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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Marie-Jeanne Seznec et la messe du dimanche 27 mai 1923

« Il reviendra à Pâques ou à la Trinité. »
Dicton

Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

Moi qui ai été élevée à Saint-Joseph du Parchamp, un pensionnat très catholique de Boulogne-Billancourt.

Près du bois.

A la fin des années cinquante, une famille catholique parisienne, digne de ce nom, envoyait ses jeunes filles à Dupanloup, aux Oiseaux ou à Saint Jo.

Pour moi, ce fut Saint Jo !

Pensionnaire de 10 à 17 ans.

J'ai encore de beaux restes : je peux, sans problème, vous chanter a capella toute la messe en latin.

Surtout depuis que je fréquente les abbayes.

Et que la Communauté Saint Martin officie à Nogent-le-Roi.

Je connais bien les rites obligatoires d'avant Vatican II.

Que j'ai étudiés pendant deux années (2001/2003) à L'IFREP de Chartres (Instance de Formation aux Responsabilités Pastorales).

 

1/ La messe dominicale obligatoire

Il devait y avoir du monde dans les rues.

Oui, des gens se dirigeant vers l'église.

Et personne n'a vu Pierre Quemeneur entre la gare et le 102 rue de Brest ???

Reprenons l'horaire...

La petite famille quitte Traon ar Velin vers 10 heures.

La messe dominicale avait toujours lieu à 10 h 30.

Mais il faut quelques temps pour se mettre en place.

Surtout si les garçons sont enfants de chœur.

Et, avec la messe dominicale, on ne plaisantait pas.

La sécher, c'était péché.

Mais pas péché véniel, péché mortel !

Et le péché mortel, c'était le visa pour l'Enfer !

Il n'y avait pas, à cette époque, de messe du samedi soir pour "arranger" les familles.

Le dimanche, c'était le Jour du Seigneur !

Point barre.

 

"Manquer la Messe dominicale est-il un péché mortel ? Avant tout, un péché mortel par sa nature même nous détourne de Dieu. L’un des dix commandements est d’ « observer le jour du repos ». Comment sanctifier ce jour ? En louant le Seigneur. Comment louer le Seigneur ? En allant à la Messe. Si vous ne le faites pas, vous détournez votre vie de Dieu, et si vous persistez dans la même direction, vous ne serez pas avec Dieu à la fin de tout. Vous finirez loin de Dieu, et comme Dieu est amour, lumière, beauté, et vérité, eh bien vous serez privé de l’amour, de la lumière, de la beauté et de la vérité, c'est-à-dire que vous serez dans la mort éternelle. Donc, manquer la Messe le Dimanche est-il un péché mortel ? Oui.
Cependant, la notion de péché mortel n’a pas qu’à voir avec la matière grave, mais aussi avec votre connaissance de la matière grave, et des éléments de préméditation dans votre décision. Il vous faut aussi persévérer dans le péché sans aucune pensée de regret, ou en refusant de considérer votre action comme peccamineuse. Il faut aussi évaluer la situation de chaque personne. Il peut y avoir des circonstances atténuantes; et une bonne intention, si elle ne rend pas bonne une action mauvaise, peut alléger votre culpabilité.

Si vous manquez la Messe du Dimanche parce que cela vous dérange dans vos occupations d’y aller, ou parce que vous pensez que vous avez plus important à faire, vous avez commis un péché mortel. Mais si vous manquez la Messe parce que vous êtes en voyage, et bien qu’ayant tenté d’y assister, alors il n’y a pas péché mortel. Il en va de même si vous étiez malade, ou en train de prendre soin d’un malade.
Mais si vous manquez la Messe parce que vous travaillez, cela signifie que vous avez délibérément placé votre travail avant Dieu dans votre vie.  Si pour vous, travailler le Dimanche est une obligation dont découle la survie de votre famille et que vous n’avez réellement aucun moyen de pouvoir vous rendre à la Messe dominicale, vous devez demander une dispense à votre curé, et vous rendre à la Messe à un autre moment, en semaine. Mais ce dernier cas doit être vraiment rare, étant donné que dans la plupart des villes, des Messes sont célébrée à partir de 6 heures du matin, jusqu’à 8 heures du soir. Personne de travaille à la fois aussi tôt et aussi tard un Dimanche.

