Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 750 articles.

Affaire Seznec : Il faut sauver le soldat Seznec...

Je ne dirai rien mais cela fera du bruit dans Landerneau.
Alexandre Duval (Les Héritiers)

Petits rappels utiles avant que Denis Seznec ne vienne aujourd'hui encore tartiner de mensonges les habitants d'Etel.

Le mandat d'arrêt est notifié par le juge Ernest Binet date du 30 juin 1923 :

Cela n'a pas traîné…

Et oui, Guillaume Seznec arrive à Paris, à la Sûreté générale de la rue des Saussaies, le jeudi 28 juin 1923.

Sans argent, il a dû emprunter le prix du voyage Morlaix/Paris à Me Pouliquen.

Il va commettre son premier mensonge (c'est de famille !) en racontant qu'il est sans bagages, alors qu'il a laissé sa valise à la caisse du café-restaurant "A la ville de Brest" et qu'il a été facile pour les policiers qui le suivaient, depuis son arrivée à la descente du train, de rapatrier la valise.

"La dissimulation de cette valise est un premier mensonge flagrant qui va conduire le policier à douter de la véracité des dires de Seznec". in Bernez Rouz en page 97.

Seznec donne alors à Vidal une copie de la promesse de vente de la propriété de Traou Nez.

"J'ai du reste dans la poche le double de cet acte que je vous remets".

Cette coïncidence fait tiquer Vidal.

Seznec est ensuite confronté à Pouliquen au sujet de cette promesse de vente.

Vidal, soucieux de vérifier la véracité des dires de Seznec au sujet de la séparation des deux hommes, organise un déplacement sur place entre Dreux et Houdan.

Les vendredi 28 et samedi 29 juin.

 

Et c'est là que Seznec se mélange entre les deux villes, les horaires de train, et peine à avouer qu'ils ont dîné à Houdan.

Le dossier est accablant.

On connaît la suite.

Après 4 jours, le soldat Seznec est placé en détention.

Ces premiers jours sont extrêmement importants car jamais, ô grand jamais, Seznec ne variera de version.

Alors qu'en face de lui, police et justice sont persuadées de sa culpabilité, la presse provinciale puis nationale s'empare de l'affaire.

"M. Campion ne nous a pas caché à cet égard le concours particulièrement apprécié que lui ont apporté les quotidiens de la capitale dans la recherche de la vérité." in Le Finistère, septembre 1923.

Le 16 juillet, Seznec est transféré à la prison de Morlaix.

Le 4 novembre 1924, il est condamné au bagne à perpétuité.

…………………………..

C'est alors que la famille va remuer ciel et terre pour prouver l'innocence du soldat Guillaume.

Les pistes les plus abracadabrantes sont suivies.

Au début, au tout début, il y a Marie-Jeanne Seznec, Emile Petitcolas, le beau-frère journaliste et l'avocat Me Kahn.

Lire sur mon blog Mediapart : 14 demandes de révision et un planning très familial.

"En 1925/1926, Marie Jeanne dépose quatre demandes de révision. Bien sûr, elles ne sont pas si élaborées que les dernières en date. Mais ce sont des demandes de révision. Elle est aidée en cela par son beau-frère Emile Petitcolas. Un personnage peu mis en lumière dans l’affaire. Mari de Marianne, la sœur de Guillaume Seznec, Emile est d’abord un journaliste, voire un rédacteur en chef (La Dépêche de Brest, Le Temps) mais aussi un grand franc-maçon avec un solide carnet d’adresses. Elle est aussi aidée par son avocat Me Marcel Kahn.

Les quatre premières demandes de révision concernent :

1 - Jean Guyoton. Pas franchement équilibré. Et qui prétend avoir croisé Pierre Quemeneur au quartier dit des agités de l’asile Saint-Athanase de Quimper.

2 - Francis Boudjema Gherdi, l’Américain (qui se révèlera être un juif algérien né à Chébli en 1892) qui aurait été le contact parisien, le rendez-vous de Pierre Quemeneur à Paris. Mais qui aurait pu tout aussi bien être un consommateur habitué du café « Au Tambour » grand lieu de rencontre des trafiquants de toutes sortes car situé juste face aux fameux stocks américains parqués au Champs de Mars.

