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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Pour en finir avec Alphonse Kerné...

Votre âme soeur peut-être en même temps votre âme damnée.
Guillaume Musso
Que serais-je sans toi? (2009)

D'abord, merci à toutes et à tous pour les 73.000 visiteurs dépassés aujourd'hui sur ce blog.

Je m'aperçois que j'ai trop peu écrit sur le gars Alphonse.

Et pourtant...

Avec de Jaegher, que je viens de décortiquer...

On peut dire que c'est l'âme damnée de l'affaire Seznec.

Alors, on y va...

Alphonse Kerné est né le 5 juillet 1894 au Faou.

Vous savez bien, le bled où on vend des bouquins Seznec chez le caviste...

Son père, Adrien, instituteur, meurt en 1906.

Alors qu'Alphonse n'a que 12 ans.

La visite du ministre de la Marine à Ploujean.

La Dépêche de Brest du 22 février 1904

Il est de la Classe 1914, rattachée à la Classe 1908 en 1926.

Joséphine à Traon-ar-Velin. Recensement 1906.

Il se marie avec Joséphine Breton le 28 octobre 1916.

Il est alors comptable et habite 25 quai de Léon.

Théodore Picard, lui, habite au 26 !

Joséphine, dont il aura trois filles :

- Suzanne, née le 30 novembre 1917, et,

- Lucienne, née le 21 janvier 1919.

- Marcelle, née début (?) novembre 1921, Rampe Saint-Nicolas.

- et un fils, Jacques Adrien, né le 31 décembre 1926.

Pris à 17 ans dans la rafle de Morlaix du 26 décembre 1943.

Décédé en déportation le 6 mars 1945.

A Flossenbürg.

Même Catherine Clausse va nous pousser un petit refrain chez Marylise Lebranchu le 29 janvier 2007 :

"Par contre Kerné et le Procureur Picard se connaissaient. Enfin, pour moi les deux familles se connaissaient. Procureur Picard habitait au 26 Quai de Léon à Morlaix et famille Kerné au 25 ; Alphonse Kerné a eu deux enfants. Jacques Adrien décédé en déportation en 1945 fait prisonnier lors de la rafle par les Allemands à Morlaix, et Marcelle qui était toujours en vie en 1998.

Alphonse avait une soeur ...dactylographe...née d’un premier mariage de son père. Elle est née en 1888 et est + en 1939, célibataire sans enfant. Je n’en dirai pas plus."

 

Voilà ce qu'écrit Maurice Privat, un papier d'ambiance en quelque sorte :

"Alphonse Kerné était le directeur d'une firme de bois et de charbons qui commerçait avec la région de l'Angleterre. Il vendait aux commissionnaires britanniques les poteaux de mines que lui fournissaient Pierre Quémeneur et Guillaume Seznec. Il possédait une maîtresse au Havre, où il se rendait fréquemment et l'on y signala sa présence vers les 13 et 20 juin.

Fils d'un instituteur de Ploujan, près Morlaix, il avait reçu une bonne instruction primaire, possédait une excellente écriture et tenait sa comptabilité parfaitement. Son manque de santé le fit réformer. Dépourvu de scrupules, il était employé, pendant la guerre, à Brest par Nicolas, fournisseur de la Marine, mobilisé comme sergent au 15e d'infanterie, frère du consul de Belgique dans le port de guerre. Alphonse Kerné prit une commande de cisailles contre les mines sous-marines. La moitié ayant été refusée, il s'était rendu à l'arsenal de Lorient. A force d'intrigues il obtint le poinçon qui garantissait les livraisons et marqua lui-même la marchandise. Elle fut acceptée avec honneurs. Alors il se tourné vers son patron, le menaçant de le dénoncer s'il ne partageait pas les profits.