Les enseignements de l’Église sont simples et de sens commun. Vous avez l’obligation de vous rendre à la Messe tous les Dimanches. Cela vous aide à mettre Dieu à la première place dans votre vie. Cela vous aide à l’orienter vers le Ciel. Cela vous aide à organiser toutes choses après Dieu selon un véritable ordre de priorité.
Donc, si vous avez manqué la Messe pour une bonne raison et sans faute de votre part, il n’y a pas péché mortel. Si vous vous êtes abstenu de vous rendre à la Messe par négligence, ou pour avoir donné la priorité à quoi que ce soit sur Dieu, vous vous êtes détourné du Seigneur et devez vous confesser afin d’orienter à nouveau votre âme vers Lui.
Enfin, pourquoi ce péché particulièrement doit-il absolument être confessé ? Tout d’abord, le péché de manquer de façon intentionnelle la Messe dominicale est un péché contre l’Église en même temps que contre Dieu. Vous vous devez donc de rechercher le pardon de l’Église comme celui de Dieu.  Et vous ne pouvez recevoir le pardon de l’Église que d’un Prêtre. Enfin, le devoir de se rendre à la Messe le Dimanche étant un devoir de nature cérémonielle, la réparation pour avoir enfreint ce devoir doit elle aussi être de nature cérémonielle. Il s’agit du Sacrement de la Confession.  

 

http://lh3.ggpht.com/_YtYKuDvkXWU/S3RTJl6cJLI/AAAAAAAAApU/jzTNGy8HSK8/s512/Mass-11.jpg

in Fides Ratio, qui est resté "comme en 1923"...

C'était "la messe tradi", dite dos au peuple, ou de rite tridentin.

Et puis, l'après-midi, vers 14 heures, il y avait les Vêpres.

Et après les Vêpres, il y avait Le Salut.

C'est-à-dire, l'adoration de l'hostie dans un ostensoir.

Placé au-dessus de l'autel. 

Et la bénédiction du peuple à genoux.

Avec le Tantum Ergo chanté.

Oui, en 1923, dans toute la France, la messe était dite en latin.

 

2/ Le costume breton

En 1923, les Morlaisiennes allaient à la messe en costume breton.

Lire sur mon blog La Piste de Lormaye :

Marie-Jeanne et son costume
Au Procès 

Une petite coiffe "Borledenn" en tulle, coiffe du pays Glazik (Petit Bleu en Breton) dont Plomodiern fait partie. Plus la coiffe est grande plus la famille est riche et inversement car le tulle est cher à cette époque là. Il faut le faire venir de Paris.


Sur le haut elle porte un veston avec 2 boutons en nacre et un châle en crêpe, la jupe est faite en drap et un bas de jupe en velours. Les chaussures sont vernis de noir brillant ( réservé aux riches).

Au Procès, on dit un "Tom-Pouce", pure invention de la presse !! Un parapluie à mode d'Ivoire, la richesse est mise en valeur !! Souvent les femmes avaient un parapluie en bois de hêtre ou chêne, incassable mais robuste.

Ce costume est réservé aux travaux des champs, aux sorties, au travail à la maison ce qu'on peut dire de la vie de tous les jours.

Donc, vous me suivez là…

Le dimanche 27 mai 1923, Fête solennelle de la Sainte Trinité, le huitième dimanche après Pâques, était, en plus, une solennité..

Une raison de plus pour ne pas manquer la messe.

Et puis, c'était un lieu où il était de bon goût de se montrer.

Je pense aux Flamandes de Jacques Brel :

"Les Flamandes dansent sans rien dire
Sans rien dire aux dimanches sonnants
Les Flamandes dansent sans rien dire
Les Flamandes ça n'est pas causant
Si elles dansent, c'est parce qu'elles ont vingt ans
Et qu'à vingt ans il faut se fiancer
Se fiancer pour pouvoir se marier
Et se marier pour avoir des enfants
C'est ce que leur ont dit leurs parents
Le bedeau et même son Eminence
L'Archiprêtre qui prêche au couvent
Et c'est pour ça, et c'est pour ça qu'elles dansent"

Ce fameux dimanche 27 mai 1923, Marie-Jeanne a dû aller à la messe avec ses deux fils, Petit Guillaume et Albert.

Je rappelle ici, que si Guillaume Seznec était peu pratiquant, les enfants scolarisés dans des pensions religieuses avaient obligation d'assister à la messe dominicale.

Il y avait même des cartes à faire signer par les prêtres officiants pendant les vacances d'été.

Allait-elle à L'église Saint-Martin ?

C'était la plus proche du 102 rue de Brest à Morlaix..

Et sa paroisse.

La messe durait 1 h 30 : nous voilà vers midi.

On sort de la messe...

On passe chez le pâtissier acheter les petits gâteaux qui vont agrémenter la table dominicale....

On se presse de déjeuner, et...

A 14 h 30, rebelotte, il y a Vêpres solennelles du dimanche de La Trinité.

En plus, il y avait justement  matinée récréative au Patronage Saint Joseph, à l'issue des Vêpres.

La Résistance du 19 mai 1923

La Résistance du 26 mai 1923

15 h 30 le début du théâtre...

Un trajet de 18 minutes à pied de la rue de Brest à l'avenue de Kerneguenes, selon Alain Delame.

Donc, tout ça, ça nous mène au mieux et sans traîner à un retour at home vers 17 h 30.

