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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Leon George Turrou ne peut pas être le Charly de l'affaire Seznec

Errare humanum est. Perseverare diabolicum.
Sénèque ou Cicéron.

Je reprends les arguments du blog qui fait avancer l'affaire Seznec :

"La description de Charly qui est faite par Pierre Quéméneur et par Guillaume Seznec correspond exactement à la description de Turrou. Il y a moult détails. Turrou est Américain d'origine Russe. Il parle le français, l'anglais et le russe ainsi que plusieurs autres langues."

Il n'y a aucunes preuves que Pierre Quémeneur avait bien rendez-vous avec Leon Turrou/Charly le samedi 26 mai 1923 au matin.

D'ailleurs, Pierre Quémeneur n'a jamais parlé d'un Charly quelconque.

Jamais.

C'est Saleun qui parle de cette affaire d'autos (dans Le Journal du 28 juin 1923) :

On peut remarquer que lorsque le journaliste a appris que cette affaire avait été découverte dans une annonce de presse, son premier boulot a été d'éplucher la presse locale, pas L'Auto.

Quant à la description que Guillaume Seznec nous a donné de Charly, dans sa lettre du 16 août 1925 :

"Je suis absolument sûr que Charly existe ou du moins existait à Paris et je puis le prouver, ce que la police n’a jamais pu ou du moins n’a pas voulu découvrir. Ce dernier a même tenu garage automobile dans cette ville et pour connaître son adresse il suffirait de s’adresser dans un café sous l’enseigne (Au Tambour) boulevard ou avenue de la Bourdonnet Paris. Ce serait paraît-il plutôt un mexicain qu’un américain mais cela n’a pas d’importance, il pourrait peut-être faire jaillir quelques éclaircissements.
Guillaume Seznec,
le 16 août 1925."

Elle nous révèle un homme à l'allure vaguement mexicaine alors que Leon Turrou est très blond et a le visage ovale typique aux pommettes hautes d'un slave :

"En septembre 1921, il a signé avec l'unité russe, pour laquelle sa connaissance des langues et ses antécédents russes ont dû le faire paraître un candidat attrayant. Il se sentait comme chez lui à Moscou ; lui-même a dit qu'il avait «le visage ovale typique aux pommettes hautes d'un Russe. »"

 

"L'affaire de Cadillac qui est aussi décrite avec de nombreux éléments correspond à une affaire qui se réalise à Moscou en mai 1923 entre les Américains et les Russes. Une des rares personnes à connaître cette affaire est encore Turrou grâce à des fonctions de traducteur à Moscou au sein de l'ARA (American Relief Administration). Il connaît très bien les responsables de la Tcheka dont Dzerjinski."

Même s'il est bien vrai que Turrou a brillamment exercé des fonctions de traducteur au sein de l'A.R.A....

Qu'il a bien été en contact avec Djerzinski dans son boulot de traduction...

On ne trouve nulle part une trace quelconque d'une affaire de Cadillac qui se réalise à Moscou en mai 1923 entre les Américains et les Russes.

Nulle part.

Quand Dzerjinski, qui était ministre des chemins de fer, parle de "cars", pour acheminer nourriture et secours, il s'agit de wagons.

Du coup, on ne trouve pas traces des Soviets cherchant à acquérir des Cadillac pour transporter les secours américains.

"Turrou part du Havre pour rejoindre les Etats-Unis en mars 1923 pour revenir peu de temps après. Il est en France pendant l'affaire Seznec. Son nom apparait sur la liste de passagers du transatlantique Berengaria."

L'auteur a volontairement tronqué ce récit.

En réalité :

En mars 1923 Turrou effectue la traversée Le-Havre - New-York sur le Paris, un cousin du France...

C'était 7 jours minimum...

Pour débarquer aux U.S.A. le 24 mars 1923,

Turrou a embarqué au Havre avec femme et enfants dont le plus jeune avait un peu plus de 3 ans (né 9 décembre 1919 en Sibérie) le 17 mars.

