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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Kergleuchard à Plourin, la maison du malheur !

Il a fallu qu'Anne-Thérèse Seznec me présente ses voeux par SMS le 1er janvier au soir...

Et me raconte sa bien triste vie.

Pour que je réalise que la maison de Kergleuchard avait abrité deux crimes...

Ah, si les murs pouvaient parler....

François Le Her avait un très grand nombre de frères et soeurs :

"J'allais être l'aîné de dix-sept rejetons..." in Keriel en page 13.

Lire sur Geneanet.

Son frère, Jean-René Le Her, qui demeurait à Kergleuchard, a tué sa femme et son beau-père  en 1938 :

 

Le Petit Breton 6 Novembre 1938

 

Un drame de la jalousie s'est déroulé mardi,

vers 19 h. 45, au bourg de Plourin-Ploudalmézeau,

localité située à environ 7 kilomètres

dans le sud-ouest de Ploudalmézeau,

et causant une très vive émotion parmi

la paisible population.

Le sellier Jean-René Le Her, 45 ans,

demeurant dans une ferme,

au village de Ker-Gleuchard,

à environ un kilomètre du bourg de Plourin,

sur la route de Ploudalmézeau,

a tué d'un coup de couteau sa femme,

née Thépaut, âgée de 35 ans.

Cette dernière, à la suite des nombreuses menaces de mort

proférées à son endroit par son mari, et des violences répétées,

était allée se réfugier chez ses parents, au bourg de Plourin;

Le père Thépaut, cantonnier de son métier,

habite une petite maison basse ne comportant

qu'un rez-de-chaussée.

C'est là que, ce soir, Le Her, qui était sous l'influence

de la boisson car cela lui arrive fréquemment,

alla rejoindre sa femme.

Il eut une discussion particulièrement violente en présence

des époux Thépaut, reprochant à sa femme son inconduite

et la menaçant si elle ne revenait pas auprès de lui.

Comme celle-ci refusait de le suivre, l'ivrogne s'arma d'un couteau

et se précipita sur elle.

Le père Thépaut tenta de désarmer son gendre, mais il n'était pas de force à lutter

avec Le Her qui le blessa d'un coup de couteau et frappa aussi sa femme

qui s'écroula en sang.

Le coup avait été mortel.

Tandis que les voisins, dont l'attention avait été attirée par les cris,

se précipitaient chez les époux Thépaut,

le meurtrier prit la fuite et rentra chez lui où il se barricada.

La gendarmerie de Ploudalmézeau fut aussitôt alertée et le chef de brigade Creff

accompagné des gendarmes Le Corre et Gronc, se rendirent sur les lieux.

Ils étaient rejoints dans la soirée par le capitaine Meunier, commandant les brigades

de gendarmerie de l'arrondissement ; l'adjudant-chef Coupa,

puis par le Parquet de Brest compose de MM. Daigre, substitut du procureur

de la République ; de Lapeyre, juge d'instruction, et Cocaign.

A l'heure où nous téléphonons ces lignes, nous ignorons encore si les gendarmes

ont pu s'assurer de la personne de Le Her, lequel à 22 heures,

était barricade à son domicile.

La victime s'occupait de la ferme des Kergleuchard.

Elle avait trois jeunes enfants, mais ceux-ci avaient dû être confiés

à l’Assistance publique.

Quant au meurtrier, il a déjà été condamné plusieurs fois, pour des faits de violence.

 

 

LES AVEUX DU CRIMINEL

M. de Lapeyre fit remarquer à Le Her l'inutilité de ses dénégations

devant les marques si évidentes de son crime.

— Moi ? dit-il; mais je n'ai rien fait.

— Et ce stylet et ces marques de sang ?

— Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il y ait du sang chez moi.

Je tue assez de bêtes dans la campagne comme cela !

Outre son métier de bourrelier, Le Her est en effet assez souvent requis

pour saigner un veau ou un porc dans les environs.

Il montra même la peau d'une vache récemment sacrifiée par lui.

Mais la peau n'était pas tachée de sang.

A la fin, M. de Lapeyre fit remarquer au bourrelier ses blessures et en particulier les coupures de ses mains, évidemment faites par les carreaux brisés par lui sur la fenêtre des Thépaut.

Acculé, lassé aussi et peut-être épuisé par sa perte de sang, Le Her quitta son air bravache.

— J'ai fait le c... ! dit-il.

Je vais tout vous avouer.

Oui, c'est moi.

 

Ouest-Eclair 2 novembre 1938

....................................

Qui, 26 octobre 1948

François Le Her, Jeanne, Jean-Claude (16 octobre 1934) et Francette (10 janvier 1937) s'installent à Kergleuchard en 1939.

Jeanne Le Her Seznec en page 179 du livre de Claude Sylvane :

"La maison de Kergleuchard était celle où mon mari avait passé les premières années de son enfance. Elle n'avait qu'une seule pièce, très grande, que j'avais partagée en deux par des tapis tenant lieu de cloison. Elle se trouvait à deux kilomètres environ de la mer, à vol d'oiseau, tout près d'une rivière et était entourée d'un hectare de terrain. Elle remplissait me semblait-il, toutes les conditions de la demeure décrite par ma soeur dans mon rêve, sauf que ce n'était pas une maison blanche.

Elle devait pourtant le devenir trois ans plus tard quand mon mari se décida à la recrêpir avec des moyens de fortune : un mélange de ciment et de terre réfractaire qui, contre toute attente, devint, en séchant, d'un blanc éclatant."

Et puis là...

4 octobre 1948...

 

 

Paris-Presse 5 octobre 1948

Ce soir, 5 octobre 1948

Qui, 18 juillet 1949

Lire sur mon blog La Piste de Lormaye :

Le huis-clos de la mort de François Le Her.

Et sur ce blog :

Pour en finir avec François Le Her

Ainsi...

Cette triste petite maison...

A donc abrité deux crimes à dix ans d'intervalle.

Même si Jeanne Le Her a tué son époux en état de légitime défense.

Et que son mari, François Le Her, était un horrible monstre pédophile qui la battait.

Qui dit mieux ?

Quelle famille, mais quelle famille les Le Her !!!!

Pas surprise que Denis Le Her ait préféré porter le nom de son grand-père Seznec.

 

Liliane Langellier

 

La maison aujourd'hui. Photo envoyée par Godoc.

 

Kergleuchard sur Google Maps.

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