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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : le fantôme de Thérèse Malet.

Je ne crois évidemment pas aux fantômes. Si vous en aviez rencontrés autant que moi, vous n’y croiriez pas non plus.
De Don Marquis / Archy and Mehitabel

La Route Paris Brest

J'ai à peine terminé mes articles...

Que je les retrouve...

Avec leurs citations et leurs illustrations sur le blog d'Affaire Seznec Discussion.

On peut dire que la blogueuse ne se fatigue pas beaucoup.

Elle copie, c'est tout.

Et elle délire des lignes et des lignes à partir d'outils pourris trouvés lors des fouilles, ou sur la couleur des fleurs cueillies par Quémeneur pour Marie-Jeanne (si, si...).

Alors, on reprend…..

Je viens d'éplucher les archives des Yvelines pendant des heures...

Pas de Thérèse Malet à l'horizon...

Ni à Gambais, ni à Bazainville, ni à Millemont, ni à Perdreauville….

Pas une seule "Thérèse" aux recensements 1921 et 1926 de Bazainville.

Une seule "Marie-Thérèse" Berdellé au recensement 1921, domestique au château des Beurons, à Perdreauville.

Pas une seule "Thérèse" aux recensements 1921 et 1926 à Millemont.

La seule Malet enregistrée sur le net est la veuve d'un sergent Alard tué pendant la Grande Guerre.

Et, là, les 3 seuls sergents Alard (morts pour la France) que j'ai trouvés sont :

- Cornil Arthur Alard de Roubaix (1880-1916),

- Léon Alard de Narbonne (1889-1919)

- et Désiré Alard de Tourcoing (1890-1916).

Trois auteurs citent le témoignage de Malet.

Bernez Rouz d'abord.

Et, là, il fut le premier.

Guy Penaud, ensuite, qui a largement copié sur Rouz.

Et Denis Langlois dans son deuxième opus.

C'est à l'intersection de la D 112 et de la N 12 que Thérèse Malet voit la voiture.

"Ainsi, Mme Thérèse Malet, affirmera que, vers 23 heures, elle avait remarqué une voiture garée au bord de la route, à l'intersection de la route de Paris vers Bazainville (Yvelines) (c'est à dire à une dizaine de kilomètres de Houdan vers Paris). Il n'y avait qu'un seul homme à bord. Elle fit part de son étonnement aux enquêteurs dans les termes suivants : "Voilà donc un homme qui place sa voiture au dehors de la route, qui se cache, qui ne réclame aucun secours et qui finalement abandonne sa voiture". Elle remarqua surtout que "la capote était placée comme quand il pleut. Le rideau de droite était entièrement fermé, le rideau de gauche mis sur les places arrières seulement."

(Déposition Thérèse Malet du 20 juillet 1923)

in Guy Penaud, en pages 59/60.

Oui...

Une voiture de cette taille sur le bord de la route, ça se remarque...

D'autant plus qu'en 1923, il n'y avait guère de circulation la nuit sur la Nationale 12.

Population : 39.750.000 Français en 1923.

Touring Club de France

330.000 véhicules en circulation en 1920.

Bazainville. Intersection D 112 et N 12. Au-dessus : l'Avenue de Paris D 912.

Ce n'est point besoin de me le dire...

Je sais que le tracé de la Nationale 12 actuel n'est pas tout à fait celui de la route de Paris à l'époque de l'affaire Seznec.

Lire le sympathique blog : sur ma route Nationale 12.

Tout cela dépend de Bazainville :

Intersection de la D 912 et de la D 112.

Archives personnelles.

Dans L'Action Républicaine du 4 juillet 1923 :

"Arrivé vendredi à 11 h 1/2 du matin, en compagnie des policiers, Seznec fut gardé vue au commissariat de police ; à 4 heures de l’après-midi, après une visite au Parquet, M. Romillat, procureur de la République, M. Girod, juge d’instruction ; M. Baumelou, commissaire de police, montaient en automobile, accompagnés de M. Vidal, de ses agents, de Seznec à qui ils firent faire le trajet qu’il avait déclaré avoir fait le 25 mai.

Tout d’abord M. Seznec avait dit que M. Quemeneur en présence des pannes d’auto qui se renouvelaient et qui était pressé de se rendre à Paris, avait pris le train à la gare de Dreux, puis que lui s’était dirigé seul sur Paris, où son compagnon lui avait donné rendez-vous, mais qu’avant de gagner la Queue-les-Yvelines, il avait encore eu une panne, et qu’il avait garé sa voiture dans un chemin aux environs de Millemont, petit bourg entre Béhoust et la Queue-les-Yvelines et qu’après avoir passé la nuit dehors, il avait pu faire faire les réparations dont sa voiture avait besoin et qu’il était reparti pour gagner la Bretagne.

