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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 750 articles.

Affaire Seznec : Les inexactitudes du dernier ouvrage

Une suite d'erreurs ne peut guère mener à autre chose qu'à une défaite.
Jean Dutourd.
Le spectre de la rose (1986).

 

Je me sens enfin moins seule dans l'adversité...

Depuis que Seznek/Saint Op a, lui aussi, plombé le dernier ouvrage.

En nous faisant mourir de rire...

Comme il sait si bien le faire.

Dans "ingratitude pour un livre-événement…"

Sur son blog "L'affaire Seznec revisitée".

Et que Marc du Ryez a suivi.

Dans "Le livre non-événement"...

Sur son blog "L'affaire Quéméner-Seznec".

Récapitulons...

 

1/ Le titre de l'ouvrage "Les archives du FBI ont parlé"

Je le dis et le re-dis l'auteur n'est jamais allé au F.B.I. de Washington pour trouver les archives dont il nous parle.

Seznek l'écrit très clairement :

"L’auteur a poussé le bouchon un peu trop loin en promettant des révélations provenant des archives du FBI, qu’il aurait été autorisé à consulter. Avec la modestie qui le caractérise, je le vois mal nous faire l’impasse sur la reproduction de sa carte de lecteur ou de l’autorisation officielle à en-tête du FBI."

Quant à moi, je vous ai expliqué comment tout le monde pouvait faire des recherches au Vault du F.B.I.

C'est à lire ici.

Il peut tromper les membres de sa secte non anglophiles, mais pas nous !

 

2/ Le voyage Houdan/Paris de Pierre Quémeneur le vendredi 25 mai 1923

Chez Seznek dès le 19 février :

"Je suis prêt à accepter une arnaque aux voitures américaines destinées à la nomenklatura soviétique, avec ou sans Charly, mais il faudrait au préalable que l’auteur m’explique où était Pierre Quéméner le 25 mai entre sa sortie du Plat d’Etain à Houdan (envir. 21h30) et sa montée dans le train du matin de 3h48 en gare du même lieu ; 6 heures assis sur sa valise, cela paraît beaucoup, même par une nuit de pleine lune."

Sur mon blog "Pierre Quéméneur à la gare de Houdan"...

 

3/ Les rendez-vous de Pierre Quémeneur à Paris le samedi 26 mai 1923 et l'arrivée à Morlaix le dimanche 27 mai 1923

Chez Seznek :

"Cet auteur nous a pris pour des billes, on s’y attendait quand même un peu. Sous sa plume, Pierre Quéméner devient l’homme invisible, du samedi matin au dimanche matin, sa valise en main, il passe à une adresse (?) porte de Versailles, deux fois dans une brasserie de la rue du Maine (laquelle ?), deux fois à la Poste du boulevard Malsherbes, une fois à la Bank Trust, il prend le train pour Morlaix, descend à pieds de la gare à Traon-Velin et s’invite chez Seznec un dimanche à l’heure de la messe – tout cela sans aucun témoin – chapeau l’artiste !"

Chez Marc du Ryez :

"Concernant son hypothèse sur le déroulement des événements du 26 au 28 mai 1923, qu’il allait manifestement nous présenter comme une vérité indiscutable car conçue par son génie supérieur, j’avais les pires craintes, car il annonçait le 19 janvier dernier sur son blog  : «  De ces évènements, il découle logiquement que Pierre Quéméneur, qui a un comportement raisonnable et rationnel, retourne à Morlaix2.  » Ce retour à Morlaix le 27 mai reposait donc entièrement sur la logique de l’auteur, puisqu’il n’existe en sa faveur aucun élément de preuve ni témoignage, à part celui, très controversé, de Guillaume Seznec fils, dit Petit-Guillaume."

Sur mon blog :

Lire :

  "Pourquoi Pierre Quémeneur retourne-t-il précipitamment à Morlaix."

et

Marie-Jeanne Seznec et la messe du dimanche 27 mai 1923.

Au fait, Petit-Guillaume ne sortait de Saint-Joseph que le dimanche ?

Quand est-il arrivé à Traon ar Velin ?

Qui est allé le chercher ?

Angèle, Samson ou sa mère ?

Et puis, ce n'était pas seulement le dimanche du Grand Pardon à Morlaix, c'était surtout le dimanche de la Sainte-Trinité. Un dimanche d'obligation pour les catholiques.

Les autres fidèles de la paroisse Saint-Martin ne voyant pas venir Marie-Jeanne et ses fils à la messe, seraient venus s'enquérir de ce qu'il en était #etoui

Alors, le cadavre sur les bras...

On approche de la folie, là !

Quant à l'argument selon lequel Pierre Quémeneur aurait pris un train de Paris à 20 h 05 pour arriver à 6 h 08 à Morlaix, il ne tient pas la route.

Rien ni personne ne peut nous le prouver.

Même si on argumente avec le fait qu'on ne pouvait pas le rencontrer, car, il n'y avait personne dans les rues "à cette heure-là".

