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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Et le témoin Ernest Closset à Chérizy ?

La vie me semble trop courte pour la passer à nourrir la haine ou à inscrire les torts des autres.
Charlotte Brontë

La route de Paris coupe le village en deux.

Je connais très bien l'endroit...

Si proche de mon fief de Chaudon.

En allant sur Dreux...

La Route de Paris coupe le village en deux.

Laissant le Moulin sur la gauche...

Et l'église sur la droite.

Mon père allait y pêcher...

Bien avant qu'on y creuse les immondes étangs.

Dans les années 60, la bande des Langellier allait guincher à Sainte-Gemme-Moronval tous les 14 juillet...

En 1992, le Moulin de Chérisy était un club très privé, avec piscine, pour bobos euréliens et parisiens en week-end...

Retour sur le témoin Ernest...

Le Petit Parisien du 1er août 1923

Ouest-Eclair du 31 juillet 1923

Phare de La Loire du 31 juillet 1923

La Dépêche de Brest du 31 juillet 1923

Le Matin du 1er août 1923

Thierry Lefebvre m'écrit, à l'instant même :

"Je suis étonné que Rouz retienne le témoignage de Thérèse Malet et ne dise pas un mot sur celui de Dectot. D'autant que la presse de l'époque fait exactement le contraire. Comme ces deux témoins affirment avoir vu Seznec en deux endroits différents à la même heure, ça pose problème. Quelque chose qui figure au dossier explique peut-être ce choix de Bernez Rouz qui y a eu accès.

Autre chose, ni Rouz ni Langlois ne parlent du témoignage de Closset qui affirme avoir vu le 26 juillet 1923 une Cadillac stationnée vers Chérisy sur un petit chemin menant à la ferme de Bel-Air à 14h et qui s'y trouvait toujours à 17h. On sait que Seznec est parti de l'hôtel Nourrisson à La-Queue-lez-Yvelines à 13h. Rouz dit qu'il est arrivé à Dreux vers 15h et reparti vers 16h. Dans le Petit-Parisien du 1er août 1923 il est écrit qu'il est arrivé chez Hodey vers 17h30. La-Queue-lez-Yvelines - Dreux ça fait 32 kms. Si il est arrivé vers 15h, ça fait 2 heures de trajet à 16 km/h de moyenne. Reparti vers 16h et arrivé vers 23h à Pré-en-Pail. 7 heures pour faire 134 km soit 19,14 km/h de moyenne.

Du coup je trouve le témoignage de Closset crédible. La-Queue-lez-Yvelines - Chérisy ça fait 27 kms. En partant à 13h, il pouvait y être un peu avant 14h en roulant à un peu plus de 27 km/h de moyenne. Chérisy - Dreux ne sont distants que de 5 kms, un stationnement à Chérisy à 17h et une arrivée chez Hodey à 17h30 sont largement possibles. En repartant du garage à 18h30, ça lui laissait 4h30 pour arriver à Pré-en-Pail à 23h et boucler les 134 kms à 29,77 km/h de moyenne.

À noter que l'épisode Pré-en-Pail n'est raconté que par Seznec, qu'il n'a pas rempli de fiche voyageur et qu'à ma connaissance les employés de l'hôtel où il aurait passé la nuit n'ont jamais été interrogés. Est-il vraiment arrivé à 23h ? Les enquêteurs pensaient, toujours d'après le Patit-Parisien du 1er août, que Seznec serait revenu dans les environs de Chérisy l'après-midi du 26 mai pour finir d'effacer les traces de son crime de la nuit précédente."

 

En bas à gauche Bel Air

On y va pour Closset...

Ernest Closset est né le 23 janvier 1883 à Pleine-Fougères. Ille-et-Vilaine.

Il est de la Classe 1903.

Notre Ernest est un véritable bourreau des cœurs...

Julie, Raymonde, Georgette, Julia (et toutes celles qu'on sait pas…)

Il va se marier trois fois :

Et, au recensement 1921 de Dreux, il a même une compagne :

 

Un témoin passé sous silence par tous les grands noms de l'affaire Seznec ?

Pour quelles raisons ???

La-Queue-Lez-Yveline - Cherisy ça fait 27 km, si Guillaume Seznec est vraiment parti de chez Nourrisson à 13h il pouvait difficilement être à Bel-Air à 13h30... 54 km/h de moyenne quand même !

Après, les témoins ont peut-être donné des heures approximatives, ils n'étaient peut-être pas à 1/4 d'heure près.

Finalement, on ne sait pas trop ce qu'il a foutu ce fameux après-midi du 26 mai...

Parti de chez Nourrisson vers 13h, arrivé à Dreux entre 15h d'après Rouz et 17h30 d'après le Petit-Parisien.

Et vu comme Seznec pratiquait le mensonge, difficile de démêler le vrai du faux.

Tout cela est quand même bien plus intéressant que les délires de cette pauvre "blogueuse qui discute" pour arriver enfin à faire coller l'affaire Seznec avec le roman de gare de Bertrand Vilain.

Isn't it ?

 

Liliane Langellier avec Thierry Lefebvre

 

Lire Victor Hugo à Chérizy….

et son Ode au Vallon.