En entrant dans une maison il apportait la ruine. Il excellait à se faufiler au meilleur poste et à en abuser. Il se faisait un piédestal de ses amis, quitte, ensuite, à les écraser. Il était en relations avec Louis Quémeneur, frère du conseiller général de Sizun, au mieux avec Pierre Quémeneur. Sa devise, qu'il ne cachait à personne : il ne faut pas hésiter à tuer le mandarin. Il avait toujours un revolver dans son tiroir, menaçait, tirait volontiers, se faisait craindre. Indiscret, il cherchait à surprendre des secrets et faisait chanter, s'il le pouvait, ceux qui avaient affaire à lui. Méfiant, volontaire, hardi, spéculateur avec ivresse, imaginatif, il buvait, courait les femmes, l'argent lui brûlant les doigts mais laissait sa famille dans l'indigence. Il abusait de la coco, de la morphine. Très bon mécanicien, conducteur audacieux, compétent en autos, il fréquentait les bricoleurs de la région. C'était le principal client de M. Henry, Parigot joli coeur, qui exploite "la maison" de Morlaix, en possède une à Brest, a des intérêts dans celle de Lorient et qui dirigeait même une "taule" à Agen.

Vêtu avec recherche, petit, bien bâti, sportif, chaîne de montre en or, bagues trop riches, M. Henry aime la pêche à la truite et s'installe volontiers pour la taquiner au confluent du Queuffleut et du Jarlot, devant la statue de Cornic, l'officier bleu. N'aimant pas rentrer bredouille il achète volontiers leur pêche aux chevaliers de la gaule, plus heureux, à l'occasion.

Alphonse Kerné est mort, il y a deux ans, après être resté couché trois ans, la vésicule biliaire enlevée, maigre à faire peur, souffrant atrocement. Longtemps il ne rentrait pas chez lui pendant quatre, cinq jours, couchant dans sa voiture, au hasard des arrêts, même quand il ne quittait pas sa ville."

 

Alphonse Kerné dans l'affaire Seznec :

L’ombre d’Alphonse Querné

(in pages 134/135/136 de Bernez Rouz)

"Alphonse Querné, 30 ans, courtier en bois et charbons à Morlaix était en relations d’affaires avec Quéméneur. Au mois de juin 1923, il était absent de Morlaix. Il réussit à fournir un certificat de maladie affirmant qu’il était chez sa mère à Chelles, en Seine-et-Marne, du 13 au 20 juin. 

(note 271 : « il devrait y avoir au dossier d’information un certificat médical attestant que ce principal complice était malade à Chelles, le 20 juin 1923. Cette pièce lui a servi d’alibi. Où est-elle ? » cf Ch. Victor Hervé page 89)

Or d’après les journaux une certaine Francine, appelée « la dame bretonne » affirmait que Querné était chez elle au Havre, le 13 et le 20 juin. Denis Seznec a publié une lettre du père de de Jaegher, qui indique que Querné avait l’intention de se rendre en Angleterre. On le trouve au Havre, à Chelles, puis plus tard tenant ensuite des propos ambigus : « Moi je n’ai jamais hésité à tuer le mandarin. » Charles-Victor Hervé le mettra en cause sans le nommer : « Les grands auteurs de la machination ont choisi Le Havre pour deux raisons : l’un d’entre eux y avait une maîtresse et l’on se rendit chez elle avec la valise de Quéméneur. » Louis Quéméner et Alphonse Querné, régisseur et exploitant des bois de Traou Nez, seraient les complices désignés par Charles-Victor Hervé, deux complices qu’il ne se résoudra jamais à dénoncer publiquement.

Selon l’ancien juge Hervé, Alphonse Querné est l’homme qui a signé le faux télégramme, qui a abandonné la valise de Quéméneur au Havre : « C’est un individu taré, vicieux, capable de tout affirment tous ceux qui l’ont connu, que l’on retrouve au Havre, lors de l’abandon de la valise de Pierre Quéméneur ». (La Province, 3 juin 1931). Ce serait encore lui qui voyage le 20 juin entre Paris et Landerneau, grimé de fausses cicatrices pour faire croire qu’il s’agit de Seznec. Le témoin qui a vu cet homme grimé, Mme Lamarque de Brest, ne sera jamais entendu.

Hervé ira encore plus loin, Berthe Rallu l’ancienne tenancière du bar Au Tambour, s’installe en juin 1923 à Chelles. Dans sa nouvelle guinguette Le Canon de la Marne, elle reprend son nom de jeune fille Henriette-Marie Masson et reçoit régulièrement un ami dont la description permet de faire un rapprochement avec Querné dont la mère habitait la même ville. Querné était l’amant de Berthe Rallu, et c’est lui qui a déposé la valise du Havre avance-t-il sans preuve.