Parti au plus tôt de Paris le 16 mars 1923 ?

Quémener signale à Seznec qu'il est en relation d'affaires avec un américain en avril.

La seule trace d'un stay en France de Leon Turrou est son retour aux States du 13 juillet 1923.

A bord du Berengaria.

Aucune trace du billet Aller.

Qui pourrait avoir été en achat groupé avec un voyage de l'A.R.A.

On peut supposer que Turrou soit allé en Russie en tant que traducteur pour le dernier banquet de l'A.R.A. en juin 1923.

Qu'il y soit allé avec un paquebot de vivres...

Les bateaux américains de l'A.R.A. accostaient à Petrograd (Patenaude en page 614) :

"It was near midnight on Thursday, September 1921, when the first american cargo ship , The S.S. Phoenix, docked in Petrograd carrying  seven hundred tons of ARA rations. Early the next Morning the first American relief workers  - Noyes and Lowrie, soon followed by Bowden - started supervising the unloading of the ship."

Il aurait très bien pu débarquer à Petrograd pour être à Moscou and the final banquet en juin 1923. Et repartir de Cherbourg le 7 juillet 1923.

Et arriver aux States, le 13 juillet 1923.

 

"Turrou au début des années 20 est un individu douteux qui trempe dans toute sorte de combines louches. Il est un peu escroc. Un de ses amis indique qu'en 1923, il a monté une arnaque en France."

Turrou n'a jamais été un individu douteux.

C'était, bien au contraire, un homme très intelligent et très brillant. Qui parlait plusieurs langues, et avait de l'entregent.

Ce qui attirait sur lui de nombreuses jalousies.

Comme les jalousies très malsaines et non fondées des deux Joseph : Davidowsky et Janicki.

Qui, en 1938, soit 15 ans plus tard, viennent encore vomir leur venin pour le salir.

Les paroles de ces deux hommes ne peuvent pas être prises en compte.

Car motivées par la jalousie et par la haine.

Il n'y a jamais eu aucune trace nulle part d'une quelconque arnaque en France.

Nulle part.

Sauf dans la tête du broc.

 

"Tous ces éléments et d'autres qui sont détaillés dans mon livre conduisent à Turrou. Seznec qui reprenait les propos de Quéméneur avait pourtant donné de nombreux détails. A l'époque, la justice n'avait pas crû à ce trafic de Cadillac. Aucune recherche n'a été entreprise par la Sureté Générale concernant Turrou. Cette piste ainsi que la petite annonce du journal l'Auto n'ont fait l'objet d'aucune investigation officielle et n'apparaissent pas dans le dossier d'instruction."
 

Vidal était sain d'esprit (lui !)

Je ne vois pas pourquoi il serait allé chercher un Américain en Russie ???

Il n'a jamais été prouvé non plus que la petite annonce, parue dans L'Auto en février 1923, ait été de la main de Turrou.

On a beaucoup cherché avec Thierry Lefebvre, mais on n'a toujours pas identifié les lettres O.I.R.

"Un petit groupuscule d'extrémistes hostiles, agressifs et hystériques a essayé de remettre en cause les affirmations de mon livre. Pendant des semaines, ils ont tout essayé, les injures, la diffamation jusqu'à utiliser les pires méthodes comme s'en prendre à mon activité professionnelle ou à ma famille. Ils ont harcelé les contacts de mon livre. Mais, ils se sont lamentablement cassés les dents. Toutes les affirmations du livre sont prouvées. Dès que je les ai entraînés sur mon terrain, c'est-à-dire le factuel, ils ont vite perdu pied en se noyant dans des syllogismes absurdes."

 Nous sommes actuellement trois (quatre avec Thierry Lefebvre) à avoir contesté publiquement la version du broc. 

Seznek et Marc du Ryez lui ont consacré sur leurs blogs respectifs, l'un quatre articles, l'autre trois articles.

