Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : les livres basés sur les révélations de Petit-Guillaume

Le témoignage vaut ce que vaut le témoin.
Louis Pauwels ;
Monsieur Gurdjieff (1954)

Trois livres...

Trois livres sont parus, avec pour base de raisonnement, le témoignage de Petit-Guillaume, le fils aîné de Guillaume Seznec.

Et dans aucun des trois livres...

Les auteurs n'en viennent à mettre en doute le témoignage du fils aîné du bagnard.

 

1/ Le premier livre, paru en février 2015, est une vengeance...

La vengeance personnelle de Me Denis Langlois.

Qui a beaucoup souffert pendant les 14 années (1976/1990) où il s'est occupé de l'affaire Seznec.

Je ne doute pas un seul instant que Denis Seznec ait été dédaigneux voire mortifiant avec lui.

Mais son livre aurait eu plus de force s'il y avait introduit la notion de doute.

en page 217 : "Le magnétophone s'est tu. Je ne sais que dire. Je m'en sors avec un "Je vais vérifier", mais j'ai déjà l'intuition que Bernard, pour des raisons qui restent à élucider, vient de me livrer le secret des Seznec."

Ce qui me perturbe chez Me Langlois...

C'est la première version qu'il va apporter au juge Jean Favard en 1996...

Jean Favard, écrit, en page 92 de son livre "Quelques affaires retentissantes. Seznec, Dominici, Dils, Raddad. Les révisions en question."

"Je n'étais, il est vrai, pas au bout de mes surprises. Car voici que Denis Langlois, après avoir obtenu une copie de la décision de la Commission, souhaitait me rencontrer. Où aurais-je pu trouver meilleur connaisseur de l'affaire ? Je n'en étais plus saisi, mais pouvais-je m'en désintéresser ? Son appréciation de la dialectique de la décision méritait d'être écoutée.

"Ainsi, le 17 juillet (NDLR 1996), m'apprenait-il qu'à son sens la décision de rejet était "tout à fait logique". Après quoi, il me révélait que son livre, le maximum qu'il ait pu faire dans le sens de l'innocence possible, avait "souverainement déplu" à Denis Seznec. Ce qui avait entraîné son éviction, au profit de Jean-Denis Bredin,  bien qu'il ait été pendant 14 ans l'avocat bénévole de la famille Seznec.

J'eus droit, en supplément, à une version inédite de la mort de Quéméneur. Au lieu de se rendre à Paris, celui-ci serait rentré en Bretagne pour rejoindre Marie-Jeanne Seznec dont il aurait été l'amant ! Du coup, c'était à Morlaix que Quéméneur aurait été tué, lors du retour de Seznec. Ce qui expliquait qu'une partie de la famille se soit montrée très réservée sur l'opportunité des diverses demandes de révision.

Quant au petit-fils, Denis Langlois estimait que c'était moins la vérité qui l'intéressait que ses rapports avec les médias. Avec l'idée qu'à force de répéter tous azimuts ce que l'on souhaitait faire reconnaître, cela finisse par devenir une vérité admise."

Denis Langlois relate cette rencontre en page 347 de "Pour en finir avec l'affaire Seznec..." :

"La relation que Jean Favard fait de notre rencontre en 1996 est relativement exacte, mais visiblement il n'a pas très bien compris ce que je lui révélais."

Ben, voyons...

Ben voyons...

Par contre, je rejoins totalement Michel Pierre quand, en page 292 de son livre "Affaire Seznec : L'impossible innocence", il écrit :

"Après avoir pris connaissance de ce témoignage en 1978, Denis Langlois renonce à le produire. A cette date, il vient de déposer une demande de révision plaidant pour l'innocence de Seznec, et privilégiant un tout autre scénario, il n'en dit donc pas mot et n'y reviendra que des décennies plus tard."

Et en page 295 :

"L'hypothèse de Guillaume Seznec endossant la mort de Quéméneur pour protéger sa femme, est sans doute l'ultime facétie médiatique d'une histoire qui en compta beaucoup."

