Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Où on reparle de Julien Rams...

Toute prison a sa fenêtre.
Gilbert Gratiant

Le Petit Parisien du 18 juillet 1923

Le Journal du 19 juillet 1923

Mais si...

Souvenez-vous...

Dans l'émouvante nécrologie de Claude Rideller que SaintOp/Seznek a écrit sur son blog "L'affaire Seznec revisitée", le 19 février dernier...

Et qui s'intitulait "D'une émission partagée bien réelle à une fiction anecdotique".

Il nous en parlait de Julien Rams...

Et puis, suite à mon dernier papier, vous l'avez lu, Julien Rams est le seul défenestré de l'affaire Seznec.

Le seul.

Alors, on y va...

Julien Rams, il est né le 15 novembre 1872 à Plourin-lès-Morlaix.

De François Marie Rams et Marie-Françoise Rivoalen.

Il est de la classe 1892.

Où il est déclaré cultivateur.

 

Il se marie le 18 juin 1899 avec Marie-Françoise Barbier.

Née en 1879 à Plourin.

Dont il aura 5 enfants :

- François Marie 1900,

- François 1902 (+1905),

- Françoise 1905, (NDLR future Mme Rideller qui, dès ses 14 ans, se tenait derrière le comptoir).

- Maria 1908,

- Julien 1912 (+1932).

Marie-Françoise meurt en juin 1914.

A l'âge de 35 ans.

Il se retrouve veuf avec 3 enfants.

Ouest-Eclair du 23 octobre 1914

Et épouse la même année Marie-Yvonne Madec.

Cultivatrice à Plourin.

Il a emménagé à Morlaix, au 4 rue de Brest, le 28 juin 1912.

François Marie, le fils aîné décède, âgé de 19 ans, à Boulogne-sur-Seine, le 7 août 1919.

 

Le débit de boisson de Rams était très exactement au 4/6 rue de Brest.

Eclaireur du Finistère du 28 mai 1932

Environ 10 minutes à pied de la scierie Seznec...

 

Le rôle de Julien Rams dans l'affaire Seznec...

Morlaix/Trégastel = environ 77 km par la N12 D15

 

"Le 3 juin au matin, Seznec est de retour à Morlaix. Voyageur infatigable, il part ce dimanche à Trégastel en compagnie de Julien Rams, le buraliste qui vend le papier timbré N° 195, celui-là même qui servit à l'acte de vente de la propriété de Plourivo."

in Bernez Rouz en pages 75/76.

"Ajoutons que le papier qui a servi à rédiger l'acte de vente contesté a été acheté à quelques pas de Traon-ar-Velin. Seznec lui-même indique que seuls deux bureaux de tabac vendent ce papier à Morlaix, mais chargeant Quéméneur il indique : "Quéméneur venait souvent à Morlaix et allait chez Rams, j'y ai même été en sa compagnie quelques jours avant ce voyage à Brest."

(Interrogatoire de Guillaume Seznec par le juge Campion le 29 février 1924).

in Bernez Rouz en page 104.

Et ils sont allés faire quoi, à Trégastel #jedemande

SaintOp/Seznek nous dit "pour des coupes de bois".

Et pour se mettre d'accord pour le transport de pommes de terre avec un certain Pauvy.

Guy Penaud en page 146 :

"On notera enfin que les deux exemplaires (NDLR On parle là de la promesse de vente) étaient rédigés sur deux feuilles de papier timbré portant le n° 195, qui en révélait l'origine. Il était, en effet, affecté par l'Administration de l'Enregistrement et du Timbre, au bureau de tabac situé rue de Brest, à Morlaix, à proximité de "Traon-ar-Velin", et tenu par M. Julien Rams, une relation de Seznec. Il est donc invraisemblable que Quéméneur, domicilié à Landerneau et décidant à l'improviste, à Brest, de céder sa propriété de Plourivo (rappelons, si l'on en croit Seznec lui-même, que le but initial de leur rencontre du 22 mai 1923 ne concernait absolument pas cette vente, mais uniquement un commerce de véhicules), eût employé du papier timbré acheté à Morlaix : il se serait fourni de papier timbré, peut-être à Landerneau, plus certainement à Brest, où, selon Seznec, il avait fait subitement dactylographier les documents."

Julien Rams est bien mort défenestré le 12 janvier 1924.

Le Citoyen du 17 janvier 1924

Mais la thèse de l'accident n'est pas exclue.

"Samedi soir, M. Julien Rams, débitant de tabacs, venait, dans un accès de fièvre, de se précipiter, par la fenêtre de sa chambre située au deuxième étage, dans le Queffleut."

Ainsi qu'il est écrit dans L'Eclaireur du Finistère :

"Malade depuis quelques jours… tomba accidentellement… qui baigne la base de sa maison..."

Que sont-ils vraiment allés faire à Trégastel ???

Je ne vais certainement pas me livrer, ici, à des analyses philosophiques dignes du Café du Commerce.

Il y a désormais un nouveau blog dédié rien qu'à ça...

Mais fille de commerçant, petite-fille de bougnat...

Je sais combien est difficile la vie privée des boutiquiers, quand elle est donnée en pâture.

Et, à Morlaix, fin juin 1923, il ne faisait pas bon avoir été le pote de Seznec.

Les méchantes langues se sont déchaînées (cf Le Saout and co)...

Et il y a certainement eu effet de meute.

Je lis aussi que Julien était fatigué par la maladie.

Tout est possible.

Mais certainement pas la thèse d'un assassinat comme nous le prêche insidieusement la complotiste Catherine Clausse.

Halte aux théories du complot.

Qu'elles soient ricaines, russkofs ou tout simplement morlaisiennes.

Oui...

Halte.

 

Liliane Langellier,

avec le précieux concours des archives de Thierry Lefebvre.

 

 

P.S. Pour les promesses de vente…

On lit chez Bernez Rouz, en page 181 :

"La Commission de révision s'est exprimée sur ce point (…)

"Les faux n'ont pu être faits qu'entre le 13 et le 20 juin 1923, date de la découverte de l'exemplaire Quéméneur dans la valise du Havre."

On lit chez Michel Pierre...

En pages 293/294 :

"Ce qui intrigue aussi dans la déclaration de Petit-Guillaume serait l'exclamation de Guillaume face au cadavre de Quéméneur : "On est ruinés. On est ruinés. Tout l'argent qu'on lui a donné, on en reverra jamais la couleur." Est-ce parce que Quéméneur portait sur lui la promesse de vente de Plourivo et qu'elle était tâchée de sang, d'où la nécessité d'en fabriquer une autre ? Mais comment imaginer que Pierre Quéméneur puisse avoir porté en permanence sur lui ce document ? Et surtout comment porter sur soi, le 27 mai, une promesse de vente fabriquée entre le 14 et le 19 juin comme l'ont montré l'enquête et l'instruction ?"

Circulez, y'a rien à voir...

La Lanterne du 29 août 1923

P.S. 2 Du papier timbré vierge de chez Rams a bien été trouvé chez Seznec le 29 août 1923 :

Le  Petit Parisien du 29 août 1923

Ouest-Eclair du 29 août 1923

"On a trouvé un recueil de modèles d'actes divers, ventes de propriétés, contrats, et trois feuilles de papier timbré portant le numéro qui figurait sur les feuilles de l'acte de vente de Plourivo ; l'une des feuilles était tâchée d'encre."

Alors...

Ne venez pas me dire que Guillaume Seznec n'a pas confectionné les fausses promesses de vente #nonmais

Coucou ceux qui racontent qu'il n'y a jamais eu de perquisitions à Traon ar Velin !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article