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Affaire Seznec Investigation

Le blog de Liliane Langellier. Premier blog sur l'affaire Seznec. Plus de 880 articles.

Les Francs-Maçons dans l'affaire Seznec

Car il n'est rien caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour.
Marc 4, 22.

Souvenez-vous le forum de Marylise Lebranchu...

Où j'ai été violemment taxée d'anti-maçonnisme primaire...

Encore un jugement à l'emporte-pièce...

Par quelqu'un qui me reproche de juger les autres.

Et qui les juge si bien lui-même !

Oui, souvenez-vous de cette grande discussion que SaintOp avait eu avec Guy Penaud qu'il interpellait comme frère !

La franc-maçonnerie...

Quand je suis venue habiter en Eure-et-Loir...

J'ai été jointe par la franc-maçonnerie avant que d'être jointe par la paroisse catholique...

A défaut de me parrainer, Pierre est devenu un grand ami et il m'a beaucoup appris sur cet ordre initiatique.

C'est notamment lui qui m'a offert le numéro du Crapouillot : "Le monde secret des Francs-Maçons".

Alors, que ce soit bien clair...

Quand je dis de quelqu'un qu'il est "maçon"...

Ce n'est pas une critique.

Juste un fait qui peut éclairer une certaine philosophie et surtout surtout certaines camaraderies.

...................

Revenons en 1923.

"Après les pertes dues à la guerre, la franc-maçonnerie française reprend sa progression : le Grand Orient de France passe de 23 000 membres en 1919 à 33 000 dans les années 1930, tandis que la Grande Loge de France passe de 6 300 membres à 16 000 sur la même période35.

En 1922, le congrès de l'Internationale communiste, à la demande de Zinoviev, interdit la double appartenance au parti communiste et à la franc-maçonnerie. La plupart des francs-maçons socialistes qui avaient choisi le parti communiste après la scission du congrès de Tours le quittent alors. Des loges de réfugiés russes, fermées par les bolchéviques, se reconstituent en France : « Astrée » la Grande Loge, « l'étoile du Nord » et « la Russie libre » au Grand Orient35."

 

Quand j'ai commencé à travailler sur la piste de Lormaye...

Il m'a bien fallu me rendre à l'évidence.

Dans le gouvernement...

En 1923, le président de la République, Alexandre Millerand est maçon.

Son ministre de l'Intérieur (janvier 1922/mars1924) Maurice Maunoury aussi.

Comme celui qui lui succédera : Camille Chautemps.

Ministre de l'Intérieur de juin 1924 à avril 1925.

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Pour la piste de Lormaye... 

Charles Huzo, à l'origine de cette piste, était franc-maçon.

Le journal qui l'a soutenu, "L'Action Républicaine" était le journal d'un autre grand franc-maçon Maurice Viollette.

Charles Doucet qui a assuré le relais sur Lormaye aussi.

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Pour l'affaire Seznec...

Emile PetitColas pour commencer...

 

"Dans ta grisaille et dans ton froid, tu avais eu un réconfort. Tu avais appris que ton beau-frère Petitcolas, le second mari de ta soeur Marianne, était depuis le début à tes côtés. Jusque-là, tu l'avais ignoré. Pour d'obscures histoires de famille, vous ne vous fréquentiez plus. Il avait longtemps vécu à Brest, puis s'était installé à Morlaix où il était devenu le rédacteur en chef de L'Eclaireur du Finistère et le correspondant d'un journal parisien, Le Temps. Compte tenu de vos liens familiaux, il n'avait pu se charger du compte rendu de l'affaire, mais il avait tout fait pour que les attaques ne soient pas trop virulentes, pour qu'on se contente de rapporter les faits. Aujourd'hui, il se sentait plus libre, et multipliait les démarches, recherchant les faits nouveaux, écrivant aux ministères, se servant de ses relations franc-maçonniques. Car, en fait, c'était cela qui vous avait opposés. Tu étais un croyant à toute épreuve et lui ne croyait en rien, sauf aux hommes. Ses discours sceptiques et ironiques sur l'existence de Dieu t'avaient horrifié. Tes enfants écoutaient. S'ils se laissaient tenter, c'était pour eux la damnation. Tu avais préféré espacer les visites et les réduire finalement à leur plus simple expression. Marie-Jeanne qui n'aimait pas beaucoup ta famille n'avait rien fait pour arranger les choses. Il te restait un regret, celui de ne pouvoir rendre visite à ta soeur qu'à la sauvette ; celui aussi de ne pouvoir discuter avec Petitcolas. Il était dans l'erreur, c'était sûr, mais ce n'était pas un mauvais homme. Plutôt meilleur que la majorité des habitués de l'église que tu connaissais. Il n'aimait pas médire sur les autres et c'était déjà un avantage. Il pensait que les guerres n'étaient pas une fatalité, en tout cas pas un fléau envoyé par Dieu pour éprouver les hommes. C'était là un raisonnement qui ne te déplaisait pas, mais tu t'empressais de répliquer que, si Dieu le permettait, c'est qu'il l'estimait nécessaire pour la rédemption de l'humanité. Petitcolas riait. Tu te sentais un peu ridicule d'employer de grandes phrases.
Le rapprochement avec Petitcolas, c'était bien la seule chose positive que t'avait apportée ce drame. Il était probable que cela ne servirait à rien, mais tu étais heureux que Marie-Jeanne ne soit pas tout à
fait seule, que les restes de ta famille se resserrent autour d'elle.
Brusquement tu t'étais demandé : "Mais au fait comment s'appelle-t-il ?" Il t'avait fallu faire un effort pour te souvenir de son prénom : Emile. Longtemps encore, quand tu pensais à lui, tu l'avais appelé Petitcolas ou même Petitchocolat comme disaient tes enfants. Et puis un jour, naturellement, Emile était venu sur tes lèvres. Tu avais compris que vous étiez réconcilié."

