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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Affaire Seznec : Georges Bollon et le trafic des Cadillac.

En attendant que le futur film sur le livre non encore achetable de Bertrand Vilain soit primé aux Oscars d'Hollywood...

Il m'inquiète, là, quand même...

Et en cessant d'écouter Radio Mytho...

Qui, comme un roi, dit "nous" en parlant de lui...

Oui, le roi dit "nous voulons"...

Sachez que, pour Google, je suis personnellement abonnée aux Google Alerts sur l'affaire Seznec.

Ce qui marche très bien.

En m'indiquant régulièrement tout ce qui sort sur l'affaire.

Et a posteriori chaque publication de mes articles de blog.

Cela étant dit...

Je vous propose maintenant, avec Thierry Lefebvre aux manettes pour la généalogie et les articles de presse, de décortiquer la vie de notre ami Bollon.

Oui, Georges Bollon...

Souvenez-vous...

Dans La Dépêche de Brest...

L'annonce déclenchante du 22 novembre 1922 :

 

Chez le juge Hervé :

 

Georges Bollon est né en Savoie.

A Tresserve (près d'Aix-les-Bains et à 40 km d'Annecy).

Le 9 mai 1882.

 

Classe 1902.

 

Le 28 janvier 1913...

A Paris 17e...

Georges Bollon, loueur d'automobiles, se marie avec Jeanne Albertine Bisteur.

 

On y va pour la presse...

Et je laisse la parole à Thierry...

Georges Bollon, mécanicien, a un fils qui nait en 1908 au 8 rue Labié (75017).

Il figure au nombre des candidats du Grand Touring Club de France en juillet 1909.

En 1913 il épouse la mère de son fils et ils profitent du mariage pour reconnaitre l'enfant.

Ils demeurent toujours au 8 rue Labié où Georges exerce la profession de loueur de voitures.

Les 23 et 27 avril 1916, parait dans la Dépêche de Brest l’annonce suivante :

« Automobile. Suis acheteur de toutes automobiles modernes. Je paye comptant sans essais. Écrire détails BOLLON, 8, rue Labie, PARIS. »

Dans Le Journal du 3 mars 1917 :

« Suis acheteur toutes autos, me rends en province. Ecr. Détails : Bollon, 8, rue Labie, Paris (17e). »

Dépêche de Brest des 9 et 13 mars 1917 :

« AUTOMOBILES. J’achète de suite comptant toutes autos, me rends sur place. Écrire détails : BOLLON, 8, rue Labie, Paris. »

Les affaires semblent prospères puisque dans Le Journal du 11 février 1919, il offre « 200 fr. à qui fera louer remise pour quatre autos, 7e, 8e, 16e, 17e arrond. Bollon, 8, rue Labie. »

Dans Le Temps du 31 mars 1919, nouvelle annonce, il est cette fois au 33 avenue Saint-Foy à Neuilly.

« Automobiles à louer, luxueuses, confortables, rapides. Bollon, avenue Ste-Foy, 33, Neuilly. »

Ce genre d’annonce paraitra dans Le Gaulois, Le Figaro, etc. en 1919, 1920, 1921, 1922…

1920, c’est justement l’année où Guillaume Seznec est inquiété à propos d’une automobile retrouvée par les gendarmes de Locronan dans une grange de Guillaume Le Breton, cousin de Seznec. 200 véhicules automobiles ont été volés dans les stocks américains de la région peu avant.

Guillaume prétend que cette automobile provient d’un lot de deux autos achetées à un certain Randoin, garagiste 11 rue du Pasquier à Annecy, qu’il a rencontré le 29 novembre 1919 au Champ-de-Mars à Paris au parc des ventes de stocks. Les voitures devaient être livrées le 2 décembre 1919 à Nantes.

Un garagiste d’Annecy qui conclue à Paris une vente de voitures qui sont à récupérer à Nantes. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Guillaume déclare qu’il a vendu la première auto en janvier 1920 (à qui ? à-t-il un document pour le prouver ?) et que cette deuxième auto est également vendue, à un sieur Bosson de Marseille qui doit la livrer en Algérie.