C'est oublier qu'à cette époque (qui n'est pas la nôtre), à 6 heures du mat' justement, il y avait déjà du monde dans les rues.

L'attaque sexuelle revendiquée dans le livre d'Anne-Sophie Martin, devient, dans le récent ouvrage, une bousculade de Quémeneur par une Marie-Jeanne qui se sent agressée,

et un Quémeneur qui s'éclate la tête sur les chenets  de la cheminée (Les revoili, le revoilou, les jolis chenets de Papa… mais Louis XIII, hein !)

Chenets dont il a été trouvé, remember, un morceau pourri dans les fouilles morlaisiennes.

Et allez hop ! 

Le lien est fait !

Quel cinoche !

Mais quel cinoche !

4/ Le récit controversé de Petit Guillaume

Oui, je sais, et on peut me le reprocher...

Moi aussi, j'ai été émue par les récits de Jean-Yves et Gabriel Seznec le 26 mars 2018.

Mais, je me suis reprise.

J'ai écrit 10 articles de blog sur Petit Guillaume.

Le dernier "Petit Guillaume : récits de résilience", signé, lui, d'Alain Delame, est remarquable.

Il y écrit : 

"Quelle crédibilité accorder à une telle "version" ? On ne saurait le dire, sauf à répéter que Pierre Quémeneur était bien vivant le jour de son départ de Landerneau, et les jours précédents. On ne saurait le dire, sauf à se demander comment, d'un (peut-être réel) refus du directeur de Saint-Joseph, Petit-Guillaume déduit que le voyage n'a pas pu avoir lieu, puisque lui-même n'y a pas participé ?

Pris dans leur ensemble, les propos de Petit-Guillaume ne constituent donc que l'un des nombreux récits - ou fictions - qui ont jalonné l'affaire, mais certainement pas, il le dit lui-même dès le début de sa conversation avec son neveu Bernard Le Her, un "fait nouveau"..."

 Il y a deux raisons qui me freinent face à ce témoignage : 

Primo le but qu'il visait quand il a été prononcé : freiner à tout prix Denis Seznec dans sa nouvelle demande de révision...

Et Secundo : le fait que Petit Guillaume (avec son frère Albert), suite à l'ouvrage de Claude Bal en 1953, ait participé aux fouilles du Café Le Tambour, avenue de La Bourdonnais à Paris (in Denis Seznec en page 300).

S'il savait Quémeneur mort à Morlaix...

Pourquoi aller creuser à Paris ?

5/ Les contacts de Guillaume Seznec et Pierre Quémeneur avec Léon George Turrou, le Charly de notre affaire

Là, c'est juste grand-guignolesque.

Après avoir étudié en long en large et en travers la vie de Léon Turrou...

Notre auteur - sans aucunes preuves -  le fait publier une petite annonce dans L'Auto de février 1923 :

 

Puis, rentrer des States le Lundi de Pentecôte 21 mai 1923.

Sur le paquebot Berengaria.

Qui accoste à Cherbourg à 16 heures.

D'après Marc, il faut près de 4 heures pour que les passagers arrivent en gare de Cherbourg.

On ne parle pas là des passeports américains mais bien du temps pour les transbordeurs de déposer tous les voyageurs à quai.

"Vous aviez raison de considérer que, le temps de débarquer, Turrou (dépourvu de passeport diplomatique) devait se ruer sur un téléphone pour contacter Seznec avant 20 heures. Or, il n’existait pas de port en eau profonde à Cherbourg à l’époque, car la décision de construire celui-ci n’a été prise que le 23 novembre 1925. À l’époque, on utilisait la gare maritime de 1912, remplacée en 1933. Les transatlantiques restaient dans l’immense rade et des transbordeurs venaient chercher les passagers pour les conduire à la gare maritime. Cela prenait plusieurs heures, sans compter les contrôles en salle des douanes. Je vous donne un exemple qui date du 29 mai 1925 :

"À 5h30, 3 transbordeurs, le Traffic, le Nomadic et l’Alsatia, appareillent pour accoster le Majestic mouillé en rade de Cherbourg. Les passagers du Majestic débarquent à 8h. Ces derniers quittent Cherbourg à 9h15 en empruntant des trains spéciaux.

Le "planning" de Turrou était "assez serré", effectivement."

Donc, d'après notre brillant auteur, Léon Turrou, à peine un pied sur le sol de France, téléphone à Guillaume Seznec.

Qui, lui-même appelle Pierre Quémeneur à Landerneau à 20 heures le Lundi 21 mai 1923.

6/ Qui est Léon George Turrou ?

Chez Marc du Ryez :

"Je n’excluais cependant pas qu’il eût découvert un fait important concernant l’affaire Seznec. Il annonçait sur son blog qu’il avait identifié de façon certaine l’Américain nommé «  Charly  » dont parlait Guillaume Seznec. Je savais que ce dernier n’avait parlé que d’un Scherzy, Scherky, Scherldy, Scherdly ou Cherdy, et que, de toute façon, cela ne changerait pas grand-chose, puisque le mystère résidait ailleurs, mais j’étais tout de même curieux de connaître le nom du personnage. J’attendais surtout de savoir sur quels éléments probants il fondait cette identification."