Je n'ai jamais lu nulle part une attaque quelconque sur l'activité ou la famille du broc.

Je me suis juste contentée de dire que son épouse était de nationalité américaine et que son grand-père était le mystérieux auteur Al Baker.

Par contre, lui, hier encore, est venu sur les commentaires de mon blog (pseudo dd) pour affirmer que je n'avais jamais été diplômée de U.C.L.A. (l'une de ses rengaines à deux balles habituelles).

Je n'ai jamais harcelé Richard Bareford de "Find A Grave"..

Je l'ai juste joint et  nous avons sympathiquement échangé des mails.

Il m'a fourni les dossiers du F.B.I. concernant Turrou.

Dossiers qu'il avait filés au broc en octobre dernier.

Il était très content que je lui envoie le "Nassau Daily Reviews" du 27 octobre 1932.

"Especially noteworthy for me was the participation of the Carle Place Fire Department in extinguishing the conflagration. I was raised in Carle Place. The village was basically a community of potato farms before WWII, known as "Frog Hollow" (cuvette de grenouilles) to the locals. As a side note, Joseph Davidowsky and Teresa Turrou are both buried in the Holy Rood Catholic Cemetery in Westbury, New York. The cemetery is just across the railroad tracks from 403 Union Avenue (it's a parking lot now)."

En résumé...

Toute cette hypothèse est construite sur deux témoignages uniques :

- Petit-Guillaume Seznec est le seul qui nous dit avoir vu Quémeneur à Morlaix le 27 mai 1923...

Et encore, il n'est guère précis sur la date.

Lire ici le remarquable article d'Alain Delame sur ce blog :

Petit-Guillaume : Récit(s) de résilience.

"Bernard revient sur le jour des faits lui-même :

"Un dimanche, oui, parce que c'était le seul jourr que j'avais de congé. C'est un dimanche. Je crois que c'était au mois de mai, début de mai, je crois."

Cette affaire de date est cruciale. Petit-Guillaume, en effet, lorsqu'il parle à son neveu, n'est pas un "fils prodigue" qui, après des années d'exil, reviendrait au pays pour se retrouver au coeur d'un drame familial oublié. Il est parfaitement au courant des développements de l'affaire. En témoignent, d'abord, ses remarques sur la révision et les "faits nouveaux", mais aussi les commentaires auxquels il se livrera plus loin sur Claude Sylvane, Claude Bal, ou le juge Hervé. Pourquoi donc situer "au début de mai" des faits dont la version "canonique" a toujours indiqué qu'ils avaient eu lieu entre le 25 et le 27 du même mois ? On peut en dire autant de la température ambiante."

- Joseph Davidowsky est le seul qui nous dit que Leon George Turrou était à Monte-Carlo avant de rentrer aux States en juillet 1923...

Mais Davidowsky picole...

Et crève de jalousie vis-à-vis de Turrou (cf Marc du Ryez en commentaire du 26 février dernier) :

"Bonsoir, chère Liliane. Je lis dans l’extrait du livre de M. Vilain que vous donnez : « Selon Davidowsky, son ami de longue date, Turrou avait mis en place une arnaque en France lors de son voyage en 1923. »

Je lis dans les extraits du rapport Davidowsky publiés sur le blog de M. Vilain que, selon Davidowsky, Turrou a collecté de l’argent auprès de Russes de New York vers 1923, en vue d’exporter des champignons depuis la Pologne, et a dilapidé l’argent dans le jeu à Monte Carlo, au point de n’avoir plus assez pour rentrer à New York (une collecte a permis son retour).

Donc, une arnaque à New York auprès de Russes vers 1923 puis un séjour à Monte Carlo deviennent pour notre romancier une arnaque en France auprès de Bretons en 1923.

Démonstration implacable par notre Einstein dont les chevilles ne sont pas loin d’exploser."


Non, Davidowsky n’a jamais dit que Turrou avait « mis en place une arnaque en France lors de son voyage en 1923. » Chaque mot de cette proposition est faux."