La police ne trouvera jamais aucune trace d’un dénommé Randoin garagiste à Annecy et en restera là.

Lire sur ce blog :

Vous avez dit Randoin ?

 

Dans la Dépêche de Brest du 28 juin 1923, Bollon déclare qu’il a bien fait paraitre l’annonce du 27 novembre 1922 (elle parait également le 30 novembre 1922) mais n’a jamais été en relations d’affaires avec Quéméneur et ne le connait pas.

Une fois encore, la police se contentera de ces affirmations…

En 1923 était installé au 8 rue Labié un dénommé Molto, courtier en automobiles né en Espagne.

Grand Echo du Nord de la France. 15 décembre 1923.

Bollon reste discret les années suivantes puisqu’on ne le retrouve que le 5 novembre 1931 dans Les Ailes où il fait paraitre l’annonce suivante :

« Autos – Motos – Canots. Delage, châssis 6 cyl., culbut., 22 CV, type C.-02, très bon état : 4500 fr. Packard, châssis récent, 35 CV, 8 cyl. Très bon état : 8000 fr. ; équipements électriques et accessoires. Bollon, 121, rue Perronet, Neuilly sur Seine. Tél. : Maillot 00-36. »

Il est donc toujours à Neuilly mais a déménagé au 121 rue Perronet.

S’ensuivent des annonces qui paraissent régulièrement dans les quotidiens tels que Le Journal ou Le Matin jusqu’en 1942 afin de vendre, louer ou acheter des véhicules, recruter des mécaniciens, etc.

Parmi toutes ces annonces, il y en a une qui sort du lot, parue le 21 janvier 1941 dans Le Matin :

« Côte d’Azur propriété 31 hect. Dont 29 de bois à expl. Mas, eau, élect. 350.000 cpt. Bollon, 121, r. Perronet, Neuilly. »

Bollon Côte d’Azur n’est pas très éloigné de Bosson Marseille.

Et si Bollon et Seznec, les deux G. (les deux geais ?), s’étaient connus dans les années 1919-1920 dans les parcs parisiens des stocks américains ?

Thierry Lefebvre

Le 121 rue Perronet.

Les beaux quartiers de Neuilly.

Georges Bollon in recensement 1926.

Au 121 rue Perronet à Neuilly sur Seine.

Ils ont une femme de chambre et une cuisinière.

 

Voilà.

C'est simple comme bonjour...

Thierry, il annonce, il prouve.

Pas de délires dans les Monts d'Arrhée.

Avec ou sans camion Renault Trafic.

Notre Bollon...

C'est sûr, lui, il a bien traficoté dans les bagnoles ricaines.

Et plus particulièrement dans les Cadillac.

Mais...

Comment rattacher tout ça à l'affaire Seznec...

C'est une toute autre affaire.

Je ne sais pas si mes lecteurs n'aiment pas mes longs papiers...

Mais ce que je sais...

C'est que ce blog vient de dépasser, ce matin 13 février, les 67.000 visiteurs.

Avec 2.713 visiteurs en 12 jours #etoui

Liliane Langellier

P.S. 2 Me reviennent à la mémoire les mots de Georges Cenci de décembre 2006 :

Sur le bloc-notes de Samuel et sous le titre "Justice pour Quéméneur" (ça change un peu…)

Tellement d'actualité.

