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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Pour en finir avec André de Jaegher...

C'est Thierry qui a tiré, hier, la sonnette d'alarme :

"Un détail m'avait échappé dans le Rouz.. page 93 : "Le jeudi 21 juin, André de Jaegher est de nouveau à Traon-ar-Velin où il vient chercher ses enfants et sa femme qui y ont passé la journée."

Si je comprends bien, Guillaume et André étaient potes, mais Marie-Jeanne était amie avec Mme de Jaegher, Jeanne Menou, et les mômes des deux familles jouaient ensemble ?

Petit-Guillaume nous avait caché ça…"

Notre Thierry, il ne réussissait pas à trouver trace des adresses exactes du gars de Jaegher.

Parce que, Thierry, pour être exact, il est exact, et certains feraient bien d'en prendre de la graine.

Oui, je sais, j'ai déjà écrit 5 articles sur André de Jaegher.

3 articles sur La Piste de Lormaye,

2 articles sur ce blog Seznec Investigation.

Alors, on y va, pour en finir vraiment avec André de Jaegher...

André de Jaegher est né le 22 juillet 1874 à Plouvenez-Moëdec dans les Côtes d'Armor.

A l'âge de 18 ans, à Morlaix, il s'est engagé volontaire pour 4 ans, le 25 novembre 1892.

Il s'est marié le 6 septembre 1899 à Morlaix avec Jeanne Marie Menou.

 

"Condamné par le conseil de révision de Morlaix en sa séance du 28 décembre 1914.

Condamné par le tribunal correctionnel de Morlaix le 22 juin 1917 à 18 mois d'emprisonnement (et sursis) et 25 f d'amende pour abus de confiance."

 

Ajoutez tout de suite à la fiche du gars André que son père Eugène fréquentait la Haute...

Eugène, en plus d'être président du Cercle Radical, était membre correspondant pour Morlaix de l'Union des Yachts Français dont le président était Félix Faure et le vice-président le baron de Rotschild (in page 149 de "Union des Yachts Français", années 1896 à 1899).

Est-ce à la suite du naufrage du navire "La Juliette" (décembre 1897), dont il était armateur, qu'Eugène fait faillite en 1901.

La Résistance du 9 mars 1901

Eugène de Jaegher meurt le 5 avril 1901, à l'âge de 65 ans.

André, lui, les accumule...

Un accident de chasse en 1901. A Plouigneau. Où il broie par accident l'épaule de son associé Gravey.

Le 12 mai 1904, avec son associé Gravey, André a un accident de bagnole.

Le 8 août 1904, leur société (charbons, ardoises, entreprise de camionnage) est dissoute.

En 1913, il est quand même élu conseiller municipal (avec la liste socialiste) au deuxième tour avec 1.117 voix sur 2.036 votants.

A lire avec les archives de presse sur : "André de Jaegher, le chaînon manquant".

"Condamné par le conseil de révision de Morlaix en sa séance du 28 décembre 1914.

Condamné par le tribunal correctionnel de Morlaix le 22 juin 1917 à 18 mois d'emprisonnement (et sursis) et 25 f d'amende pour abus de confiance."

Oui, André de Jaegher, en juin 1917, est condamné pour abus de confiance dans l’affaire des charbons.

Le 29 septembre 1918, il revient d’une balade en mer à bord de son bateau, le Saint-Jean. Ferdinand 19 ans et André 15 ans, ses fils, l’accompagnent, ainsi que deux militaires de la garnison et un marin du Dourduff. Le temps passable de la journée a laissé place à un début de tempête. À l’entrée de la rivière du Dourduff, une risée plus forte que les autres s’abat sur la voilure et fait chavirer le navire qui coule à pic. M. de Jaegher s’agrippe au mât qui émerge pendant que son plus jeune fils tente de sauver l’ainé, en vain. Les deux militaires se noient, emportés vers le fond par le poids de leurs vêtements. Le père de Jaegher, son fils le plus jeune et le marin sont indemnes, secourus par les sauveteurs.

On ne retrouvera le corps de Ferdinand que le lundi matin, ses obsèques ont lieu le mardi 1er octobre, au milieu d’une nombreuse affluence accourue témoigner à la famille toute sa sympathie. Le deuil est conduit par M. de Jaegher père du défunt et Ch. Lefebvre avocat.

Le 8 septembre 1919 il perd sa fille Laure âgée de 18 ans.

Le 6 novembre 1919, les dockers déchargeurs de charbon de son entreprise se mettent en grève. Ils réclament 1 fr. 25 pour le déchargement de la tonne au lieu de 1 fr.