Pas étonnant que mon drouais de beau-frère :

 

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G
Correction réponse à Marc du Ryes.
Chœur!!, enfants de chœur!!
Gang des Cadillac, bandits polonais, bretons de l'amicale de Montfort L'Amaury mais pas des enfants de chœur.
Répondre
G
Bonjour,
Peut-on imaginer un homme devenu meurtrier dans la nuit, par hasard ou avec préméditation, s'attardé ainsi dans les parages où il aurait commis son acte?
On le voit difficile de se cacher à la campagne. Encore aujourd'hui beaucoup de personnes seraient intriguées par la présence insolite d'une limousine au bout de la route, à l'entrée d'un champ, etc. ….
Pour en revenir à un scénario " à la Marestet": Quéméneur est emmené dans une voiture, Seznec suit mais est vite largué. Il perd sa trace et se retrouve seul sur la route de Paris. PQ a juste eu le temps de lui glisser: "rendez-vous demain chez Hodey ou au train de … (17H?) à la gare de Dreux..
Quéméneur ou "un de ses ravisseurs" se présente par deux fois au bureau de poste.
Répondre
M
Problème pour cette thèse, comme je vous le disais sur mon blog, cher Guy : aucune raison pour Seznec de mentir sur les circonstances de leur séparation. Pourquoi faire de soi le coupable idéal quant on est totalement innocent et que l'on a qu'à raconter la vérité pour orienter l'enquête dans la bonne direction ? Et il y a la valise, les fausses promesses, le carnet, etc.
M
Bonjour, chère Liliane. Bernez Rouz, après avoir mentionné les témoins de la gare de Houdan, écrit : "Quatre autres témoins rencontrent Seznec dans la nuit et au petit matin." Il n'en nomme que deux : Thérèse Malet vers 23 heures (ce serait plutôt vers 22h30 si Dectot et elle ont vu la même voiture, car Dectot tenait un journal et s'y est référé pour son témoignage) et "un paysan" (Schwartz) "au petit matin, à 5 heures" (c'était en fait vers 5h30 et il faisait grand jour depuis une heure et demie). Il ne cite pas Dectot, donc, et on se demande bien qui était le quatrième. L'acte d'accusation du procureur général Guillot n'en retient qu'un : Schwartz. Le témoignage de Thérèse Malet a probablement été considéré comme incertain, et il est possible qu'on ait préféré écarter Dectot en raison de sa probité douteuse et de son type de discours qui n'est pas sans rappeler Le Her, donc trop facilement attaquable par la défense.

Pour en venir à votre sujet, extrêmement intéressant, je me souviens avoir lu que les témoins de La Queue-lez-Yvelines étaient en fait incapables de situer l'heure du départ de Seznec (désolé de ne pouvoir préciser la source). Il peut donc être parti avant 13 heures. C'est Seznec, dans sa déposition du 28 juin à Paris, qui situe le départ de La Queue à 13 heures et la seconde réparation chez Hodey de 15 à 16 heures. Il peut avoir triché sur les heures, mais s'il mentait de plus de deux heures et demie, cela risquait de se remarquer une fois que l'on aurait entendu Hodey. En tout cas, dans l'hypothèse d'un très long arrêt à Chérisy, il avait tout intérêt à faire croire qu'il ne lui avait fallu "que" deux heures pour faire la trentaine de kilomètres jusqu'à Dreux, alors qu'il se serait passé environ cinq heures (de 12h30 à 17h30), pour ne pas avoir à expliquer ce qu'il avait pu faire pendant tout ce temps-là.
Répondre
M
Oui, chère Liliane. Je disais "incidemment", car complètement par hasard (et via une toute autre recherche que celle concernant Closset), je suis également tombé sur cet article et j'ai trouvé cela assez énorme, mais c'est vous qui l'avez présenté et discuté. Je n'ai fait que donner rapidement mon opinion en commentaire, car je n'ai pas le temps d'écrire le moindre billet de blog en ce moment.
L
Cher Marc…
Vous aviez peut-être cet extrait de presse sur votre bureau virtuel, mais c'est moi qui l'ai sorti.
Il faut savoir rendre à César…
Je n'affirme rien en ce qui concerne la personne de Cherdly comme évoquée dans la presse, je cherche juste à comprendre.
G
Sauf si Seznec est plus ou moins complice de ces 'ravisseurs'.
"Ces gens-là ne sont pas des enfants de cœur; Seznec comme les autres a fermé sa gueule".
De plus si Quéméneur réapparait roulé dans le tapis du salon à son retour quoi inventer?
M
Concernant votre PS : incidemment, l'article de l'Ouest-Éclair du 15 août 1923 est sur mon bureau (virtuel) depuis trois jours. J'avais l'intention d'écrire quelque chose à son sujet, mais je n'en ai pas eu le temps. Cette rencontre entre Quéméner, Seznec et Cherdy à Morlaix en avril aurait été rapportée par Quéméner à l'un de ses amis, apparemment. Seznec, lui, a prétendu dans un premier temps n'avoir jamais rencontré Cherdy, avant de donner des indications permettant de retrouver Gherdi.

Ma première idée, quand j'ai découvert cet article, a été que Kearney pouvait être la personne en question, car il est parti à New York début avril et prévoyait sûrement de revenir le mois suivant à Paris (où il habitait), ce qui expliquerait un nouveau rendez-vous dans la seconde quinzaine de mai. Mais il pouvait également s'agir de Gherdi, qui aurait pu servir d'intermédiaire à Kearney (oublions Turrou, qui n'a certainement rien à voir avec l'affaire, puisqu'aucun contact entre lui et un personnage impliqué n'est établi, alors que le lien Kearney-Achermann est fort probable et le lien Kearney-Gherdi est fort possible, et bien entendu Kearney en connaissait un rayon sur l'envoi de voitures américaines en Russie).

Cependant, il faut se méfier des confusions faites par Seznec (volontairement ou non) et par les journalistes. Comme je l'ai déjà dit sur mon blog, Cherdy et l'Américain à l'origine de l'affaire, cela fait peut-être deux. Les journalistes ont tout de suite identifié l'Américain dont Quéméner a parlé à Legrand et à Saleun avec le Cherdy de Seznec, mais il faut rester prudent sur ce point.