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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : Pour en finir avec Francis Boudjema Gherdi, dit Charley.

Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie.
Albert Londres

Francis Boudjema Gherdi...

J'ai des infos un peu partout sur mes deux blogs le concernant...

Elles ne sont pas "cuites et re-cuites" mais elles sont juste à point.

Comme les pâtes...

Oui, Al dente !

Alors je les rassemble ici.

C’est la lettre de Guillaume Seznec en date du 16 août 1925 qui déclenche les recherches de Marie-Jeanne Seznec (voir copie en annexe).

Sur le mystérieux Cherdy.

En effet, à cette date-là, Guillaume Seznec est au dépôt de Saint-Martin-de-Ré...

Et tout fait nouveau, qui pourrait empêcher son embarquement pour la Guyane, est le bienvenu.

Revenons à Gherdi.

Cet article est  mon 555ème article de blog sur l'affaire Seznec.

Qui dit mieux ?

Et pas des articles de 4 lignes avec une vague photo...

Des articles qui tiennent la route.

Et qui sont répertoriés, à droite de ce blog, sous « Catégories ».

…......…......

Boudjema Gherdi est né à Chébli (Alger).

Le 23 septembre 1892.

Fils de Mohammed Ben Maklouf Gherdi et de Fatma Guerbacer.

On retrouve son identité sur son acte de mariage en date du 27 mai 1922.

Il est alors domicilié 19, rue de la Jonquière, Paris XVIIe.

Pas loin des Puces de Saint-Ouen

 

Bernez Rouz, en page 48 :

"Boudjema Gherdi, né en Algérie, s'était engagé dans l'armée américaine. Il  avait servi au camp américain de Romorantin dans le Cher. En 1921, on le retrouve commerçant de pièces détachées provenant des stocks américains, au 17 rue Brochant à Paris."

Gherdi apparaît donc dans notre histoire à deux reprises.

En avril 1926,

et,

en avril 1954.

1/ En avril 1926

Description du boui-boui de Gherdi. DPB 8 avril 1926.

On est loin du trafic international de Cadillacs.

 

 

L'Ouest-Eclair du 8 avril 1926 :

"Le mystérieux Gherdi n'a rien de mystérieux. Mme Seznec devra trouver autre chose.

Paris, 7 avril.- Après avoir invoqué le témoignage du soldat Guyoton, Mme Seznec, on le sait, dans le but de faire surgir un fait nouveau, a signalé la trace du mystérieux Cherdy, cet Américain avec lequel M. Quémeneur aurait été en relations d'affaires. En effet, grâce à certains renseignements appris par Seznec, à Saint-Martin-de-Ré, on retrouva facilement un nommé Cherdy, établi 17, rue Brochant, mais ce Cherdy n'est Américain ni du sud, ni du nord. Il n'est pas ancien coureur sur automobiles, il ne joue pas de banjo dans les boîtes de nuit.

M. Cherdi est Français, né à Alger en 1892, et il tient un petit commerce de pièces détachées pour automobiles américaines.

- Je connais bien, a-t-il déclaré à ceux qui l'interrogeaient, Mme Masson, l'ancienne propriétaire du café "Au Tambour", avenue de la Bourdonnais ; elle me prêtait souvent son téléphone quand j'habitais dans son quartier ; mais je ne me suis jamais occupé de ventes d'automobiles et je n'ai jamais été en relations écrites ou verbales avec des clients appelés Quémeneur ou Seznec. J'ignore donc tout de cette affaire-là !... Et je me demande comment Seznec connait mon nom.

A cela je ne vois qu'une explication possible, c'est qu'une des cartes imprimées que j'emploie pour ma publicité, et dont un grand nombre sont en circulation, est tombée par hasard aux mains de M. Quémeneur au "Café du Tambour".

Il est possible en effet que ce soit de cette façon que M. Quémeneur a pu avoir en mains une carte du commerçant. Il aurait pu alors la montrer à Seznec et lui laisser croire qu'il était en relation avec M. Cherdi (connaisseur en automobiles) pour évier de se faire rouler en traitant une affaire avec Seznec. M. François Cherdi a envoyé ce matin même aux journaux une lettre rectificative affirmant qu'il ne connaît, ni M. Quémeneur, ni Seznec."

Le Matin du 8 avril 1926.

Le Matin du 8 avril 1926

"Je me rappelle très bien avoir vu, sur le tableau de ventes du camp de Romorantin une fiche mobile portant le nom de Quémeneur. Il me semble aussi qu'un jour quelqu'un me le désigna : - Tiens, voilà  Quemeneur, le gros acheteur…

Je serais bien incapable de le reconnaître. Ainsi, non seulement, je n'ai jamais été en affaires avec lui, mais je ne lui ai même pas adressé la parole."

Voilà qui pue la manipulation de Marie-Jeanne Seznec.

Pour charger à fond Quemeneur.

Le Petit Parisien du 8 avril 1926

2/ En avril 1954

Denis Seznec, pages 414/415 :

"Le matin du 23 avril 1954, Claude Bal, accompagné de son ami et éditeur Jean-Luc de Carbuccia, se présente chez l'Américain. Ils sonnent à la grille du pavillon et voient bientôt venir à eux un homme au teint basané, de petite taille et assez corpulent. Au cours de la conversation, il montrera à ses deux visiteurs une carte d'identité au nom de Gerdi (sans h) où il est mentionné qu'il est né à Alger en 1892.

