Catherine Clausse) nous donne des précisions sur la famille Spor –  le plus facilement du monde, elle en a retrouvé la trace à Pantin. Le garagiste décède en 1959. Tout cela, l’auteur ne peut l’ignorer.

"BARTHELEMY SPOR

Barthélémy Aimé, dit Emile, est né en 1886 à Paris. Il vint en Bretagne en 1917. Garagiste de Lambézellec, Passage St Martin à Brest (inscription de son exploitation au RC de Brest en date du 07.12.1920, n°2908), il obtint l'entretien des locomotives utilisées par les Américains sur le port. Guillaume Seznec l'aida à s'installer et à acheter un tour. Il assurait l'entretien de la camionnette du maître de scierie et connaissait Pierre Quemener. Il n'est pas impossible qu'il se soit mêlé, lui aussi, du trafic de voitures américaines. Il quitte la Bretagne, en mai 1923 pour Paris, il confia la direction de son garage à son employé Gabriel Gouez, le chargeant de remettre les recettes à ses deux filles. Il ne fit aucune réapparition et ses filles, elles-aussi, s'éclipsèrent mystérieusement. L'inscription au registre du commerce fut radiée dans les années 50. Nous avons cependant pu retrouver sa trace. En 1925, sa fille Marcelle se marie à Pantin. En 1932, son fils Louis Gabriel se marie lui aussi, au Pré-ST-Gervais. En 1938, nous retrouvons Barthélémy Spor à Pantin, où il est toujours mécanicien auto,avec son
épouse Louise, employée à la
Manufacture des Tabacs et son fils Aimé Louis (qui se marie la même année). En 1947, année du retour de Guillaume Seznec, il demeure à Annet-sur-Marne. Nous avons pu contacter la famille qui nous confia que l'arrière-grand'mère (mère de Barthélémy), originaire de Lorraine, avait une branche familiale apparentée au Maréchal Ney. Il nous fut répondu également qu'elle n'a jamais eu de renseignements sur ce garage de Bretagne et encore moins sur une "fuite" vers la Capitale en 1923.

Il décédera en 1959, où, comble d'ironie...il demeurait au 16, rue des ... Carrières d'Amérique !"

 

 

7/ François Le Her, le père de Denis Seznec, n'était pas un saint mais un pédophile notoire et un mythomane qui a évité de justesse, lui aussi, la cour d'Assises.

On peut donc facilement remettre en cause son témoignage de juillet 1923.

L'Action Française du 29 octobre 1924

Et tous les mensonges et les chantages à sa femme qui ont suivi.

Lire sur ce blog :

Pour en finir avec François Le Her

8/ Le juge Charles-Victor Hervé - auquel Denis Seznec se réfère continuellement - souffrait de problèmes psychiatriques graves

Il avait notamment vu apparaître Sainte Thérèse de Lisieux lui demandant de construire une chapelle...

Lire sur ce blog :

Charles-Victor Hervé

Avec des documents inédits fournis par Michel Pierre.

 

9/ L'autre auteur vénéré par Denis Seznec : Claude Bal.

Un mytho bellâtre qui traîne en vain dans les couloirs de Paris-Match, et, qui a séduit (et abandonné) successivement Jeanne et Francette Le Her/Seznec...

Lire sur ce blog :

Le grand bal-tringue

 

10/ Les dollars or : le mythique trésor de guerre de Guillaume Seznec

Personne ne l'a jamais vu !

Personne n'en connaît le montant exact !

Oui, avec leur blanchisserie brestoise, les Seznec ont pu profiter de la manne des dollars qui s'est abattue sur le Finistère en 1917.

Mais on est certainement loin, très très loin des 4.040 dollars évoqués par Guillaume Seznec !

Lire sur ce blog :

Les dollars-or, mythe ou réalité ?

in Le Petit Breton du 2 novembre 1924

Je pourrais continuer ainsi pendant des heures.

Ne croyez pas que je me sois réjouie des mensonges de Denis Seznec.

S'ils ne m'ont certes pas fait pleurer...

Ils ont déclenché en moi une rage invincible et l'envie de savoir...

Ainsi...

Pas de complot de la police, pas de trafic de Cadillacs en 1923, pas de richesses de Guillaume Seznec qui aurait fait faillite même sans ce procès...

Pour ceux qui veulent aller plus loin...

Lire la page de "L'affaire Seznec revisitée" consacrée aux mensonges du livre "Nous, les Seznec"...

Ne lisez surtout pas le livre de Denis Seznec "Nous, les Seznec"...

Il va vous embrouiller la tête.

Préférez-lui de loin l'un des trois ouvrages de référence : Bernez Rouz, Denis Langlois et Michel Pierre.

 

Liliane Langellier

 

P.S. Lire l'arrêt de la Cour de Cassation du 14 décembre 2006.

 

La rivière Auge à Lormaye. Photo Roger Tempête.

P.S.2  Je suis la seule, dans l'affaire Seznec, à avoir reconnu que la piste de Lormaye, sur laquelle je travaillais, était un fake !

Lire sur mon blog Chez Jeannette Fleurs :

Lormaye. Où en est-on de l'affaire Seznec ?

Les autres se sont entêtés ou s'entêtent encore...

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