Toutes ces explications ayant semblé louches à M. Vidal, celui-ci le ramena le soir à Dreux où il arriva à 10 heures du soir. Après avoir pris un léger repas, un nouvel interrogatoire recommença pour prendre fin à trois heures du matin, mais M. Seznec ne voulait pas entrer dans la voie des aveux, et le lendemain à 11 heures, il montait en voiture pour faire le parcours Dreux à Paris. A Houdan, les policiers acquirent la certitude que M. Quemeneur et M. Seznec avaient dîné, le soir du 25 mai à l’Hôtel du Plat-d’Etain, qu’à la gare, l’automobile contenait encore deux voyageurs, ce qui est la preuve la plus évidente que M. Quemeneur n’avait pas pris le train à Dreux, puis passé Houdan on perd la trace de M. Quemeneur.

Détail bien compromettant pour M. Seznec qui dit n’avoir pas dépassé avec sa voiture, la Queue-les-Yvelines, mais sur les roues de son automobile, on a relevé des traces de goudron, or il n’y a du goudron sur la route que loin de la Queue-les-Yvelines au environs de St-Cyr-l’Ecole, donc on peut penser que Seznec, au lieu de passer la nuit dans sa voiture à Millemont, a pu se rendre à Paris dans le courant de la nuit.

Cette deuxième enquête terminée M. Vidal et ses agents ont emmené à Paris, leur prisonnier, car un mandat d’arrêt avait été délivré contre lui par le Parquet de Brest.

Samedi, M. Baumelou accompagné de deux agents emmenant les chiens policiers s’est rendu au Quatre-Piliers pour fouiller les bois dans la forêt de Rambouillet. Leurs recherches sont restées sans résultat et au cours de l’après-midi, le bruit se répandait à Dreux qu’on venait de trouver le cadavre de M. Quemeneur dans les carrières de Comteville ; bruits erronés lancés par quelque Lemice-Térieux et dimanche, lundi, les bruits persistant M. Baumelou accompagné de ses agents, de ses chiens policiers et des gendarmes, se sont rendus dans les prés près du Bû pour les fouiller, mais à l’heure où nous finissons d’écrire cet article, nous ignorons les résultats des recherches opérées ; de nombreux agents de la sûreté explorent encore aujourd’hui les bois, les carrières environnantes."

Le témoignage de Thérèse Malet n'est cité nulle part dans la presse de 1923.

Le Petit Parisien du 21 juillet 1923

Le 20 juillet - jour de la déposition de Thérèse Malet - Vidal et ses sbires étaient dans la région de Houdan.

Ouest-Eclair du 21 juillet 1923

Ouest-Eclair indique que M. Vidal serait parti à Houdan pour procéder "sur une dénonciation" à des vérifications importantes.

…………………………..

On peut se demander pourquoi notre Thérèse Malet a été si discrète..

Puisqu'aucun journal ne relate son témoignage.

Est-elle la source de la dénonciation citée par Ouest-Eclair ?

Et cela explique-t-il son si discret témoignage ?

Personne n'est capable à ce jour de nous dire qui était Thérèse Malet...

Personne.

Qu'il y ait eu ou non un restaurant Vilnat au Pavé de Bazainville en 1923 ne change rien à l'affaire.

Imaginer Thérèse Malet sur le pas de la porte de ce restaurant apercevoir Guillaume Seznec et sa voiture est aussi crédible que la maîtresse de Louis Quémeneur qui va héler les marins de la gabarre à Traou Nez en leur proposant des cigarettes.

Il n'y a eu qu'un seul Mallet à Bazainville : Jules Ernest.

Jules Ernest Mallet, 19 ans, charretier de labour (plus tard journalier, cultivateur et jardinier), né à Boutigny le 4 février 1839, et Éloïse Irma Huchet, 19 ans, domestique (ensuite sans profession), née à Bazainville le 29 décembre 1838, se marient à Bazainville le 27 novembre 1858. 

Il semblerait que le berceau de la famille Mallet soit Boutigny (Eure-et-Loir).

Le seul moyen d'en savoir plus serait d'avoir accès à la déposition de Thérèse Malet le 20 juillet 1923.

Son adresse doit bien figurer quelque part sur le procès-verbal.

Ah oui…

J'allais oublier...

Dans la version de Petit-Guillaume...

Les témoins de la route Morlaix/Paris/Morlaix se seraient trompés sur les horaires, en ce week-end du changement d'heure...

Le vendredi 25 mai, dans la nuit, Guillaume Seznec aurait eu le temps de se rendre jusqu'à Paris pour honorer le rendez-vous.

Il n'y aurait trouvé personne et serait revenu bredouille.

Attention….

C'est sa version.

Pas la mienne !

Bernez Rouz évoque trois témoignages pour la version selon laquelle Seznec aurait gardé le corps de Quémeneur dans sa voiture : Malet, Coulomb et Bouchard.

Pour Jean Bouchard, lire mes articles ici (recherches à la mairie de Dreux et aux archives de Chartres).

Pour Edouard Coulomb, à venir.

 

Liliane Langellier

Plan 1826. En bas à gauche "Grande Route de Bretagne".

A droite Le Bœuf Couronné et le Lion d'Or.

 

P.S. Merci à toutes et à tous pour les 158 visiteurs hier.

Cet article est le 360ème article de ce blog.

Pour 75.684 visiteurs.

Et 860 commentaires.

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