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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Kearney aurait-il été le lien entre Turrou et Ackerman ?

William R Kearney dans le livre de Patenaude

"Pour rappel, William R Kearney Jr est capitaine à l'Etat-Major. Il quitte l'armée et devient responsable du service "Motor Transportation" de l'AGRS à Paris jusque fin décembre 1921. Début 1922 Kearney est recruté par l'ARA à Moscou pour s'occuper des véhicules. Kearney a côtoyé Ackerman pendant un an. En poste à Moscou, il est en contact quasi-quotidien avec Turrou. Les deux ont probablement discuté du marché des automobiles en Russie. Selon Mitchel, un responsable de l'ARA dans un courrier interne écrit : "Turrou peut parler 13 langues différentes et je pense qu'il a du faire du business dans chacune."

Selon le brocanteur à l'international, le point commun entre Ernest Ackerman et Léon Turrou serait...

Le capitaine William Kearney, responsable du service "Motor transportation" de l'AGRS à Paris jusque fin décembre 1921...

Puis recruté par l'ARA à Moscou début 1922 pour s'occuper des véhicules.

Est-ce une supposition de plus ??? 

Une hypothèse de plus ???

William Robert Kearney est né le 16 août 1889 à Edwardsville Illinois.

Dans sa Draft Registration de 1917 il est qualifié de vendeur.

Il signe le livre des visiteurs en qualité de membre de l'ARA au bureau de La Tribune 1 rue scribe à Paris fin décembre 1922 alors qu'il est en route pour Moscou.

Chicago Tribune 29 décembre 1922

Il embarque à bord du SS Président Roosevelt le 5 avril 1923 à Cherbourg et arrive à New-York le 13 avril 1923.

Il embarque à bord du Léviathan le 28 août 1923 à Cherbourg et arrive à New-York le 3 septembre 1923.

Il se marie à Paris 18è le 7 juin 1924.

Commerçant en produits métallurgiques, un témoin de Bar-sur-Aube

Il débarque du SS Cuba à New-York avec sa femme le 29 décembre 1925 en provenance de la Havane.

En 1929 il part pour Bar-sur-Aube travailler.

Chicago Tribune 23 août 1929

Chicago Tribune du 6 septembre 1934

En septembre 1934 il décède à Bar-sur-Aube après 3 ans d'immobilisation dans son lit, ne touchant que 750 francs de pension de vétéran du guerre ce qui suffit à peine à payer ses soins...

Il n'aura pas beaucoup profité du trafic de Cadillac.

Le livre de Patenaude donne effectivement les infos sur Kearney en page 455.

 

Le broc en avait déjà parlé dans son précédent bouquin en page 63.

"Le responsable du parc de l'automobile de l'ARA est un certain Bill Kearney. Il était lieutenant dans l'armée américaine pendant la guerre puis ensuite capitaine affecté en Allemagne. Il avait été chef du "Motor Transportation for the American Graves Registration Service" au sein de la haute Commission alliée, c'est-à-dire des véhicules utilisés par le service en charge des cimetières militaires américains."

Puis, quelques lignes plus loin :

"On peut légitimement se demander si dans le cadre de l'ARA, un trafic de Cadillac n'aurait pu s'organiser via la Chambre de commerce américaine et cela dans les conditions décrites par Seznec. Cela semble peu plausible car il n'y eut que 149 véhicules amenés en Russie (selon Bertrand Patenaude, The big show in Bololan). (NDLR sic) Parmi ces 149 il n'y a eu que quelques Cadillac. Le responsable de l'ARA basé à Moscou demanda de n'envoyer que des Dodge ou des Ford et surtout pas de Cadillac car ces dernières ne pouvaient se mouvoir correctement dans les rues du fait de leur taille et leur poids."

Alors...

Trafic or not trafic ???

That is the question.

Chicago Tribune 14 mars 1922

 

Ceci étant dit, on a aucune preuve que Kearney connaissait Ackerman, l'American Graves Registration Service n'était pas une petite unité, elle avait des bases dans toute l'Europe, d'ailleurs, Kearney était-il en poste à Paris ?

De même, Kearney chef des transports automobiles à l'A.R.A et Turrou interprète auprès de Haskell étaient-ils en contact quasi-quotidiens ?

Pure spéculation !!

Quant à Bertrand Patenaude...

Il n'est pas fiable...

Page 455 il écrit que Kearney est arrivé pour travailler en Russie en janvier 1922 (He went to work in Russia for the A.R.A in january 1922)...

Alors qu'en page 454 on peut lire que Kearney a écrit à l'automne 1921 que les règles de circulation sur la discipline routière ne signifient rien pour les conducteurs russes. (Bill Kearney, chief of ARA motor transportation division, wrote in autumn 1921 that traffic regulations on road discipline mean nothing to russians drivers.)

On recoupe ses sources quand on écrit un ouvrage.

On recoupe ses sources.

 

Liliane Langellier,

avec l'aide éclairée de Thierry Lefebvre, pour les archives.

P.S. On me dit à l'instant même que les urgences de l'hôpital de Saint-Brieuc sont sur les dents...

