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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Pour en finir avec Jean Bouchard à Dreux.

" La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire.."
Flaubert, Madame Bovary.

Ouest-Eclair du 20 octobre 1924.

J'ai du Bouchard un peu partout...

Alors, j'ai décidé de tout regrouper ici.

Pour faire simple.

En octobre 2014...

J'avais dû aller aux archives de Chartres et à celles de la ville de Dreux pour mes recherches.

Car les archives n'étaient pas encore numérisées.

Et on m'a autorisée à photographier ces archives pour les mettre sur mon blog.

Elles me connaissent et me suivent, les petites archivistes.

Jean Bouchard est bien né à Dreux le 2 septembre 1906.

Son père, c'est Léon Eugène Bouchard.

Oui, le maréchal ferrant de la rue du Valgelé.

Il est décédé le 2 juin 1917.

Au 57, rue du Bois Sabot.

Jean a alors 11 ans.

Il est de la Classe 1925 (ces années-là, on passait le conseil de révision à 19 ans).

Vous pouvez lire que, sur son R.M., il habite Paris 14e, 47, rue de Montparnasse.

Où il est mécanicien en automobiles.

Donc l'ami Jean Bouchard serait parti faire son apprentissage à Paris.

Et sans doute à 14 ans, en 1920.

Pour être mécanicien automobile.

Puisque c'est le premier job qu'il écrit sur son Registre Matricule en 1925 !

Même s'il devient grainetier par la suite.

Pour reprendre le commerce de sa mère.

Ce qu'il sera toujours lors de son mariage le 28 juin 1930.

Curieux parcours.

D'autant plus curieux, que je crois avoir bien lu qu'il va devenir bistrotier.

Enfin, en tout cas qu'il l'est en juin 1938....

Et à Villemeux encore... Le village le plus proche de Chaudon !

Il est mobilisé en 1939.

Il est mort à Villemeux le 8 juin 1969. 

Attention !

La route Paris / Brest n'était pas la même à l'époque.

Grâce au blog "Dreux par Pierlouim", j'ai le parcours exact de la N12 en 1923 :

"La nationale 12 de Paris à Brest empruntait en 1923 (en fait jusqu'en 1960) le même chemin que l'ancienne route de Paris en Bretagne.: De Paris entrée av du gal Leclerc,Rue St Jean, rue Parisis, montée par la rue d'Orfeuil le Bois Sabot pour terminer avenue des Fenots. La "rocade" rejoint ces deux extrémités actuellement hors de Dreux en évitant le centre ville..."

Dans l'annuaire de l'Eure-et-Loir 1923, il ne figure ni dans les garagistes, ni dans les mécaniciens.

Alors que, l'ami Emile Hodey, lui, est en bonne place.

Je n'ai trouvé de Bouchard nulle part...

Si, une pauvre Veuve Bouchard que j'ai retrouvée, par hasard, toujours dans le même annuaire, et qui habitait 57, rue du Bois-Sabot. Cette rue est très proche du garage Hodey. Elle démarre à la rue d'Orfeuil. Continue dans l'avenue des Fenots. Qui finit par rejoindre la Nationale 12.

Oui, oui, rassurez-vous, j'ai bien pensé qu'il ne pouvait être qu'un employé. Que les pompes à essence ne devaient pas manquer sur cette route très passante. Mais aucune trace de mon Bouchard nulle part. Et pourtant il a témoigné...

Bernez Rouz en pages 153/154 :

"A Dreux sur le chemin du retour, Seznec fait le plein d'essence chez Jean Bouchard : "J'ai demandé au propriétaire de la voiture l'entonnoir pour verser l'essence. C'est lui-même qui s'est dérangé pour le prendre à l'arrière de la voiture dont les rideaux étaient fermés. A ce moment j'ai pu voir à l'intérieur de la voiture, sur le siège et sur le plancher, une toile ou une couverture noire qui devait recouvrir plusieurs colis à en juger par le volume."

La Dépêche de Brest du 1er novembre 1924

"Je lui ai vendu 20 litres d'essence…"

Et oui, Hodey n'avait pas de bornes à essence.

Il lui a vendu des bidons d'essence :

Et puis...

Sur la Cadillac type 57, le réservoir est sous la banquette arrière. Le bouchon de remplissage est directement sur le réservoir donc à l'arrière.