Tout cela est bien léger pour soutenir le scénario de notre dernier auteur.

Ainsi peut-on prouver - si besoin en était encore - la nullité de l'hypothèse d'un Charly/ Leon Turrou.

 

 

 

Je vais terminer ici en reprenant les paroles de la chanson "Mythomane" d'Etienne Daho :

"Je m'raconte des histoires à dormir debout
Ma vie n'est pas à se tordre de rire
J'y emploie tout mon temps, pourtant
Et ca ne suffit pas, alors...
Je raconte des histoires à qui veut me croire
J'suis le premier à tomber dedans
Les deux pieds, les deux mains et l'reste
Mais ca ne suffit pas, alors...
Je réinvente ma vie, des amours, des passions et des situations
Tu peux dire que je… "

No comment.

 

Liliane Langellier

P.S. La critique de SaintOp/Seznec du 19 février :

Ingratitude pour un livre-évènement.

La critique de Marc du Ryez du 2 mars :

Le livre non-évènement.

Ma critique du 18 février : 

L'inutile et très mauvais livre Top Secret de Bertrand Vilain.

Allez on rigole un dernier pti coup…

Son livre n'est même pas encore sorti que notre grand auteur songe à publier une traduction en américain....

Et à vendre son scénario à Hollywood (si, si…)

P.S. 2 Le quatrième article de Marc du Ryez sur l'ouvrage de notre nouvel auteur :

La suite, c'est par là...

Je viens de lire l'incroyable et méprisante réponse à Marc de notre futur prix Nobel de littérature...

C'est pas possible, il est comme Joseph Davidowsky, il a bu !

Et il a dû s'embrouiller aussi avec Amazon...

 

Leon George Turrou en 1921 sur le livre de Bertrand Patenaude.

Leon George Turrou en 1921 sur le livre de Bertrand Patenaude.

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S
J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.
Répondre
M
Bonsoir, chère Liliane. Vous pouvez désormais compter quatre articles pour moi, avec celui que j'écrivais sans connaître le vôtre. J'admire votre effort d'explication complète. J'ai un autre billet en chantier, mais je commence à me lasser sérieusement. Démonter tout ce qui ne va pas dans ce livre pourrait fournir un emploi à plein temps pendant des mois, poste que je décline, car j'ai tout de même mieux à faire, et je préfère toujours construire que détruire, bien que dans ce cas particulier l'entreprise de démolition soit salutaire. Je constate surtout que c'est Bertrand Vilain lui-même qui donne le bâton pour se faire battre, par son attitude et par son incapacité à dialoguer, comme l'a montré Seznek/SaintOp. Bertrand Vilain a toujours raison, donc ses messages ne consistent qu'à insulter les autres, répéter les mêmes mensonges (on ne peut plus les appeler des erreurs à ce stade) et proclamer sa supériorité. Pathétique. Je n'avais pas cité les autres lignes de la chanson d'Étienne Daho dans le billet où je l'avais évoquée parce que je n'avais pas voulu être cruel, mais en effet, il doit bien y avoir une explication derrière ce comportement.
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L
Cher Marc…
Ce que Vilain n'assimile pas, c'est que ce sont ses déductions fantaisistes qu'on lui reproche. Pas le fait d'avoir lu le livre de Bertrand Patenaude (facile de lecture, comme tous les grands universitaires) ou encore les dossiers du F.B.I. que lui a fournis Richard Bareford.
Il a utilisé ces deux sources et en a tordu le sens dans le seul et unique but de les raccrocher à un Charly/Leon Turrou.
Ce besoin, chez lui, de toujours frimer et de rabaisser les autres est insupportable.
Et il a ce qu'il mérite.
A part les commentaires louangeux d'une psy briochine sur le retour et d'un découvreur nantais de nonoss de boeuf…
C'est la Toundra chez lui !
La toundra russe, of course !