La lectrice qui discute ce que les experts affirment aurait avalé une pièce du puzzle de l'affaire Seznec...

Too bad !

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M
La revue de l’American Chamber of Commerce in France paraissait deux fois par mois. Un volume disponible sur Archive.org, dont je vous parlais déjà ici-même il y a deux ans, regroupe tous les fascicules de l’année 1921. Dans celui du 1er septembre, j’ai trouvé un article qui présente la situation de l’automobile américaine en France, et parle des prix, des taxes, etc.

https://archive.org/details/review1921amer/page/430/

Jules Thomine est d’ailleurs présent dans la liste des revendeurs, puisqu’il avait un quasi monopole sur les ventes de Buick, Cadillac et Chevrolet neuves (seule la General Motors Export Co. en vendait aussi en France, apparemment).

Juste après, page 435, on trouve un article sur les visas pour les Américains qui montre qu’au moins en 1921, les choses étaient beaucoup plus compliquées pour eux que ne le prétendait Bertrand Vilain. Il disait d’ailleurs qu’ils n’avaient pas besoin de passeport, et il pensait que Turrou pouvait voyager sous un nom d’emprunt. Il confond avec les hôtels américains. Toutes les identités étaient vérifiées sur les transatlantiques, de manière évidente. Et si les Américains n’avaient pas besoin de visa pour quitter la France et se rendre directement aux États-Unis, il leur en fallait un s’ils venaient des États-Unis pour transiter par la France.
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M
Chère Liliane, c’est en fait à Key West (Floride) et non à New York qu’il arrive avec sa femme, le 29 décembre 1925 sur le S.S. Cuba. Il avait déjà fait le même trajet, apparemment seul, le 9 mai 1924, sur le S.S. Miami, c’est-à-dire 29 jours avant son mariage à Paris.

Sur l’acte de mariage, il est écrit qu’il a 24 ans et qu’il est né en 1899, mais il en a dix de plus : il va avoir 35 ans et elle en a 22.
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M
Allez, en admettant que l'organisateur et l'Américain dont parlait Seznec soient le même homme, j'oserai avancer (tenant compte de l'incapacité de Seznec à retenir ce nom complexe pour lui) : Scherdy = Kearney. Ce n'est pas impossible. Seznec était à peu près sûr du "er" et du "y", en tout cas, puisqu'il les gardait dans ses variantes.
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M
Il meurt pauvre en 1934, mais en 1924 il habite rue de Rivoli, tout de même, et tout semble aller très bien pour lui dans les quelques années qui suivent.
M
Bien entendu, il ne s’agit que d’une hypothèse, d’une piste que je juge intéressante. Mais nous avons là un client beaucoup plus probable que Turrou, selon moi. Apparemment, Kearney vivait à Paris en 1921 avant de partir pour la Russie. Il s’y marie en 1924. On peut penser qu’il y a conservé son domicile dans l’intervalle. Patenaude dit qu’il arrive en Russie en janvier 1922, mais vous avez constaté qu’il s’y trouve déjà à l’automne 1921, donc il peut très bien faire de constants allers et retours entre Paris et la Russie, puisqu’il est en charge des véhicules. L’homme dont parle Quéméner est un Américain de toute confiance qui vit à Paris, mais qui a également une bonne situation aux États-Unis. Je crois qu’il serait utile de préciser ses mouvements en 1923. Comme pour Turrou, il nous manque une traversée essentielle.
L
Hou là…
Cher Marc…
Ne tombons pas dans les défauts de notre dernier auteur en tirant des conclusions trop hâtives.
Kearney a fini pauvre et je ne le vois pas venir contacter deux péquenauds bretons en 1923.
Laissons les "probablement" aux mauvais auteurs.
Je leur suggère d'aller éplucher les dossiers du personnel de l'A.G.R.S. pour trouver un autre Charly...
M
Bonjour, chère Liliane. Kearney, contrairement à Turrou, est un client potentiel. Il est en charge des véhicules de l'A.R.A. Il est domicilié à Paris en 1924. Il peut fort bien connaître Achermann. Dans le cas de Turrou, il faut Kearney en intermédiaire, alors qu'avec Kearney c'est direct. Il peut également connaître Gherdi, puisqu'on peut imaginer aisément que Kearney connaît le café Au Tambour où les affaires se font. Turrou n'a pas, selon moi, la capacité d'organiser un trafic. Bertrand Vilain croit à une arnaque, auquel cas cette capacité n'est pas nécessaire, mais pourquoi ce genre d'arnaque qui impose au pigeon des efforts considérables pour transporter des voitures à Paris, et qui prend un temps fou ?

L'Américain dont parle Quéméner à Saleun ne semble pas être le Scherdy dont parle Seznec aux journalistes (qui vont le transformer en Charly, ce qui n'a aucun sens, car Charly n'est pas un nom de famille et est très facile à retenir). Pour moi, Kearney pourrait être l'organisateur. Cet organisateur, quel qu'il soit, semble s'appuyer sur Achermann et un garagiste parisien.
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