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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Les témoignages de Gabriel Saleun et de Julien Legrand

Il faut juger à froid et agir à chaud.
Paul Valery.

Plus les jours passent…

Plus je m'aperçois que Bertrand Vilain se sert de son livre comme d'une arme.

Comme d'une vengeance...

Oui, pour se venger de la médiocrité de sa vie.

Pour lui, désormais, il y existe deux catégories...

Il y a ceux qui ont son livre (ses aficionados à lui, ses grands journalistes ???)

Et ceux qui ne l'ont pas...

Son souci principal reste que son blog soit le premier blog Seznec.

Un blog totalement illisible avec toutes les publicités qui interfèrent...

Premier blog Seznec...

On est loin, bien loin du compte...

Entre La Piste de Lormaye et Seznec Investigation….

Je n'ai plus à prouver que c'est bien mon blog le premier blog Seznec.

Même si ses Pieds Nickelés m'empêchent de l'inscrire sur Wikipédia.

Même si Google, ce connard de moteur de recherches, bien incapable d'analyser les contenus sous un titre, lui donne la primeur.

De toute ma vie, je n'avais jamais pris querelle avec un être aussi vantard, médiocre, méchant et irrespectueux.

"La haine, c'est la vengeance du faible pour avoir été intimidé"

disait George Bernard Shaw.

Dont acte.

…………………………….

Allons-y pour Gabriel Salaün…

in La Dépêche de Brest du 28 mai 1926.

 

1. La visite de Pierre Quemeneur à son banquier Gabriel Saleun le 22 mai au matin

Pour cette journée un tout petit fait passe à travers les mailles du filet.

Avant de prendre la route de Brest, nos deux lascars se retrouvent tôt le matin à Landerneau devant chez Julien Le Grand.

Juste avant, Guillaume Seznec a rencontré Julien Le Grand pour lui faire signer une traite de 4.800 francs. Seznec est allé chez Le Grand avant de partir avec son pote. Ils ont bien du tailler une petite  bavette, non ?

Quant au banquier, là encore, je vous rassure, c'est une déposition de Gabriel Saleun à la police le 28 juin 1923.

Chez Bernez Rouz en pages 63/64 :

"Quemeneur se tourne alors vers son banquier, la Société bretonne de crédit et de dépôts. Il demande une autorisation de découvert de 100.000 francs pour quelques jours. Voici comment Gabriel Saleun, fondé de pouvoir, détaille les dires de son client : "C'est pour traiter un marché d'automobiles américaines, camions ou autres, peu importe l'état, pourvu qu'elles puissent rouler d'un garage à l'autre. J'ai découvert cette affaire par des annonces de journaux et me suis mis en relation avec un ami de Paris qui occupe certainement une bonne situation en Amérique. Il m'a montré des papiers qui donnent toute sécurité. J'ai autant confiance en lui qu'en moi. Je dois acheter au comptant ces voitures pour les rassembler dans un garage pour les livrer ensuite dans un autre garage par série de dix où elles me sont payées immédiatement. Ces transactions doivent rapporter deux peut-être trois fois le montant versé. "

Dans L'Ouest-Eclair du 22 avril 1926, Saleun en rajoute même une couche : "Je me souviens que M. Quéméneur m'offrit à me verser une certaine somme d'argent pour que je l'accompagne à Paris voir son intermédaire."

Là encore plusieurs faits me choquent. En tout cas au moins deux.

Pourquoi Quéméneur n'a-t-il pas avec lui les courriers de ses correspondants américains, car, vous comme moi, quand vous demandez un prêt à la banque, il faut apporter des biscuits, non ?

Et puis je ne sais pas vous, mais moi je n'ai pas vraiment tendance à confier ma vie à mon banquier.

Je résume. Je prouve. Il décide.

Et l'embarquer dans une de mes combines (en lui refilant de la monnaie) est bien la dernière idée qui me viendrait à l'esprit.

 

Gabriel Saleun est né le 24 mai 1873 à Saint-Julien dans les Côtes d'Armor.

Sa famille paternelle est de Landerneau.

Il avait 15 frères et soeurs.

Donc, une famille qu'on ne pouvait pas éviter à Landerneau...

Rien à grignoter de chelou sur son R.M. 

Il est engagé volontaire en 1890.

Et se tape toute la Campagne contre l'Allemagne du 7 octobre 1914 au 9 décembre 1918.

Il se marie le 5 août 1897 à Brest, avec une institutrice brestoise Marie-Antoinette Andrey.

Les témoins du mariage sont de la bonne bourgeoisie locale : 

"témoins au mariage :
- Auguste SALEUN, entrepreneur de travaux, 59 ans, oncle du contractant, domicilié à Landerneau
- Adolphe GALLIOU, maréchal ferrant, 62 ans, non parents des contractants
- Charles TRELY, garde principal d'artillerie en retraite, chevalier de la légion d'honneur, 83 ans, aïeul de la contractante
- Auguste POILANE, garde principal d'artillerie, chevalier de la légion d'honneur, 53 ans, non parent des contractants
ces trois témoins domiciliés à Brest.

Ils auront trois fils :Charles, Gaëtan et Robert.

Enfin, un parcours sans faute.

Une vie d'une platitude à pleurer de banalité.

Jusqu'au jour où...

Pierre Quémeneur pousse la porte de la banque où il bosse pour lui demander 100.000 francs.

Là, pour le coup, ça va mettre de l'agitation dans la platitude de son quotidien.

Saleun est très pote avec Quémeneur, on peut lire en page 20 chez Denis Langlois :

"(...) Et effectivement une demi-heure plus tard, il rejoint Quémeneur à la terrasse de l'Hôtel des Voyageurs. Seznec n'est pas présent, du moins Saleun ne le remarque pas."