In Denis Langlois en pages 236/237

 

"Par ailleurs, le beau-frère de Seznec, Emile Petitcolas, franc-maçon, est journaliste, ancien rédacteur au journal La Dépêche de Brest. Il devient rédacteur en chef du journal républicain L'Eclaireur du Finistère, organe du parti radical-socialiste, en août 1923. De plus, il est correspondant du Temps. Marié à Marianne, soeur de Guillaume Seznec (NDLR Vous remarquerez que les soeurs portent le même prénom, ce qui n'a d'ailleurs aucune importance pour l'affaire), Emile Petitcolas, qui meurt en janvier 1928, défendra bec et ongles, Guillaume Seznec. C'est d'ailleurs lui qui devient le tuteur de Joseph-Guillaume Seznec par délibération du conseil de famille en date du 11 mars 1925. Il intervient à ce titre lors de la vente de la propriété des Seznec dite Au Prieuré, qu'ils avaient achetée le 2 février 1918 (NDLR Ne me demandez pas comment les Seznec ont pu s'acheter cette propriété et le matériel nécessaire à la scierie, je n'en ai strictement aucune idée ! Mais les archives finiront bien par parler, isn't it ?) Seznec est toujours défendu par le journal radical de son beau-frère."

in Rouz en page 143.

 

Charles-Victor Hervé qui lui a succédé était franc-maçon.

Comme Madame Françoise Bosser.

Comme Maurice Privat.

Comme nombre de membres de la L.D.H. (Ligue des Droits de L'Homme).

Comme grand nombre de journalistes.

............................

Et, dans l'autre camp...

Comme les magistrats, les juges et les avocats...

Comme nombre de policiers...

Rappelez-vous...

"Les policiers sont attirés par les lumières des temples francs-maçons telles les lucioles par les lanternes. De tous les ministères, c'est la Place Beauvau qui compte le plus de « frères ». À tous les étages, dans tous les bureaux, et d'autant plus qu'on grimpe dans la hiérarchie. Près de 10  % des commissaires seraient maçons."

"La maison poulaga ressemble à l'Inde avec ses castes. On est de la PP ou du ministère, du 36 ou de la DSPAP, de la DGSI ou de la DRPP, en même temps, on appartient au clan des gardiens de la paix, des officiers, des commissaires, des contrôleurs et inspecteurs généraux, des directeurs ou des préfets, sans oublier l'étiquette « de droite » ou « de gauche ». Dans ce monde hyper-cloisonné où l'information, c'est le pouvoir, la franc-maçonnerie permet de faire circuler l'info. Et plus encore lorsqu'on est membre d'une « fraternelle », ces associations loi 1901 qui regroupent par profession des francs-maçons de toutes les obédiences. À la Place Beauvau, c'est le club La Reynie – du nom du premier « préfet » de police de Paris sous Louis XIV – qui se voit reprocher de tirer les ficelles."

(...)

Le poids des frères dans la gendarmerie est plus discret que dans la police, mais tout aussi important. Chez les flics, être passé sous le bandeau facilite mutations et promotions. Chez les pandores, la fraternelle, qui regroupe un bon millier de membres parmi lesquels beaucoup d'officiers supérieurs et une pluie d'étoiles, défend d'abord l'institution.

Bien sûr, si un frère est en danger, les autres volent à son secours. Ainsi, en décembre 2013, quand le général de corps d'armée Bertrand Soubelet étrille maladroitement devant une commission parlementaire la politique pénale de la garde des Sceaux Christiane Taubira, les membres de la fraternelle font le « signe de détresse » pour tenter d'atténuer les sanctions qui menacent de s'abattre sur son képi. Un geste rarissime."

in "Bienvenue Place Beauvau" de Didier Hassoux, Christophe Labbé et Olivia Recasens. 

Comme Pierre Bonny.

...........

Petit rappel utile : les Catholiques ne peuvent pas entrer en loge.