C’est aussi Querné qui aurait écrit la lettre du 25 mai, postée à Morlaix et signée Quéméneur. Cette lettre adressée à un garagiste rennais pour chercher des Cadillac est considérée comme un faux.

Selon la fille Seznec, c’est lui qui faisait couper les pins de Traou-Nez pour en faire des étais de mine. A la fin de juin, Seznec reçut la visite de Querné : « Querné fut agressif sans raison apparente et mon père mit cette attitude sur le compte de l’affolement d’un homme qui, d’une part, craignait de ne pouvoir garder cette concession par suite de la vente de la propriété et qui, d’autre part venait d’être interrogé au sujet de la disparition du conseiller général auquel il devait de l’argent, disait-on. Il avait dû prouver par un certificat médical qu’il était malade à l’époque. Il accusait mon père avec violence et était allé jusqu’à prétendre que papa avait brûlé le disparu dans la chaudière de l’usine ! »

Selon Claude Bal, Gherdi connaissait Alphonse Querné qui buvait énormément. Il a recueilli des rumeurs à Chelles comme quoi Berthe Rallu alias Henriette Masson avait dit que c’était un de ses amants qui avait tué Quéméneur.

Voilà qui est troublant. Querné n’aurait été entendu qu’une fois par les enquêteurs. Il est mort en 1931 sans que l’on ait pu déterminer sa participation à l’affaire."

Denis Seznec écrit aussi sur Alphonse Kerné.

Peu.

On ne le retrouve que mentionné cinq fois dans l'index de son livre.

Mais, pour leur juste analyse des faits,  j'ai préféré reprendre "Critique impertinente de Nous les Seznec" :

p. 168-169 :

si lecteur s’y retrouve, qu’il nous fasse signe… car même à la troisième lecture, cela reste très confus :

- Kerné : “propriétaire d’une affaire de bois charbons” à la p. 168 et à la page suivante le même Kerné dans la lettre de de Jaegher précise que “mon patron est venu me voir à Chelles“


Le lecteur doit-il comprendre qu’Alphonse Kerné a le don d’ubiquité, à la fois patron et employé ?

 

p. 359 :

« Un certificat médical attestant qu’il se trouvait à ce moment-là chez lui, à Chelles, lui avait permis de se disculper. »


… Alphonse Kerné, voilà un personnage intéressant sur lequel nous aurions aimé en savoir plus, car si le coup du certificat médical est imparable, il mérite réflexion et recherches. Seulement, quand on est sur Bonny, on n’est pas ailleurs… et comme on y est souvent…
Comment se fait-il, que l’auteur ne tienne pas compte de ce qu’il sait et qui, effectivement détruit son argument ? en juin 1923, la mère d’Alphonse Kerné habite dans le XIIe à Paris, on ne voit donc pas bien comment, à la même date, il peut être alité chez elle, à Chelles. Maladresse de l’auteur ou volonté de mener ses lecteurs en bateau.

La Dépêche de Brest du 18 mai 1931.

"Hier après-midi ont été célébrées, à 15h30 au milieu d'une nombreuse affluence, les obsèques de Monsieur Alphonse Kerné, décédé le 17 mai, en son domicile, 34 route de Brest, à l'age de 37 ans des suites d'une longue maladie.
La cérémonie religieuse eut lieu en l'église Saint Martin et l'inhumation au cimetière de Saint Martin.
Monsieur Kerné était le beau-frère de M. Caër, le dévoué chef de la Lyre morlaisienne et de M. Kergoat, électricien à Morlaix.
Nous adressons à sa veuve, à ses enfants, à sa mère, à M. Caër et Kergoat nos plus sincères condoléances."

 

in La Dépêche de Brest du mardi 18 mai 1931.

Pour vous donner une idée de Morlaix dans les années vingt, trente...

Voir ci-dessous le blog de Jean le Mécanicien :

Alphonse Kerné...

Le breton un peu rouleur à la casquette de marin avec drap en visière...

D'allure svelte, moustache brune et mains velues...

C'est un caïd à Morlaix en 1923.

Il écrit bien, très bien, il sait tenir une comptabilité et il parle l'anglais.

Il passe de comptable à courtier.

Il aurait donc bossé avec Louis Quémeneur dans la propriété de Traou-Nez en Plourivo.

Mais il a surtout bossé avec de Jaegher...

