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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 700 articles.

Affaire Seznec : Le séjour de Guillaume Seznec à Estreez.

Toute vérité fondée sur le témoignage humain reste approximative.
Gilles Perrault (La Longue Traque)

Estreez est un gros village situé près de Saint-Gervais et de Magny-en-Vexin.

C'est important d'en parler car Guillaume Seznec y a vécu une bonne année.

Et une bonne année auprès de son fils aîné Petit Guillaume.

Denis Seznec l'accompagnait.

Ou est venu le rejoindre l'été ????

Seznec a d'abord habité à Magny-en-Vexin.

Une maison appartenant à la commune.

Mais  les bonnes âmes de "la commune" ont très mal vu l'hébergement d'un bagnard.

D'où son déménagement, et sa nouvelle adresse à Estreez, dans une maison située près de chez la grand-mère de Claudie Neyret (environ 200 mètres).

Que fréquente Petit Guillaume.

Et qu'il épousera le 5 mars 1955 à Paris Xe.

Il s'est très bien entendu avec la grand-mère de Claudie avec laquelle il bavardait beaucoup.

De l'ancien temps, sans doute...

Je recherche la date exacte de ce séjour de Guillaume.

Car, en plus de 12 mois, il a pu largement parlé à son fils Petit Guillaume.

Reprenons...

Juillet 1947 : Retour du bagnard Seznec.

Il reste près de sa fille Jeannette...

A Plourin-Ploudalmézeau.

Jusqu'à ce que, pour un mot de trop, suite à une entourloupe de Le Her, qui lui refile un chèque en bois en remboursement des 10.000 francs que Seznec lui a avancés sur son pécule du bagne, il trouve refuge près de la chère Madame Bosser, dans le hameau de Rudeval, juste à côté de Riec-sur-Belon.

(NDLR Donc octobre 1947/octobre 1948)

Juste avant, il a largement eu le temps de rencontrer le juge Hervé. La L.D.H. est au pouvoir. Elle a toutes les manettes. Et elle ne va pas les lâcher de si tôt

A peine une année de répit et de soucis en pensant au mauvais ménage que vit sa petite Jeannette, et c'est la tragédie du 3 octobre 1948 :  le meurtre de François Le Her.

Nouveau choc.

Retour à Plourin-Ploudalmézeau.

Bataille pour garder les enfants à Kergleuchard, le temps que Jeanne est emprisonnée à Landerneau.

Et puis vint enfin, l'acquittement de Jeanne Le Her / Seznec. Le 22 juillet 1949.

Toute la petite famille quitte l'endroit maudit de Kergleuchard le 28 novembre 1949 pour rejoindre le Tarn-et-Garonne.

Où se trouve un certain Léon Sacré, grand soutien de Seznec.

Ils vont alors habiter Saint-Nicolas-de-la-Grave, près de Moissac.

"Rue la Mothe-Cadillac" ironise Denis Seznec (page 400).

Seule, Francette, boursière au lycée, est restée à Brest.

C'est au début de février 1950 que Claude Sylvane va descendre les retrouver quelques jours. Pour recueillir la matière de son livre : "Jane Seznec - Notre bagne". Livre qui se vendra à des milliers d'exemplaires. Et dont la promotion servira de base à une grande tournée en France sous prétexte de réhabilitation. Mais dont la famille Seznec ne verra jamais un kopeck.

26 avril 1950 : retour à Paris.

Pour la tournée du livre de Claude Sylvane...

Bernez Rouz, écrit en page 10 de son ouvrage "L'affaire Quéméneur Seznec" :

"L'ouvrage sort en feuilleton dans Paris-Presse, la parution du livre est fort bien orchestrée par l'éditeur qui fait venir à Paris Jeanne et son père. Claude Sylvane, Jeanne et Guillaume Seznec entament un tour de France marqué par soixante-dix conférences, qui constitueront, après la croisade du juge Hervé dans les années 1930, un des moments les plus forts de la campagne de réhabilitation."

Le 27 avril 1950, grand meeting Salle Wagram à Paris. Puis...

"Des conférences ont lieu dans toute la Bretagne, notamment à Rennes, Quimper, Brest, Landerneau (chez Quémeneur), Pont-l'Abbé (chez Pouliquen) et Morlaix (chez Seznec). Une sorte de caravane publicitaire. Cérémonial immuable : Claude Sylvane parle, on juche Seznec et Jeanne sur une estrade, le public applaudit à tout rompre. A chaque étape, des piles de livres sont vendues, la liste des signataires s'allonge sur les pétitions.

(…) Fin de la tournée. Les deux héros rentrent épuisés à Saint-Nicolas-de-la-Grave.

Le 8 octobre 1950, toute la famille débarque à la gare d'Austerlitz."

Chez Denis Langlois en pages 154/155.

Jeanne Le Her/Seznec travaille quelques mois (jusqu'en début 1951 ?) chez un restaurateur rue de Ménilmontant.

Comme elle passe plus de temps au Palais de Justice, chez Me Hubert, ou dans les rédactions de journaux, que dans le café, elle se fait bien entendu virer.

La presse s'empare de l'affaire, et Jeanne trouve du travail dans une boulangerie du Quartier Latin.

Et la Ville de Paris octroie à la famille un minuscule deux pièces rue du Chevaleret, Paris XIIIe.

Décembre 1950, Denis a 4 ans (26 décembre 1946).

Il est resté muet depuis le choc de l'assassinat de son père. 

Mais il parle de ce séjour dans son livre.

Sans, comme d'habitude, en préciser la date exacte.

Au tout début, en page 21 :

"Un été, il est même parti à Magny-en-Vexin chez tonton Guillaume, son fils aîné - ils avaient le même premier petit nom.

Mais il a voulu revenir tout de suite, sauf si j'allais l'y rejoindre (il l'avait écrit dans une lettre).

Alors j'y suis allé le plus tôt possible, au lieu de partir à la colo de la Croix-Rouge.

On a passé des vacances formidables. Au village, les autres m'appelaient le petit Parisien. (…)

On est revenus ensemble à Paris, Tonton Guillaume et tante Claudie nous avaient conduits à la gare dans leur voiture qui louchait - les phares n'étaient pas sur les ailes mais dans le moteur, l'un contre l'autre derrière la grille du devant, comme les gros yeux d'un hibou à l'intérieur d'une cage roulante. C'était une 202."

"Un été" ?

Parle-t-il là de l'été 1951 ???

Jean-Yves Seznec, à qui je viens de parler, soutient, lui, que ce séjour a duré "une bonne année".

C'est important, car, en 365 jours, il y a eu là tout le temps pour que Guillaume se confie à son fils.

Et, c'est parce que Petit Guillaume insistait pour en savoir plus sur le lieu où avait été enterré Pierre Quémeneur;....

Que cela a agacé Seznec et qu'il est retourné chez sa fille.

Je recherche encore différents témoignages sur ce séjour.

Donc, à suivre...

Liliane Langellier 

Guillaume Seznec à Kergleuchard en 1948. A sa gauche Jean-Claude (14 ans), à sa droite, Denis (21 mois) et Bernard (5 ans)

Guillaume Seznec à Kergleuchard en 1948. A sa gauche Jean-Claude (14 ans), à sa droite, Denis (21 mois) et Bernard (5 ans)

Mariage Petit Guillaume / Claudie Neyret.

Mariage Petit Guillaume / Claudie Neyret.

Estreez près de Saint-Gervais (Val d'Oise).

Estreez près de Saint-Gervais (Val d'Oise).

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