Ici, c’est intéressant, car, le 6 avril 1926, Marie-Jeanne prévient la presse AVANT la magistrature. Ce qui sera toujours le modus operandi des Seznec.

3 - Dame Petit : un curieux personnage. Qui vient voir Marie-Jeanne le soir même juste après le procès. Pour lui raconter qu’elle a passé l’après-midi du samedi 26 mai en la galante compagnie de Pierre Quemeneur. On commence ici même la longue liste des témoins de « survie » du dit Quemeneur après la nuit du 25 mai.

4 - Madame Lamarque : Là, c’est La Dépêche de Brest qui publie le témoignage avant l’action de Marie-Jeanne, fin 1926. Cette dame aurait vu… Passons…

Le Procureur général de Rennes donne un avis défavorable à ces quatre demandes. Qui, de fait, ne sont pas transmises par le Ministre de la Justice à la commission de révision.

 Ensuite, il y a Jeanne Seznec :

1931. Entrée en scène du « grand gourou » de l’affaire Seznec : le juge Charles Victor Hervé. Et de sa piste de Traou Nez (Plourivo).  Qui arrange tout le monde car l’affaire reste en famille. En deux mots, Pierre Quemeneur revient de Paris (on est toujours dans la thèse de survie) et trouve la maîtresse de son frère Louis couchée à l’attendre. Il ne résiste pas à la tentation. Et voilà que Louis les surprend, et, fou de jalousie, tire sur son frère et le blesse gravement.

Je me demande si les gens qui ont défendu corps et âme cette piste ont bien compris que cela tient plus de « Closer » que du « Monde diplomatique » ???

Emile Petitcolas meurt début janvier 1928. Marie-Jeanne le 14 mai 1931. Et ce sont donc la sœur Marianne et la mère Marie-Anne Colin Seznec qui vont prendre l’affaire en mains. Et représenter Guillaume.

Après deux ouvrages discutables et discutés quant à l’exactitude des faits évoqués (ceux de Maurice Privat et du Juge Hervé), des articles à n’en plus finir dans le journal « La Province », la famille Quemeneur, légèrement énervée de se voir ainsi traînée dans la boue, intente un procès contre le journal rennais « La Province ». Malgré une célèbre plaidoirie de Me Philippe Lamour (qui dura sept heures d’horloge les 4 et 5 octobre 1932) les trois promoteurs de la révision (Privat, Hervé et Delahaye, directeur de La Province) sont condamnés à des sommes importantes de dommages intérêts.

5. Et la requête déposée par Mes Marcel Kahn et Jean-Charles Legrand reçoit un avis défavorable.

6. Plus sérieusement, le 18 février 1934, une sacrée petite bonne femme, Marie-Françoise Bosser, institutrice à Riec-sur-Belon, membre de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme) de Pont-Aven, met toute son énergie pour réunir six des jurés qui ont condamné Seznec. Ils envoient une missive au Ministre de la Justice, déclarant ne pas avoir eu en possession tous les éléments pour la défense de Guillaume Seznec. Qui leur répond par une fin de non recevoir.

7. Nouvelle requête en révision le 9 avril 1935 (rejetée) pour non dépôt au Greffe des actes de vente de la propriété de Plourivo.

8. Jeanne Seznec entre en scène le 19 mai 1938. Aidée de Me Philippe Lamour. Dépôt d’une demande de révision concernant la ceinture trouvée sur l’étalage de Louis Lohat.

9. En 1948. Requête déposée par Me Raymond Hubert pour Guillaume Seznec selon les thèses du juge Hervé.

Pour la première fois, on parle de Bonny, le flic pourri. (Il a été fusillé à la Libération en décembre 1944). Pour une première fois, qui ne sera pas, je vous le certifie, la dernière…

Pour la première fois, la Commission de révision est saisie mais rend un avis négatif. Rejet officiel de la requête le 7 juillet 1949.

10 et 11. Septembre 1951 et janvier 1952 : deux nouvelles requêtes déposées par Jeanne Seznec avec Me Raymond Hubert. (Dont témoignage tardif de Boulic, serveur de l’Hôtel des Voyageurs à Brest qui aurait vu les dollars or). Toutes deux sont rejetées.