Et, là, moi, je vous ai écrit 10 articles sur le sujet Léon.

Au fait, je lis le concernant "Les gars de Ponta", mais, notre Léon, il est jamais passé par Pontanezen !

On mélange allégrement avec Ernest Ackerman, là !

"In 1916 he left for France and joined a Polish unit of the French Foreign Legion", in Find a grave.

Il me reste juste à vous traduire les lignes de Bertrand Patenaude dans son "The Big Show in Bololand".

Et le sujet sera clos, pour moi.

Mais pensez-vous qu'un mec qui a fait du chantage à Hoover quand il est rentré de l'A.R.A. en  Russie  (in Bertrand Patenaude "The Big Show in Bololand") :

"But just in case the Chief might not see it that way, Turrou dropped an unsubtle hint. The newspapers were all asking him for his story , he said, but he thought he should get Hoover’s approval before making of his findings public. These findings had much to do with official Soviet obstructionism. Why, hardly a paragraph of the Riga Agreement had not been violated. He was in possession of a confidential information that Lander’s agents had been ordered to disseminate anti-ARA propaganda. Haskell’s meeting with Lenin had raised Soviet expectations of a deal with Washington, but « Colonel Haskell came back empty handed ant they never got over the disappointment. » And so on." (*)

Qu'un mec d'une telle carrure….

...Viendrait contacter deux péquenauds bretons ???

Et oui, j'ai fait plus de recherches, aidée par Marc et Thierry, que l'auteur lui-même sur ce sacré Léon !

Je vous redis ce que j'avais écrit chez Marc :

"Je n'ai toujours pas compris à quoi cela sert d'introduire un certain Léon George Turrou, supposé être l'américain Charly, dans le tramé d'une affaire qui est déjà assez compliquée comme ça.
D'autant plus que Guillaume Seznec a bien écrit du bagne de Guyane, en août 1926 à sa femme Marie-Jeanne, pour lui dire que Charly, c'était Sherdy. Oui Francis Gherdi.
Qui, mieux que lui, pouvait connaître l'identité de Charly ?
Qui ?"

 

N.B. Notre Léon Turrou prenait des pseudos d'origine russe, pas d'origine américaine (donc pas de Charly !) :

"Je devais me faire passer pour John Petrov, Russe expatrié, aux opinions très avancées et ayant toujours mené le bon combat dans les luttes prolétariennes. Ce n'était guère difficile, car je parlais couramment le russe, le polonais et quelques autres dialectes slaves. De plus, mes pommettes saillantes me donnaient un petit air de fils de la Volga."

in "J'étais un G-Man", en page 89.

On le retrouve aussi sous le nom de Frantisek Tornoff.

Le Figaro du 24 mai 1923

Je vais conclure avec Seznek - qui fait allusion là au précédent ouvrage de notre auteur :

"Je termine en posant de nouveau une question restée sans réponse : quel ouvrage à conseiller au nouveau lecteur indécis : celui qui affirme Pierre Quéméner endormi dans les Alpes Mancelles ou celui qui privilégie un enfouissement à Traon-Velin ?"

Pour les deux ouvrages, tout cela n'existe que dans la tête du brocanteur.

A quand un troisième ouvrage avec le mix up des deux précédents ???

Je demande.

Liliane Langellier

(*) Mais juste au cas où le chef ne le verrait pas de cette façon, Turrou laissa échapper une subtile allusion. Les journaux lui demandaient tous son histoire, a-t-il dit, mais il pensait qu'il devrait obtenir l'approbation de Hoover avant de rendre ses conclusions publiques. Ces découvertes avaient beaucoup à voir avec l'obstructionnisme soviétique officiel. Pourquoi, à peine un paragraphe de l'Accord de Riga n'a pas été violé. Il était en possession d’une information confidentielle selon laquelle les agents de Lander avaient reçu l’ordre de diffuser la propagande anti-ARA. La rencontre de Haskell avec Lénine avait fait monter les attentes soviétiques d'un accord avec Washington, mais « le colonel Haskell est revenu les mains vides et ils n'ont jamais surmonté la déception." Et ainsi de suite.

Affaire Seznec : Les inexactitudes du dernier ouvrage
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M
Bonjour, chère Liliane. Je découvre seulement maintenant dans cette version mise à jour de votre article la comparaison entre la science et la pseudo-science : on ne peut pas trouver une plus juste description des écrits de Bertrand Vilain que ce qui est dit de la pseudo-science dans cette comparaison. C'en est même assez effrayant.
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L
Et oui, Cher Marc, j'ai piqué ça sur la page Facebook d'un ami…
Cela tombe pile poil avec notre nouvel auteur et ses certitudes à deux balles.