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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : le témoignage d'Hélène Conogan sur la valise de Pierre Quémeneur

On peut toujours plus que ce que l'on croit pouvoir.
Joseph Kessel.

Alors, là...

Je suis furieuse...

Furieuse contre moi et contre Denis Seznec.

En lisant l'ouvrage de Me Inchauspé...

J'ai revu le témoignage d'Hélène Conogan à La-Queue-les-Yvelines.

J'ai filé illico sur Geneanet :

Ainsi...

Quand je suis arrivée sur l'affaire Seznec en octobre 1992..

La petite Hélène Conogan vivait toujours...

Et, je n'étais qu'à 30 bornes d'elles.

En 1998, j'étais déjà connue sur l'affaire Seznec, ici, en Eure-et-Loir.

Et aussi ailleurs.

Denis Seznec était venu faire une signature de son ouvrage "Nous, les Seznec"...

J'avais annoncé sa visite en reprenant la piste Quémin de Charles Huzo sur une double page dans L'Action Républicaine.

Journal de Maurice Viollette.

Qui avait, selon Denis, défendu son grand-père.

Il était donc venu en dédicaces...

D'abord le vendredi 13 novembre 1992, à la librairie Brocéliande, rue Rotrou, à Dreux.

Puis le samedi 14 novembre, chez Mme Antoine, la Maison de la Presse de Nogent-le-Roi.

250 exemplaires vendus et signés entre 15 heures et 19 heures.

Même l'abbé Jeanne avec son petit chapeau en était !

J'avais aussi fait la connaissance de Bernard Nicolas de TF1.

Qui était venu tourner à Lormaye et à Houdan en décembre.

Nous avions joyeusement déjeuné au Plat d'Etain.

Puis, Denis Seznec était revenu en juin 1996 pour une conférence à Coulombs.

Pendant ce temps-là, Hélène Conogan vivait toujours...

C'est vrai, il n'y avait pas Internet.

Mais j'étais allée à de nombreuses reprises faire des recherches aux archives de Chartres.

Qui, à l'époque, étaient près de la cathédrale.

Je débarquais sur l'affaire et je me consacrais totalement à La Piste de Lormaye.

Oui, mais Denis Seznec, lui ?

 

Hélène Conogan est née le jour de Noël 1908.

A Bois d'Arcy.

Son père Joseph est brocanteur.

Elle a un frère jumeau, Gabriel.

Et, pour l'heure de son décès, le secrétaire de mairie se trompera entre les deux.

Quand l'affaire Seznec croise son chemin...

Elle a 14 ans.

C'est la nièce des époux Nourrisson, l'hôtel devant lequel Guillaume Seznec s'arrête à 8 heures du matin, le samedi 26 mai 1923.

Le Journal. 4 juillet 1923.

L'Action Française 4 juillet 1923.

Le Petit Provençal 5 juillet 1923

Le Petit Parisien du 1er novembre 1924.

Guy Penaud en page 62 :

"La Cadillac stationna dans la cour de l'hôtel Nourrisson à La-Queue-Lez-Yvelines, le samedi 26 mai 1923, de 8 heures à 13 heures. La jeune Hélène Conogan, âgée de 14 ans, nièce des propriétaires de l'hôtel, qui étaient absents, remarqua à l'intérieur de la Cadillac une valise de couleur jaune (cf déposition de Mlle Conogan du 2 juillet 1923). Or, Seznec, on l'a vu, n'était muni que d'une mallette en osier. Lorsque, à l'instruction, cette mallette lui fut présentée, la jeune Conogan l'écarta formellement. C'était une valise jaune et non un panier en osier qu'elle avait vue. La valise de Quéméneur lui fut alors montrée. Malgré son jeune âge, elle resta prudente :

"Elle lui ressemble. En tout cas, c'est bien la même couleur que celle que j'avais indiquée. Je ne peux en dire plus."

Archives Denis Langlois (in retour de Seznec du bagne)

Michel Pierre en page 38 :

Vous imaginez l'importance de ce témoignage si Hélène Conogan a vraiment vu la valise de Pierre Quémeneur ?

Quoiqu'il en soit, ce témoignage n'a pas à être écarté.

Puisque c'est bien cette foutue valise que l'on a retrouvé au Havre le 20 juin 1923.

Et puis...

Comme il est écrit dans Le Petit Provençal :

"Et sa thèse du départ de M. Quémeneur en chemin de fer à Houdan est totalement détruite."

Elle se marie le 18 juin 1938 avec William Paul Mignard à La-Queue-Les-Yvelines.

Dont elle aura trois enfants.

Elle meurt le 22 avril 1998, à Rambouillet.

 

 

Ainsi si Denis Seznec me l'avait signalée...

J'aurais pu interviewer Hélène Conogan.

Mais, quand on lit ça, dans son livre, en page 218 :

"Une nouvelle preuve que Quemeneur n'a pas pris le train, le magistrat la trouve dans le fait qu'une valise a été remarquée par un témoin à l'arrière de la Cadillac... cette valise est demeurée dans l'automobile. Le lendemain, la demoiselle Conogan, domestique à l'hôtel Nourrisson à La-Queue-lez-Yvelines où Seznec se reposa de 8 heures à 13 heures avant de reprendre la route, remarqua qu'elle s'y trouvait encore.