"L’Église a toujours été formelle : on ne peut pas être à la fois catholique et franc-maçon.

«S’agréger avec l’une, c’est divorcer d’avec l’autre », écrivait le pape Léon XIII à propos de l’Église et de la franc-maçonnerie (Lettre à l’épiscopat d’Italie, 8 décembre 1892). Qu’elle soit déiste ou athée, qu’elle fasse ou non preuve de bienveillance à l’égard de l’Église, elle est toujours condamnable, nous dit cette dernière."

in Famille Chrétienne du 23 juillet 2010.

Et clairs sont les propos de Guillaume Seznec au sujet de PetitColas :

"Tu étais un croyant à toute épreuve et lui ne croyait en rien, sauf aux hommes. Ses discours sceptiques et ironiques sur l'existence de Dieu t'avaient horrifié. Tes enfants écoutaient. S'ils se laissaient tenter, c'était pour eux la damnation."

..................

Oui...

L'affaire Seznec est truffée de francs-maçons.

Juste comme la Troisième République l'était.

Ni plus, ni moins.

Mais, je ne crois pas, comme Denis Seznec, à une opération spéciale, à un complot  des Loges maçonniques contre Guillaume Seznec.

Mais c'était certainement la lutte des loges contre les Catholiques.

Oui, tout cela a fonctionné comme ça fonctionnait pour les autres affaires judiciaires...

Cela a été tout simplement discuté en loge...

Rappelez-vous le trio maudit dans l'affaire Gregory pour orienter l'enquête contre la maman, Christine Villemin.

Oui, la collusion des trois frères selon Laurence Lacour  : l'avocat (Me Gérard Weltzer), le journaliste (Jean-Michel Bezzina) et le policier (Jacques Corazzi) !

Les frères savent se connaître et se reconnaître.

On critique la foi aveugle de certains catholiques...

Mais obéir aux mots d'ordre d'une loge n'est-il pas pire ?

"Nos décors n’étaient pas riches,
Notre Temple était vieux et dénudé,
Mais nous connaissions les anciens Landmarks
Et les observions scrupuleusement.
Quand je jette un regard en arrière,
Cette pensée, souvent me vient à l’esprit :
« Au fond il n y a pas d’incrédules
Si ce n’est peut-être nous-mêmes !"

Car, tous les mois, après la tenue,
Nous nous réunissions pour fumer.
Nous n’osions pas faire de banquets
De peur d’enfreindre la règle de caste de certains frères.
Et nous causions à cœur ouvert de religion et d’autres choses,
Chacun de nous se rapportant
Au Dieu qu’il connaissait le mieux.
L’un après l’autre, les frères prenaient la parole
Et aucun ne s’agitait."

Rudyard Kipling  (La loge-mère)

Liliane Langellier

 

P.S. Vous ai-je déjà dit qu'il était plus facile d'accéder à certains documents lorsque l'on est frère en maçonnerie ???

Et qu'il y a de nombreux frères dans la magistrature et chez les journalistes ???

Non, rien.

 

P.S.2 Pour ceux qui veulent aller plus loin...

"La Franc-maçonnerie pour les nuls" de Philippe Benhamou et Christopher Hodapp (12 € 50 en poche).

Les Francs-Maçons

Les Francs-Maçons

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A
Chère Liliane, <br /> <br /> "L’Église a toujours été formelle : on ne peut pas être à la fois catholique et franc-maçon."<br /> Mais alors, Quémeneur, élu "chrétien-démocrate" et franc-maçon ???<br /> Mais aussi, bien plus près de nous, le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, catholique et maçon (cf.sa biographie par Jacques Duplessis et Benoît Leprince ("Arnaud Beltrame, le héros dont la France a besoin", éditions de l'Observatoire, 2018).<br /> Quant à la "maison poulaga", je conseille vivement, pour peu que l'on soit amateur de "polars", la série d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne qui narre les aventures d'Antoine Marcas, "commissaire et franc-maçon".
Répondre
L
Grâce à vous, cher Alain, je viens de m'acheter "Le rituel de l'ombre"...<br /> A suivre...
L
Cher Alain...<br /> Pour l'Eglise et la franc-maçonnerie, j'ai donné la règle pontificale, ce qui ne signifie nullement que les catholiques la suivent...<br /> Carbuccia (et oui... Jean-Luc de, l'éditeur de Claude Bal, que j'ai connu chez Téqui) avait pour obsession les évêques francs-maçons, c'est dire.<br /> Les catholiques traditionalistes sont violemment anti-maçons.<br /> Je ne suis ni l'un ni l'autre.<br /> J'ai d'ailleurs interviewé Maurice Caillet, l'ancien chirurgien franc-maçon repenti à Kergonan, ce qui m'a beaucoup appris.<br /> Par nature et par éducation, je ne juge personne pour une appartenance à une loge, un parti ou une paroisse.<br /> <br />