Le 25 février 1920, une dizaine de ses dockers se met en grève , réclamant une augmentation de salaire. Le lendemain 26 février, ils reprennent le travail aux anciennes conditions.

Le 27 septembre 1921, alors qu’il voyage avec son fils dans le train lorsque celui-ci est agressé sans raison par un marin. En voulant le défendre, il est cruellement mordu au bras par le matelot qui sera maitrisé, non sans mal, puis descendu à la gare de Plouézoch.

1921, c’est également l’année ou il achète à Valoris un brevet, qui s’avèrera être fantôme. Est-ce ce qui a causé sa faillite en 1922 et par voie de conséquence l’ardoise qu’il a laissé à Quémeneur ? L’affaire reviendra à l’instruction en 1925.

1923, on le retrouve avec Seznec dans une affaire de diffamation qui les oppose à Me Croissant. À l’origine, il s’agissait d’une affaire Seznec contre Nicolas.

A lire avec les archives de presse sur : "Et on remet une couche sur le gars André".

Ses différentes adresses :

Son fils, Ferdinand Eugène, naît 1, rue de Ploujean à Morlaix le 5 septembre 1899.

Une journée avant qu'il n'épouse, le 6 septembre 1899, Jeanne Ménou, la maman de 23 ans.

La Résistance du 16 septembre 1899

Sa fille, Laure, naît en 1901 à Le Créou, Morlaix.

Son fils, André, naît le 11 septembre 1903, à Morlaix, au 24 Quai de Léon.

Le procureur Théodore Picard habitait au 26 quai de Léon.

Juliette, elle, naît le 19 novembre 1907, à Morlaix, au 7 Quai de Tréguier.

Au recensement de 1911, on en était là... Quartier de St Melaine. 32 bis, rue de Ploujean.

Jeanne naîtra, elle, le 6 mai 1913.

Quand Ferdinand meurt, en septembre 1918, ils habitent Villa Capucins.

Idem quand Laure meurt le 8 septembre 1919.

En juillet 1923, quand il témoigne pour Seznec, il est commissionnaire à Ploujean.

Recensement Ploujean. 1921.

Recensement Ploujean. 1926.

En 1926, il est représentant de commerce chez… Querné (ou Kerné, c'est le même) !

 

 

A sa mort, à l'âge de 64 ans, le 21 janvier 1939, (in Eclaireur du Finistère), il habite rue Edouard Corbière.

SaintOp/Seznec sur son blog "L'affaire Seznec revisitée" :

"(...) le grand-père paternel de Jaegher (négociant) décède en 1901, il n’est donc en rien concerné par l’histoire ; son fils, André Albert Marie, est le courtier “artiste” qui plombe la trésorerie de Pierre Quéméner en lui laissant un drapeau conséquent (environs 70 000 francs), qui prend racine à Traon-Velin et qui a un penchant pour la délation ; il a cinq enfants dont André (...)"

Quand je vous dis que, moi, je soupçonne le gars André d'en croquer avec les R.G. ....

 

Autres bizarreries :

- L'avocat du gars André en 1917, lors de l'affaire des charbons, n'était rien moins que...

Pierre Laval...

 

- Un coup, c'est Kerné qui est employé chez de Jaegher, jusqu'en avril 1923...

Un coup c'est de Jaegher qui est employé chez Kerné en 1926...

 

- En 1926, Juliette de Jaegher était employée de bureau (chez Guyomard).

Elle aussi avait les aptitudes pour faire les fausses promesses de vente ???

Elle avait 15 ans 1/2 en mai 1923.

 

- On lui trouve 8 adresses différentes de 1899 à 1939.

 

- Il n'est fait mention nulle part dans la presse de sa faillite en 1922...

Pourtant Quémeneur y a laissé des plumes ainsi que d'autres créanciers.

" Le 24 mai 1922, il porte plainte pour abus de confiance auprès du procureur de la République de Morlaix pour un impayé de 72 302 francs. Cette plainte fera l'objet d'un non lieu en juillet à cause de la liquidation judiciaire qui affecte les biens du courtier maritime. Quéméneur dans une lettre du 30 mars 1923, précise "j'ai subi une perte de 64 862 francs à cause de la faillite de Jaegher.""

In Rouz page 132.

 

- Et, cerise sur le gâteau...

Un dossier à son nom, trouvé chez Pierre Quémeneur, est emporté comme pièce à conviction par la police, lors de la visite de Ker Abri, le 29 juin 1923.

La plainte de Quémeneur fera l'objet d'un non-lieu en juillet 1923.