1955. Entrée en scène d’un personnage qui aura, lui aussi, marqué l’affaire Seznec : Claude Bal. Journaliste à Paris Match ( ?). Mais surtout grand noceur devant l’Eternel. Et peu soucieux de l’exactitude des faits qu’il relate.

Pour la toute première fois, c’est la grande bagarre entre, d’un côté les deux frères Guillaume et Albert Seznec, et de l’autre, leur sœur Jeanne.

12. Claude Bal, censé écrire un livre sur la piste du café « Au Tambour » dépose, avec Mes Hubert et Biaggi,  une demande de révision toute autre…. Où l’on retrouve encore et toujours la foutue piste de Plourivo.

13 et 14. Les deux dernières demandes de révision sont : celle de Me Langlois pour Jeanne Seznec en juin 1977.

Rejetée en juin 1996.

Et la toute dernière faite à la demande du Garde des Sceaux, Madame Marylise Lebranchu, le 30 mars 2001. Jeanne est décédée en 1994, et le petit-fils n’a pas le droit de porter requête.

Rejet le 14 décembre 2006.

……………………………………

C'est donc la famille et toujours la famille, aidée par quelques illuminés, qui a tenu à garder sous les feux de l'actualité les aventures du soldat Seznec.

Peu importe la véracité des faits….

Et, souvenez-vous bien, cet après-midi, spectateurs et journalistes qui allez assister à "l'ultime" conférence du petit-fils Seznec, à Etel au Musée des Thoniers, ce qu'il a osé décocher à Me Denis Langlois :

"Denis Le Her adopte alors le vieux principe qu'un mensonge répété à l'infini devient une vérité. Il l'avoue ingénument à l'issue de l'émission : "Comme ils ont repris l'information à leur compte, elle est devenue maintenant une vérité.""

Dont acte.

Pour les mensonges du livre "Nous, les Seznec", c'est par ici  :

“Nous, les Seznec”, de Denis Seznec : une référence ou une imposture ?

…………………………...

Cet article est le 500ème article que j'écris, depuis août 2010, sur l'affaire Seznec :

- 225 articles sur mon blog Seznec Investigation,

- 271 articles sur mon blog La piste de Lormaye 

- 4 articles sur mon blog Chez Jeannette Fleurs.

Pour un total de 151.879 visiteurs (57.140 + 94.739).

A bon entendeur...

Liliane Langellier

 

La fameuse photo d'identité tant contestée...

La fameuse photo d'identité tant contestée...

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Chère Liliane,

Merci pour ce récapitulatif, qui vient à point.
"C'est donc la famille et toujours la famille, aidée par quelques illuminés, qui a tenu à garder sous les feux de l'actualité les aventures du soldat Seznec.", écrivez-vous.
Je ne crois pas que Petitcolas ait été un "illuminé". En tant que journaliste, il n'avait pas grand-chose à gagner à prendre la défense d'un beau-frère qu'il voyait peu, et dont les options idéologiques étaient à l'opposé des siennes.
Quant à Mme Bosser, c'était une militante. Qui a aussi soutenu Guillaume, humainement, jusqu'au bout. Elle s'est "plantée", c'set entendu, mais je garde beaucoup d'admiration pour elle...
Quant à la "performance" de Denis Seznec, j'attends d'en lire le compte-rendu demain

Alain
Répondre
L
Je suis d'autant plus dure que moi aussi j'ai été victime des mensonges de Denis Seznec de 1992 à fin 2006.
Il a fallu que Mme Lebranchu ouvre sa page de député aux commentaires devant le dernier refus de révision pour que je comprenne que Denis Seznec avait menti et que j'avais été manipulée.
Pas très plaisant, tout ça...
L
Cher Alain…
Ce qui me choque dans les ardents défenseurs du soldat Seznec c'est qu'aucun d'eux n'a de doutes quant à sa culpabilité.
Petitcolas était le beau-frère, et en tant que tel, il a fait le job !
Quant à Mme Bosser…
Si elle m'a émue un jour, elle ne m'émeut plus.
Il suffit de regarder l'émission de Frédéric Pottecher pour comprendre ses délires. Avec Bonny et de Hainaut, entre autres.
Qui délire un jour, délire toujours….