Gherdi les introduit dans le jardin. De la conversation qui suit, Claude Bal fait le récit détaillé dans son livre Seznec était innocent. Je possède aussi à ce sujet le témoignage que Jean-Luc de Carbuccia a déposé à la Sûreté nationale.

Gherdi répond de bonne grâce aux questions de Claude Bal concernant Le Tambour. Il explique qu'il fréquentait le Parc des expositions et, donc, qu'il a bien connu Berthe Rallu, la patronne du Tambour.

- Elle était la maîtresse de Jean-Marie Layac, précise Gherdi. C'est d'ailleurs lui qui l'a installée à Chelles. Mais Layac, c'était quelqu'un, il a gagné des millions ! Il n'aurait pas fallu y toucher à celui-là !

- Layac, c'est bien le ferrailleur qui habitait 101, rue de la Convention et qui est mort il y a quelques années ?

- Exactement.

Claude Bal demande ensuite à Gherdi s'il a connu ces hommes, des amis de Berthe Rallu : Mimile Vidal, Delapalce, dit Ripolin, ferrailleur à Neuilly, puis à Orly, ceux qu'on surnommait Nenoeil et Joseph le Marseillais (J'ignore où Claude Bal avait pu glaner ces noms ; il ne l'a jamais précisé.)

- Oui, je les ai rencontrés à Chelles, au Canon de la Marne, répond Gherdi.

- Et Alphonse Kerné ? Vous l'avez connu lui aussi ?

- Oui. Il avait à peu près ma taille et mon âge. Il buvait énormément.

Claude Bal lance ensuite quelques autres noms : Meyer, le gardien du Parc des expositions, Detret, le chef de ce parc, et Willem, marchand d'accessoires automobiles.

- Oui, je me souviens d'eux, répond Gherdi sans hésiter.

- Et Quemeneur ?

Gherdi parait ennuyé, puis se ressaisit.

- Je l'ai vu, bien sûr, au Parc des expositions et au Tambour. Mais ce n'est pas une raison pour me mêler à son histoire et à celle de Seznec !

- Est-ce que vous avez été interrogé par l'inspecteur Bonny ?

- Oui. Il est venu me poser des questions en compagnie d'un autre (NDLR Là on aimerait bien savoir : "quel autre ?") C'était aussitôt après la mort de Quemeneur (comment Bonny pouvait-il être déjà certain de la mort de Quemeneur ?) Ils avaient retrouvé sur Quemeneur (ils avaient donc vu le corps ?) une carte commerciale à mon nom. Mais ils ne m'ont pas accusé, ils ont compris que c'était sans importance et m'ont assuré que je n'aurais pas d'ennuis.

Remarquons qu'aucune trace d'un interrogatoire de Gherdi par Bonny ne figure sur le moindre procès-verbal. Nous savons simplement, par les bordereaux retrouvés depuis, que la police l'a effectivement interrogé.

Bien sûr, ces déclarations de Gherdi n'ont pas été authentifiées par un quelconque procès-verbal, d'autant que l'Américain niera par la suite avoir tenu de tels propos. Il reprochera au journaliste "d'avoir raconté des histoires" lors d'une confrontation orageuse organisée entre les deux hommes après la sortie de Seznec était innocent. Qui a fait sensation.

Claude Bal, lui, ne démordra pas de sa version."

Francis Gherdi in le rapport Camard du 1er juin 1956.

...………......…...

Voyons, soyons un peu raisonnables !

Vous imaginez Francis Gherdi piquant du papier à lettres à l'American Chamber of Commerce.

Et à l'origine d'un trafic de bagnoles ricaines vers la Russie ???

Même si on peut se demander comment il avait pu se financer son manoir à Epinay-sur-Seine...

N'était-il que locataire ?

Est-ce le fruit du marché noir pendant les années d'Occupation ???

Ou a-t-il fait partie des SS Mohamed ???

Ce qui expliquerait que Mme Colette Noll ait cru le reconnaître à La Carlingue auprès de Bonny/Lafont.

Et puis, franchement..

Si Pierre Quémeneur avait été un gros acheteur de camions ou de voitures américaines…

On en aurait trouvé trace lors de la perquisition à Ker Abri…

Ses proches l’auraient signalé !

Et…..

Vu la propension du conseiller général à se vanter et étaler sa fortune…

Ça ne serait pas passé inaperçu !

 

Liliane Langellier,

Avec l’aimable concours de Thierry Lefebvre

Lettre de Guillaume Seznec du 16 août 1925.
Lettre de Guillaume Seznec du 16 août 1925.
Lettre de Guillaume Seznec du 16 août 1925.
Lettre de Guillaume Seznec du 16 août 1925.

Lettre de Guillaume Seznec du 16 août 1925.

Dans cette lettre du 16 août 1925....

Guillaume Seznec écrit à Marie-Jeanne :

"Contente-toi d'offrir tes peines à Dieu"

Il serait étonnant qu'elle ne soit pas allée à la messe le dimanche 27mai 1923.

 

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