Curieuse phrase, non ?

Soit Saleun a besoin de consulter en ophtalmo, soit il hait déjà Seznec (dont il s'occupe des comptes, je le rappelle).

 

Sauf que...

L'affaire Cadiou, le gars Saleun, il devait quand même en avoir entendu parler jusqu'à plus soif avec sa famille landernéenne.

C'est le seul lien existant apparemment avec Julien Legrand.

2. L'étrange rencontre de Quemeneur et de Julien Legrand le 23 mai au soir

Là encore, la déclaration qui suit (livre de Denis Seznec en page 96) a été faite à la police le 27 juin 1923 :

"Le 23 mai au soir, je crois, M. Quemeneur est venu chez moi vers les 8 h 30 ou 8 h 45. Il m'a mis au courant de son voyage à Paris en me disant ceci : j'ai fait une affaire avec Seznec, je pars demain livrer ma Cadillac à Paris où je resterai quelques temps car nous avons fait une affaire ensemblepour l'achat de camions ou voitures américaines. Comme Seznec ne veut pas faire d'écritures, c'est moi-même qui tiendrai la comptabilité et ferai la réception des voitures.

Je lui ai dit : - Alors Seznec fera les achats dans la région ?

Il m'a répondu : - Il fera des achats dans toute la France entière.

J'ai continué : Votre affaire me semble assez drôle, qu'on vienne chercher à Landerneau ou à Morlaix deux marchands de bois pour faire des achats de camions. Mais il n'y a donc plus de connaisseurs à Paris ? Mais si vous achetez par toute la France, il vous faudra énormément de capitaux.

Il m'a répondu : - Je possède actuellement de l'argent liquide, de 80 à 100.000 francs et Seznec de 40 à 50.000 francs.

Comme Seznec m'avait appris jadis qu'il possédait des dollars-or, j'ai objecté à M. Quemeneur : Seznec a donc vendu ses dollars ? Seznec m'avait dit qu'il possédait 3 200 dollars depuis qu'il avait fait du blanchissement pour les Américains au cours de la guerre.

Continuant la conversaton, M. Quemeneur m'a encore dit : - Je pars demain à 5 heures du matin pour assister au conseil municipal de Saint-Sauveur, qui a lieu à 7 heures, j'ai quelques explications à donner au sujet des chemins, puis je partirai vers 8 heures car je dois être à Rennes pour déjeuner. Je repartirai avec Seznec pour Paris pour livrer ma Cadillac qui est vendue.

M. Quemeneur m'a dit encore que Seznec avait vendu ses dollars, mais il ne m'a pas dit à qui."

Oups...

Que cela sent le mensonge monté et bien monté.

Primo Quemeneur n'a pas 100.000 francs d'argent liquide puisqu'ils lui ont été refusés par son banquier et qu'il a demandé un chèque de 60.000 francs à son beau-frère Pouliquen.

Côté dollars-or (si on admet qu'ils ont existé un jour), Guillaume Seznec soutient mordicus 4.040 dollars-or et non pas 3.200.

Quant à la dite Cadillac, elle n'appartient ni à l'un ni à l'autre, car Seznec l'a fourguée à Quemeneur en gage d'un prêt de 15.000 francs. Prêt qu'il compte bien lui rembourser.

Nous voyons bien là que Legrand "fait dans l'exactitude"....

 

Legrand Joseph Marie Julien est né le 17 octobre 1865 à Argenton sur Creuse (36).

Sa mère décède en le mettant au monde.

Elle s'était mariée le 26/11/1860 avec Martin Legrand, décédé à l'âge de 36 ans, le 18/7/1872.

Martin Legrand s'est remarié avec Anne Léonard. Ils auront une fille : Marie Marguerite Legrand, née le 22/7/1869.

Julien Legrand se marie le 9 juillet 1891 Lambezellec avec Rollier Marie Louise Joséphine (née 20 février 1869 Ouessant) d’où :

- Julien Rollier né janvier 1890 Lambezellec avant mariage puis reconnu, Capitaine de l’Infanterie Coloniale en 1924.
- André Legrand né 16 février 1895 Landerneau, Négociant à Landerneau en 1924
- Yvonne née 1899 Landerneau
- Louise née 1906 Landerneau
- Rachel née 1910 Landerneau.
 

Julien Legrand a été maire de Landerneau de 1904 à 1908.

Il ne peut pas ne pas avoir croisé Jean Besseyre des Horts à Landerneau.
 
Il décède le 11 janvier 1924 à Landerneau.
 

 

Julien Legrand. Briqueterie et Tuilerie de Landerneau en 1898

(Archives départementales du Finistère)

 

Julien Legrand à La Grande Palud en 1908

(Archives départementales du Finistère)

 

Donc…

Ces deux témoignages sont sujets à caution...

Oui, ils sont à prendre avec des pincettes…

Car ces deux témoins sont des grands potes à Quemeneur…

Et ils ne prouvent en rien que Pierre Quémeneur traficotait dans les Cadillacs…

En rien.

Du tout.

N’oublions pas que, chez le Vilain, on est dans un livre qui prend comme certitude les dires du témoignage de Petit-Guillaume.

Via Bernard Le Her et les petits fils Seznec (témoignage de deuxième main, donc)

N’oublions pas…

Au fait, il peut nous le dire, à quel moment précis Pierre Quémeneur rencontre E.T. ???

Qui lui montre de son curieux doigt la rue en pente pour descendre à la maison de Traon ar Velin…

En disant « home »..

#jedemande

 

Liliane Langellier,

L’Oprah Winfrey de l’affaire Seznec.

Affaire Seznec : Les témoignages de Gabriel Saleun et de Julien Legrand
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