En tant que courtier bois et charbon jusqu'en avril 1923...

Ou de Jaegher a bossé pour lui...

Ce n'est pas très clair.

Fréquentait-il la Berthe Rallu retraitée du café Au Tambour quand il allait à Chelles voir sa chère maman ???

Là, aussi, ce n'est pas très clair.

Et puis, lui aussi, il a eu plusieurs adresses à Morlaix :

- 25 Quai de Léon,

- Rampe Saint-Nicolas,

Kerné. Rampe Saint Nicolas, Morlaix. Recensement 1921.

- rue Waldeck-Rousseau,

où il héberge aussi sa mère en 1926.

Kerné. Rue Waldeck-Rousseau, Morlaix. Recensement 1926.

Dépêche de Brest du 15 août 1926

- 34, rue de Brest.

Sa mère Marie-Louise Cadec-Kerné habite à Paris 12e en juin 1923.

Et non à Chelles.

J'ai pleine confiance dans les recherches de SaintOp/Seznek.

Vous voyez, pas besoin d'aller s'égarer dans les archives du F.B.I.....

Alors que l'on ne sait toujours pas pourquoi le gars Kerné n'a pas été convoqué comme témoin dans l'affaire Seznec.

Je vais terminer par Denis Langlois, en page 101 :

"La police l'a vaguement interrogé, mais il a fourni un certificat médical établissant qu'il se trouvait alors, malade, chez sa mère, rue Picpus, à Paris. (Elle habitait auparavant à Chelles, où - coïncidence ? - s'était retirée l'ancienne patronne du café Au Tambour.) Il n'a pas été convoqué comme témoin devant les assises. Pourquoi ?"

Rien à ajouter.

Ah si….

Ce qui a fait rêver complot à Denis Seznec...

C'est le fait que le Maréchal Foch habitait Ploujean.

A Traonfeunteuniou. 

Mais, pas nous, hein ?

 

Liliane Langellier,

avec l'aimable concours de Thierry Lefebvre.

Rue de Picpus, Paris 11e.

P.S. Le vantard s'est fait moucher et de la plus belle des façons...

A lire sur le blog de Marc du Ryez.

 

P.S.2  Je trouve "ça" sur le blog du platipus en colère :

"Toutes les affirmations contenues dans mon livre sont toujours très solidement étayées. Sa seule grande erreur est cette faute impardonnable de typo qui me colle en ayant mis un 9 au lieu d'un 3 sur l'année de naissance d'un personnage secondaire et oublié.

Enfin, depuis un certain temps, l'affaire Seznec sur Internet est devenu un spectacle de clowns avec son lot quotidien d'âneries, de fake-news, de radotage et de pitreries. Il me semblerait  dégradant d'y participer. Je vais à l'instar de Denis Langlois, Bernez Rouz, Anne-Sophie Martin et d'autres me tenir un peu à l'écart. Je fais confiance à la sagacité des lecteurs de mon livre pour démêler le vrai du faux." 

Pour les affirmations toujours solidement étayées, on attend encore la preuve incontournable de la présence de Leon George Turrou en France de février à mai 1923.

Et m'est avis qu'on va encore attendre quelques temps.

Il est toujours aussi lâche : accuser un typo d'une faute que sa relecture personnelle d'auteur aurait dû corriger.

René Viviani est bien né le 8 novembre 1863 et non en 1869.

"Le personnage secondaire oublié" c'est l'ancien Président du Conseil, un rôle plus important sous la Troisième République que celui de Premier ministre aujourd'hui.

Lâche et ordurier, son grand problème est de ne pas être reconnu, et de ne pas "en être".

Oui, de ne pas être de ceux qui comptent pour l'affaire Seznec.

D'être juste un pitre pitoyable, tombé dans le ruisseau de ses hectares achetés à crédit, et, qui fait des moulins de ses bras, en jouant les texans avec l'accent breton, pour se faire remarquer.

"Je fais confiance à la sagacité des lecteurs de mon livre pour démêler le vrai du faux."

S'il dépasse la centaine de lecteurs, il pourra s'estimer heureux.

Et picoler une chopine de plus au Faou.

Voire offrir même une tournée générale de chouchen.

Et, pour démêler le vrai du faux dans son chef d'œuvre, bon courage, car là, y'a du pain sur la planche.

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