2/ Le deuxième livre paru le 12 septembre 2019....

Est d'une rare nullité.

Tout comme l'émission de France 2 du dimanche 13 mai 2018

Anne-Sophie Martin ne connaît rien de rien à l'affaire Seznec.

Preuve en a été encore faite quand elle s'est ridiculisée, fin novembre 2019, lors du Black Friday de Quimper...

Incapable de répondre aux questions du public.

Et osant se mettre en colère.

La seule recherche que Mme Martin ait effectuée...

Est celle concernant la généalogie de Marie-Gabrielle Guyomard, recherche qu'elle a réussie à planter.

Et, encore, elle ne s'est même pas dérangée,  elle a juste téléphoné...

Elle nous écrit en page 42 (son style pourrait faire penser à du Maurice Privat relooké par Marcel Jullian) :

"Dès le lundi j'appelle la mairie de Plourivo, tout simplement pour vérifier la date des noces, sachant qu'après la cérémonie, en mairie et à l'église, les mariés et les invités ont pris les chemins qui descendent vers la grève à travers les bois pour le repas servi à Traou Nez. On ne sait jamais, ils doivent conserver les registres un certain temps. Bonne pioche, l'accueillante secrétaire de mairie m'explique que les registres en mairie remontent jusqu'à 1795. Je n'en demandais pas tant.

Et dans le créneau entre le 20 et le 31 mai, y aurait-il eu un mariage célébré ? Je ne peux que citer le nom de Guyomard. La recherche prend quelques minutes.

"Tout à fait, voici : Marie-Gabrielle Guyomard, née le 19 novembre 1899, fille de François-Marie Guyomard [le gardien de Traou-Nez] et couturière, a épousé Albert Alexandre Haudcoeur, domicilié à Rouen et employé des chemins de fer."

Et à quelle date ? Le 23 mai 1923 ! Et donc pas le 27...

Dès lors, comment croire un instant à l'hypothèse d'un crime pendant une nuit de noces dont la date a glissé au fil des ans ?"

Je l'ai cherchée partout dans les registres de naissance des archives de Côtes d'Armor.

La Marie-Gabrielle Guyomard, elle est née, en fait, à Bégard le 19 octobre 1899.

Octobre, hein, pas novembre !

M'étonne pas que je ne la trouvais pas dans les archives à la date indiquée !

C'est un livre écrit sans goût. Sans amour. Sans recherche.

Et qui n'a aucun intérêt.

3/ Le troisième livre paru sur Kindle le 17 février dernier et à paraitre (???) fin avril prochain...

Prend lui aussi pour sûres et certaines les révélations de Petit-Guillaume Seznec.

Avec, pour coller avec la version de notre auteur, un Pierre Quémeneur (invisible) qui reste assis pendant 6 heures sur sa valise, à attendre le train pour Paris, en gare de Houdan, dans la nuit du vendredi 25 au samedi 26 mai 1923.

Mais qui arrive à se faufiler discretos entre la gare de Morlaix et la scierie des Seznec, le dimanche 27 mai 1923, dès potron minet.

Mais, là, on va quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup plus loin...

Et oui, là, pour le coup, on voyage...

...Dans les steppes de Russie avec les sauveteurs américains de l'A.R.A. (American Relief Administration) et leurs chameaux via le livre de Bertrand Patenaude et ses recherches à Stanford (oui, celles de Patenaude, pas celles de l'auteur)...

...Dans les dossiers poussiéreux du F.B.I. (Federal Bureau of Investigation) refilés par Richard Bareford, auteur de la biographie de Leon George Turrou sur "Find A Grave" (oui, ceux de Bareford, pas ceux de l'auteur)...

Tout ça pour qu'un certain espion du F.B.I., Léon Turrou, devenu Charly pour la circonstance, en vienne, entre deux passages à Cherbourg, à détrousser Pierre Quémeneur...

Et que Marie-Jeanne s'embrouille avec Pierre quand il lui réclame une demande de plainte de son mari Guillaume pour l'argent disparu.