Le raisonnement développé paraît curieux : ce bagage, aperçu sur la banquette arrière, pourquoi en attribuer d'office la propriété à Quémeneur et non à Seznec ? Après tout la présence d'une valise est tout à fait normale. Ce qui l'aurait été moins, c'est qu'il y en ait eu deux. Mais admettons que le bagage aperçu par le témoin soit bien celui de Quemeneur : où se trouve alors celui de Seznec ? M. Guillot s'est-il posé la question ? Je lui propose une réponse : mon grand-père l'a dissimulé, en laissant bien en évidence celui de l'homme qu'il vient d'assassiner... logique, non ? En réalité, lors de l'instruction, quand on lui a présenté la valise de Quemeneur trouvée au Havre, l'adolescente ne l'a pas reconnue comme celle qu'elle avait remarquée auparavant dans la voiture de l'accusé. Qu'importe ! On ne va pas s'arrêter à ce détail qui pourrait nuire à la pureté de la démonstration..."

Et en page 228 :

"Il repart ensuite tranquillement, avec sur le siège arrière la valise de sa victime. Il ne l'a pas fait disparaître en même temps que le corps car il a l'intention - c'est du moins ce que vous nous dites - de la faire réapparaître au Havre, selon un plan minutieusement ourdi qui poursuit un double but : faire croire que Quemeneur s'est rendu dans cette ville et permettre la découverte d'une fausse promesse de vente de la propriété dont il désire s'emparer.

Pour l'instant, cette valise est un objet bien compromettant que le plus élémentaire raisonnement devrait inciter l'assassin à dissimuler. Pourtant, il n'en est rien. Notre monstre calculateur a des moments d'étourderie et exhibe cette valise - une fameuse preuve de sa culpabilité - au regard de tous, permettant ainsi à la jeune Conogan de la repérer. Etant donné qu'il n'y a qu'une valise sur la banquette, ne pourrait-elle pas être tout simplement celle du conducteur, par hasard ? La question ne vous vient même pas à l'esprit. Ce ne peut être que celle de Quemeneur, voyons, puisque Seznec est l'assassin..."

On comprend mieux pourquoi Denis Seznec ne m'a pas parlé d'Hélène Conogan...

Mais...

Comme je suis tenace...

Rien n'est encore perdu.

More to come soon.

 

Liliane Langellier

 

Valise en fibre vulcanisée jaune H18 x L50 x P35

 

P.S. Même Petit-Guillaume, dans ses souvenirs confus, il en parle de la valise :

"Il remarque la valise de Quemeneur un peu à l'arrière du canapé."

Description de la valide de Pierre Quémeneur en page 114 chez Penaud :

"Elle mesurait 55 centimètres de long, 35 de large et 15 de haut. (…) Elle était en fibre vulcanisée de couleur jaune."

P.S.2 Marc du Ryez répond au brocanteur...

Et il est très en colère….

C'est sûr, le broc et lui ne jouent pas vraiment dans la même catégorie...

C'est une différence de niveau d'anglais semblable à celui d'un professeur agrégé versus un élève de lycée professionnel.

Lire la suite ici...

P.S. 3 Merci à toutes et à tous pour les 74.000 visiteurs dépassés.

Et les 169.732 pages vues.

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M
Souvent, les auteurs tenants de l'innocence de Seznec, ont écrit : "un assassin ne serait pas assez bête pour..." Eh bien, si. Et à de multiples reprises, encore. Personne d'autre n'a enfoncé Seznec que Seznec lui-même.
Répondre
M
Bonsoir, chère Liliane. Je connaissais l'histoire de cette valise et elle est en effet extrêmement compromettante, puisqu'elle met un terme à la théorie de l'innocence. Pas étonnant que, sur un certain blog, on ricane sur la couleur rouge de la valise mentionnée dans un article du 1er novembre 1924, tout en ignorant les articles des 4 et 5 juillet 1923 qui ne parlent que d'une valise jaune, sans compter qu'au procès on a présenté la valise jaune de Quéméner à Hélène Conogan, celle que l'on avait retrouvée au Havre et que Jeanne Quéméner avait identifiée, donc l'erreur du journaliste de 1924 ne permet certainement pas d'innocenter Seznec.

De plus, Seznec n'avait pas de valise. C'est sa femme qui l'a certifié, alors que son mari était pourtant en état d'arrestation. Seznec avait un panier en osier. S'il y avait une valise dans la voiture, ce ne pouvait être que celle de Quéméner. C'est pourquoi je dis depuis longtemps que, si Quéméner a poursuivi seul son voyage, c'était sans sa valise. Toutes les théories qui le font partir avec sa valise sont ridicules. Et je ne parle même pas des prétendues promesses de vente qui auraient existé avant celles que Seznec a faites avec une machine à écrire qu'il n'a achetée que trois semaines après la fameuse nuit de Houdan, et qu'il n'était donc pas pressé de remplacer, malgré l'énorme tache de sang sur l'une d'entre elles.
Répondre
L
J'espère que vous vous rendez compte désormais, cher Marc, de qui est vraiment Claudine Jourdan…
Je suis ravie qu'elle ait ouvert son blog.
Elle y révèle ce qu'elle est : brouillon, sans aucunes précisions, agressive, jalouse.
Ses articles sont écrits sans amour et ça se sent.
L
Cher Marc, Je n'ai pas encore terminé mon article sur la petite Conogan et sa valise que la blogueuse de "L'Affaire Seznec Discussion" pille le dit article avec ses extraits de presse, comme d'habitude.
Alors que cette sotte ricane, peu m'en chaut.
Personne ne la connait dans l'affaire Seznec.
Et c'est pas demain qu'elle sera connue.