"Il est des affaires judiciaires qui ne meurent jamais, résistant au temps. Plus les années passent, plus les enquêtes parallèles et la désinformation les enrichissent de fantasmes et de contrevérités anarchiques et souvent commerciales. Elles s’opacifient d’autant plus que la passion et l’intérêt l’emportent sur la raison.
Les articles succèdent aux articles, les livres aux livres, les comités de soutien aux comités de soutien. Chacun fait étalage de sa vérité qu’il n’a pas - ou qu’il n’a pu ou voulu - rechercher dans le dossier criminel et se répand, imaginatif et convaincu dans des démonstrations qui ne résistent guère à l’examen des faits.
Une information, une fois lancée, est reprise par l’ensemble des médias, en boucle, sans que soit vérifiée son authenticité. La justice est mise à mal, les enquêteurs vilipendés, tous coupables à leurs yeux de l’erreur judiciaire dont ils sont les seuls à ne pas être persuadés. Et la grande majorité des citoyens, crédule et manipulée, fait confiance aux hommes qui maîtrisent l’information et se détournent de ceux qui ont la noble mission de rechercher la vérité et de rendre justice.
Les abus journalistiques, la télé-réalité, les scoops qui produisent de l’Audimat et font vendre du papier, prennent le pas sur le communiqué, la mise au point, l’arrêt ou le jugement qui rétablit les faits, démontre la manipulation, écarte les intrigues.
Le mot qui fait peur est ainsi lâché à l’opinion publique, si prompte à s’émouvoir : l’erreur judiciaire - bien plus rare cependant que l’on peut l’imaginer - marque alors les esprits, s’insinue dans notre mémoire, nous fait douter de la décision de justice.
Les passionnés, romanciers opportunistes, donneurs de leçon, malveillants de tout acabit, terroristes intellectuels de l’intelligentsia ne font que recomposer l’histoire d’un crime. Chacun a sa théorie, ré-écrit l’histoire pour nous convaincre de l’innocence du condamné. Mais, d’aucuns ont eu accès au dossier ou l’interprètent. À leur façon, selon leur norme, leur éducation, leur courant de pensée, leur sensibilité ou pire encore leur intérêt. Ainsi, sont livrées à l’opinion publique, hypothèses douteuses, élucubrations en tout genre, critiques peu amènes envers la justice au mépris de l’autorité de la chose jugée.
Que penser des avocats médiatiques, spécialistes des plateaux de télévision et des salles de pas perdus qui se font remarquer habituellement après les arrêts et jugements de condamnation de nos cours et tribunaux ? Des porteurs de micros et caméras, leurs courtisans, propagateurs d’informations qu’ils ne prennent pas toujours la peine de vérifier et qui se battent rarement la coulpe lorsque les faits leur donnent tort !
Il en est ainsi de nombreuses affaires judiciaires où l’opinion a été sollicitée et carrément manipulée par des campagnes, bien orchestrées, tendant à la révision de certains procès ou par des films qui ré-écrivent l’histoire pour nous convaincre de l’innocence des condamnés au mépris de l’autorité de la chose jugée. Souvenons-nous des affaires Dominici, Ranucci, Raddad, Weber, Villemin et tant d’autres qui en sont les illustrations. Celle de Guillaume Seznec n’a pas échappé à cette règle et l’on vous parle encore aujourd’hui de mystère. Huit décennies de mystères ! Ou d’intrigues ?"


 

Vilain, le premier blog sur GoloGolo...

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T
Le juge Hervé rapporte que Bollon lui aurait dit en 1933 que l'affaire d'achat revente de voitures Cadillac avait fait fureur dans le monde automobile à Paris en 1922 et 1923... <br /> Selon toute vraisemblance, on devrait en trouver trace dans les annonces de presse non ? Je viens de taper "limousine Cadillac" et "Torpédo Cadillac" dans Gallica. <br /> Le journal qui donne le plus de résultats c'est L'Auto. <br /> Très peu d'annonces de recherche de Cadillac, une trentaine d'annonces sur la période 1920-1921, une vingtaine en 1922 et quinzaine en 1923. Les prix varient de 42000 en 1920 à 5000 en 1923 en passant par 20500, 20000, 13500... <br /> Aucune à 15000 ni à 30000. <br /> Il faut garder en mémoire que les frères Le Verge avaient passé une annonce pour vendre la leur en septembre 1922 et qu'en mai 1923 elle n'était toujours pas vendue.
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