A cette époque, l'essence présentait des impuretés. Le manuel d'instruction Cadillac type 57 page 45 indique que l'essence devra être passée à travers une toile métallique à mailles très fines avant d'être versé dans le réservoir.

Le Matin du 1er août 1923

"Ce n'est que le lendemain soir 26 mai, vers 17 heures que je vis réapparaître Seznec avec sa voiture. Il n'avait plus son compagnon de voyage. Il m'acheta alors 4 bidons d'essence, soit 20 litres."

Dans Le Matin du 1er août 1923, Hodey dit que Seznec est arrivé chez lui le 26 mai à 17 heures et qu'il lui a vendu 4 bidons de 20 litres.

Dans le même article ils parlent d'une consommation de 25l/100.

Guillaume est donc arrivé à Dreux à 17 heures.

Soit 4 heures pour faire une trentaine de kilomètres.

Souvenez-vous...

"J'étais fatigué. Quémeneur faisait le Monsieur, moi, j'étais le larbin, je réparais constamment la voiture."

in Le Journal des Débats du 26 octobre 1924.

Dès le 30 juin...

Les journalistes suivent pas à pas le commissaire Vidal et ses inspecteurs, et Seznec..

A gauche Pierre Bonny et le journaliste Alain Laubreaux :

Le Petit Parisien du 1er juillet 1923

La presse a joué un rôle capital dans l'affaire Seznec (article à venir).

Ci-dessous : Cherisy/Dreux avec la ferme Bel-Air en bas à gauche.

Les Pâtures en bas à gauche.

S'il a bien tué Pierre Quémeneur...

C'est dans cet espace temps et dans ce lieu entre La-Queue-Les-Yvelines et Dreux.

Et certainement plus vers Chérisy.

Qu'il a enterré le corps.

Le témoignage d'Ernest Closset reste et demeure valable.

Ouest-Eclair du 31 juillet 1923.

Lire ici sur La Piste de Lormaye mes articles sur Jean Bouchard.

 

Liliane Langellier

 

 

P.S. 900 commentaires sur ce blog Seznec Investigation.

Même en supposant que j'ai répondu à tous...

On a quand même dû dépasser les 500 avec toutes les injures que j'ai supprimées.

 

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T
Seul Langlois mentionne un arrêt à Broons au retour pour remettre de l'essence. Dreux - Pré en Pail - Mayenne - Vitré - Rennes - Broons ça fait environ 330 kms, il lui fallait 66 litres en tablant sur une moyenne de 20l/100. On ne sait pas chez qui il a ravitaillé dans cette ville ni pourquoi il ne l'a pas fait lors de son arrêt à Mayenne chez Brilhault après une énième crevaison.
Répondre
T
Schwartz a donc vendu à Seznec 1 bidon de 5 litres, Coulomb 10 bidons de 5 litres et Hodey 4 bidons de 5 litres, soit 75 litres, la capacité du réservoir de la Cadillac je crois. Pour aller de La Queue-lez-Yvelines à Dreux, il a consommé 6,4 litres si on prend une moyenne de 20l/100.
Répondre
L
Cher Thierry…
J'écrivais sur mon blog La Piste de Lormaye, le 3 octobre 2014 :
Samedi 26 mai 1923 : En panne sèche, il achète un bidon de 5 litres au laitier Schwartz. Il prend 55 litres d'essence à La Queue-lez-Yvelines (10 bidons de 5 L + un autre de secours). Soit 60 litres.
Voilà donc notre Guillaume avec 60 litres d'essence dans le réservoir.
La Queue-lez-Yvelines - Dreux = 32 km. Pas besoin de faire un détour pour s'arrêter chez Hodey, il était sur la route de Paris. Il utilise 6 L d'essence. Il lui en reste 54. Il peut faire 324 km. Mais il éprouve le besoin pressant d'en racheter chez Emile ?
Il ne pourra pas en prendre plus de 20 L puisqu'il en a environ 54 L et que le réservoir en contient 76 L.
Dreux / Morlaix = 465 kilomètres en 1923 (in Guide Michelin 1922 : Morlaix / Paris = 536 km - Dreux / Paris = 71 km). (437 km aujourd'hui avec les autoroutes et les rocades pour éviter les villes)
Même avec un plein, soit 76 L, il ne peut faire que 410 km.