Ou plus exactement, voilà Pierre qui recule devant la véhémence de la douairière, qui tombe sur un chenet de la cheminée, et, qui se fend le crâne.

Et meurt.

Bah oui, fallait bien l'amortir, l'argent investi par l'auteur pour acheter les archives Belz (2.000 € sur Le Bon Coin) avec, à l'intérieur, l'inventaire de la maison Seznec par le commissaire Serrurier.

Et aussi les frais des fouilles privées morlaisiennes qui n'ont finalement trouvé que deux os de boeufs mais aussi une bouteille de limonade Berlivet et un vieux chenet pourri (si, si...).

 

(ça nous fait quand même chérot la bouteille de limonade et le chenet, isn't it ?)

Critique à lire sur ce blog.

Pourtant, c'est peu de dire qu'il nous en avait promis des révélations, l'auteur :

"Ce livre est un spectaculaire dénouement de l'affaire Seznec. Un cold case vieux de bientôt 100 ans est sur le point de trouver enfin sa solution. Bertrand Vilain a enquêté et il a été autorisé à consulter des archives américaines et notamment celles du FBI. Ce qu'il a trouvé est tout simplement fabuleux. Une affaire de Cadillac a bien eu lieu entre la France et la Russie des soviets en mai 1923. Pierre Quéméneur et Guillaume Seznec ont bien participé à ce trafic. Après plusieurs années de recherche, Bertrand Vilain a retrouvé le fameux américain Charly qui avait rendez-vous avec Quéméneur le samedi 26 mai. Seznec avait bien dit la vérité. Il est maintenant prouvé qu'il est innocent du crime qui l'a vu condamner au bagne par la Cour d'Assises de Quimper en 1924. La justice et la police ont commis une erreur. Bertrand Vilain, brocanteur breton à l'international, partage sa vie entre le Finistère et le Texas. Il est passionné par l'affaire Seznec depuis 2006. Il a déjà écrit un ouvrage publié en 2011. En 2018, avec Denis Langlois et une équipe de bénévoles, il a coordonné des fouilles privées à Morlaix dans l'ancienne scierie de Seznec. Il a participé à plusieurs reportages TV sur planète +, France 2, France 3. Il a fait l'objet de nombreux articles de journaux."

Ah oui, ce livre affirme tout le contraire de ce que l'auteur nous affirmait, avec Al Baker, le grand-père américain de son épouse, dans son précédent opus "L'affaire Seznec : nouvelles révélations".

Où il jurait qu'il n'y avait jamais eu de trafic de Cadillac...

Jamais...

M'enfin, c'est pas grave, avec lui, on est habitué à tout et à l'envers de tout.

Je préfère, et de loin...

Le remarquable article écrit par Alain Delame : 

Petit-Guillaume : récit(s) de résilience.

"Pris dans leur ensemble, les propos de Petit-Guillaume ne constituent donc que l'un des nombreux récits - ou fictions - qui ont jalonné l'affaire, mais certainement pas, il le dit lui-même dès le début de sa conversation avec son neveu Bernard Le Her, un "fait nouveau"..."

Et je vais clore en citant SaintOp/Seznek :

"un souhait cependant : qu’on oublie quelque temps le témoignage “solide” de Petit-Guillaume ainsi que ce qui va avec et si, pour aider à la chose, quelqu’un peut s’arrêter à la chapelle du Menez-Hom pour y mettre un cierge, c’est pas du refus."

Je pense à monter une cagnotte Leetchi en ligne, pour financer l'achat de cierges à brûler à la chapelle du Menez-Hom…

Vous en êtes ???

 

Liliane Langellier

P.S. Je lis sur le blog A.S.D. (Affaire Seznec Discussion) que c'est Angèle Labigou qui a tué Pierre Quémeneur avec le pistolet de Guillaume Seznec...

Pour défendre sa patronne Marie-Jeanne des avances du conseiller général.

Les mots me manquent...

Plutôt que de venir (vainement) commenter mon blog...

Je suggère à Laurent Maillot d'aller s'éclater dans les commentaires du blog de sa copine.

Même gourou. Même combat.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article