…………………..

Alors...

Dites-moi, sérieusement.

A quel moment précis notre Pierre Quémeneur arrive à Traon ar Velin, ce dimanche 27 mai 1923, pour violer Marie-Jeanne Seznec ????

Avant la messe ???

Après la messe ???

Avant les Vêpres ???

Après la matinée récréative ?

Et notre Pierrot, il lui saute dessus...

Pour, d'un seul élan, fendre son lourd costume du Pays Glazik ????

Et, ratant la marche, aller s'aplatir sur un fauteuil breton...

Faut croire que Petit Guillaume, il n'avait pas gardé beaucoup de souvenirs de son enfance catholique.

Très catholique.

Et que ceux, qui emboîtent le pas sur son témoignage, n'ont aucune culture catholique, voire aucune culture du tout....

Personne, personne ne peut tenir pour sûr un hypothétique retour de Pierre Quémeneur à Morlaix le dimanche 27 mai 1923 au matin.

On a parlé de l'affaire Seznec jusqu'en Nouvelle-Zélande, et pas un seul témoin de ce dimanche matin dans lefs rues de Morlaix ne se serait manifesté ?

Quant à la fable débile d'un Pierrot qui  rencontrerait ce dimanche-là une Marie-Jeanne parce qu'elle tenait les cordons de la bourse #portnawak

Je lis ce jour chez le crêpier texan (c'est bientôt La Chandeleur mais pour les lumières, faudra attendre encore un peu) :

"En aucun cas, Petit-Guillaume n'est témoin d'une telle scène. Il peut s'agir d'une agression mais qui n'a pas pour origine une pulsion sexuelle non maîtrisée de Pierre Quéméneur."

Ah bon !

Mais Vilain chez Pradel le 20 septembre dernier...

"Il a vu que Pierre Quémeneur aurait tenté d'abuser sa mère…"

"Et sa mère pour se défendre aurait donné un coup de candélabre."

lI n'y a donc plus d'attaque sexuelle de Pierre Quémeneur et de défense de Marie-Jeanne Seznec avec des chandeliers d'époque ???

Comprenne qui pourra !

Ou pas, d'ailleurs.

Liliane Langellier

avec Thierry Lefebvre pour les extraits de presse.

P.S. Calendrier des réjouissances catholiques de mai 1923 :

- L'Ascension est le Jeudi 10 mai 1923.

- Jeanne Seznec fait sa communion solennelle le Jeudi 17 mai 1923.

"Jeudi à St-Martin ont eu lieu les fêtes de la Première Communion. La retraite avait été prêchée aux enfants par M. l'abbé Barvet, vicaire à St-Melaine. La procession put l'après-midi se dérouler à travers la paroisse en dépit du temps, aigre et pluvieux. Et les "cloches de St Martin" sonnèrent joyeusement en l'honneur du "plus beau jour" de la vie du chrétien."

in La Résistance du samedi 19 mai 1923.

Communiantes et communiants en 1923.

- Le dimanche 20 mai et le lundi 21 mai 1923, c'était La Pentecôte.

- Le dimanche 27 mai 1923, c'était La Fête de la Trinité.

 

- Le jeudi 31 mai 1923, c'était La Fête-Dieu…ou Fête du Très Saint-Sacrement.

Mais si, vous savez bien, les jolies petites filles en robes blanches qui jettent des pétales de fleurs sur le passage du Saint-Sacrement.

 

« La Bretagne catholique rien ne me la fait aimer, comme ce démenti tranquille qu’elle oppose à l’individualisme, au protestantisme dont nous sommes pourris », s’exclamait en 1928 le Père Doncœur, au sortir des vêpres qu’il venait d’entendre avec ses Cadets dans l’église de Goulien, une église « trop petite », le matin même, pour accueillir tous les fidèles qui se pressaient à la messe dominicale. « La famille autour de l’aïeul, la paroisse autour du clocher, le pays avec ses coiffes, la Bretagne avec sa duchesse Anne et avec son parler : voilà, ajoutait le jésuite, de quoi nous faire reprendre l’intelligence de ce bas monde1. »

1 Paul Doncœur, s.j., Routes de Bretagne, VIème carnet de route, Paris, À l’Art catholique, p. (...)

Et pendant ce temps-là, notre Guillaume Seznec :

"Je repasse donc à Dreux le 26 vers 16 heures. Là, nouvelle panne de moteur, le mécanicien Hodey doit encore intervenir. Je gagne Pré-en-Pail, où je couche. J'en repars le 27 à 8 heures du matin et mets près de 24 heures pour rentrer à Morlaix, enfin."

Le Petit Journal du 27 juin 1923

Où l'on retrouve "un certain Charly"...

#jerigole

Programme diocésain pour la semaine du 27 mai 1923.

Programme diocésain pour la semaine du 27 mai 1923.

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