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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : L'implication de Pierre Quémeneur dans le trafic de Cadillac

Quand on est dans les affaires faut toujours mentir et tricher, mais on appelle ça autrement.
John Steinbeck.
Les Raisins de la colère (1938).

Plutôt que de parcourir les steppes russes en traîneaux...

Ou les Rocheuses en camping-car Ford Tioga...

En essayant de ne pas s'étouffer avec les raisins de la colère...

Je vous propose que l'on revienne tout simplement en Bretagne...

Dans le Finistère...

A Ker Abri, Landerneau, en 1923.

Et que l'on se pose la question suivante :

Pierre Quemeneur s'intéressait-il au trafic de Cadillac ?

Il y aurait plusieurs preuves de cette assertion.

 

1/ Des réponses de garagistes.

Oui, je dis bien des réponses.

Car, que ce soit la lettre de Cadillac Station de Levallois-Perret...

En date du 14 mars 1923...

 

Ou celle d'Automobile Dodge Brothers de Nantes...

En date du 28 mai 1923...

 

Ce sont des réponses que nous avons là, pas la lettre initiale.

Cela fait un peu désordre de ne pas trouver ces lettres initiales dans le bureau du conseiller général.

Oui, des réponses qui ont été trouvées dans le bureau de Pierre Quémeneur, lors de la fameuse et unique perquisition du 29 juin 1923.

Le n°1 à des tractations de voitures automobiles

Même la troisième lettre...

Adressée au garage Paris-Brest, avenue du Mail, à Rennes...

Ouest-Eclair du 6 juillet 1923

Est bizarrement rédigée.

"Envoi de Quemeneur, marchand de bois à Landerneau"...

Etrange formule s'il en est.

"Comme signature, le nom de Quemeneur écrit d'une façon presque illisible, c'était une suite de jambages comme des u."

Ouest-Eclair du 6 juillet 1923

"M. Ladam, qui voyait ces jours-ci sur un journal la photographie de cette dépêche, fut à ce moment chercher la fameuse lettre qu'il avait reçue le 26 mai. Il compara la signature avec celle du télégramme et les jugea identiques." 

Pourquoi envoyer une lettre au garage Paris-Brest de Rennes le 25 mai, alors que Quémeneur était à 2 km de ce même garage le 24 et qu'il a attendu Seznec tout l'après-midi ???

 

Chez Claude Bal, en page 170 (repris de chez Charles-Victor Hervé, en pages 25/26) :

"Et voici un autre document signé Quemeneur. Il n'a pas pu être écrit, signé, ni expédié de Morlaix, par le conseiller général ni par Seznec, car le jour spécifié par le cachet de la poste est le 25 mai 1923. Or les deux amis avaient quitté Morlaix la veille. Ce document est une lettre que MM. Leclair et Ladam, garagistes à Rennes, reçurent le 26 mai. En voici le texte :

Monsieur Leclair et Cie,

Garagistes à Rennes

Morlaix, le 25 mai 1923

Monsieur,

J'ai deux amis acheteurs chacun d'eux d'une Cadillac, de préférence de la série 57.000 à 58.000, les deux en bon état de marche.

Si par hasard vous n'en aviez pas vous-même, voulez-vous être assez aimable de me fournir les noms de vos clients qui en posséderaient ?

Comptant sur une prompte réponse de votre part, je vous prie d'agréer, Monsieur, etc.

Signé : QUEMENEUR

Ainsi un mystérieux personnage écrivait de Morlaix, au nom de Quemeneur, à des garagistes, pour se procurer des Cadillac. Quel était ce personnage ? Le juge Hervé ne tarda pas à le découvrir : c'était Alphonse Kerné, l'ami et le comptable occasionnel de Pierre Quemeneur, celui qui abandonna au Havre, le 20 juin 1923, la valise du disparu."

Hors la lettre du 14 mars 1923, qui aurait bien été envoyée à Cadillac Station par Quémeneur, car ils répondent à Monsieur Pierre Quémeneur à Kerabri...

Ces lettres pourraient être (conditionnel) des réponses à une lettre envoyée par un épistolier masqué...

Pourquoi pas de Jaegher, par exemple ???

"J'ai deux amis qui désirent se procurer chacun une automobile Cadillac."

La patte de de Jaegher ?

Qui d'autre pour mettre la lettre dans une boîte de Morlaix le 25 mai ?

André de Jaegher  a été conseiller municipal, et trésorier adjoint de l'amicale des anciens du 19e d'infanterie et du 87e territorial.

Son père, Eugène, a été rédacteur en chef de l'Avenir de Morlaix.

Oui, de Jaegher...

Et son dossier (scellé n° 5) qui disparait comme par enchantement de Ker Abri ???

De Jaegher, qui, pour moi, en croquait avec les R.G. (Renseignements Généraux).

 

2/ L'acte Le Verge

"Quéméneur accepta d'acheter la voiture pour 12 000 francs. Immédiatement, M. Le Verge passa avec le conseiller général une promesse de vente-achat qui fut signée par Pierre Quéméneur. Cette convention qui précisait que M. Quéméneur se réservait le droit d'option sur la voiture en question, d'ici la date de livraison et même le droit de ne pas la prendre si bon lui semblait, se terminait par la mention manuscrite suivante, rédigée par Quéméneur :

"Fait à Landerneau le vingt

deux mai mille neuf cent vingt trois."

in Guy Penaud, pages 38/39.

Là, on va aller chez SaintOp/Seznek.