Il est toujours resté fidèle à Guillaume Seznec (in Ouest-Eclair 2 juillet 1923) :

"M. de Jaegher, dont l'existence assez mouvementée et la grande activité, sont connues de tous les habitants."

Qu'a fait André de Jaegher de 1923 à 1939 ?

Ce qui est bizarre c'est qu'il fait faillite en 1922 et que, pendant l'affaire, il est qualifié de courtier en charbons...

Quand il témoigne, le 6 juillet 1923, il est commissionnaire à Ploujean.

André de Jaegher habitait Troudousten, un quartier de Ploujean, à 2 km de chez Seznec.

En 1932, il est encore cité dans une affaire de charbon. Il a porté plainte contre une hausse illicite des prix.

Les chiens ne font pas des chats...

Son fils André (C'est pénible chez les de Jaegher de donner toujours André comme prénom !) s'est fait arrêter en décembre 1928 (25 ans car né en 1903) pour outrage alors qu'il est employé de commerce à Morlaix :

 

Liliane Langellier,

avec l'aimable concours de Thierry Lefebvre.

 

P.S. Dans l'affaire Seznec revisitée, on peut lire, dans la critique de "Nous, les Seznec" :

"p. 168-169 : si lecteur s’y retrouve, qu’il nous fasse signe… car même à la troisième lecture, cela reste très confus :

– Kerné : “propriétaire d’une affaire de bois charbons” à la p. 168 et à la page suivante le même Kerné dans la lettre de de Jaegher précise que “mon patron est venu me voir à Chelles

– André de Jaegher : “courtier ami de mon grand-père” nous indique l’auteur, or dans la lettre de son père à la page 169, on peut lire : “… lorsque mon fils André, alors âgé de dix-neuf ans…” – précoce s’il s’agit de la même personne qui dépose le bilan en laissant une ardoise conséquente à Quéméner (en 1922, un mineur pouvait-il être gérant déclaré ?), qui se rapproche de  Seznec et l’entraîne dans des procédures stupides (procès avec Croissant), qui a déjà femme et enfants et une réputation établie de “bambocheur” notoire…

… j’ai la nette impression que notre auteur a beaucoup de mal à cerner les évènements morlaisiens ainsi que les faits et gestes des habitants… démêlons donc le pataquès : le grand-père paternel de Jaegher (négociant) décède en 1901, il n’est donc en rien concerné par l’histoire ; son fils, André Albert Marie, est le courtier “artiste” qui plombe la trésorerie de Pierre Quéméner en lui laissant un drapeau conséquent (près de 70 000 francs), qui prend racine à Traon-Velin et qui a un penchant pour la délation ; il a cinq enfants dont André, prénom qui embrouille sans doute notre auteur peu perspicace (là encore, espérons une correction pour la prochaine édition).

Ici encore, l’auteur ne brille pas par sa correction envers ses lecteurs : il oublie curieusement de préciser que Kerné était l’employé de de Jaegher jusqu’au mois d’avril."

 

P.S.2 Thierry m'écrit : 

"Contrairement à ce qu'écrit Rouz, si Pierre Quémeneur a bien pris le train de 8h44 à Landerneau le 24 mai, il n'est pas arrivé à Rennes à 13h mais à 10h15...

Le 24 mai il arrive à 10h15 à Rennes et avait donné rendez-vous à Seznec à 14h30. Il avait donc quelque chose d'important à y faire sans la présence de Guillaume, sinon il aurait dormi à Morlaix et ils seraient partis tous les deux en bagnole le lendemain matin. Aucune trace qu'il ait cherché à acheter des voitures ce jour là, alors qu'il devait en livrer 10 neuf jours plus tard…"

 

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M
En fait, Bernez et Thierry se trompent tous deux, en raison d'une mauvaise lecture de l'horaire des chemins de fer. Il y a deux trains dans la même colonne, pour un gain de place : celui qui part de Brest à 6h55 et arrive à Landerneau (son terminus) à 8h44, et celui qui part de Guingamp à 5h23 et passe à Rennes à 10h15 (terminus à Paris à 23h40). Il est impossible que ce soit le même train (Landerneau 8h44, Guingamp 5h23).

C'est la colonne suivante qu'il fallait lire. Comme je l'indiquais sur ma page consacrée au 24 mai 1923, c'est le train de 8h35 que Pierre Quéméner a pris à Landerneau. Ce train repart de Rennes pour Paris à 12h58 et arrive donc à Rennes quelques minutes plus tôt.

https://affaire-quemener-seznec.blogspot.com/2013/05/1923-05-24.html
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