Oui, je suis chez moi, alors, je fais ce que je veux.

Dans sa Critique impertinente de Nous, les Seznec..

Que je vous conseille de lire et re-lire en cette période de confinement...

SaintOp/Seznek nous écrit, en critiquant la page 94, puis la page 231 de l'ouvrage de Denis Seznec :

 

Lire ici quand Thierry Lefebvre s'exprime sur l'acte Le Verge dans le forum Justice Affaires Criminelles.

Ouest-Eclair du 5 août 1923

Donc, Le Verge a refilé son exemplaire du contrat de vente de la Cadillac à la police mobile.

Et Quémeneur en a gardé un exemplaire par-devers lui.

3/ Le petit carnet 

En page 143, Denis Seznec écrit, au sujet de la perquisition à Ker Abri en date du 29 juin 1923 (il est le seul auteur à faire mention de ce carnet) :

"Dans le capharnaüm, les policiers vont à la pêche aux renseignements et récupèrent quelques papiers, un peu au hasard ; des lettres de garagistes disant qu'ils n'ont pas de Cadillac à vendre, un carnet où Quémeneur a jeté quelques notes, celle-ci par exemple : Les Cadillac de type 57 se vendront 28 000 francs en bon état de marche, ou cet autre, à la date du 21 juillet 1922, qui en dit long sur l'état des relations entre le conseiller général et son beau-frère : Ecrit à Le Bail, notaire à Morlaix, lui disant que, s'il trouvait acheteur pour Traou-Nez, l'acte de vente serait établi à son étude, quoique, dans ma famille, il y ait des notaires, et une autre encore, du 20 octobre 1922, bien intéressante : Ecrit à Gloro offrant Traou-Nez à 140 000 francs (100 000 francs comptant sous seing privé pour bois et 40 000 francs acte notarié pour éviter frais). "

Ker Abri. Landerneau.

…………………………......….

Comment peut-on à partir du peu de preuves que je viens de citer...

Comment peut-on affirmer que c'est bien Pierre Quémeneur qui est à l'origine du trafic de Cadillac dans l'affaire Seznec ???

Je reste toutefois persuadée que Guillaume Seznec n'a pas agi seul.

Qu'un certain André de Jaegher, qui était toujours fourré chez lui,  lui a prêté main forte.

A-t-il écrit les lettres de recherches de Cadillac aux garages ???

A-t-il aidé à la confection des fausses promesses de vente ???

Il serait bon de revenir différemment sur ce personnage.

Sur lequel j'ai déjà beaucoup écrit.

 

Liliane Langellier

P.S. Marc du Ryez vient d'écrire un nouvel article sur son blog L'affaire Quéméner Seznec :

"Leon Turrou, fare you well"

A lire d'urgence...

Il a également ajouté une indispensable bibliographie.

Et les liens pour les arrêts de 1996 et de 2006. 

"En conclusion, le chapitre entier sur Viviani était à mettre à la poubelle, et il en va ainsi du reste du livre".

P.S. 2 Il y a une certaine Shana/Angélique qui tourne sur les commentaires des blogs depuis un certain temps dans le seul but de vanter le sien.

Il y a longtemps qu'elle zone sur mes deux blogs.

Avec toujours le même message : 

"J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir."

Fuyez-la comme la peste.

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M
La lettre postée à Morlaix le 25 mai 1923 est bien entendu un mystère qui me travaille depuis longtemps.

Tout d'abord, on peut dire que, si elle n'est pas authentique, c'est-à-dire si elle n'est pas de la main de Pierre Quéméner ou n'a pas été écrite pour lui à sa demande, elle prouve pratiquement la préméditation, puisque la réponse devait être envoyée chez lui. Il aurait donc trouvé, en rentrant, la preuve qu'on manigançait derrière son dos.

Je me dis également qu'il est permis d'avoir des doutes sur l'exactitude de la copie donnée par Charles-Victor Hervé, car je ne vois pas pourquoi le courrier serait daté de Morlaix s'il faut répondre à Landerneau. D'autant que Quéméner, sacré farceur, avait daté de Landerneau la convention d'achat-vente avec les frères Le Verge, alors qu'elle avait été faite à Lesneven.

Je constate également que la réponse du garage de Nantes, adressée à Quéméner à Landerneau, fait suite à un courrier du 24 courant. À nouveau, si la lettre d'origine est un faux, la préméditation est certaine.

Je me dis qu'il y a peut-être eu une erreur concernant la lettre envoyée au garage de Rennes. Elle pourrait avoir été envoyée également le 24. Quéméner aurait pu confier des lettres à Seznec le 23 (quand il est venu chercher la Cadillac) en lui demandant de les poster de Morlaix, puisqu'il tenait à ce que cette affaire reste discrète. Il était peut-être trop connu au bureau de poste de Landerneau. Envoyer une petite pile de lettres à des garagistes le même jour aurait pu éveiller la curiosité.

Concernant "les deux amis", c'est normal. Quéméner essayait de rassembler des voitures, mais il tenait à ce que l'on ne puisse pas lui attribuer la démarche. "C'est pour un ami" est l'excuse habituelle. Il en fallait deux car deux voitures, c'était toujours mieux qu'une, et trois, c'était déjà moins crédible.
Répondre
L
Et oui, cher Marc, moi aussi j'ai pensé à la préméditation….
Seznec a tellement menti que personne n'y retrouve ses petits.
Et son petit-fils Denis en a remis une couche.
C'est pour cela que nous ramons tous.
Mais il faut s'accrocher...